Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Tout le monde en parle’

Dimanche 21 septembre 2014 | Mise en ligne à 23h23 | Commenter Commentaires (52)

L’étoile du match à Patrick Senécal

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Personne ne vient en un bloc. Le romancier Patrick Senécal, que Guy A. Lepage a présenté comme le «roi de l’horreur et du fantastique», a raconté une histoire très touchante à la première de Tout le monde en parle dimanche soir. Une histoire à mille lieues de l’horreur de ses livres, racontée dans le recueil Des nouvelles du père. Parce que c’est aussi ça, Patrick Senécal.

Quand il a choisi de quitter Mont Saint-Hilaire pour s’installer à Montréal il y a trois ans, son fils de 12 ans n’a rien voulu savoir. Pour le convaincre, il lui a proposé une sorte de rite de passage: un périple à pied de 38 kilomètres, entre l’ancienne et la future maison. Arrivé sur le pont Jacques-Cartier, il a proposé à son fils de jeter sa doudou dans le fleuve, pour marquer cette nouvelle étape. La police les a arrêtés, avant de saisir la symbolique du geste. Sans blague, quel père n’aurait pas aimé avoir cette idée?

Patrick Senécal a aussi raconté qu’il a de bien drôles de fans. L’une d’elles est arrivée devant lui dans un salon du livre, traînant avec elle une boîte et une taie d’oreiller imbibée de faux sang. La boîte contenait des bouts de ses romans, tachés de sang. Par ailleurs, un couple de gothiques, fans de son roman Aliss, l’a invité à une orgie.

L’auteur de la série de livres Malphas, qui connaît un succès monstrueux, vit de son art depuis sept ans, après avoir été enseignant. Comme plusieurs, il déplore l’annonce du ministre libéral Yves Bolduc sur la baisse des budgets d’achats de livres dans les écoles. «Mais je suis pas si surpris, c’est dans la lignée de ce parti-là.» Selon lui, tant que le Parti libéral sera au pouvoir, «la culture va toujours écoper». «Un décrocheur, ça coûte pas mal plus cher qu’un musicien», a-t-il ajouté, applaudi par l’assistance.

Présent à la toute première émission de Tout le monde en parle en 2004, l’ex-hockeyeur Stéphane Quintal était de retour sur le plateau dimanche, cette fois en tant que vice-président à la sécurité des joueurs de la LNH. Afin de diminuer le nombre de commotions cérébrales au hockey, il est d’avis qu’on devrait réduire la grosseur des épaulettes des joueurs, qui leur donnent l’impression de porter une armure. «Ils se sentent invincibles», déplore-t-il.

S’il jouait aujourd’hui, Stéphane Quintal gagnerait 4 millions$ par année. Il affirme avoir obtenu son contrat le plus payant alors qu’il jouait pour les Rangers. Ironiquement, son nouveau rôle le ramène à New York, qu’il avait quittée dans la tourmente en 2000.

On ne peut qu’être touché par le cas de Mai Duong, atteinte de leucémie aigüe et qui se bat pour sa vie mais aussi celle des autres. Après une récidive de son cancer en mai dernier, on lui donnait deux mois pour se trouver un donneur de cellules souches compatibles, qui devait obligatoirement être vietnamien comme elle. Malgré une vaste campagne, on n’a pas trouvé, mais les médecins misent maintenant sur un échantillon de sang de cordon ombilical offert par une donneuse.

La prochaine année sera difficile: confinée à une chambre spéciale, Mai Duong devra rester isolée de sa fille de 4 ans durant le processus médical. La patiente s’attend à des complications, des infections et peut-être même des arrêts respiratoires, à travers les traitements de chimio et de radiothérapie, qui détruiront son système immunitaire, mais son éloquente détermination fait croire au meilleur. Elle encourage la population à s’inscrire au Registre des donneurs de cellules souches d’Héma-Québec.

Gagnant aux Gémeaux pour son premier rôle et pour les textes des Beaux malaises, Martin Matte dit avoir été approché pour adapter la comédie en France, aux États-Unis et au Canada anglais. Sa blonde à l’écran, Julie Le Breton, dit ne s’être jamais fait parler autant d’un personnage que du sien dans Les beaux malaises.

