Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Souvenirs’

Vendredi 11 avril 2014 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (21)

Souvenir Télé Presse: Les Berger

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Quand Les Berger arrive dans notre télévision en juin 1970, ce n’est que pour la saison estivale. Mais le téléroman de Marcel Cabay obtient un tel succès le lundi à 19h30 que Télé-Métropole le maintient à son antenne l’automne venu, et il y restera jusqu’en 1978.

Alors que plusieurs oeuvres ont exploré les milieux bourgeois ou la classe moyenne, Les Berger souhaite plutôt montrer la vie de gens ordinaires, qui tirent le diable par la queue. Le public du 10 s’éprend très rapidement de cette famille en qui elle peut se reconnaître, de sorte que Les Berger se hisse au sommet des cotes d’écoute.

Le téléroman marque les débuts d’acteur du fantaisiste Yvan Ducharme, surtout connu pour ses Insolences d’un téléphone, dans le rôle du père un peu mou de la famille, Guy Berger. «Le père vend des aspirateurs, mais il ne réussit pas très bien dans son métier puisque sa faiblesse devant les femmes et son honnêteté l’empêchent de “pousser” la vente. Cette faiblesse, qui lui cause des problèmes financiers, ne l’empêche pas pour autant d’être ou de tenter d’être un excellent père de famille», écrit Ingrid Saumart dans Télé Presse, semaine du 13 au 20 juin 1970.

Pour jouer sa femme, qui semble beaucoup plus solide, on engage Rita Bibeau. «Mariette, la mère, consacre chacun de ses précieux moments libres à faire de la couture pour les autres afin de joindre les deux bouts du budget familial.» Leurs deux grands enfants seront interprétés par le chanteur Steve Fiset, qui obtient un gros succès avec la chanson Les chemins d’été, et par Claudine Chatel, fille de l’auteur jusque là inconnue du public.

Yvan Ducharme ne tiendra pas le rôle de Guy Berger jusqu’à la fin, remplacé par Yves Létourneau. À travers les années, le plateau des Berger accueille des comédiens reconnus comme Michel Dumont, Françoise Faucher, Louise Latraverse, Monique Miller, Jean Coutu, Yves Corbeil, Lionel Villeneuve, Béatrice Picard, Émile Genest, Jean-Louis Millette et même le petit René Simard. L’émission s’arrête en 1978 mais l’auteur poursuivra avec Le clan Beaulieu, famille créée dans Les Berger, et dont l’irascible patriarche est joué par Roland Chenail.

    Je publie chaque vendredi une première page du défunt guide horaire de La Presse. L’idée est de revenir sur des moments marquants de l’histoire de notre télévision, des succès et des flops, ou alors de ressortir des boules à mites un nom ou un titre qui avaient disparu de notre mémoire et de constater à quel point notre télé a changé. Ces couvertures souvenirs sont pigées dans les années 60, 70, 80 ou 90, à des époques où l’horaire des différentes chaînes n’apparaissait pas encore sur nos téléviseurs, et que le télé-horaire sur papier faisait figure de bible dans nos salons.

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Vendredi 4 avril 2014 | Mise en ligne à 12h02 | Commenter Commentaires (17)

Souvenir Télé Presse: les élections

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Le 25 septembre 1989, jour d’élections provinciales au Québec, les téléspectateurs québécois ont du choix à la télé: quatre réseaux offrent leur soirée électorale. Comme on peut le voir sur cette page couverture de Télé + de la semaine du 23 au 30 septembre, Radio-Canada, TVA, TQS et Radio-Québec se font la compétition.

Sont alors candidats le premier ministre Robert Bourassa pour le Parti libéral, qui sera réélu, Jacques Parizeau pour le Parti québécois, qui formera l’opposition officielle, Robert Libman pour le Parti Égalité, Jean Ouimet pour le Parti vert et Roland Morin pour le NPD Québec. Nous sommes à l’époque de Meech, qui échouera lamentablement l’année suivante.

En information, Radio-Canada est alors la référence et sa soirée électorale, la plus regardée. Quand Bernard Derome lance «si la tendance se maintient», tout s’arrête. «La tradition de RC, c’est lui; les élections, c’est son show. Puisqu’il s’agit bien d’un spectacle, ne nous leurrons pas», écrit Daniel Lemay dans Télé +. Jean Bédard et Simon Durivage accompagnent M. Derome, Suzanne Laberge hérite du pupitre des résultats, alors que la table d’analystes est composée du libéral Pierre Anctil, du futur premier ministre Bernard Landry et de l’ancien président d’Alliance Québec, Michael Goldbloom.

