Le Blogue-Trotter

Le Blogue-Trotter - Auteur
  • Stéphanie Bérubé

    Stéphanie Bérubé est journaliste à La Presse depuis 1997. Elle a travaillé aux informations générales et aux arts, puis écrit désormais pour les sections du samedi, Voyage, Gourmand et Maison.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 27 avril 2010 | Mise en ligne à 9h02 | Commenter Commentaires (3)

    D’Addis-Abeba

    Ceci est le 3e essai pour mettre en ligne ce message.

    ÉMILIE CÔTÉ

    Il est quelle heure pour vous ? Bien s’il est 7h à Montréal, il est 1h à Addis-Abeba. Quand il est midi ou minuit au Québec, il est 6h AM ou 6hPM en Éthiopie.

    Je suis à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, depuis hier.

    Je manque de mots pour vous décrire comment c’est ici. Les routes, les maisons, les gens…Le paysage est fascinant. Nous sommes dans les montagnes donc les rues sont en tout en côtes, ce qui donne lieu à des vues exceptionnelles de la ville.

    Nous sommes à 2400 mètres d’altitude. J’étais un peu étourdie ce matin, mais mon corps s’est vite acclimaté. Je suis arrivée tard à l’aéroport dimanche soir. J’ai dormi au bureau de l’organisme Projects Abroad, l’organisme international qui organise des voyages solidaires comme le mien (je travaillerai pendant deux semaines dans un orphelinat).

    C’était bizarre de dormir seule dans une petite maison, en Afrique. Disons que j’ai barré les portes. En m’endormant, j’entendais plusieurs chiens japper. Mais j’étais tellement fatiguée (je n’avais pratiquement pas fermé l’oeil depuis deux jours) que j’ai dormi à poings fermés.

    C’est Weini, celle avec qui je correspondais pendant la préparation de mon voyage, qui m’a réveillée en cognant fort dans la porte du bureau pour me faire sortir du lit (elle n’avait pas la clé). En moins de 15 minutes, j’étais douchée, sortie dans la rue et dans la vie grouillante d’”Addis”, comme on dit ici.

    Le bureau éthiopien de Projects Abroad est au beau milieu d’un secteur résidentiel avec des petites maisons modestes faites de tôles. Les rues sont sinueuses et escarpées. J’ai pris quelques photos.

    Éthiopie1 003a

     

     

    Éthiopie1 008a

    Nous avons marché un peu avec de prendre un shared taxi (un « taxi partagé »).

    Nous sommes ensuite allés dans un restaurant appelé « Oslo Café ». J’ai pris des Farina,  genre de crêpes-omelettes sucrées (délicieux), un jus de mangue frais et deux macchiato. Le bon café est l’une des marques de commerce de l’Éthiopie. C’est vrai qu’il est excellent.

    La qualité de la bouffe et des restaurants d’Addis-Abeba fait aussi consensus dans les guides de voyage. Food is probably most people’s number-one priority.

    La première journée de mon voyage consistait en un tour de la ville. J’ai vu la Piazza (« la Place»), construite pendant l’occupation italienne, de 1936 à 1941. Mais il faut savoir que le pouvoir éthiopien a tenu le coup. Les Éthiopiens sont par ailleurs très fiers de dire que leur pays n’est pas colonisé. On me l’a souligné au moins cinq fois hier.

    Voici une place publique :

    1037a

     

    (Je voulais mettre plus de photos, mais c’est trop long…)

    Les gens d’Addis-Abeba n’utilisent pas les noms de rues. On parle de quartiers : la Piazza, le coin de la gare, le coin des ambassades, etc. Addis-Abeba est la quatrième plus importante ville d’Afrique. C’est sa capitale démocratique; c’est là où se trouve le quartier général de l’Union africaine. Je l’ai vu hier mais je ne pouvais pas prendre de photo (c’est interdit pour les édifices gouvernementaux).

    Les guides de voyage vous le disent, mais c’est cent fois plus frappant quand on le voit: les mélanges qui défilent devant nos yeux… les diplomates qui croisent les mendiants, les bouibouis à côté des pâtisseries européennes, un très chic hôtel comme le Sheraton qui s’élève à côté d”un bidonville.

