Le Blogue-Trotter

Archive de la catégorie ‘Marie Tison’

Jeudi 7 octobre 2010 | Mise en ligne à 7h49 | Commenter Commentaires (7)

J’accroche mon sac à dos

Alors voilà, je range mon sac à dos et je reprends le boulot, le vrai, le sérieux, au cahier Affaires de La Presse. Au revoir les bottes de marche aux semelles usées, les pantalons dé-zippables et les t-shirts-techniques-qui-sèchent-extra-vite-mais-qui-sentent-bizarre. Bonjour les souliers de madame et les tailleurs.

J’ai évidemment adoré cet été sur la route et sur les sentiers. J’ai surtout aimé partager mes découvertes et mes coups de coeur, même s’il était parfois difficile de mettre la main sur une connexion internet. Je me rappelle notamment un soir de grand vent au parc national des Pingualuit, au nord du Québec, alors que la connexion allait et venait au gré des rafales. Je me rappelle aussi du café internet de la petite ville de Cilaos, à La Réunion, qui fermait de midi à 16h00, sieste oblige.

Parfois, je passais plusieurs jours sans avoir le moindre accès à internet. Il m’était donc impossible de modérer vos commentaires. J’étais bien consciente des frustrations que cela pouvait vous causer: c’est un peu embêtant de faire un commentaire et de devoir attendre cinq jours avant de le voir apparaître en ligne. Cela n’encourage certainement pas les échanges et les discussions entre les lecteurs! Nous allons peut-être revoir cette façon de procéder.

Au début de cette aventure, je m’étais interrogée au sujet de cette connectivité. Pendant mes voyages personnels, j’évite soigneusement de lire mes courriels. Je fais comme si Montréal n’existait pas.

Cet été, j’ai joué le jeu de la connectivité. Ma première question à mon arrivée à chaque nouvel hôtel était toujours: avez-vous internet? Et j’ai plongé dans mes courriels du bureau.

Tout cela m’a conforté dans mes opinions. Pour le boulot, tout cela est très bien, Mais en vacances, il est impossible de décrocher pleinement lorsqu’on garde contact avec sa vie professionnelle. Lorsque je voyagerai pour moi-même, pour mes propres vacances, je continuerai à me tenir loin d’internet et des courriels. Ce sera silence radio. J’écrirai quelques cartes postales, voilà tout. Montréal n’existera plus.

Au cours de ces trois mois au cahier Vacances voyage, j’ai couché dans de véritables palaces, notamment à York et à Oslo, mais aussi dans des dortoirs (à La Réunion) et des tentes battues par les pluies (sur le sentier Chilkoot, près du Yukon). J’ai eu droit à des repas très fins, notamment à Bergen, en Norvège, et à Dawson, au Yukon, mais aussi à des repas en sachet, au parc des Pingualuit. J’ai surtout rencontré des guides locaux, comme Elijah et Elijah aux Pingualuit et Juanito à La Réunion, qui ont généreusement partargé leur culture.

La grande constante dans tous ces voyages, c’est la beauté des paysages que j’ai traversés, depuis les montagnes du Yukon jusqu’aux fjords de Norvège, en passant par les petits villages de pêcheurs de Terre-Neuve et les îlets de La Réunion.

Je vous laisse donc avec quelques photos, histoire de se rappeler de bons moments.

Randonnée sur le sentier Chilkoot, près du Yukon.

Randonnée sur le sentier Chilkoot, près du Yukon.

Le long des fjords de Norvège

Le long des fjords de Norvège

Paysage bucolique de Terre-Neuve

Paysage bucolique de Terre-Neuve

Randonnée dans les Pingualuit, au Nunavik

Randonnée dans les Pingualuit, au Nunavik

Les couleurs de La Réunion.

Les couleurs de La Réunion.

