Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Tout le monde en parle’

Dimanche 7 février 2016 | Mise en ligne à 23h06 | Commenter Commentaires (39)

L’étoile du match à Koriass

Koriass (Photo: Karine Dufour)

Koriass (Photo: Karine Dufour)

Le rappeur Koriass en a conquis plusieurs à Tout le monde en parle, à commencer par Lise Payette. Avec un discours percutant sur le sort des femmes, que tiennent trop peu d’hommes. Tout le contraire du stéréotype qu’on se fait des rappeurs machos et misogynes. Dimanche, l’étoile du match n’était pas au Super Bowl, mais chez Guy A.

Le rappeur, de son vrai nom Emmanuel Dubois, va à la rencontre des cégepiens à l’invitation du Conseil du statut de la femme et souhaite les conscientiser sur la culture du viol. Sa propre blonde, mère de ses deux filles, en a été victime. «Si je peux empêcher un gars de passer à l’action, tant mieux», dit-il.

Féministe engagé, il déplore que l’égalité hommes-femmes ne soit pas encore atteinte. Il va loin dans son discours: «Les hommes ont fait du monde qu’on connaît quelque chose de beaucoup plus laid qu’il pourrait être, et que les femmes embellissent un peu.»

Koriass, qui vit maintenant à Québec, a dit tout le mal du discours de certaines radios de la capitale, qu’il écorche dans Nulle part, sur son album Love suprême. «La mentalité individualiste manque de sensibilité à des causes comme la pauvreté», déplore-t-il. «Ça me pue au nez, ça me dégoûte.»

Il a été beaucoup question de la situation des femmes dans cette émission, l’une des meilleures de la saison. Avec Lise Payette sur le plateau, ça ne peut faire autrement. Pour une de ses très rares apparitions à la télévision, elle était particulièrement en forme et vive, toujours aussi à l’aise devant la caméra.

Venue parler du premier Sommet des femmes, elle dit éclater de rire lorsqu’elle entend que la parité est difficile à atteindre, faute de femmes compétentes. «Parce que s’il fallait qu’on demande aux hommes d’être compétents avant d’être députés ou ministres, mes enfants, on n’est pas sorti du bois!» La parité selon Justin Trudeau ne l’impressionne pas; selon elle, les femmes de son cabinet n’occupent pas les postes importants et sont moins bien payées que les hommes.

C’est elle-même qui a contacté René Lévesque pour lui offrir ses services en 1976. Elle a payé pour le scandale des Yvette en 1980, mais elle ne retire rien de ce qu’elle a dit sur l’épouse de Claude Ryan, bien qu’elle se soit excusée à l’époque. Avant qu’elle quitte, certains collègues pensaient qu’elle voulait la place du chef et le lui ont fait sentir.

Les hommes ont-ils changé depuis Jean-Paul Belleau, le personnage créé par Mme Payette dans Des dames de coeur? «Ils aiment penser qu’ils ont changé», a-t-elle répondu.

Il a ensuite été question des jeunes proies de ces gangs de rue, prises au jeu de la prostitution, et dont on déplore les disparitions. Selon la criminologue, sociologue et ex-députée Maria Mourani, une fille peut rapporter jusqu’à 200 000$ à un proxénète dans une année. L’âge moyen de ces jeunes filles au Canada: 14 ans. Leurs clients proviennent aussi bien des milieux artistique, politique et des affaires. Mme Mourani s’indigne, à raison, qu’ils ne soient pas traités comme des pédophiles, et qu’ils s’en sortent aussi bien.

Les proxénètes savent s’y prendre. Ce sont des filles qui recrutent les filles, en leur faisant miroiter une vie à la Pretty Woman. Sandra Nolet, dont la fille Kelly a été retrouvée après deux jours de fugue, raconte qu’on avait promis à celle-ci un salaire rapide, et qu’on la valorisait en lui disant qu’elle était jolie et gentille. «Vos filles peuvent être des proies, même si ça va bien à la maison», a voulu dire Maria Mourani aux parents.

L’un est pour, l’autre est contre. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, est venu défendre le projet d’oléoduc Énergie-Est, sans quoi sa province risque la catastrophe économique. M. Gallant a joué de son charme, au point que Lise Payette en fasse son plus bel homme du Canada, version 2016. De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a répété que Trans-Canada a bâclé le projet, qui n’est pas acceptable dans sa forme actuelle.

Mme Payette s’est empressée de lui rappeler que «les Québécois n’en veulent pas». «Avez-vous pensé à Lac-Mégantic?» a-t-elle demandé à Brian Gallant, embarrassé par la question.

