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  • Stéphanie Bérubé

    Stéphanie Bérubé est journaliste à La Presse depuis 1997. Elle a travaillé aux informations générales et aux arts, puis écrit désormais pour les sections du samedi, Voyage, Gourmand et Maison.
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    Jeudi 8 août 2013 | Mise en ligne à 9h40 | Commenter Commentaires (4)

    Qui a peur des vins boliviens?

    » Sylvain Sarrazin

    La prochaine fois, j’irai à Tarija. Cochée, décochée, recochée puis – avant le pétage de coche – finalement exclue de ma feuille de route, la région des vignobles de Bolivie trône au sommet de mes regrets de voyage.

    Les vignobles de Tarija, en Bolivie.

    Les vignobles de Tarija, en Bolivie.

    Certes, ce n’était pas la porte à côté. Située en plein sud du pays, près de la frontière argentine, Tarija exige un détour d’envergure, soit plus d’une quinzaine d’heures d’autobus depuis La Paz, si ma mémoire est bonne.

    Surtout, les guides touristiques s’avèrent plutôt avares en éloges (et en étoiles) à son sujet. Que trouve-t-on à Tarija? Des vignobles, perchés à 1850 mètres d’altitude. Du vin de haute voltige, donc? On en doute, la Bolivie étant très loin de la stature d’un Chili ou d’une Argentine dans ce domaine. L’idée de visiter le secteur s’était ainsi évaporée, au final.

    Pour ne pas repartir complètement ignare, j’avais écumé les boutiques de La Paz en quête d’un magasin spécialisé en vins, question de rapporter au moins une bouteille. Ayant déniché de peine et de misère (autre mauvais signe) une minuscule cave, j’avais réclamé un blanc de qualité.

    «Prenez celui-ci, c’est le MEILLEUR vin de Bolivie», s’était exclamée la vendeuse.

    «Parfait, combien coûte-t-il?»

    «16 bolivianos.»

    Euh… 16 bolivianos? Soit la somme astronomique de 2,50$? Pour le MEILLEUR vin de Bolivie? De quoi me conforter dans mon scepticisme…

    La bouteille rapatriée de Bolivie: Campos de Solana, Clasico, Tarija.

    La bouteille rapatriée de Bolivie: Campos de Solana, Clasico, Tarija.

    Cette bouteille, une fois rapatriée en terres québécoises, est restée presque un an dans la porte de mon frigo. À dire vrai, elle m’effrayait un peu. À chaque fois que le tire-bouchon s’approchait du goulot, l’idée d’un vin potentiellement imbuvable faisait échouer le plan.

    Cela dit, elle m’intriguait, cette bouteille bolivienne. Je la voyais comme une anomalie dans mon cellier, une curiosité exotique. Et aussi, disons-le, comme le souvenir d’un très beau voyage, que je n’avais pas envie de liquider.

    La semaine passée, je l’ai enfin débouchée.

    Sa robe était d’un jaune très banal. En revanche, je fus saisi par sa puissance aromatique, bien au-delà de mes attentes. Le litchi, dominant, était bordé de pêche, de poire, et de melon très mûr (je soupçonne le recours au gewürztraminer). Un peu moins fringuant en bouche, il présentait toutefois une rondeur intéressante et un fruité très agréable. Je ne parle certes pas d’un vin exceptionnel. Je parle d’un vin honorable. Surtout pour son prix.

    La bouteille fut rapidement vidée. Plus le nectar coulait, plus les regrets remontaient. Tu aurais dû aller à Tarija, tontito.

    Ceux qui reviennent de Bolivie content à peu près tous les mêmes histoires. Le Salar? Tout le monde l’a traversé. La Route de la Mort? Tout le monde l’a descendue. Et les vignobles de Tarija? Qui s’y est déjà posé, à part quelques oiseaux rares?

    J’ai bien hâte de m’envoler à nouveau pour la Bolivie.

    Et devenir, comme cette bouteille, une anomalie. Une anomalie touristique.

    Salud.

    *****

    À voir: ce reportage de l’AFP (sur Youtube)

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    • Retournez y en courant, ou plutôt par avion à partir de La Paz ou encore par voie terrestre par le Nord de l’Argentine (Salta, autre région viticole), et n’hésitez pas à goûter les meilleurs assemblages de malbec et cabernet sauvignon de Campo de Solana, Magnus et Concepcion. Ça goûte le soleil ces vins d’altitude. On y produit aussi du fromage de chèvre et jamon serrano pas mal du tout pour accompagner le vin. Et Tarija, c’est la joie de vivre à son meilleur, en particulier à l’époque du carnaval et de la période des vendanges.

    • Moi j’ai peur de mon ombre alors….imaginez les vins boliviens!

    • Rien à la SAQ évidemment.
      On cherche Bolivie et on a 40 résultats. 40 vins français (???).
      On a 3 vins du Pérou. 7 du Brésil. 25 d’Uruguay. Et presque 500 du Chili et d’Argentine.

    • J’ai vécu et travaillé quelques mois à La Paz et j’en ai profité pour acheter les vins locaux, de Bolivie, qui viennent de Tarija et je les ai trouvé très honnêtes. Malheureusement, comme vous le dites, Tarija est loin de La Paz et je n’ai pu m’y rendre mais dans le pays on disait que c’est une région très charmante et chaude, qui vaut le détour.

      La question du prix des vins locaux en Bolivie vient du fait qu’ils ne sont pas taxés ou très peu, comparés aux vins étrangers, ce qui constitue une partie de l’explication de leur bas prix – il faut aussi noter que le coût de la vie dans le pays est assez bas en général et que pour se vendre les vins doivent demeurer abordables pour les gens du pays, un pays qui est d’ailleurs le joyau caché où tout coûte peu cher (sauf dans certains quartiers de La Paz) malgré le fait que les paysages soient fantastiques et les gens tellement chaleureux.

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