    (OK, Internet est subitement encore plus lent…je dois arrêter de télécharger des photos.)

    Mais ce qu’il y a de plus fascinant, c’est le mélange harmonieux et pacifique des différentes religions, en majorité des catholiques orthodoxes et des musulmans.

    Cet après-midi, en visitant le musée nationale de l’Éthiopie, où l’on trouve les os du tout premier singe/humain bipède, j’ai failli m’étouffer quand Bikesegm, de Projects Abroad, m’a demandé si je croyais en l’évolution. « Eh…oui…»

    La question était étrange quand l’on pense que nous étions entourés de fossiles et de photos de singes, et que Bikesegm me vantait depuis 20 minutes le fait que l’Éthiopie est le lieu qui témoigne de la naissance de la race humaine. « Je ne crois pas en l’évolution, dit-il. Je crois que Dieu nous a créés. »

    Le premier fossile humaine a un nom. C’est une femme australopithèque nommée Lucy. Et tout le monde parle de Lucy à Addis-Abeba comme si elle était une star. « Vous allez voir Lucy au musée ? » « Il faut aller voir Lucy si vous êtes en Éthiopie. »

    Pourquoi le nom Lucy ? C’était l’idée lancée par les archéologues qui ont trouvé ses ossements et qui jasaient de leur découverte en écoutant la chanson des Beatles, Lucy in the sky with diamonds.

    Est-ce que les Éthiopiens savent que Lucy in the Sky with Diamonds, cela fait référence au LSD:)

    Je n’ai vu qu’une réplique des restes de Lucy. La « vraie » est aux États-Unis à des fins de recherche.

    Sinon, le reste du musée national de l’Éthiopie est intéressant. On peut voir des objets qui appartenaient à la monarchie avant que l’armée s’empare du pouvoir, il y a environ 35 ans.

    (Des photos viendront plus tard. Internet est apparremment rapide au Sheraton. J’irai jeudi.)

    ***

    Au moment d’écrire ces lignes, je suis de retour au bureau de Projects Abroad. Sammy doit nous donner les recommandations d’usage à suivre en Éthiopie. Par la suite, une autre bénévole hollandaise nommée Heidi et moi allons rencontrer notre famille d’accueil.

    Au programme demain : visite de l’orphelinat, où je vais travailler pendant deux semaines, et visite du quartier où sera ma maison. J’espère tellement vivre près d’un café avec une bonne connexion Internet.

    Je me répète encore, mais à bientôt, si Internet le veut. Il m’a fallu beaucoup de patience pour mettre ce message en ligne. Je suis tellement déçue de ne pas avoir pu mettre plus de photos, mais c’était vraiment trop long.

    Je me reprendrai, je vous le promets!


    • Bonjour Madame Côté,

      Sachez que le temps que vous avez pris pour créer ce billet en vaut la peine, puisqu’il nous permet de voyager un peu à travers votre récit et vos photos en ce mardi matin froid et neigeux (!) à Montréal. Je trouve magnifique les garçons sur l’une des photos, des écoliers, probablement…

      Bon séjour!

    • Je suis allé à Addis il y a de celà deux mois, et j’ai adoré. Je repense au jour du retour.
      C’est vrai que l’internet est plutôt lent. Incroyable d’avoir pu envoyer des photos !

      Allez faire un tour au Black Rose, sur Bole Road, dans l’édifice du Boston Day Spa. La gérante, une éthiopienne, a vécu 20 ans à Washington. L’atmosphère vous enveloppera, le temps d’une chanson.

      Les weekends c’est le jazz au Club Alizè. Plus local on ne fait pas, en dansant aux rythmes africains.

      Et oui, le macchiato, je l’ai découvert à Addis, la Rose de l’Afrique.

      J’ai hâte à vos prochains articles !

      Salutations à Heidi, car ce commentaire provient d’Amsterdam, ma ville d’adoption.

    • Si le café est si bon c’est parce que, oui, l’Éthiopie a été colonisée par….les Italiens qui, eux, font le meilleur café au monde (même s’ils doivent importer les grains)

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    octobre 2014
    L Ma Me J V S D
    « sept    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité