Notre journaliste Émilie Côté est à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, depuis trois jours. Elle fait un voyage dit “solidaire” avec l’organisme Projects Abroad. Elle vit dans une famille et apportera de l’aide pendant deux semaines dans un orphelinat.
ÉMILIE CÔTÉ
Je n’ai pas pu alimenter mon blogue, hier. Comme je vous le disais il y a deux jours, il faut une grande patience pour utiliser Internet ici. Mais me voici au très chic hôtel Sheraton d’Addis-Abeba, où Internet est enfin rapide.
Ce n’est pas la seule raison pourquoi je suis au Sheraton…j’ai rendez-vous plus tard avec une fille de Montréal qui travaille à Addis-Abeba depuis un an et demi. Avant-hier dans un café, elle m’a entendu dire à quelqu’un que j’étais une Canadienne-française de Montréal, et puis voilà, j’ai fait connaissance avec Maude. Elle est super sympa. Nous allons voir un show live avec ses copains (je vous en reparlerai dans mon prochain message).
Je veux d’abord profiter de la qualité de ma connexion Internet pour mettre en ligne quelques photos, portraits et paysages d’Addis-Abeba:







Revenons maintenant à mon programme d’hier, qui consistait en la visite du quartier dans lequel la famille qui m’accueillera pendant 18 jours vit. Il s’agit de Bole, l’une des « sous-villes » (sub-city) d’Addis-Abeba.
Bole est un quartier bien nanti. (Bien entendu, tout est relatif quand nous sommes dans l’un des pays les plus pauvres de l’Afrique.)
Cette superbe église orthodoxe est mon point de repère.

Dans Bole, on peut voir cet immeuble…

… à côté de ce champ :

Sammy, le directeur du bureau éthiopien de Projects Abroad, l’organisme derrière mon voyage dit « solidaire », nous a indiqué les cafés Internet, restaurants, et épiceries situés près de notre maison. Je parle au « nous » car j’étais avec Heidi, une autre volontaire (c’est comme ça que l’on nous appelle : volunteer) qui fera du bénévolat avec moi à l’orphelinat. Sammy nous a par ailleurs montré le chemin pour s’y rendre. C’est environ à 15 minutes à pied de la maison de notre famille d’accueil.

Heidi est une Hollandaise de 33 ans qui travaille dans un laboratoire près de Rotterdam. Elle habitera aussi dans la même famille que moi.
Cette famille, c’est Aster et Molla, et leurs enfants : Gebriel, 11 ans, et deux fillettes, Daqmawit, 9 ans, et Tamir, 4 ans. Ils ont pratiquement tout le temps des volontaires à la maison. En fait, il y a toujours beaucoup de gens dans cette maison. Et beaucoup beaucoup d’amour.
Notre arrivée à Heidi et moi rimait avec le départ de Kimberley, une Américaine de Chicago qui a passé six mois à Addis-Abeba. Pour le bureau éthiopien de Projects Abroad, c’est un séjour d’une durée record.
Il y avait donc une fête en l’honneur de Kimberley. Les deux sœurs d’Aster étaient là, l’une avec son mari et ses deux filles. Il y avait aussi deux amis éthiopiens que Kimberley s’est fait ici. Sans compter les deux aides ménagères de la famille (ce qui est commun pour des gens de la classe moyenne en Éthiopie).
Bref, nous étions presque 20 dans la maison d’Aster et Molla, qui ont une grande demeure pour Addis-Abeba.
Kimberley était dans tous ses états. Elle ne voulait pas partir. Je crois qu’elle avait un amoureux ici, mais c’est une intuition féminine, et ce n’est surtout pas de mes affaires.
Aster a donné une robe traditionnelle à Kimberley, qui s’est fait prendre en photos avec tout le monde. Ici avec ses amis Bocar et Azaria.

La tante de Bocar vit à Laval (Tab*****, m’a-t-il lancé). Bocar l’a visitée plusieurs fois. Azaria et lui sont des jeunes adultes branchés dont les parents ont beaucoup d’argent, ai-je conclu. Azaria co-édite avec son frère un magazine de nightlife/lifestyle, Bocar travaille à la African Development Bank. J’avais l’impression de parler à deux Afro-américains, de par leur humour et leurs références.
Je poursuis ma présentation…
Voici Aster (à gauche) et ses deux sœurs :

(Ne sont-elles pas magnifiques?)
Molla et son neveu :

Les enfants :

Nous avons mangé comme des rois. Comme dans tout repas éthiopien qui se respecte, il y avait notamment au menu des inraja, le plat traditionnel du pays, soit des genres de crêpes amères dans lesquelles on met de la viande, de la sauce, des légumes, etc. Pour être bien honnête, je ne peux pas dire que j’en raffole. J’aime ce qu’on met dedans, mais pas le goût de la crêpe.
Comme c’était une occasion spéciale, il y a eu une cérémonie du café. Les grains ont été grillés au beau milieu du salon. Le chaudron est passé devant chaque invité pour que l’on sente la fumée. Je n’ai pas vu précisément toute les étapes du processus, mais j’ai calculé environ une heure.

J’ai aussi goûté au fameux vin au miel (honey wine, autre spécialité éthiopienne). Bon, mais fort en alcool. Quant à ma bouteille de Sauvignon Blanc achetée en escale à Amsterdam, j’ai vu deux personnes s’étouffer en prenant une gorgée. Disons que mon apport au souper n’a pas fait l’unanimité hier. Les enfants n’ont pas trop aimé les jujubes que j’ai apportés en cadeau, surtout les pêches « surettes ».
Voyez la réaction de Gebriel :

Mais le souper était très agréable ! Bonne compagnie et bonne bouffe, dans un autre univers.
***
Désolé de la non-linéarité de mon récit, mais j’ai oublié de vous dire que j’ai failli arriver en retard au souper, hier… Je suis allée au gym vers 17h, puis dans un café Internet. Quand j’ai terminé mes trucs (donc fini de rager après la lenteur de la connexion Internet), le soleil était couché. Or, il fait très très noir dans les rues d’Addis-Abeba quand la nuit est tombée (il n’y a pas de lampadaires et la plupart des marquises des commerces ne sont pas éclairées.)
Bref, je me suis perdue… Mais Dieu merci, j’avais la pochette de Projects Abroad dans mon sac avec le numéro de téléphone d’Aster et Molla.
Je suis entrée dans un magasin, la vendeuse a appelé Aster, et un gentil samaritain m’a escortée jusqu’à la maison.
Je n’étais pas loin. J’étais simplement allée à droite à une intersection au lieu d’à gauche. .
Alors voilà pour ma mésaventure…Une mésaventure bénigne, mais disons que mon pouls a monté subitement. (Il est normal dans un voyage comme celui que je fais de se dire parfois: “Mais qu’est-ce que je fais ici?” Cela fait partie de l’expérience… après tout, je ne suis pas dans un tout-inclus à Punta Cana.)
Allez, je dois vous quitter. Maude vient d’arriver.
Dans mon prochain message, je vous ferai visiter l’orphelinat où j’apporterai de l’aide pendant deux semaines. Je commence demain matin. Mais comme j’ai visité brièvement l’orphelinat aujourd’hui, voici un avant-goût:

À bientôt.
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