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Samedi 2 octobre 2010 | Mise en ligne à 7h48 | Commenter Un commentaire

Du bon usage des mots croisés de La Presse

En prévision de mes déplacements de cet été, j’avais découpé la page de jeux de La Presse (les mots croisés, les mots cachés, les mots fléchés, la citation secrète, les huit erreurs, même les mots croisés junior) de plusieurs éditions afin de m’occuper pendant les temps morts (attente dans les aéroports, etc). C’était une très bonne idée. Je vous dirai pourquoi un peu plus bas.

Me voici donc à la toute fin de mon voyage de randonnée à l’île de la Réunion, avec l’agence Allibert (j’ai reçu courriels sur courriels pour m’informer que Uniktour représente Allibert au Québec. Voilà, vous voilà informés). Nous passons la dernière journée complète sur la route, entre le Piton de la fournaise et Saint-Gilles-les-Bains, où nous allons relaxer sur la plage avant le retour à la dure réalité (le retour à l’aéroport).

Dans notre tête, nous sommes déjà un peu partis. Et pourtant, cette dernière journée se révèle pleine de (bonnes) surprises. En premier lieu, une éclaircie nous permet d’admirer un dernier paysage superbe de la région du volcan.

Sur le plateau, l'îlet de Grand Coude

Sur le plateau, l'îlet de Grand Coude

Et nous passons par le sud pour retourner au nord de l’île, en passant par le Grand Brûlé, cette terre sans cesse traversée par les coulées de lave des diverses éruptions du Piton de la Fournaise. Le long de la route, des panneaux se succèdent pour nous informer de la date de la coulée que nous nous apprêtons à traverser: 2001, 2004, 2005…

Coulées après coulées.

Coulées après coulées.

La dernière, c’est la célèbre coulée de 2007, qui a causé bien des soucis. La coulée fait 1,5 kilomètres de large et un incroyable 60 mètres d’épaisseur. Nous descendons de l’autobus pour aller la voir de plus près. Surprise, les roches sont encore chaudes! Après trois ans! En fait, certaines sont carrément brûlantes.

Notre guide, Juanito Boyer, met du papier dans un espace entre deux roches et s’en va à la recherche de petit bois (totalement humide) «pour faire du feu». Selon lui, le papier devrait s’enflammer automatiquement au contact de la roche. Ouais. Nous avons des doutes. Je me rappelle que j’ai une page complète de jeux de La Presse dans la poche, une page que j’ai complétée mais que je n’ai pas encore jetée, en attente d’une poubelle. Je prends la fameuse page et l’insère dans l’espace entre les roches… et hop, après quelques secondes, mes mots croisés s’enflamment! Juanito arrive avec le petit bois, et hop, notre petit feu démarre. Eh ben. Trois ans après la fameuse coulée de lave, elle est encore assez chaude pour faire du feu!

Mes mots croisés partent en fumée...

Mes mots croisés partent en fumée...

Une dernière surprise, Juanito nous coiffe de casques d’escalade et nous amène faire un petit tour dans un tunnel de lave, une sorte de tunnel dans lequel la lave a coulé il y a une centaine d’année. Très chouette. Mais comme le volcan est toujours à l’état de veille, nous ne restons pas là très longtemps. Personne n’a envie de se retrouver devant une coulée de lave toute fraîche (façon de parler).

Petite balade dans un tunnel de lave.

Petite balade dans un tunnel de lave.

Voilà, me voici donc à Saint-Gilles-les-Bains, une station balnéaire au nord-est de l’île, et la seule région de La Réunion où il y a des plages potables. D’ailleurs, La Réunion n’est pas reconnue pour ses plages, mais pour ses sentiers de randonnées (et pour le canyoning). Ce qui me suffit amplement.

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Vendredi 1 octobre 2010 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (2)

D’un piton à l’autre

En chemin entre le Piton des neiges et le Piton de la fournaise, je vois une pancarte qui me fait pouffer de rire. On y voit un nom de lieu, «Gros piton rond», avec une flèche pour indiquer sa direction.

