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  • Stéphanie Bérubé

    Stéphanie Bérubé est journaliste à La Presse depuis 1997. Elle a travaillé aux informations générales et aux arts, puis écrit désormais pour les sections du samedi, Voyage, Gourmand et Maison.
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    Vendredi 20 janvier 2012 | Mise en ligne à 15h58 | Commenter Commentaires (9)

    L’année du «tourisme-catastrophe»

    Le Titanic quitte Southampton en direction de New York, en 1912. Photo AP.

    Le Titanic quitte Southampton en direction de New York, en 1912. Photo AP.

    SIMON CHABOT

    En 2012, le «tourisme-catastrophe», qui consiste en gros à visiter les lieux d’une tragédie pour assouvir une certaine curiosité ou rendre hommage à des victimes, semble avoir le vent dans les voiles. Non sans susciter quelques débats…

    En Amérique centrale, par exemple, plusieurs sites historiques de la civilisation maya au Mexique, au Belize et au Guatemala s’attendent aussi à accueillir davantage de touristes, attirés là par la prophétie qui annonce la fin du monde cette année.

    À Terre-Neuve comme en Irlande du Nord, c’est le centenaire du naufrage du Titanic qui suscite un engouement certain dans l’industrie touristique.

    À Belfast, où le tristement célèbre transatlantique a été construit, le Musée du Titanic qui ouvrira ses portes le 31 mars a déjà vendu des dizaines de milliers de billets pour l’année. «Ce sera une année cruciale pour l’Irlande du Nord, l’une des plus grosses de notre histoire, a déclaré Siobhan McCauley, du Bureau du tourisme d’Irlande du Nord à UTV, une chaîne de télé locale. On va faire parler de nous et les gens vont venir ici pour dépenser.»

    Du côté de Terre-Neuve, on attend beaucoup de visiteurs qui se déplaceront pour admirer les icebergs qui flottent au large des côtes ou se rendre en bateau à l’endroit exact où le navire a sombré.

    Des croisières, dont certaines affichent déjà complet depuis des mois, emprunteront aussi le même trajet que le Titanic pour traverser l’Atlantique, de Southampton à New York. Le 10 avril, certains navires prévoient même se trouver au-dessus de l’épave du Titanic au moment où, exactement 100 ans plus tôt, il a coulé.

    Dans la foulée du naufrage du Costa Concordia, voilà un projet de voyage qui peut paraître pour le moins… étrange. (D’ailleurs, à ce sujet, voici un autre exemple de tourisme discutable : voyez la vidéo d’Isabelle Dubé)

    Un des réacteurs de la centrale de Fukushima, au Japon, neuf mois après le tsunami.

    Un des réacteurs de la centrale de Fukushima, au Japon, neuf mois après le tsunami.

    Quand il est question de «tourisme-catastrophe», les frontières du bon goût semblent d’ailleurs un peu floues, voire élastiques.

    Dans les mois qui ont suivi le passage de Katrina à La Nouvelle-Orléans, en 2005, des résidents des quartiers les plus touchés n’ont pas vraiment aimer voir défiler des autobus remplis de touristes venus «prendre la mesure de leur misère» à grand renfort d’appareils-photo…

    À Joplin, au Missouri, des citoyens s’offusquent de voir le Bureau du tourisme et des congrès de la ville distribuer des «Tornado maps» aux visiteurs. Il y a huit mois à peine, une tornade a fait 161 morts dans cette ville du sud des États-Unis, détruisant au passage des milliers de maisons. La carte en question propose de visiter les endroits dévastés.

    Joplin, après le passage de la tornade, en mai 2011. Photo AP.

    Joplin, après le passage de la tornade, en mai 2011. Photo AP.

    Les autorités défendent leur projet, soulignant que des visiteurs pourraient avoir envie de s’impliquer dans la reconstruction de la ville après avoir vu des champs de ruines. De toute façon, clament-ils, les commerces locaux ont besoin de l’argent que les visiteurs attirés par la destruction dépenseront.

