Le Blogue-Trotter

Archive, avril 2010

Jeudi 29 avril 2010 | Mise en ligne à 11h49 | Commenter Commentaires (7)

Rencontrez ma famille éthiopienne

Notre journaliste Émilie Côté est à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, depuis trois jours. Elle fait un voyage dit “solidaire” avec l’organisme Projects Abroad. Elle vit dans une famille et apportera de l’aide pendant deux semaines dans un orphelinat.

ÉMILIE CÔTÉ

Je n’ai pas pu alimenter mon blogue, hier. Comme je vous le disais il y a deux jours, il faut une grande patience pour utiliser Internet ici. Mais me voici au très chic hôtel Sheraton d’Addis-Abeba, où Internet est enfin rapide.

Ce n’est pas la seule raison pourquoi je suis au Sheraton…j’ai rendez-vous plus tard avec une fille de Montréal qui travaille à Addis-Abeba depuis un an et demi. Avant-hier dans un café, elle m’a entendu dire à quelqu’un que j’étais une Canadienne-française de Montréal, et puis voilà, j’ai fait connaissance avec Maude. Elle est super sympa. Nous allons voir un show live avec ses copains (je vous en reparlerai dans mon prochain message).

Je veux d’abord profiter de la qualité de ma connexion Internet pour mettre en ligne quelques photos, portraits et paysages d’Addis-Abeba:

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Revenons maintenant à mon programme d’hier, qui consistait en la visite du quartier dans lequel la famille qui m’accueillera pendant 18 jours vit. Il s’agit de Bole, l’une des « sous-villes » (sub-city) d’Addis-Abeba.

Bole est un quartier bien nanti. (Bien entendu, tout est relatif quand nous sommes dans l’un des pays les plus pauvres de l’Afrique.)

Cette superbe église orthodoxe est mon point de repère.

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Dans Bole, on peut voir cet immeuble…

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… à côté de ce champ :

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Sammy, le directeur du bureau éthiopien de Projects Abroad, l’organisme derrière mon voyage dit « solidaire », nous a indiqué les cafés Internet, restaurants, et épiceries situés près de notre maison. Je parle au « nous » car j’étais avec Heidi, une autre volontaire (c’est comme ça que l’on nous appelle : volunteer) qui fera du bénévolat avec moi à l’orphelinat. Sammy nous a par ailleurs montré le chemin pour s’y rendre. C’est environ à 15 minutes à pied de la maison de notre famille d’accueil.

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Heidi est une Hollandaise de 33 ans qui travaille dans un laboratoire près de Rotterdam. Elle habitera aussi dans la même famille que moi.

Cette famille, c’est Aster et Molla, et leurs enfants : Gebriel, 11 ans, et deux fillettes, Daqmawit, 9 ans, et Tamir, 4 ans. Ils ont pratiquement tout le temps des volontaires à la maison. En fait, il y a toujours beaucoup de gens dans cette maison. Et beaucoup beaucoup d’amour.

Notre arrivée à Heidi et moi rimait avec le départ de Kimberley, une Américaine de Chicago qui a passé six mois à Addis-Abeba. Pour le bureau éthiopien de Projects Abroad, c’est un séjour d’une durée record.

Il y avait donc une fête en l’honneur de Kimberley. Les deux sœurs d’Aster étaient là, l’une avec son mari et ses deux filles. Il y avait aussi deux amis éthiopiens que Kimberley s’est fait ici. Sans compter les deux aides ménagères de la famille (ce qui est commun pour des gens de la classe moyenne en Éthiopie).

Bref, nous étions presque 20 dans la maison d’Aster et Molla, qui ont une grande demeure pour Addis-Abeba.

Kimberley était dans tous ses états. Elle ne voulait pas partir. Je crois qu’elle avait un amoureux ici, mais c’est une intuition féminine, et ce n’est surtout pas de mes affaires.

Aster a donné une robe traditionnelle à Kimberley, qui s’est fait prendre en photos avec tout le monde. Ici avec ses amis Bocar et Azaria.