Talonné par Maria Mourani, M. Coderre était moins à l’aise de parler de la réglementation des salons de massage érotique, qu’il avait promis d’éliminer. Son argument: le changement de la loi fédérale sur la prostitution a compliqué le travail. «Avez-vous une fille, Monsieur Coderre?» a demandé Lise Payette. «Oui», a répondu le maire, avant de promettre d’y voir.

Anik Jean a réalisé son premier film à partir des chansons de son récent album, Lost Soul. Peu de dialogues, beaucoup de musique dans ce film d’un peu plus d’une heure, destiné aux festivals. «Mon fils m’écoute plus que mon mari [Patrick Huard]», a-t-elle dit à propos du petit Nathan, qu’elle aurait envoyé à l’école anglaise. Un désaccord avec le père l’a fait céder.

Cinq ans après «s’être pogné solide» avec le collègue de La Presse, Marc Cassivi, la chanteuse a accepté de le rencontrer durant une heure et demi, au point de parler de son «journaliste adoré». «Les gens changent. [...] J’étais baveuse avant», dit-elle au sujet de cette «réconciliation». «Ça sert à rien d’être rancunier», dit-elle.

De retour de France pour assister au tournage de l’adaptation des Beaux malaises avec Franck Dubosc, Martin Matte regrette un peu de ne pas avoir accepté de réaliser la série, comme on le lui avait proposé. Personne ne connaît mieux que lui la série. Si c’était à refaire, il dirait oui.

L’humoriste est arrivé en pleine grève des taxis en France, et a dû recourir à Uber, dont il vante les services. Il invite les chauffeurs de taxi à s’habiller plus proprement et à prendre la carte de crédit sans protester. «Combattre et empêcher Uber, je trouve ça futile. [...] C’est un produit exceptionnel.» Ce à quoi Guy A. a rétorqué: «Qu’ils remboursent les chauffeurs de taxi qui ont payé en tout un milliard de permis. [...] C’est quoi un petit milliard quand t’en as 50?»

Mon compte-rendu de Tout le monde en parle fera relâche dimanche prochain, de retour dans deux semaines.

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Vendredi 5 février 2016 | Mise en ligne à 12h34 | Commenter Commentaires (32)

Lise Payette chez Guy A.

Lise Payette. Photo: Karine Dufour

Lise Payette. Photo: Karine Dufour

Lise Payette, qui se fait très rare à la télévision, sera sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche. L’ex-ministre, animatrice et auteure discutera de son implication au premier Sommet des femmes.

Aussi chez Guy A. Lepage et Dany Turcotte: Martin Matte, pour l’adaptation française des Beaux malaises, le rappeur Koriass, pour l’album Love suprême, Sandra Nolet, mère d’une des jeunes filles retrouvées, Pascale Philibert, travailleuse de terrain, l’ex-députée Maria Mourani, Anik Jean, pour l’album Lost Soul, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, et le maire Denis Coderre pour le projet d’oléoduc d’Énergie Est.

À Télé-Québec, ce soir (vendredi) à 21h, Deux hommes en or accueille Sarah-Jeanne Labrosse, Geneviève St-Germain, l’auteure Arielle Desabysses et Hélène Laurin, championne québécoise de Air Guitar.

À TVA, ce soir (vendredi) à 19h, Ça finit bien la semaine reçoit Maxim Martin, Jean-Philippe Dion, Anouk Meunier et Michel Barrette.

À ICI ARTV, ce soir (vendredi) à 21h, C’est juste de la TV convie Mariloup Wolfe, Chantal Machabée et le collaborateur Patrick Masbourian.

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Dimanche 31 janvier 2016 | Mise en ligne à 23h03 | Commenter Commentaires (23)

L’étoile du match à Bernard Labadie

labadie

Bernard Labadie n’a plus l’énergie qu’il avait. Il dirige assis et sans sa baguette. Malgré tout, dimanche à Tout le monde en parle, il est apparu enjoué, vif, lumineux, et oui, énergique. Car le fondateur des Violons du Roy revient de loin, de très loin.

Rappelons les faits, relatés le mois dernier dans Le Soleil: en mai 2014, M. Labadie est à Freiburg en Allemagne lorsqu’il tombe subitement malade. Les médecins lui diagnostiquent un lymphome, accompagné d’un syndrome hémaphagocytaire. En gros, un cancer du système immunitaire qui lui bouffe tout son sang. Il sera plongé dans un coma artificiel durant un mois. C’est sa soeur qui le sauvera en lui donnant son sang. «Si ma soeur n’avait pas été là, je ne serais pas ici ce soir», a-t-il dit, reconnaissant. Elle lui a d’ailleurs aussi transmis son groupe sanguin. Aujourd’hui, il a le système immunitaire d’un enfant d’un an, et attrape tout. En avion, malgré le masque, il a contracté trois virus.