«Si, de tout temps, les élections ont été l’affaire de Radio-Canada, les autres réseaux québécois cherchent quand même à occuper leur espace», poursuit Daniel Lemay. TVA, qui a déjà été la risée des élections en raison de son ordinateur déficient sur le point d’élire un marxiste-léniniste en 1981, prend du gallon peu à peu, et finira par battre Radio-Canada dans les sondages plusieurs années plus tard. En 1989, Pierre Bruneau est déjà l’homme de confiance de l’antenne; il dirige la soirée en compagnie de Normand Rhéaume, de Jacques Moisan et de Marie-Anna Murat aux résultats. Jean-Luc Mongrain anime le panel, composé du libéral Jean-Noël Lavoie, des péquistes Lise Payette et Claude Charron, et de Royal Orr, anciennement d’Alliance Québec.

Les moyens sont beaucoup plus réduits à TQS, qui n’existe que depuis trois ans. Hélène Fouquet et Luc Lapierre se partagent l’animation d’une émission spéciale de 45 minutes, de 22h15 à 23h. Puis à Radio-Québec, on confie l’animation de la soirée à Dominique Payette – candidate du PQ à la présente élection –, qui s’entoure de Joane Prince aux résultats et des analystes Lise Bissonnette et Pierre Godin. Claire Lamarche, Mme Droit de parole, anime quant à elle le forum, composé entre autres des anciens ministres Jean Cournoyer et Marcel Léger.

Le lendemain dans La Presse, la chroniqueuse de télévision Louise Cousineau donne la victoire à Radio-Canada. Elle écrit: «Bernard Derome me rappelait les grandes soirées d’élections américaines avec Walter Cronkite qui savait marier les résultats chauds avec les anecdotes sur les candidats et les comtés. Quand j’allais voir TM, M. Bruneau avait beau faire de son mieux, son débit plus lent donnait l’impression de passer de l’avion à réaction au train de Via Rail…»

    Je publie chaque vendredi une première page du défunt guide horaire de La Presse. L’idée est de revenir sur des moments marquants de l’histoire de notre télévision, des succès et des flops, ou alors de ressortir des boules à mites un nom ou un titre qui avaient disparu de notre mémoire et de constater à quel point notre télé a changé. Ces couvertures souvenirs sont pigées dans les années 60, 70, 80 ou 90, à des époques où l’horaire des différentes chaînes n’apparaissait pas encore sur nos téléviseurs, et que le télé-horaire sur papier faisait figure de bible dans nos salons.

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Vendredi 28 mars 2014 | Mise en ligne à 12h30 | Commenter Commentaires (3)

Souvenir Télé Presse: Téléservice

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Quand Téléservice célèbre sa 1000e émission, voilà sept ans qu’elle accompagne chaque soir le public de Radio-Québec. Claude Saucier et ses collaborateurs le soulignent dans un grand party, comme en fait foi cette page couverture de Télé Presse du 14 au 21 mars 1987. Chroniqueur régulier de l’émission, Guy Richer y offre des imitations de Jean Ferrat, Yves Montand, Robert Charlebois, Herbert Léonard, Julien Clerc, Renaud et Jean-Pierre Ferland.

L’émission de services s’est d’abord appelée N’ajustez plus votre appareil; une diapositive accompagnait les propos de l’équipe, qu’on entendait seulement, comme de la radio à la télé. Puis, Claude Saucier et sa table nous sont apparus en 1981, entourés de chroniqueurs, du lundi au vendredi à 18h30, juste après Passe-Partout. On nous informe sur différents sujets, la rénovation, les finances, l’actualité, la culture, en plus de recevoir des invités.

«En sept ans, Téléservice a progressivement grimpé les échelons des cotes d’écoute, pour atteindre une moyenne de 280 000 téléspectateurs. D’une émission de remplissage, elle s’est peu à peu transformée en une émission-locomotive pour Radio-Québec», écrit Agnès Gruda dans Télé Presse. Pas pire pour un show de chaises somme toute assez statique.

«Une formule qui s’est raffinée au fil des ans, tout en restant fidèle à sa vocation première. Et aussi qui a fait école, puisque d’autres télédiffuseurs s’en sont inspirés depuis», confie Claude Saucier à la journaliste.

Néanmoins, Radio-Québec fait disparaître l’émission l’année suivante, en 1988, cherchant désespérément à la remplacer par de nouvelles formules, Autrement dit et Début de soirée, qui s’avèrent de cuisants échecs. On ramène donc Téléservice en 1990 en la confiant à l’animateur Gérard-Marie Boivin, qui cédera son siège à Lise LeBel en 1993, avant qu’on mette fin à l’émission en 1995.

À travers les années, plusieurs collaborateurs de Téléservice deviennent des visages familiers du grand public: le bricoleur Yves Mondoux, Jeanette Biondi, Aimé Boivin, l’ex-Cynique Marc Laurendeau, Louise Faure, France Dauphin, Nicole Campeau, Élizabeth Gagnon, Michel Girard et Danièle Bombardier.

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