Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Souvenirs’

Mercredi 7 septembre 2016 | Mise en ligne à 0h59 | Commenter Commentaires (23)

TQS aurait 30 ans aujourd’hui

fournierpanache

Le 7 septembre 1986 s’ouvrait Télévision Quatre-Saisons. Un an plus tôt, jour pour jour, le CRTC avait jugé que le Québec était mûr pour se doter d’un deuxième réseau de télévision privé de langue française. Imaginez, monter une nouvelle station généraliste en un an, un pari qu’avait réussi Jean A. Pouliot à l’époque.

Figuraient dans la toute première grille horaire les émissions Rock et Belles Oreilles, Pop corn avec Mahée Paiement, Les carnets de Louise, Caméra 86, le talk-show Jolis à croquer, Mon oeil! avec Pierre Pascau, le jeu Action réaction, et bien sûr, Bleu nuit et ses films érotiques.

La naissance ne fut pas sans douleurs. D’importants problèmes de son marquent le début du gala d’ouverture à la Place des Arts (extrait plus bas). Ce soir-là, le premier directeur des programmes, Guy Fournier, porte son célèbre panache de chef indien. Pas sûr que les communautés autochtones apprécieraient aujourd’hui.

Fournier voyait grand pour cette station, dont les émissions s’étendraient sur «quatre saisons». Mais jamais autant que le propriétaire, Jean A. Pouliot, qui insistera pour créer un réseau de stations affiliées dans la province, et trois grands studios à Montréal. Des décisions avec lesquelles Fournier était lourdement en désaccord, et qui ont mené à la perte de la station, pensait-il. Celui-ci sera remercié quelques mois plus tard.

On s’est beaucoup moqué des moyens, disons, modestes de TQS. Mais le «mouton noir» a joué d’audace et créé des émissions qui restent dans les mémoires. Ne citons que La fin du monde est à 7 heures, Surprise sur prise, Flash, 100 limite et Loft Story.

Trente ans plus tard, TQS, qui est devenue V le 31 août 2009, n’a plus grand-chose à voir avec l’originale. Quoiqu’elle tente toujours de se démarquer de ses deux principales rivales, TVA et ICI Radio-Canada Télé, avec beaucoup moins de moyens.

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Vendredi 13 novembre 2015 | Mise en ligne à 17h07 | Commenter Commentaires (5)

Les «Dynastie» québécois

Angèle Coutu, Michèle Richard et Luis de Cespedes dans «L'or du temps» (Archives Le Soleil)

Angèle Coutu, Michèle Richard et Luis de Cespedes dans «L'or du temps» (Archives Le Soleil)

Malgré des budgets microscopiques en comparaison, la télévision québécoise a aussi eu ses soaps à la Dallas et à la Dynastie. Retour sur les familles riches de nos séries et téléromans, des De Bray aux O’Hara, en passant par les Deschênes, Martin, Laflamme et Gagnon.

Le record de longévité appartient à l’auteur Réal Giguère, qui a signé L’or du temps de 1985 à 1993, à TVA. À la mort de son père (Jean Coutu), Sophie De Bray (Angèle Coutu) prend les rênes de l’entreprise familiale. L’or du temps avait sa bitch, Jackie Lévy, jouée par Christine Lamer, son vilain, Richard Pincourt, incarné par Luis de Cespedes, et la maîtresse du vilain, jouée tour à tour par Michèle Richard et Danielle Ouimet. Une scène marquera les esprits, celle du gourou Damien Nomed, rôle tenu par Normand D’Amour, égorgeant des poulets dans une messe noire traumatisante.

Un an après sa naissance, en 1987, Télévision Quatre Saisons met en ondes le premier vrai soap quotidien de la télévision, La maison Deschênes. Léo Ilial et Andrée Lachapelle incarnent le couple vedette de ce téléroman qui se déroule dans une maison internationale de haute couture. Écrite par une équipe d’auteurs, La maison Deschênes suit les codes des soaps américains. On y verra entre autres le kidnapping de Carla Marshall, jouée par Anne Létourneau, abandonnée parmi les rats. Très coûteuse, l’oeuvre ne connaîtra pas le succès escompté, passant de cinq soirs la première saison, à trois pour la deuxième, et à un épisode d’une heure par semaine pour la dernière saison.