Aussi lauréat aux Gémeaux, François Létourneau, qui tourne actuellement dans l’adaptation cinématographique de Paul à Québec, avoue avoir été affecté par l’importance donnée par les journaux aux faibles cotes d’écoute de Série noire. «On avait peur que le show passe dans le beurre», a-t-il dit, accompagné de son comparse, Jean-François Rivard. Il rappelle que Les invincibles n’ont jamais fait exploser les cotes d’écoute, et qu’on ne peut pas demander à toutes les émissions de «faire deux millions».

La carte du fou du roi: «La robe en papier de toilettes aux Gémeaux, c’était pour vous Monsieur Harper. Vos coupures, elles nous font vraiment chier.»

Très intéressante discussion avec Jean Lapierre et Chantal Hébert, au sujet du référendum de 1995. Pour rédiger leur livre Confessions post-référendaires, ils ont parlé à 18 acteurs de l’événement, dont le plus réticent à répondre à leurs questions, l’ancien premier ministre Daniel Johnson.

Ils confirment que l’harmonie ne régnait pas du tout au sein du triumvirat formé de Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Mario Dumont, du camp du OUI. Bouchard et Dumont parlaient de ralentir M. Parizeau dans ses ambitions, alors que ce dernier savait où il s’en allait, et ne croyait pas au partenariat en cas de victoire.

On revient sur l’improvisation du camp du NON, alors que le OUI explosait dans les sondages. Notamment sur cette promesse de Jean Chrétien, qui aurait reconnu le Québec comme société distincte. Or, la chose n’avait jamais été discutée au conseil des ministres. Dans le livre, M. Chrétien y va de phrases comme «Quand on fait campagne avec une canne, ça marche!»

Chantal Hébert constate que l’esprit de collaboration entre les camps du OUI et du NON en Écosse n’a jamais existé entre les mouvements souverainiste et fédéraliste chez nous. Le récit de la séquestration de Lucienne Robillard le soir du référendum, pour avoir dit qu’elle reconnaîtrait une victoire du OUI, ressemble à un film d’espionnage. Jean Lapierre reste scandalisé de savoir que Sheila Copps, alors vice première ministre, était exclue de la soirée, chez elle, «à manger des Pretzels».

Jean Lapierre a nié être un ami de Tony Accurso, contrairement à ce qu’a laissé entendre la commission Charbonneau. Il dit avoir pris contact avec l’entrepreneur «pour l’avoir en entrevue à TVA». «Ça fait partie de ma job», dit-il au sujet des relations qu’il entretient dans le monde politique et celui des affaires.

M. Lapierre affirme qu’il est «niaiseux de la part de la commission Charbonneau» de l’avoir nommé. «On dit que la commission respecte la réputation des gens: dans mon cas, c’est pas vrai», tranche-t-il.

À propos de la décapitation de trois otages occidentaux, le professeur Sami Aoun croit qu’on veut ainsi attirer Barack Obama dans ce conflit, afin qu’il rééquilibre les rapports de force en Irak. De son côté, son collègue Charles-Philippe David trouve que le gouvernement canadien a la gâchette facile, Stephen Harper privilégiant la solution militaire à l’aide économique ou humanitaire.

Sans s’affoler, il faut rester conscient que le Canada n’est pas à l’abri d’actes terroristes. Sami Aoun parle d’un «loup solitaire» qui «pourrait sortir de nulle part et causer beaucoup de dommages». Charles-Philippe David s’interroge sur l’état d’esprit de la centaine de combattants djihadistes canadiens en Syrie, lorsqu’ils rentreront au pays.

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Mercredi 17 septembre 2014 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Commentaires (46)

Jean Lapierre chez Guy A.

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Pour son grand retour dimanche à 20h, Guy A. Lepage reçoit à Tout le monde en parle quatre gagnants du Gala des prix Gémeaux: François Létourneau et Jean-François Rivard de Série noire, Martin Matte et Julie Le Breton des Beaux malaises.

De la visite rare sur ce plateau: Jean Lapierre, qui accompagne Chantal Hébert pour parler du livre Confessions post-référendaires, auquel il a contribué. Stéphane Quintal, nouveau vice-président de la sécurité des joueurs de la Ligue nationale de hockey, Mai Duong, en attente d’une greffe de la moelle osseuse, et l’écrivain Patrick Senécal pour son nouveau roman, comptent aussi parmi les invités.