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La tante de Bocar vit à Laval (Tab*****, m’a-t-il lancé). Bocar l’a visitée plusieurs fois. Azaria et lui sont des jeunes adultes branchés dont les parents ont beaucoup d’argent, ai-je conclu. Azaria co-édite avec son frère un magazine de nightlife/lifestyle, Bocar travaille à la African Development Bank. J’avais l’impression de parler à deux Afro-américains, de par leur humour et leurs références.

Je poursuis ma présentation…

Voici Aster (à gauche) et ses deux sœurs :

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(Ne sont-elles pas magnifiques?)

Molla et son neveu :

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Les enfants :

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Nous avons mangé comme des rois. Comme dans tout repas éthiopien qui se respecte, il y avait notamment au menu des inraja, le plat traditionnel du pays, soit des genres de crêpes amères dans lesquelles on met de la viande, de la sauce, des légumes, etc. Pour être bien honnête, je ne peux pas dire que j’en raffole. J’aime ce qu’on met dedans, mais pas le goût de la crêpe.

Comme c’était une occasion spéciale, il y a eu une cérémonie du café. Les grains ont été grillés au beau milieu du salon. Le chaudron est passé devant chaque invité pour que l’on sente la fumée. Je n’ai pas vu précisément toute les étapes du processus, mais j’ai calculé environ une heure.

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J’ai aussi goûté au fameux vin au miel (honey wine, autre spécialité éthiopienne). Bon, mais fort en alcool. Quant à ma bouteille de Sauvignon Blanc achetée en escale à Amsterdam, j’ai vu deux personnes s’étouffer en prenant une gorgée. Disons que mon apport au souper n’a pas fait l’unanimité hier. Les enfants n’ont pas trop aimé les jujubes que j’ai apportés en cadeau, surtout les pêches « surettes ».

Voyez la réaction de Gebriel :

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Mais le souper était très agréable ! Bonne compagnie et bonne bouffe, dans un autre univers.

***

Désolé de la non-linéarité de mon récit, mais j’ai oublié de vous dire que j’ai failli arriver en retard au souper, hier… Je suis allée au gym vers 17h, puis dans un café Internet. Quand j’ai terminé mes trucs (donc fini de rager après la lenteur de la connexion Internet), le soleil était couché. Or, il fait très très noir dans les rues d’Addis-Abeba quand la nuit est tombée (il n’y a pas de lampadaires et la plupart des marquises des commerces ne sont pas éclairées.)

Bref, je me suis perdue… Mais Dieu merci, j’avais la pochette de Projects Abroad dans mon sac avec le numéro de téléphone d’Aster et Molla.

Je suis entrée dans un magasin, la vendeuse a appelé Aster, et un gentil samaritain m’a escortée jusqu’à la maison.

Je n’étais pas loin. J’étais simplement allée à droite à une intersection au lieu d’à gauche. .

Alors voilà pour ma mésaventure…Une mésaventure bénigne, mais disons que mon pouls a monté subitement. (Il est normal dans un voyage comme celui que je fais de se dire parfois: “Mais qu’est-ce que je fais ici?” Cela fait partie de l’expérience… après tout, je ne suis pas dans un tout-inclus à Punta Cana.)

Allez, je dois vous quitter. Maude vient d’arriver.

Dans mon prochain message, je vous ferai visiter l’orphelinat où j’apporterai de l’aide pendant deux semaines. Je commence demain matin. Mais comme j’ai visité brièvement l’orphelinat aujourd’hui, voici un avant-goût:

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À bientôt.

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Mardi 27 avril 2010 | Mise en ligne à 9h02 | Commenter Commentaires (3)

D’Addis-Abeba

Ceci est le 3e essai pour mettre en ligne ce message.

ÉMILIE CÔTÉ

Il est quelle heure pour vous ? Bien s’il est 7h à Montréal, il est 1h à Addis-Abeba. Quand il est midi ou minuit au Québec, il est 6h AM ou 6hPM en Éthiopie.

Je suis à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, depuis hier.

