Le Blogue-Trotter

Archive de la catégorie ‘La Réunion’

Samedi 2 octobre 2010 | Mise en ligne à 7h48 | Commenter Un commentaire

Du bon usage des mots croisés de La Presse

En prévision de mes déplacements de cet été, j’avais découpé la page de jeux de La Presse (les mots croisés, les mots cachés, les mots fléchés, la citation secrète, les huit erreurs, même les mots croisés junior) de plusieurs éditions afin de m’occuper pendant les temps morts (attente dans les aéroports, etc). C’était une très bonne idée. Je vous dirai pourquoi un peu plus bas.

Me voici donc à la toute fin de mon voyage de randonnée à l’île de la Réunion, avec l’agence Allibert (j’ai reçu courriels sur courriels pour m’informer que Uniktour représente Allibert au Québec. Voilà, vous voilà informés). Nous passons la dernière journée complète sur la route, entre le Piton de la fournaise et Saint-Gilles-les-Bains, où nous allons relaxer sur la plage avant le retour à la dure réalité (le retour à l’aéroport).

Dans notre tête, nous sommes déjà un peu partis. Et pourtant, cette dernière journée se révèle pleine de (bonnes) surprises. En premier lieu, une éclaircie nous permet d’admirer un dernier paysage superbe de la région du volcan.

Sur le plateau, l'îlet de Grand Coude

Sur le plateau, l'îlet de Grand Coude

Et nous passons par le sud pour retourner au nord de l’île, en passant par le Grand Brûlé, cette terre sans cesse traversée par les coulées de lave des diverses éruptions du Piton de la Fournaise. Le long de la route, des panneaux se succèdent pour nous informer de la date de la coulée que nous nous apprêtons à traverser: 2001, 2004, 2005…

Coulées après coulées.

Coulées après coulées.

La dernière, c’est la célèbre coulée de 2007, qui a causé bien des soucis. La coulée fait 1,5 kilomètres de large et un incroyable 60 mètres d’épaisseur. Nous descendons de l’autobus pour aller la voir de plus près. Surprise, les roches sont encore chaudes! Après trois ans! En fait, certaines sont carrément brûlantes.

Notre guide, Juanito Boyer, met du papier dans un espace entre deux roches et s’en va à la recherche de petit bois (totalement humide) «pour faire du feu». Selon lui, le papier devrait s’enflammer automatiquement au contact de la roche. Ouais. Nous avons des doutes. Je me rappelle que j’ai une page complète de jeux de La Presse dans la poche, une page que j’ai complétée mais que je n’ai pas encore jetée, en attente d’une poubelle. Je prends la fameuse page et l’insère dans l’espace entre les roches… et hop, après quelques secondes, mes mots croisés s’enflamment! Juanito arrive avec le petit bois, et hop, notre petit feu démarre. Eh ben. Trois ans après la fameuse coulée de lave, elle est encore assez chaude pour faire du feu!

Mes mots croisés partent en fumée...

Mes mots croisés partent en fumée...

Une dernière surprise, Juanito nous coiffe de casques d’escalade et nous amène faire un petit tour dans un tunnel de lave, une sorte de tunnel dans lequel la lave a coulé il y a une centaine d’année. Très chouette. Mais comme le volcan est toujours à l’état de veille, nous ne restons pas là très longtemps. Personne n’a envie de se retrouver devant une coulée de lave toute fraîche (façon de parler).

Petite balade dans un tunnel de lave.

Petite balade dans un tunnel de lave.

Voilà, me voici donc à Saint-Gilles-les-Bains, une station balnéaire au nord-est de l’île, et la seule région de La Réunion où il y a des plages potables. D’ailleurs, La Réunion n’est pas reconnue pour ses plages, mais pour ses sentiers de randonnées (et pour le canyoning). Ce qui me suffit amplement.

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Vendredi 1 octobre 2010 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (2)

D’un piton à l’autre

En chemin entre le Piton des neiges et le Piton de la fournaise, je vois une pancarte qui me fait pouffer de rire. On y voit un nom de lieu, «Gros piton rond», avec une flèche pour indiquer sa direction.

Mes camarades français, qui savent très bien qu’un piton est un type de montagne et qui en ont quelques-uns chez eux, ne relèvent même pas la chose. Mais moi… L’idée d’habiter à l’ombre d’un «gros piton rond» me fait plutôt rigoler.

Mes camarades, eux, rigolent lorsque je demande à l’un d’eux de «peser sur le piton» de ma caméra pour me prendre en photo… (où est Manon quand on a besoin d’elle ?)

Il y a donc toutes sortes de pitons ici. Piton d’orange. Pitons plats. Piton rouge…

Bon, un peu de sérieux ici. Je voulais parler sérieusement des deux principaux pitons de la Réunion, le Piton des neiges et le Piton de la fournaise.

Ils sont très différents, mais en même temps, un peu parents. Le Piton des neiges est le papa de La Réunion. Pendant trois millions d’années, il y a eu éruption sur éruption, créant ainsi l’île. Depuis 10 000 ans, il dort…Mais à 3070 mètres d’altitude, c’est aussi le but de tout  bon randonneur qui se respecte à La Réunion. C’est donc notre but !

Nous prenons deux jours pour en faire l’ascension : nous montons depuis Cilaos et passons la nuit au gîte de la Caverne Dufour, à environ 2500 mètres d’altitude. La nuit est cependant un peu courte. En effet, nous nous levons à 3 heures du matin pour faire les derniers 500 mètres qui restent pour assister au lever du soleil. La montée à la lampe frontale est magique. Tout comme le lever de la grosse boule rouge, puis jaune, au-dessus d’une mer de nuages.

