ÉMILIE CÔTÉ
Ça y est, je rentre ce soir à Montréal, après 18 jours passés en Éthiopie.
Je passerai à peine trois petites nuits à la maison avant de repartir pour l’Europe.
Au moment d’écrire ces lignes, je suis devant un lac, dans un village nommé Debre Zeit, situé pas très loin d’Addis-Abeba. Je recharge mes batteries.
Je suis dans le grand luxe africain. J’en suis presque mal à l’aise. Je suis au Kuriftu Resort, dont le décor naturel est magnifique.




J’y suis allée en autobus. Debra Zeit est situé à 45 kilomètres d’Addis-Abeba, donc à environ une heure et demie de route (avec les nombreux arrêts).

J’aurais aimé profiter davantage de mon escapade en dehors de la ville… J’ai eu une montée de fièvre suivi d’un gros rhume peu après mon arrivée. Comme tout le monde, je tombe souvent malade quand mon corps relâche.
Il faut dire que ma dernière journée à l’orphelinat, en début de semaine, a été difficile, se terminant dans les larmes.
Daniel, le petit garçon dont je vous parlais précédemment, ne voulait pas que je parte. C’était déchirant de le voir pleurer mon départ…
C’est ça faire un voyage solidaire ou humanitaire, et non faire un voyage de groupe dans une destination touristique, où tout le monde retourne chez soi quand c’est fini.
Je pars, mais l’orphelinat reste, avec ses employés qui gagnent moins que rien pour tout ce qu’ils font avec dévouement. Et que dire des enfants, pour la plupart trop jeunes pour comprendre qu’ils sont sans parents. Certains grandiront dans des pays occidentaux, à la grande tristesse du personnel de l’orphelinat, pour qui l’adoption est le dernier choix.
Les autres resteront à la charge de l’ONG qui gère l’orphelinat. À cinq ans, ils seront transférés dans l’orphelinat des plus vieux. Peut-être qu’un jour, l’ONG aura les sous pour bâtir son “village” pour enfants sans parents. Un projet de ”grande maison” permanente, dont l’ONG serait la propriétaire et non la locataire.
Mais pour l’instant, l’ONG a besoin des revenus engendrés par l’adoption internationale.
J’ai aussi dû dire au revoir à ma famille d’accueil. Je leur dis un grand merci. Ce n’est pas un hôtel qui m’aurait fait vivre la culture éthiopienne comme Aster, son mari et ses enfants me l’ont fait vivre. Merci pour les belles conversations et les réponses éclairées à mes nombreuses questions.
J’ai aussi quitté Heidi, cette « colocataire » et « covolontaire ” avec qui je croyais n’avoir aucun point en commun. J’ai plutôt découvert une personne qui, je pense, cache un lourd secret. Heidi ne parle plus à ses parents, ni à ses frères et sœurs. Je ne sais pas ce qu’elle a vécu ou ce qui s’est passé, mais je suis persuadée que cela a été éprouvant.
Heidi dit devoir se forcer pour sortir de la maison, sauf pour faire des voyages humanitaires en Afrique… Il doit y avoir quelque chose qu’elle vient chercher ici, quelque chose qui la grounde…
***
Alors voilà, je te dis à une prochaine fois, chère Éthiopie. Merci pour tout, merci pour la belle expérience remuante.
***
Et à mon petit Daniel, j’espère que le Dieu de la croix que tu portes dans ton cou prendra soin de toi comme tu prends soin des autres.

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