Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Politique’

Lundi 7 avril 2014 | Mise en ligne à 23h16 | Commenter Commentaires (114)

L’image de la défaite

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Personne ne s’attendait à une telle vague libérale, même le plus optimiste des militants. Et certainement pas les analystes des deux grands réseaux. À TVA, les Lapierre, Dumont et Facal semblaient sonnés, incrédules devant les chiffres qui se profilaient devant eux.

J’ai couvert de nombreuses soirées électorales, et j’ai rarement vu une telle déferlante de résultats, très tôt. Au bout du compte, peu d’entrevues n’ont pas été interrompues par les chefs d’antenne pour aller à des résultats, d’un côté comme de l’autre, et ce n’était pas toujours nécessaire.

On peut dire sans se tromper que les deux réseaux ont fait du bon boulot lundi soir. Pierre Bruneau impeccable, Patrice Roy, efficace et toujours ce sourire cool. Radio-Canada avait un décor splendide et m’a parue moins sclérosée qu’à certaines élections, mais TVA restait le plus vif, le plus alerte.

Sur les résultats, rien à redire sur leur clarté à l’écran. Un peu trop de bleu à TVA, il devait y avoir une aubaine dans la peinture chez Home Depot. Bonne idée de Radio-Canada d’ouvrir deux fenêtres durant les discours, pour nous permettre de continuer à voir les résultats par circonscriptions, mais l’image des chefs était bien petite. Des discours que TVA avait tendance à interrompre plus tôt pour retourner à son bureau d’analystes, mais dont le son était meilleur que chez le concurrent.

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour que TVA nous annonce un gouvernement libéral à 20h22, tout juste avant Radio-Canada, qui a suivi à 20h25. Le diffuseur public s’est repris en devançant TVA pour annoncer la majorité des libéraux à 20h43. Le réseau CTV a été plus vite que les réseaux francophones en donnant la victoire aux libéraux dès 20h18, et en annonçant qu’ils seraient majoritaires à 20h36.

Le premier à faire de l’humour a été Gaétan Barrette. «J’vous promets qu’on fera pas de body surfing, ça va être trop difficile pour vous autres!» a lancé le nouveau député de La Pinière, euphorique. En entrevue, il n’a pas voulu spéculer sur ses chances de devenir ministre de la Santé.

Amir Khadir, lui, n’entendait pas à rire: «Le gouvernement libéral va nous trouver sur son chemin», a-t-il dit, outré, ajoutant que le peuple venait de réélire un gouvernement corrompu. «Vox populi, vox dei», lui a rappelé Pierre Bruneau. Pire, à Radio-Canada, M. Khadir s’est fait couper le sifflet par le discours de PKP.

Devant un parterre survolté à Saint-Jérôme, ce discours n’avait pas l’air de venir d’un simple député, mais bien d’un chef en devenir. Trop tôt pour en parler, a dit M. Péladeau aux journalistes, s’engageant à rester dans l’opposition. Une image claire du discours de PKP à TVA, des militants qui nous cachaient la vue à Radio-Canada.

TVA avait ajouté une femme à son second panel d’analystes, l’ex-députée du PQ Elsie Lefebvre, mais pourquoi pas Josée Legault, maintenant dans la famille Québecor et toujours pertinente? Sur le cas Fatima Houda Pépin, qui semblait très amère, Joseph Facal et Mario Dumont la défendaient, alors que Jean Lapierre, lui, considérait qu’elle avait cherché son malheur. Réjean Hébert, au bord des larmes, a été le premier du Parti québécois envoyé en pâture pour tenter d’expliquer cette dégelée.

TVA a annoncé en primeur la défaite de Pauline Marois dans sa circonscription, mais Radio-Canada n’a pas voulu se mouiller après la bourde sur Jean Charest. Une fin de carrière d’une tristesse infinie pour Joseph Facal, mais «la meilleure chose qui puisse lui arriver» pour Luc Lavoie. Parce qu’un psychodrame, digne d’un téléroman, se dessine au Parti québécois. Encore une fois.

Malaise devant cette profession de foi des possibles candidats à la chefferie du Parti québécois, Péladeau, Lisée et Drainville, avant le discours de Pauline Marois. Une démonstration de déni, un appel au pays, qui avait quelque chose de pathétique. «C’est devenu franchement indécent», a dit Michel David à juste titre. L’image de la défaite.

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Vendredi 28 mars 2014 | Mise en ligne à 17h02 | Commenter Commentaires (23)

Face-à-face plus regardé que le débat

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Si on additionne les auditoires de TVA, LCN et Argent, Face à face: Québec 2014 a été suivi par 1 373 000 téléspectateurs, jeudi soir, dont 1 119 000 seulement à TVA.

