Violaine Ballivy, en Autriche

Le centre-ville d'Innsbruck, décoré pour Noël.
D’étranges codes lettrés et chiffrés ornent le haut de la porte de plusieurs maisons des environs d’Innsbruck. Ils sont écrits à la craie blanche. On pourrait penser qu’ils sont le triste souvenir d’une lointaine époque où l’on marquait les maisons frappées par une épidémie quelconque, ou hébergeant les collaborateurs d’un camp ennemi pendant la guerre.

L'inscription laissée à la craie par des jeunes chanteurs déguisés en Rois mages, le 6 janvier dernier.
Mais il n’y a rien de triste dans ces chiffres, bien au contraire. Ils ont été laissés par les enfants déguisés en rois Mages qui circulent, de maison en maison pour chanter des cantiques le jour de l’Épiphanie. La coutume veut que les enfants inscrivent alors, en souvenir de leur passage, la date à la craie et les initiales des trois rois mages qu’ils représentaient. L’inscription sera conservée en guise de porte-bonheur.
Le phénomène est peut-être exacerbé à l’approche de Noël, mais reste que les traditions semblent terriblement bien ancrés dans le Tyrol.

L'église du village de Mutters, à moins de 15 minutes d'Innsbruck.
Il suffit de quelques minutes de bus seulement du centre-ville d’Innsbruck pour rejoindre de charmants petits villages de montagne où l’on vit, encore, sur des fermes, élevant le bétail qui fournira la viande et le fromage qui seront ensuite vendus ensuite au marché pour arrondir les fins de mois.

Une ferme d'Igls, à 4 km d'Innsbruck.
Parlant de traditions : il faut absolument, de passage à Innsbruck, faire une petite pause à la fonderie de cloches Grassmayr. Pas tellement pour le musée en soi, mais pour rencontrer la famille Grassmayr. L’entreprise se transmet de père en fils et en fille depuis maintenant 14 générations, soit plus de 400 ans !
Elizabeth Grassmayr, à l’aube de ses 70 ans mais avec l’énergie d’une adolescente, fait encore visiter les lieux aux touristes, leur présentant au passage ses deux fils et son mari…

La fabrique des cloches Grassmayr, vieille de plus de 400 ans.
Certaines des plus grosses cloches d’Europe y sont fabriquées. Vous ne devinerez jamais l’ingrédient essentiel ajouté à l’argile servant à faire le moule des cloches : de la bière ! Avec un peu de poil de vache et de crottin de cheval. Les traditions n’ont peut-être pas de prix, mais une odeur, ça oui !
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