J’avais rendez-vous avec quelqu’un à Gudvangen en après-midi pour mon reportage sur les vikings. Je devais donc passer la nuit ici, entre un spectaculaire trajet en autocar et un non moins spectaculaire trajet en bateau sur le Naeroyfjord, Patrimoine mondiale de l’Unesco, rien de moins. Pas un vilain endroit où passer quelques heures. Et l’hôtel sur le bord du fjord (il s’appelle d’ailleurs le Gudvangen Fjordtell, ils ne font pas ça très compliqué ici), est très chouette, avec un toit végétal qui permet au bâtiment de bien s’intégrer dans l’environnement.
Mais voilà, mon homme a un empêchement, et je me trouve avec quelques heures à tuer. Bonheur, on loue des kayaks tout à côté. Manque de pot, deux groupes viennent de partir, il n’y a plus de kayak pour moi. Grrrrr.
Mais on me parle d’une chouette petite randonnée à cinq kilomètres d’ici, à partir du hameau de Bakka. Vendu !
Un gentil Norvégien m’embarque jusqu’à Bakka, et j’arrive au début de la randonnée. Un panneau m’informe qu’il s’agit d’un sentier historique, le Rimstigen, utilisé entre le 16e siècle et 1962 pour permettre aux gens de Bakka et du hameau voisin de se rendre dans les alpages. Le sentier monte jusqu’à 1300 mètres pour descendre dans une autre vallée, mais une randonnée populaire couvre les premiers 725 mètres de dénivelé. En 1,7 kilomètre. Ce qui est assez raide et intéressant.
Et ça monte. Il y a des framboises sauvages, mais elles ne sont pas encore prêtes. Par contre, tout en haut, les bleuets sont très bons. Je tombe sur de beaux murs de soutènement et des escaliers de pierres. Les gens locaux ont engagé des maçons sherpas pour retaper leur sentier en 2009 !
D’en haut, la vue est superbe sur le fjord (patrimoine mondial de l’Unesco, faut-il le rappeler). Je me rends compte que les fjords, c’est bien beau d’en bas, mais il faut vraiment les voir d’en haut également. Je vous recommande donc cette petite randonnée si vous passez par ici.

Plus on monte, plus le fjord dévoile ses splendeurs.
Au retour, je décide de marcher les cinq kilomètres qui me séparent de Gudvangen en suivant la route. Mais c’est une route sympathique, qui monte, qui descend, qui vire et revire en suivant le fjord, et qui me permet d’ailleurs de passer à travers Bakka, vraiment joli.
C’est en sortant du hameau que je me fais un ami. Un très beau cheval blond, en liberté sur la route, se prend d’affection pour moi. Ou du moins, pour mon sac à dos. Il me suit, me suit, les naseaux collés sur mon sac. Eh, vas-tu me suivre jusqu’à Gudvangen ?
Je me demande ce qu’il y a dans mon sac qui l’attire à ce point. J’ai des noix, mais ce n’est certainement pas ça qui l’affole ainsi. Une pomme ? Peut-être, mais improbable.
Mon nouvel ami finit par trouver une touffe d’herbe à son goût sur le bord de la route et m’oublie momentanément. J’en profite pour m’éclipser.

Mon nouvel ami. J'ai pris la photo subrepticement, je ne voulais pas qu'il se rappelle de moi et qu'il se remette à me suivre...
Ce n’est qu’un peu plus tard que je me rappelle que j’ai un tube de chocolat, genre Nutella, dans la poche extérieure de mon sac. J’en avais utilisé la moitié sur mes rôties, j’avais gardé le reste pour une prochaine occasion.
Le mystère est résolu. Mon cheval blond avait envie d’un peu de Nutella pour mettre sur ses rôties demain matin.
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