Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Souvenirs’

Vendredi 13 novembre 2015 | Mise en ligne à 17h07 | Commenter Commentaires (5)

Les «Dynastie» québécois

Angèle Coutu, Michèle Richard et Luis de Cespedes dans «L'or du temps» (Archives Le Soleil)

Angèle Coutu, Michèle Richard et Luis de Cespedes dans «L'or du temps» (Archives Le Soleil)

Malgré des budgets microscopiques en comparaison, la télévision québécoise a aussi eu ses soaps à la Dallas et à la Dynastie. Retour sur les familles riches de nos séries et téléromans, des De Bray aux O’Hara, en passant par les Deschênes, Martin, Laflamme et Gagnon.

Le record de longévité appartient à l’auteur Réal Giguère, qui a signé L’or du temps de 1985 à 1993, à TVA. À la mort de son père (Jean Coutu), Sophie De Bray (Angèle Coutu) prend les rênes de l’entreprise familiale. L’or du temps avait sa bitch, Jackie Lévy, jouée par Christine Lamer, son vilain, Richard Pincourt, incarné par Luis de Cespedes, et la maîtresse du vilain, jouée tour à tour par Michèle Richard et Danielle Ouimet. Une scène marquera les esprits, celle du gourou Damien Nomed, rôle tenu par Normand D’Amour, égorgeant des poulets dans une messe noire traumatisante.

Un an après sa naissance, en 1987, Télévision Quatre Saisons met en ondes le premier vrai soap quotidien de la télévision, La maison Deschênes. Léo Ilial et Andrée Lachapelle incarnent le couple vedette de ce téléroman qui se déroule dans une maison internationale de haute couture. Écrite par une équipe d’auteurs, La maison Deschênes suit les codes des soaps américains. On y verra entre autres le kidnapping de Carla Marshall, jouée par Anne Létourneau, abandonnée parmi les rats. Très coûteuse, l’oeuvre ne connaîtra pas le succès escompté, passant de cinq soirs la première saison, à trois pour la deuxième, et à un épisode d’une heure par semaine pour la dernière saison.

Marie-Josée Caya, Léo Ilial, Benoît Graton et Andrée Lachapelle (Archives Le Soleil)

Marie-Josée Caya, Léo Ilial, Benoît Graton et Andrée Lachapelle (Archives Le Soleil)

Raymond Bouchard jouera le patriarche de L’or et le papier, une coproduction entre la France et le Québec, qui connaîtra deux vies, en 1989-90 et en 1992. Les Papiers La Source, propriété de Raymond Laflamme, prend d’assaut le marché européen quand une famille française décide de lui mettre des bâtons dans les roues. Signée entre autres par Guy Fournier, l’oeuvre diffusée à Radio-Canada met en vedette des noms aussi connus que ceux de Marina Orsini, Louise Turcot, Marie Tifo et Louise Deschâtelets. Marc-André Coallier y fera la connaissance d’Anne Dorval, avec qui il aura deux enfants dans la vraie vie.

Autre coproduction avec la France, diffusée à TVA en 1990 et de 1992 à 1993, La misère des riches est adaptée d’un roman de Suzanne Ratelle-Desnoyers. Au même moment, à la même antenne, le méchant Nelson Vallée (Jean-Pierre Cassel) rend sa femme (Patricia Tulasne) complètement folle, alors que Richard Pincourt en fait autant avec la sienne dans L’or du temps. Les acteurs français (Cassel, Danielle Darrieux) y côtoient des Québécois (Carl Marotte, dont le personnage est tué dans l’explosion d’un hélicoptère, Joe Bocan, Jean Leclerc, Gilles Pelletier).

Une rareté dans notre télévision: Sous le signe du lion, né en 1961 à Radio-Canada, aura droit à un remake tout à fait réussi, en 1997, une adaptation signée Hélène Pedneault. Françoise Loranger a créé cette saga autour de Jérémie Martin (Jacques Godin dans la version moderne), millionnaire tyrannique, qui cache une maîtresse, sa domestique (Danielle Proulx), avec qui il a eu une fille illégitime (Suzanne Clément). Beaucoup plus qu’un simple soap, on parle d’ici d’une oeuvre puissante, à laquelle Guy Fournier donnera une suite plutôt navrante en 2001.

Danielle Proulx, Jacques Godin et Suzanne Clément (Archives Le Soleil)

Danielle Proulx, Jacques Godin et Suzanne Clément (Archives Le Soleil)

Plus près de nous, José Fréchette a créé la famille O’Hara, d’origine irlandaise, à la tête d’un empire d’eau embouteillée. Depuis 2012 à TVA, Guy Nadon et Marie Tifo forment le couple vedette de O’, marqué par des scandales, des guerres familiales, des liaisons extraconjugales, un enlèvement d’enfant, et des morts tragiques, dont celle de Kathleen (Maxim Roy), qui revient à la vie lorsqu’on la débranche… avant de rendre son dernier souffle!

