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  • Stéphanie Bérubé

    Stéphanie Bérubé est journaliste à La Presse depuis 1997. Elle a travaillé aux informations générales et aux arts, puis écrit désormais pour les sections du samedi, Voyage, Gourmand et Maison.
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    Vendredi 1 octobre 2010 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (2)

    D’un piton à l’autre

    En chemin entre le Piton des neiges et le Piton de la fournaise, je vois une pancarte qui me fait pouffer de rire. On y voit un nom de lieu, «Gros piton rond», avec une flèche pour indiquer sa direction.

    Mes camarades français, qui savent très bien qu’un piton est un type de montagne et qui en ont quelques-uns chez eux, ne relèvent même pas la chose. Mais moi… L’idée d’habiter à l’ombre d’un «gros piton rond» me fait plutôt rigoler.

    Mes camarades, eux, rigolent lorsque je demande à l’un d’eux de «peser sur le piton» de ma caméra pour me prendre en photo… (où est Manon quand on a besoin d’elle ?)

    Il y a donc toutes sortes de pitons ici. Piton d’orange. Pitons plats. Piton rouge…

    Bon, un peu de sérieux ici. Je voulais parler sérieusement des deux principaux pitons de la Réunion, le Piton des neiges et le Piton de la fournaise.

    Ils sont très différents, mais en même temps, un peu parents. Le Piton des neiges est le papa de La Réunion. Pendant trois millions d’années, il y a eu éruption sur éruption, créant ainsi l’île. Depuis 10 000 ans, il dort…Mais à 3070 mètres d’altitude, c’est aussi le but de tout  bon randonneur qui se respecte à La Réunion. C’est donc notre but !

    Nous prenons deux jours pour en faire l’ascension : nous montons depuis Cilaos et passons la nuit au gîte de la Caverne Dufour, à environ 2500 mètres d’altitude. La nuit est cependant un peu courte. En effet, nous nous levons à 3 heures du matin pour faire les derniers 500 mètres qui restent pour assister au lever du soleil. La montée à la lampe frontale est magique. Tout comme le lever de la grosse boule rouge, puis jaune, au-dessus d’une mer de nuages.

    Le sommet du piton des Neiges au petit matin.

    Le sommet du piton des Neiges au petit matin.

    Ah, un petit détail. Il n’y a pas de neige en haut. Mais c’est arrivé à quelques reprises, notamment en 2003.

    En redescendant, nous pouvons admirer la végétation robuste qui a réussi à s’agripper à si haute altitude, notamment la bruyère arborescente.

    La journée n’est pas terminée : nous descendons encore de 1200 mètres pour aller passer la nuit dans la forêt de Bélouve. Nous passons ainsi d’un sommet tout nu  à la forêt tropicale, impénétrable.

    Un échantillon de la forêt de Bélouve.

    Un échantillon de la forêt de Bélouve.

    Nous changeons encore de décor au Piton de la fournaise, un volcan encore actif (certains diraient hyperactif). En fait, le volcan menace ces semaines-ci, et jusqu’à la dernière minute, nous ne savons pas si nous pourrons visiter son sommet. Par chance, le volcan reste tranquille et nous pouvons descendre dans l’enclos Fouqué, une caldera emplie de coulées de lave refroidie que nous traversons en direction du cône entourant le cratère Dolomieu. Il y a quand même quelques plantes qui ont réussi à pousser dans des fentes, mais plus nous montons vers le cratère Dolomieu, moins il y en a. Nous rencontrons des coulées de lave de plus en plus récentes : 1957… 2005…

    La coulée de 1957, en noir sur fond gris.

    La coulée de 1957, en noir sur fond gris.

    Notre guide, Juanito Boyer, croit percevoir un tremblement de terre… Mais aucun ne suit, nous terminons donc notre ascension. Malheureusement, les nuages se sont amassés au-dessus et autour du volcan, et nous sommes dans la purée de pois et la bruine. Nous attendons quand même, espérant une éclaircie. Et effectivement, un petit trou se forme dans les nuages et nous pouvons jeter un coup d’œil dans le cratère Dolomieu. Le fond de lave durcie est à 300 mètres en dessous. Des fumeroles émergent ici et là. Mais pas d’éruption pour le moment. Le trou dans les nuages se referme et nous repartons bien contents.

    Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

    Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

    Nous sommes quand même un peu transis par la bruine. Une petite fournaise ferait du bien.


    • Parlant de pitons…

      Ici en Acadie, on qualifiait autrefois de “piton” un vieux cheval qui ne servait plus à grand chose et qui était sur ses vieux jours.

      Gros piton rond par contre peut porter à confusion.

      www.bernardcormier.blogspot.com

    • J’aime bien la façon de cadrer l’image de l’ensemble de vos dire.
      Très joli…*Le cratère du piton de la Fournaise sous les nuages.

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