Je manque de mots pour vous décrire comment c’est ici. Les routes, les maisons, les gens…Le paysage est fascinant. Nous sommes dans les montagnes donc les rues sont en tout en côtes, ce qui donne lieu à des vues exceptionnelles de la ville.

Nous sommes à 2400 mètres d’altitude. J’étais un peu étourdie ce matin, mais mon corps s’est vite acclimaté. Je suis arrivée tard à l’aéroport dimanche soir. J’ai dormi au bureau de l’organisme Projects Abroad, l’organisme international qui organise des voyages solidaires comme le mien (je travaillerai pendant deux semaines dans un orphelinat).

C’était bizarre de dormir seule dans une petite maison, en Afrique. Disons que j’ai barré les portes. En m’endormant, j’entendais plusieurs chiens japper. Mais j’étais tellement fatiguée (je n’avais pratiquement pas fermé l’oeil depuis deux jours) que j’ai dormi à poings fermés.

C’est Weini, celle avec qui je correspondais pendant la préparation de mon voyage, qui m’a réveillée en cognant fort dans la porte du bureau pour me faire sortir du lit (elle n’avait pas la clé). En moins de 15 minutes, j’étais douchée, sortie dans la rue et dans la vie grouillante d’”Addis”, comme on dit ici.

Le bureau éthiopien de Projects Abroad est au beau milieu d’un secteur résidentiel avec des petites maisons modestes faites de tôles. Les rues sont sinueuses et escarpées. J’ai pris quelques photos.

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Nous avons marché un peu avec de prendre un shared taxi (un « taxi partagé »).

Nous sommes ensuite allés dans un restaurant appelé « Oslo Café ». J’ai pris des Farina,  genre de crêpes-omelettes sucrées (délicieux), un jus de mangue frais et deux macchiato. Le bon café est l’une des marques de commerce de l’Éthiopie. C’est vrai qu’il est excellent.

La qualité de la bouffe et des restaurants d’Addis-Abeba fait aussi consensus dans les guides de voyage. Food is probably most people’s number-one priority.

La première journée de mon voyage consistait en un tour de la ville. J’ai vu la Piazza (« la Place»), construite pendant l’occupation italienne, de 1936 à 1941. Mais il faut savoir que le pouvoir éthiopien a tenu le coup. Les Éthiopiens sont par ailleurs très fiers de dire que leur pays n’est pas colonisé. On me l’a souligné au moins cinq fois hier.

Voici une place publique :

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(Je voulais mettre plus de photos, mais c’est trop long…)

Les gens d’Addis-Abeba n’utilisent pas les noms de rues. On parle de quartiers : la Piazza, le coin de la gare, le coin des ambassades, etc. Addis-Abeba est la quatrième plus importante ville d’Afrique. C’est sa capitale démocratique; c’est là où se trouve le quartier général de l’Union africaine. Je l’ai vu hier mais je ne pouvais pas prendre de photo (c’est interdit pour les édifices gouvernementaux).

Les guides de voyage vous le disent, mais c’est cent fois plus frappant quand on le voit: les mélanges qui défilent devant nos yeux… les diplomates qui croisent les mendiants, les bouibouis à côté des pâtisseries européennes, un très chic hôtel comme le Sheraton qui s’élève à côté d”un bidonville.

(OK, Internet est subitement encore plus lent…je dois arrêter de télécharger des photos.)

Mais ce qu’il y a de plus fascinant, c’est le mélange harmonieux et pacifique des différentes religions, en majorité des catholiques orthodoxes et des musulmans.

Cet après-midi, en visitant le musée nationale de l’Éthiopie, où l’on trouve les os du tout premier singe/humain bipède, j’ai failli m’étouffer quand Bikesegm, de Projects Abroad, m’a demandé si je croyais en l’évolution. « Eh…oui…»

La question était étrange quand l’on pense que nous étions entourés de fossiles et de photos de singes, et que Bikesegm me vantait depuis 20 minutes le fait que l’Éthiopie est le lieu qui témoigne de la naissance de la race humaine. « Je ne crois pas en l’évolution, dit-il. Je crois que Dieu nous a créés. »

Le premier fossile humaine a un nom. C’est une femme australopithèque nommée Lucy. Et tout le monde parle de Lucy à Addis-Abeba comme si elle était une star. « Vous allez voir Lucy au musée ? » « Il faut aller voir Lucy si vous êtes en Éthiopie. »

Pourquoi le nom Lucy ? C’était l’idée lancée par les archéologues qui ont trouvé ses ossements et qui jasaient de leur découverte en écoutant la chanson des Beatles, Lucy in the sky with diamonds.