Guy Nadon et Marie Tifo (Photo fournie par Sovimage)

Guy Nadon et Marie Tifo (Photo fournie par Sovimage)

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Dimanche 8 novembre 2015 | Mise en ligne à 17h50 | Commenter Commentaires (4)

Steve Fiset, le Jean-Claude des Berger, n’est plus

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Steve Fiset, le Jean-Claude des Berger, s’est éteint à l’âge de 68 ans.

L’interprète du succès Les chemins d’été, de Luc Plamondon et André Gagnon, n’avait aucune formation de comédien. Mais le rôle de Jean-Claude Berger, aussi un chanteur, avait grandement contribué à son statut de star.

«Si je suis connu et aimé aujourd’hui d’un certain public, c’est en partie à cause de ma carrière de chanteur et, à part égale, à cause des Berger. C’est bien évident. Lorsque tu es une partie du plus populaire téléroman de la télévision et qu’autant de gens te regardent à chaque semaine, tu es populaire toi aussi», confiait-il à un magazine promotionnel de Télé-Métropole.

D’ailleurs, le public fidèle des Berger finissait par avoir l’impression que Steve et Jean-Claude étaient la même personne, tant il y avait des similitudes entre les deux. «Tu parles, c’est comme si l’auteur avait transposé les situations de ma vie dans son téléroman. J’ai eu des problèmes matrimoniaux et ma femme était anglophone. Regarde ce qui se produit avec Jean-Claude et Shirley, c’est presque la même chose.»

Signé Marcel Cabay, Les Berger a tenu l’antenne de TVA de 1970 à 1978.

Plus haut, avec son papa du téléroman, Yvan Ducharme.

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Ici, au centre de l’équipe avec Christine Olivier et Claudine Chatel devant, et le réalisateur Jacques-Charles Gilliot, Marcel Cabay, Yvan Ducharme, Daniel Roussel et Rita Bibeau derrière.

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Avec la comédienne Christine Olivier, dans le rôle de Shirley, qui deviendra sa femme dans l’histoire.

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Vendredi 30 octobre 2015 | Mise en ligne à 13h19 | Commenter Commentaires (26)

Souvenirs du référendum

Soirée cruelle pour les uns. Grand soulagement pour les autres.

Le référendum de 1995 reste un rendez-vous télévisuel historique qui a marqué la plupart de ceux qui l’ont suivi. Une soirée suspense comme on en a rarement vue, où les souverainistes ont cru pendant plus d’une heure qu’ils tenaient leur pays, avant de voir le vent tourner en faveur des fédéralistes.

Timing parfait à Radio-Canada lorsque Bernard Derome joint Raymond St-Pierre, qui se trouve au camp fédéraliste avec le président de la Commission du Non, Michel Bélanger, et que l’option prend soudainement l’avance au même moment (à 1:53).

Après la victoire du Non avec une très courte avance, il se trouvait bien des tenants du Oui pour souhaiter un troisième référendum dans les plus bref délais. À TVA, l’ancien ministre péquiste Claude Charron, qui coanime la soirée avec Pierre Bruneau, fait quelques affirmations étonnantes dans les minutes suivant la victoire du Non (à 3:04).

«La seule chose que collectivement on perd ce soir, c’est du temps. Parce que d’ici un an, un an et demi, y’a rien qui interdit de rebrasser les cartes à nouveau en espérant que cette fois, les 37 000 qui sont là, y’en aura 19 000 qui auront changé d’idée», dit-il.

- Vous pensez qu’on pourrait se retrouver avec un autre référendum dans ce même mandat de M. Parizeau, du gouvernement du Parti québécois? lui demande Pierre Bruneau.

- Ce soir, à mon avis [...], rien n’est exclu.

Bien sûr, on le sait tous, 20 ans plus tard, il n’y a toujours pas eu de troisième référendum.

Alors qu’en 1995, il a fallu attendre 22h20 pour obtenir la confirmation de la victoire du Non, en 1980, l’annonce officielle de Bernard Derome était venue beaucoup plus tôt, à 19h55 (à 0:35).

Cette année-là, le discours de défaite de René Lévesque aura laissé meilleure impression que celui de Jacques Parizeau en 1995 (à 3:05).

Dans une entrevue qu’il m’a accordée, Bernard Derome se souvient d’une soirée où la tension était à son comble et où il régnait un silence de mort dans les minutes précédant l’émission spéciale du 30 octobre 1995.

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