Le sommet du piton des Neiges au petit matin.

Le sommet du piton des Neiges au petit matin.

Ah, un petit détail. Il n’y a pas de neige en haut. Mais c’est arrivé à quelques reprises, notamment en 2003.

En redescendant, nous pouvons admirer la végétation robuste qui a réussi à s’agripper à si haute altitude, notamment la bruyère arborescente.

La journée n’est pas terminée : nous descendons encore de 1200 mètres pour aller passer la nuit dans la forêt de Bélouve. Nous passons ainsi d’un sommet tout nu  à la forêt tropicale, impénétrable.

Un échantillon de la forêt de Bélouve.

Un échantillon de la forêt de Bélouve.

Nous changeons encore de décor au Piton de la fournaise, un volcan encore actif (certains diraient hyperactif). En fait, le volcan menace ces semaines-ci, et jusqu’à la dernière minute, nous ne savons pas si nous pourrons visiter son sommet. Par chance, le volcan reste tranquille et nous pouvons descendre dans l’enclos Fouqué, une caldera emplie de coulées de lave refroidie que nous traversons en direction du cône entourant le cratère Dolomieu. Il y a quand même quelques plantes qui ont réussi à pousser dans des fentes, mais plus nous montons vers le cratère Dolomieu, moins il y en a. Nous rencontrons des coulées de lave de plus en plus récentes : 1957… 2005…

La coulée de 1957, en noir sur fond gris.

La coulée de 1957, en noir sur fond gris.

Notre guide, Juanito Boyer, croit percevoir un tremblement de terre… Mais aucun ne suit, nous terminons donc notre ascension. Malheureusement, les nuages se sont amassés au-dessus et autour du volcan, et nous sommes dans la purée de pois et la bruine. Nous attendons quand même, espérant une éclaircie. Et effectivement, un petit trou se forme dans les nuages et nous pouvons jeter un coup d’œil dans le cratère Dolomieu. Le fond de lave durcie est à 300 mètres en dessous. Des fumeroles émergent ici et là. Mais pas d’éruption pour le moment. Le trou dans les nuages se referme et nous repartons bien contents.

Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

Nous sommes quand même un peu transis par la bruine. Une petite fournaise ferait du bien.

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Lundi 27 septembre 2010 | Mise en ligne à 7h05 | Commenter Un commentaire

Dimanche à la chapelle

Après cinq jours de randonnée avec l’agence Allibert dans le cirque de Mafate, sur l’île de La Réunion, nous avons une journée libre à Cilaos, dans le cirque du même nom. Nous avons le choix. Ne rien faire. Magasiner des souvenirs. Faire du canyoning. Se baigner dans une petite cascade.

Et que choisissons-nous de faire ? De la randonnée, bien sûr ! C’est notre seule journée dans le cirque de Cilaos, il faut bien le visiter à hauteur de bottine.

C’est dimanche. Ça tombe bien, il y a une chouette randonnée à faire à un site nommée La Chapelle.

Il y a quelques mois, l’Unesco a placé l’essentiel du parc national de La Réunion sur sa liste du patrimoine mondial. Cela englobe notamment les pitons, cirques et remparts (les falaises des cirques) de l’île. La Chapelle est un peu l’extérieur du parc, mais le site a quand même été inclu sur la liste. Ça vaut donc la peine d’aller faire un tour.

Randonnée dans le cirque très érodé de Cilaos.

Randonnée dans le cirque très érodé de Cilaos.

La randonnée démarre dans le village même de Cilaos. Et déjà, c’est une randonnée typique de La Réunion : il n’y a pas de bout plat ! Nous commençons par descendre, descendre dans la végétation tropicale jusqu’à un ruisseau. Puis nous remontons, remontons sans cesse. Nous finissons par avoir une vue de la fameuse chapelle : c’est une immense plaque de syénite fendue par un ruisseau qui a fini par tracer un canyon aux parois bien lisses. La syénite, si j’ai bien compris, c’est du magma qui n’est jamais remonté à l’air libre, qui a fini par refroidir et qui a depuis été mis au jour en raison de l’érosion.

Nous descendons jusqu’au lit de la rivière (une bonne descente qui met nos genoux à rude épreuve) et devons frayer notre chemin entre (et dessus) de grosses roches, avant de finalement enlever nos bottines de marche pour patauger dans le ruisseau et pénétrer dans le canyon, éclairé ici et là par un rayon de soleil persistant. C’est certainement impressionnant de voir le ciel au-dessus de nous, coincé entre ces parois blanches et noires.

Se recueillir dans La Chapelle.

Se recueillir dans La Chapelle.

Au retour, nous décidons de faire un détour pour aller visiter l’îlet à Cordes, appelé ainsi parce que les marrons (les esclaves enfuis) se servaient de cordes et de lianes pour s’y rendre. Donc, ça monte sérieusement… un bon 450 mètres de dénivelé en fin d’une rando d’une dizaine de kilomètres, ça rentre dans les jambes ! Mais en haut, nous arrivons dans un chouette hameau où l’on cultive choux, fèves, lentilles (une spécialité de la région) et où l’on fabrique du vin. Mmh. Ça valait le détour. Surtout qu’un autobus local nous ramène à Cilaos, le long d’une route incroyablement sinueuse et vertigineuse qui vaut à elle seule le détour.

Une maison à l'îlet à Cordes, un hameau accroché dans le cirque de Cilaos.

Une maison à l'îlet à Cordes, un hameau accroché dans le cirque de Cilaos.

Bref, une très belle journée de repos… De quoi se préparer pour notre prochaine étape, l’ascension du Piton des Neiges.

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