Mes camarades français, qui savent très bien qu’un piton est un type de montagne et qui en ont quelques-uns chez eux, ne relèvent même pas la chose. Mais moi… L’idée d’habiter à l’ombre d’un «gros piton rond» me fait plutôt rigoler.

Mes camarades, eux, rigolent lorsque je demande à l’un d’eux de «peser sur le piton» de ma caméra pour me prendre en photo… (où est Manon quand on a besoin d’elle ?)

Il y a donc toutes sortes de pitons ici. Piton d’orange. Pitons plats. Piton rouge…

Bon, un peu de sérieux ici. Je voulais parler sérieusement des deux principaux pitons de la Réunion, le Piton des neiges et le Piton de la fournaise.

Ils sont très différents, mais en même temps, un peu parents. Le Piton des neiges est le papa de La Réunion. Pendant trois millions d’années, il y a eu éruption sur éruption, créant ainsi l’île. Depuis 10 000 ans, il dort…Mais à 3070 mètres d’altitude, c’est aussi le but de tout  bon randonneur qui se respecte à La Réunion. C’est donc notre but !

Nous prenons deux jours pour en faire l’ascension : nous montons depuis Cilaos et passons la nuit au gîte de la Caverne Dufour, à environ 2500 mètres d’altitude. La nuit est cependant un peu courte. En effet, nous nous levons à 3 heures du matin pour faire les derniers 500 mètres qui restent pour assister au lever du soleil. La montée à la lampe frontale est magique. Tout comme le lever de la grosse boule rouge, puis jaune, au-dessus d’une mer de nuages.

Le sommet du piton des Neiges au petit matin.

Le sommet du piton des Neiges au petit matin.

Ah, un petit détail. Il n’y a pas de neige en haut. Mais c’est arrivé à quelques reprises, notamment en 2003.

En redescendant, nous pouvons admirer la végétation robuste qui a réussi à s’agripper à si haute altitude, notamment la bruyère arborescente.

La journée n’est pas terminée : nous descendons encore de 1200 mètres pour aller passer la nuit dans la forêt de Bélouve. Nous passons ainsi d’un sommet tout nu  à la forêt tropicale, impénétrable.

Un échantillon de la forêt de Bélouve.

Un échantillon de la forêt de Bélouve.

Nous changeons encore de décor au Piton de la fournaise, un volcan encore actif (certains diraient hyperactif). En fait, le volcan menace ces semaines-ci, et jusqu’à la dernière minute, nous ne savons pas si nous pourrons visiter son sommet. Par chance, le volcan reste tranquille et nous pouvons descendre dans l’enclos Fouqué, une caldera emplie de coulées de lave refroidie que nous traversons en direction du cône entourant le cratère Dolomieu. Il y a quand même quelques plantes qui ont réussi à pousser dans des fentes, mais plus nous montons vers le cratère Dolomieu, moins il y en a. Nous rencontrons des coulées de lave de plus en plus récentes : 1957… 2005…

La coulée de 1957, en noir sur fond gris.

La coulée de 1957, en noir sur fond gris.

Notre guide, Juanito Boyer, croit percevoir un tremblement de terre… Mais aucun ne suit, nous terminons donc notre ascension. Malheureusement, les nuages se sont amassés au-dessus et autour du volcan, et nous sommes dans la purée de pois et la bruine. Nous attendons quand même, espérant une éclaircie. Et effectivement, un petit trou se forme dans les nuages et nous pouvons jeter un coup d’œil dans le cratère Dolomieu. Le fond de lave durcie est à 300 mètres en dessous. Des fumeroles émergent ici et là. Mais pas d’éruption pour le moment. Le trou dans les nuages se referme et nous repartons bien contents.

Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

Nous sommes quand même un peu transis par la bruine. Une petite fournaise ferait du bien.

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