Durant sa convalescence, il écoutait des oeuvres de la Renaissance, du Bach, et aussi du vieux jazz. Pour son retour avec Les Violons du Roy les 10 et 11 février au Palais Montcalm, et le 12 février à la Maison symphonique, ce sera avec le Requiem de Mozart, «un choix naturel» pour cette oeuvre qui lui est chère.

D’une résilience admirable, M. Labadie a blagué sur sa propre mort et ses funérailles, et raconté avoir déjà été transporté à l’hôpital après s’être entré une baguette dans le nez. La carte du fou du roi: «Grâce à votre soeur, on peut enfin dire que vous avez du bon sang.»

Autre invitée marquante de la soirée mais pour d’autres raisons, Me Anne-France Goldwater conseille à Julie Snyder et à Pierre Karl Péladeau de régler rapidement leur médiation, pour éviter un procès et la foire médiatique qui l’accompagnerait. «La bataille pourrait être cruelle entre les deux», a-t-elle dit. Le patrimoine accumulé en seulement cinq mois pourrait être nul. Mais Julie aura tout de même droit à une pension alimentaire.

Bien consciente qu’il y ait des fonds publics impliqués des deux côtés, l’avocate de Lola dans la célèbre affaire Éric et Lola a tout de même invité la population à cesser les commentaires désobligeants sur Julie et PKP, ne serait-ce que pour protéger les enfants, coincés dans cette séparation.

Par ailleurs, Me Goldwater, qui ne s’est pas gênée pour intervenir à plusieurs reprises dans les discussions – peut-être même trop –, s’est prononcée contre la réforme en matière de justice sociale, «une catastrophe» selon elle. Au passage, elle a révélé facturer 660 $ de l’heure, et annoncé que son émission L’arbitre ne serait plus diffusée à Musimax, une chose à laquelle elle n’a jamais donné son accord, et pour laquelle elle n’était pas repayée.

En début d’émission, le défunt 110% s’est un moment transporté sur le plateau. D’un côté, les animateurs Jean-Charles Lajoie et Chantal Machabée, qui attribuent les déboires du Canadien à l’absence de Carey Price (entre autres); de l’autre, le collègue de La Presse, Mathias Brunet, qui trouve l’explication trop facile. Pour lui, la raison est fort simple: l’équipe joue mal.

«Carey Price est la drogue du Canadien, c’est lui qui est le «pusher» qui dope la performance de l’équipe», a lancé Jean-Charles Lajoie.

Et les frasques des joueurs en dehors de la glace? Rien pour atteindre les joueurs, croit Chantal Machabée. «Si le Canadien devient la Sainte Chanel, on a un problème», a ironisé Lajoie, faisant référence à la copine d’Alex Galchenyuk, arrêtée après lui avoir donné un coup de poing au visage.

Venu promouvoir son disque de reprises de Gilbert Bécaud, qui a occupé la première position des ventes au Canada durant cinq semaines, Mario Pelchat a annoncé qu’il n’était plus le producteur de Nadja. Celle-ci souhaitait voler de ses propres ailes. Pelchat n’est pas à plaindre; sa compagnie, MP3 Disques, a passé le cap du million d’albums vendus, un exploit en 2016. Seulement dans les trois dernières années, Paul Daraîche en a vendu 300 000.

Tous agriculteurs, un participant de cette année à L’amour est dans le pré, Jean-Baptiste Rondeau, et un couple formé à l’émission, Maxime Roux et Krystel Lampron, ont tous déploré que des entrepreneurs chinois offrent de grosses sommes pour les terres québécoises, ce qui fait grimper leur prix à outrance. Pour Maxime Roux, c’est notre histoire qui se perd. L’émission de Marie-Ève Janvier a formé sept couples dont sont issus huit bébés, et deux autres à venir.

Arrivé en fin de programme, le pianiste Chilly Gonzales a séduit par sa conception unique de la musique. Grand amateur de rap, un art fait de contradictions, et d’électro, le pianiste en pantoufles a choisi de revenir au Québec après avoir passé 17 ans en Europe. Celui qui s’est longtemps proclamé (à la blague) génie musical avant de se raviser a choisi de donner un concert comme prévu en France, à peine quatre jours après les attentats, devant une salle comble. L’exercice a été salutaire pour ces spectateurs encore sous le choc.

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