Un peu plus tôt, à TVA, Julie Snyder et Michel Drucker reçoivent Stromae, Garou, Xavier Dolan, Karim Ouellet, Marie-Mai, Mario Cyr et Marc Labrèche, dès 19h, dans la troisième émission de L’été indien, qui précède la nouvelle téléréalité Vol 920, à 20h30.

À Télé-Québec, ce soir (mercredi) à 20h, Formule Diaz accueille Vincent Vallières, Xavier Dolan, Anne Dorval, Benoît McGinnis et Win Butler d’Arcade Fire. À 21h, aux Francs-tireurs, Richard Martineau s’entretient avec Guy Fournier. Puis, demain (jeudi) à 21h, Bazzo.tv reçoit François Legault, Martin McGuire, et on se demande si le système d’éducation doit former des travailleurs sur mesure. Vendredi à 21h, Élise Guilbault, Gilles Vigneault et Marc Bergevin seront les invités de Deux hommes en or.

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Dimanche 4 mai 2014 | Mise en ligne à 23h23 | Commenter Commentaires (68)

L’étoile à Marc Labrèche

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On ne pouvait mieux conclure la saison qu’avec cette édition de Tout le monde en parle. Pas de temps mort, des débats pertinents sur le choix de ne pas voter, les guerres, le cinéma, les compressions à Radio-Canada. Une émission 100% «mandat de diffuseur public».

Marc Labrèche a bien démarré la soirée avec son imitation de Jean Cocteau et de la diction des années 40, qu’on soit ici ou en France. En reprenant Les aiguilles et l’opium 20 ans plus tard, il repense inévitablement aux gens qu’il a perdus autour de lui depuis tout ce temps. «Je leur parle chaque fois avant d’entrer en scène.»

Bien sûr, l’ex-Bobo n’a rien perdu de sa folie, parlant notamment de «tribus de clitoris», mais reprenant son sérieux lorsque Guy A. lui demande quelle question il poserait à son père, Gaétan Labrèche. «Je voudrais savoir s’il était heureux», a-t-il répondu.

Invité à se prononcer sur les compressions à Radio-Canada, l’acteur s’est interrogé sur la décision d’amputer l’équipe de l’émission Enquête. «Quand tu es rendu à saper dans ce que tu fais de mieux», a-t-il dit, s’interrogeant sur la pertinence de mettre en ondes des émissions comme Alors on jase! et C’est ma toune, qui s’apparentent plutôt à ce que fait déjà le privé.

Dominic Arpin s’apprêtait à courir le marathon d’Ottawa quand il a appris qu’il souffrait d’un cancer du rein. Depuis son opération, il dit n’avoir jamais été aussi en forme de sa vie. La maladie lui a donné un électrochoc, resserrant les liens avec ses proches. Les réseaux sociaux n’ont pas que du mauvais; ils lui ont permis de passer au travers de cette épreuve, grâce au soutien de ses amis Facebook et abonnés Twitter.

Dominic Arpin n’aime pas que la course à pied, mais aussi les tough mudder, une série d’épreuves beaucoup plus éprouvantes, comme ramper sous des fils électriques dénudés, en subissant des chocs. «On est si bien chez soi avec un verre de vin», a répliqué Marc Labrèche.

Neuf têtes d’affiche de l’information de Radio-Canada ont laissé de côté leur devoir de réserve pour lancer un cri d’alarme sur les compressions de 130 millions$ qui touchent le diffuseur public. «Ne laissons pas ça se passer sans au moins qu’il y ait un débat public», a lancé Pierre Craig, qualifiant Radio-Canada d’«artère vitale pour la culture française en Amérique du Nord.» Insistant sur la couverture internationale que R.-C. est la seule à pouvoir offrir, Céline Galipeau s’inquiète pour l’avenir. «On est habitués de faire plus avec moins. Là, on fait moins avec moins», a-t-elle dit.