Marie-Josée Caya, Léo Ilial, Benoît Graton et Andrée Lachapelle (Archives Le Soleil)

Marie-Josée Caya, Léo Ilial, Benoît Graton et Andrée Lachapelle (Archives Le Soleil)

Raymond Bouchard jouera le patriarche de L’or et le papier, une coproduction entre la France et le Québec, qui connaîtra deux vies, en 1989-90 et en 1992. Les Papiers La Source, propriété de Raymond Laflamme, prend d’assaut le marché européen quand une famille française décide de lui mettre des bâtons dans les roues. Signée entre autres par Guy Fournier, l’oeuvre diffusée à Radio-Canada met en vedette des noms aussi connus que ceux de Marina Orsini, Louise Turcot, Marie Tifo et Louise Deschâtelets. Marc-André Coallier y fera la connaissance d’Anne Dorval, avec qui il aura deux enfants dans la vraie vie.

Autre coproduction avec la France, diffusée à TVA en 1990 et de 1992 à 1993, La misère des riches est adaptée d’un roman de Suzanne Ratelle-Desnoyers. Au même moment, à la même antenne, le méchant Nelson Vallée (Jean-Pierre Cassel) rend sa femme (Patricia Tulasne) complètement folle, alors que Richard Pincourt en fait autant avec la sienne dans L’or du temps. Les acteurs français (Cassel, Danielle Darrieux) y côtoient des Québécois (Carl Marotte, dont le personnage est tué dans l’explosion d’un hélicoptère, Joe Bocan, Jean Leclerc, Gilles Pelletier).

Une rareté dans notre télévision: Sous le signe du lion, né en 1961 à Radio-Canada, aura droit à un remake tout à fait réussi, en 1997, une adaptation signée Hélène Pedneault. Françoise Loranger a créé cette saga autour de Jérémie Martin (Jacques Godin dans la version moderne), millionnaire tyrannique, qui cache une maîtresse, sa domestique (Danielle Proulx), avec qui il a eu une fille illégitime (Suzanne Clément). Beaucoup plus qu’un simple soap, on parle d’ici d’une oeuvre puissante, à laquelle Guy Fournier donnera une suite plutôt navrante en 2001.

Danielle Proulx, Jacques Godin et Suzanne Clément (Archives Le Soleil)

Danielle Proulx, Jacques Godin et Suzanne Clément (Archives Le Soleil)

Plus près de nous, José Fréchette a créé la famille O’Hara, d’origine irlandaise, à la tête d’un empire d’eau embouteillée. Depuis 2012 à TVA, Guy Nadon et Marie Tifo forment le couple vedette de O’, marqué par des scandales, des guerres familiales, des liaisons extraconjugales, un enlèvement d’enfant, et des morts tragiques, dont celle de Kathleen (Maxim Roy), qui revient à la vie lorsqu’on la débranche… avant de rendre son dernier souffle!

Guy Nadon et Marie Tifo (Photo fournie par Sovimage)

Guy Nadon et Marie Tifo (Photo fournie par Sovimage)

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Dimanche 8 novembre 2015 | Mise en ligne à 17h50 | Commenter Commentaires (4)

Steve Fiset, le Jean-Claude des Berger, n’est plus

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Steve Fiset, le Jean-Claude des Berger, s’est éteint à l’âge de 68 ans.

L’interprète du succès Les chemins d’été, de Luc Plamondon et André Gagnon, n’avait aucune formation de comédien. Mais le rôle de Jean-Claude Berger, aussi un chanteur, avait grandement contribué à son statut de star.

«Si je suis connu et aimé aujourd’hui d’un certain public, c’est en partie à cause de ma carrière de chanteur et, à part égale, à cause des Berger. C’est bien évident. Lorsque tu es une partie du plus populaire téléroman de la télévision et qu’autant de gens te regardent à chaque semaine, tu es populaire toi aussi», confiait-il à un magazine promotionnel de Télé-Métropole.

D’ailleurs, le public fidèle des Berger finissait par avoir l’impression que Steve et Jean-Claude étaient la même personne, tant il y avait des similitudes entre les deux. «Tu parles, c’est comme si l’auteur avait transposé les situations de ma vie dans son téléroman. J’ai eu des problèmes matrimoniaux et ma femme était anglophone. Regarde ce qui se produit avec Jean-Claude et Shirley, c’est presque la même chose.»

Signé Marcel Cabay, Les Berger a tenu l’antenne de TVA de 1970 à 1978.

Plus haut, avec son papa du téléroman, Yvan Ducharme.

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Ici, au centre de l’équipe avec Christine Olivier et Claudine Chatel devant, et le réalisateur Jacques-Charles Gilliot, Marcel Cabay, Yvan Ducharme, Daniel Roussel et Rita Bibeau derrière.

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Avec la comédienne Christine Olivier, dans le rôle de Shirley, qui deviendra sa femme dans l’histoire.

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