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  • Stéphanie Bérubé

    Stéphanie Bérubé est journaliste à La Presse depuis 1997. Elle a travaillé aux informations générales et aux arts, puis écrit désormais pour les sections du samedi, Voyage, Gourmand et Maison.
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    Mardi 7 septembre 2010 | Mise en ligne à 7h16 | Commenter Commentaires (2)

    Le poisson qui mangeait des souris

    Désolée pour ce silence qui aura duré quelques jours, mais je suis partie du refuge principal du parc des Pingualuit, au lac Manarsulik, pour aller passer trois nuits au camp rustique du canyon de la rivière Puvirnituq, dans la section nord du parc. Qui dit rustique dit absence d’internet. Mais le camp est équipé d’un bon poêle, ce qui est le plus important pour les randonneurs.

    Déjà, ce n’est pas une mince affaire pour s’y rendre : nous faisons les premiers 10 kilomètres en canot à moteur sur le lac Manarsulik, puis nous faisons les 10 derniers kilomètres à pied, dans la toundra, avec nos gros sacs à dos. Normalement, à ce temps-ci de l’année, la toundra est bien sèche et c’est facile d’y marcher. Mais il a beaucoup plu cet été et la toundra est encore bien humide. Nous devons parfois sauter d’une roche à l’autre, ou d’une motte d’herbe à l’autre, pour garder les pieds secs. Ça met en forme.

    En chemin vers la rivière Povurnituq

    En chemin vers la rivière Povurnituq

    Peu à peu, la toundra ondulante s’ouvre sur la vallée et le canyon de la rivière Puvirnituq. Les perspectives sont très belles. Le paysage est moins austère qu’aux abords du cratère des Pingualuit. C’est un superbe endroit pour faire de la randonnée, et nous nous en donnons à cœur joie.

    La section nord du parc des Pingualuit

    La section nord du parc des Pingualuit

    Il y a un autre avantage ici : nos guides inuits, Elijah et Elijah, n’ont pas de carabines, et nous pouvons donc nous approcher des caribous.

    Voici d’ailleurs la recette pour s’approcher d’un caribou : s’asseoir, rester immobile, et le caribou, curieux comme pas un, viendra faire son tour.

    Caribou curieux.

    Caribou curieux.

    Nous jouons aussi à cache-cache avec une hermine, dans un champ de cailloux. La mignonne bête apparaît dans un trou ici, disparaît avant que nous ayons le temps de faire une mise au point, réapparaît un peu plus loin, disparaît encore, réapparaît à nos pieds, disparaît, etc., pendant un bon 20 minutes. Nous essayons de prendre des photos, mais tout ce que nous finissons par avoir, ce sont des photos de pierre. Bref, c’est l’hermine qui gagne.

    Après une de ces randonnées, Elijah et Elijah décident d’aller taquiner la truite dans la rivière Puvirnituq, pas loin de notre camp.

    Ils reviennent avec des visages satisfaits. Nous devinons qu’ils ont eu du succès. Effectivement, Elijah sort d’un sac de plastique un touladi (une truite grise, me dit Sylvie, qui s’y connaît en poissons) d’une quarantaine de centimètres et le place sur le sac, sur la table.

    «Ce n’est pas tout», dit-il en prenant un autre sac de plastique et en étalant le contenu à côté de la truite.

    «Voici ce qu’il y avait dans son estomac».

    Nous reconnaissons alors un petit poisson en excellent état, un «ugly fish» (ou poisson-crapaud, me dit Sylvie). Et puis… trois souris à différents stades de digestion ! Il ne reste pas grand-chose de la première, mais la troisième est dans un état presque parfait : on voit bien les petites pattes, et même les moustaches ! Nous voici donc devant une truite mangeuse de souris !

    (Avis: vous devriez passer outre à la prochaine photo si vous êtes en train de manger).

    La truite continue à révéler ses secrets.

    La truite continue à révéler ses secrets.

    Nous parvenons difficilement à comprendre comment ce poisson a gobé trois souris. Une, ça pourrait être un hasard, la souris est tombée à l’eau, et hop, la truite l’avale. Mais trois ?

    Elijah n’a jamais entendu parler d’une telle affaire.

    En soirée, il raconte sa pêche miraculeuse par radio à un ancien de son village, Kangirsujuaq.

    «Penses-tu que ce poisson est mangeable ?», taquine l’ancien.

    Pour la petite histoire, nous avons effectivement mangé la truite. Elle était très bonne. Et n’avait pas d’arrière-goût de souris…


    • Combien ça coûte, visiter le parc national des Pingualuit? Je rêve d’un voyage dans NOTRE nord mais jusqu’à maintenant, les coûts étaient très élevés (en particulier l’avion)… en fait, c’est beaucoup plus cher que d’aller faire un tour à Barcelone ou en Islande. N’est-ce pas un peu absurde?

      mtison: mon article sur les Pingualuit paraîtra au printemps prochain dans La Presse en papier, mais je peux vous donner une idée: vol vers Kuujjuaq: 2400 dollars, forfait Parcs Nunavik: 2000 dollars. Karavaniers travaille sur un projet pour l’été prochain. C’est vrai que c’est cher, le nord. Et oui, c’est bien triste.

    • Le truc pour aller au nord c’est Aéroplan, un billet aller-retour de n’importe où au Québec pour Kuujjuaq via Montréal nécessite 15 000 points seulement ! Par contre, les places sont rares, il faut réserver d’avance. Par contre, pour des billets de First Air, il y a des spéciaux au courant de l’année, souvent au printemps et à l’automne, les billets coûtent alors entre 1400 et 1600$. Pour avoir été au parc au printemps, faire une randonnée de ski de fond et de chiens de traineau, 115km de pur bonheur, ça vaut vraiment la dépense. D’ailleurs vous pouvez consulter une petite vidéo promotionnel du voyage et d’autres vidéos du parc en ligne, suffit de chercher un peu !

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