Patrice Roy déplore que les pertes d’emplois toucheront surtout les derniers arrivés. Se priver des jeunes employés, c’est «se priver d’oxygène dans une salle des nouvelles». Marie-José Turcotte a rappelé que Radio-Canada coûte «sept sous et demi» à chaque Canadien et que le privé est aussi subventionné. Anne-Marie Dussault attribue la faute en grande partie au mode de financement, qui n’est pas adéquat. Anormal que cette société publique soit à la merci de cotes d’écoute et de revenus publicitaires. «Qu’est-ce qui est rentable en information?» a demandé Alain Gravel, plaidant que les coûts des grands travaux d’infrastructure à Montréal avaient baissé de 30% depuis qu’Enquête s’est penchée sur la question.

La carte du fou du roi: «Vous pouvez bien rêver que le gouvernement Harper se mette à aimer l’information, la culture et la francophonie. Mais vous serez vite réveillé par le son d’un F-35 déchirant le ciel.»

Denys Arcand s’est retrouvé à justifier son choix de ne plus aller voter. «Je suis un orphelin de la politique, personne ne parle pour moi», a-t-il expliqué. «C’est quand même triste d’entendre ça», s’est permis d’ajouter Alain Gravel, ce qui a donné lieu à un intéressant débat sur ce choix pour plusieurs discutable.

Le cinéaste est bien sûr déçu que son film Le règne de la beauté n’ait pas été sélectionné à Cannes «parce qu’on s’est pris trop tard», dit-il. Le cinéaste a badiné sur les critères de cette compétition, racontant qu’un homme de l’organisation lui ait reproché de ne pas avoir suffisamment de gros noms dans ses films, parlant de «M. Labiche» au lieu de Marc Labrèche.

Arcand se permet de passer un message dans son nouveau film, déplorant que les Québécois soient si peu sensibles à l’architecture, et vantant notamment l’architecte de Québec Pierre Thibault.

La nouvelle ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre Lise Thériault n’a pas encore parlé au directeur général de la Sûreté du Québec, Mario Laprise, qu’on dit assis sur un siège éjectable depuis l’élection des libéraux. Mme Thériault affirme au contraire qu’elle n’a pas été nommée «pour faire le ménage» ou «pour mettre M. Laprise dehors». «La SQ est une institution, faut trouver la manière de nommer les responsables sans interférence politique», dit-elle.

Une politicienne n’avait jamais eu à affronter autant de journalistes sur ce plateau. Alain Gravel n’allait pas se gêner pour lui rappeler que les Nathalie Normandeau, Violette Trépanier et Marc-Yvan Côté étaient visés par l’UPAC. Les lois ont changé depuis, a-t-elle plaidé, ajoutant que personne n’est au-dessus des lois, y compris les politiciens.

La ministre a écorché nos pauvres oreilles à quelques reprises avec ses «si j’aurais» et «ça l’existe pas». Encore drôle qu’elle n’ait pas été nommée ministre de l’Éducation. «Nos aînés doivent donner l’exemple aux plus jeunes», a-t-elle envoyé à Denys Arcand, concernant sa décision de ne plus voter.

J’adore les «je ne suis pas d’accord» et les débats qui s’ensuivent, comme ce fut le cas entre le cinéaste et acteur Mathieu Kassovitz et Denys Arcand. Des échanges vigoureux et sains, comme nous en avons trop peu à la télé québécoise. Kassovitz considère que les cinéastes commencent à être moins bons après leur quatrième film, une théorie que ne partage pas du tout Arcand. Il fallait voir les deux cinéastes se tirer la pipe amicalement.

Une chose sur laquelle ils sont d’accord, c’est sur l’abstentionnisme, Kassovitz ayant voté pour la dernière fois alors qu’il n’avait que 18 ans. Et c’était pour Mitterrand.

Le réalisateur de La haine a repris la narration du troisième volet de la fascinante série documentaire Apocalypse, portant cette fois sur la 1ère Guerre mondiale. «On se souvient, grâce à ça, qu’on est toujours très proches de conflits terribles et de vies gâchées», a-t-il dit. Mécontent que son dernier film, L’ordre et la morale, n’ait pas été reconnu aux Césars, il affirme que la France, jadis «un pays de lumière», est «devenu extrêmement ringard».

Tout le monde en parle sera de retour cet automne pour une 11e saison. Un montage des meilleurs moments depuis 10 ans sera diffusé dans deux semaines. Merci de votre grande fidélité au compte rendu hebdomadaire de Tout le monde en parle, qui reste l’entrée de blogue la plus consultée de la semaine.

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