Est-ce que les Éthiopiens savent que Lucy in the Sky with Diamonds, cela fait référence au LSD:)

Je n’ai vu qu’une réplique des restes de Lucy. La « vraie » est aux États-Unis à des fins de recherche.

Sinon, le reste du musée national de l’Éthiopie est intéressant. On peut voir des objets qui appartenaient à la monarchie avant que l’armée s’empare du pouvoir, il y a environ 35 ans.

(Des photos viendront plus tard. Internet est apparremment rapide au Sheraton. J’irai jeudi.)

***

Au moment d’écrire ces lignes, je suis de retour au bureau de Projects Abroad. Sammy doit nous donner les recommandations d’usage à suivre en Éthiopie. Par la suite, une autre bénévole hollandaise nommée Heidi et moi allons rencontrer notre famille d’accueil.

Au programme demain : visite de l’orphelinat, où je vais travailler pendant deux semaines, et visite du quartier où sera ma maison. J’espère tellement vivre près d’un café avec une bonne connexion Internet.

Je me répète encore, mais à bientôt, si Internet le veut. Il m’a fallu beaucoup de patience pour mettre ce message en ligne. Je suis tellement déçue de ne pas avoir pu mettre plus de photos, mais c’était vraiment trop long.

Je me reprendrai, je vous le promets!

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Dimanche 25 avril 2010 | Mise en ligne à 13h37 | Commenter Commentaires (3)

Je suis en Afrique!

ÉMILIE CÔTÉ

Je n’ai pas vraiment mis les pieds dehors, mais je peux dire que je suis en Afrique! Je suis à Nairobi, au Kenya. Après Amsterdam, c’est ma dernière escale avant d’arriver à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie.

Je suis dans le coin d’un café Internet. Je suis à côté d’un ventilateur. Il fait très chaud! Il y a un poster de Barack Obama à ma gauche (il est un héros ici car son père venait du Kenya), et il y a des posters de safaris à ma droite. 

J’avais le coeur gros avant de partir (un mélange de stress, de fébrilité et de fatigue), mais là, je me sens très bien. J’aime déjà l’Afrique.

Dans mon vol, j’ai rencontré Helen, une femme originaire du Kenya qui habite maintenant en Russie, à Saint-Pétersbourg. Nous étions assises dans la première rangée de la classe économie. J’étais à côté de son fils, que tout le monde a adopté dans notre partie de l’avion. Je n’ai jamais vu un petit garçon aussi enjoué et sociable. Il n’a pas pleuré une fois.

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C’est un voyage émotif pour Helen car c’est la première fois qu’elle vient au Kenya avec son fils, qui est né en Russie. Helen a perdu sa mère, mais son père et toute sa famille élargie sont ici.

Elle était tellement énervée qu’elle a dit à son père qu’elle arriverait lundi au lieu de dimanche. Je l’ai quittée juste après qu’elle ait pu le joindre. Tout était correct.

***

Vous avez déjà volé avec KLM?

Wow. Personnel sympathique, bouffe délicieuse avec vin compris et que dire des uniformes bleu royal “flash” des hôtesses de l’air.

Je dois déjà vous quitter. Internet est très lent…

Je dois arriver vers minuit à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie. Des gens de l’organisme Projects Abroad (les organisateurs de mon voyage) m’attendront à l’aéroport. Il me semble qu’il sera bien tard pour arriver chez ma famille d’accueil. Je ne sais également pas si je commence dès demain matin à travailler dans l’orphelinat. On verra bien!

Je vous laisse sur les mêmes mots que mon dernier message. À très bientôt de l’Éthiopie, si Internet le veut.

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