    D’ailleurs, qu’elles s’y prennent bien ou mal, la première intention des autorités est en général de faire revenir les touristes après une catastrophe.

    Au Japon, par exemple, l’Agence japonaise du tourisme a décidé de distribuer 10 000 billets d’avion gratuitement pour attirer les touristes au pays du Soleil levant cette année, afin de relancer l’industrie après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars dernier. Il n’est bien sûr pas question de visiter les environs de la centrale nucléaire du Fukushima (à Tchernobyl, en Ukraine, ce genre de visites ont été organisées il y a quelque temps), mais de remplir les hôtels et les restaurants du reste du Japon, boudés depuis des mois par les étrangers.

    Que pensez-vous du «tourisme-catastrophe»? Vous iriez en croisière visiter le site du naufrage du Titanic? Ou les quartiers dévastés de Joplin?


    • Le «site» du naufrage du Titanic? Aie! C’est de l’eau tout partout. Exactement comme cent milles nautiques avant et cent milles nautiques après. Ça n’est pas comme visiter Rouen et le site du bûcher de Jeanne d’Arc! Décidément, y’a des fois…..!

    • Je vais commencer en disant que je suis un chasseur d’orages. Ma plus grande passion dans la vie, c’est de voir et comprendre les phénomènes de temps violents; orages, tornades, ouragans…
      Au cours du printemps qui vient je vais séjourner aux USA, comme l’an passé et dans les années à venir, en quête de voir le plus de tornades possibles. J’ai investi beaucoup d’argent et de temps dans ma passion mais j’adore ça, et justement je comprends tout à fait les citoyen de Joplin d’être offusqué d’un tel projet. Subir une tornade et voir sa maison détruite et possiblement sa vie changer à jamais, n’est pas vraiment intéressant pour les personnes qui le vivent. Au lieu de cela, l’argent de ce projet devrait plutôt être investi à aider ces familles de différentes manières.
      Malgré tout je passerai probablement par Joplin pour voir l’étendu des dégâts, surtout parce que la force de dame nature est impressionnante à mes yeux, mais si des gens auraient besoin d’aide, je n’hésiterais pas à leur fournir (que ce soit a Joplin ou sur les lieux d’un autre événement) et si des citoyens ne veulent pas nous voir arriver avec appareils-photos etc., nous devons les respecter.

    • Il y a aussi l’histoire du bateau de croisière en 2010 qui a jeté l’ancre dans une baie à Haïti tout juste après le tremblement de terre pour y déverser des touristes.

    • Drôle d’idée effectivement la croisière qui refait la route du Titanic.
      Concernant les mayas et 2012, c… que j’ai hâte qu’on soit en 2013 pour arrêter d’en entendre parler.

    • Je n’ai jamais compris le voyeurisme… Comme le dit M. Couture, où a eu lieu le naufrage du Titanic, c’est de l’eau partout!
      Mais j’ai peine à croire que certains bateaux de croisière ralentissent déjà où a eu lieu le naufrage du Costa Concordia alors qu’on n’a pas fini de sortir les corps… Quelqu’un peut m’expliquer comment on peut passer de bonnes vacances relaxantes en “voyeurant” le pire qui peut arriver lors d’une croisière? Ça, je ne comprends pas!

    • Eeuumm… Non, vraiment pas

    • Je suis déjà passé par Ottawa et Washington. Des villes de politiciens, c’est catastrophique en titi dans mon livre à moi.

      Et je suis allé à Peggy’s Cove juste au sud de Halifax. J’ai su en y arrivant que c’est pas loin de là qu’un avion de ligne s’y était écrasé.

    • Qui dit tourisme de masse dit mauvais goût. Ce n’est pas surprenant. Laissons ces bêtes-humains se délecter de la misère des autres, il n’y a rien à faire.

    • @ flaguette: Que voulez-vous, les paquebots de masses style gâteau de noce sont la quintessence du mauvais goût. Tous le kétaines de la planètes rêvent d’y aller, alors ce n’est pas surprenant que d’autres paquebots se détournent pour permettre à leurs passagers de prendre une photo.

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