C’est un peu plus que le débat des chefs du Consortium des réseaux de télédiffusion, que 1 282 000 ont regardé sur ICI Radio-Canada Télé, ICI RDI et Télé-Québec, le 20 mars dernier.

Par ailleurs, L’analyse du Face à face, qui a suivi à TVA, a retenu 759 000 téléspectateurs, jeudi. Chez la compétition, à R.-C., Prière de ne pas envoyer de fleurs a été vue par 533 000 fidèles, et Enquête, par 246 000. Sur V, la série Nashville en a retenu 101 000, et L’amour est dans le pré, 398 000.

En 2012, TVA avait tenu trois face-à-face en autant de soirs d’affilée en août. Le duel Marois-Charest avait attiré 1 448 000 électeurs; Charest-Legault, près de 1,5 million; mêmes chiffres pour Marois-Legault.

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Jeudi 27 mars 2014 | Mise en ligne à 22h55 | Commenter Commentaires (68)

Face-à-face: tous contre un

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Legault: solide. David: pertinente et posée. Marois: plus en contrôle. Couillard: ébranlé. On anticipait une foire d’empoigne, on a eu un combat vigoureux, parfois violent, dont Philippe Couillard est sorti le plus amoché.

Dans un décor beaucoup plus coloré qu’il y a une semaine, les chefs, assis, formaient un cercle avec l’animateur, de façon à pouvoir s’affronter en duels et en débats à quatre. La formule des Face-à-face de TVA était peut-être claire sur papier, mais chaotique une fois les caméras allumées, au point de m’apparaître plus rigide et contraignante que celle du débat traditionnel. Pierre Bruneau a passé la soirée à interrompre les débatteurs parce que leur temps était fini, de sorte qu’ils avaient parfois cinq secondes – autant dire rien – pour répliquer à leurs adversaires.

François Legault a particulièrement goûté à cette médecine. Pierre Bruneau l’a d’ailleurs vilipendé parce qu’il relançait ses adversaires avec des questions. «Les questions, c’est moi qui les pose, vous vous trompez de débat», a martelé l’animateur. Mais pourquoi les chefs devraient-ils s’empêcher de se questionner entre eux? Absurde. On n’invite pas des chefs dans un débat pour les faire taire. N’aurait-il pas été plus simple d’ouvrir les micros uniquement aux moments où les chefs avaient le droit de parole, comme on le voit dans certaines émissions françaises?

La formule permettait à Pierre Bruneau de personnaliser certaines questions, faisant référence au passé des chefs. Il a pu aborder de front le présumé «deal» de Mme Marois et les liens amicaux de M. Couillard avec le Dr Porter, qualifié d’«éléphant dans la pièce» par le chef de la CAQ. Premier tir groupé contre le chef du Parti libéral, qui a été incapable de se défendre, sonné par cette solide droite. M. Couillard subira un second revers quand il sera question de la défense de la langue française. «Pourquoi des employés d’usines devraient se parler entre eux en anglais?» lui a demandé Françoise David, efficace dans ce duel.

À plusieurs moments, M. Couillard paraissait amorphe. Ce calme apparent, très différent de la sérénité de Mme David, ne l’avantageait pas face à ses adversaires, plus pugnaces.

Plutôt absent au précédent débat, François Legault s’est révélé redoutable jeudi soir, bien que trop agressif par moments, au point de parler par-dessus ses adversaires en répétant les mêmes phrases quatre, cinq et six fois. Le chef de la CAQ a le sens de la formule. «On ne veut plus entendre parler de référendum», a martelé Philippe Couillard, qui avait rarement le dernier mot. «Les sondages vont de votre côté parce que vous faites peur au monde», lui a renvoyé François Legault.

Étrange consensus sur la question des nominations partisanes entre le chef de la CAQ et Françoise David. À un certain moment, on aurait cru que les deux chefs, pourtant aux antipodes, iraient prendre un verre après l’émission. Mais Legault ne s’est jamais laissé démonter par Marois et Couillard.

Clairement plus en contrôle qu’au premier débat, Mme Marois était la seule à s’adresser aussi souvent à la caméra. On ne lui reprochera pas de sourire, même si ça paraît souvent forcé. Quand je l’ai vue arriver avec un tas de papiers, j’ai craint qu’elle nous refasse le coup du premier débat en fouillant constamment dans ses feuilles, mais ça n’a pas été le cas, heureusement.

Françoise David est claire, posée, en parfait contrôle, ne prend jamais ses adversaires de haut. Duel particulièrement violent en fin de débat entre François Legault et Pauline Marois sur la question de la charte, mettant la première ministre sur la défensive, seul moment de la soirée où on l’a sentie déstabilisée.

La formule n’était peut-être pas au point, mais le Face-à-face de jeudi soir pourrait avoir beaucoup plus d’influence que le premier, et certainement pas à l’avantage de Philippe Couillard.

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