Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Politique’

Jeudi 29 mai 2014 | Mise en ligne à 13h24 | Commenter Commentaires (61)

La télé ou la pension pour Gilles Duceppe

duceppe

ICI RDI a peut-être annoncé trop vite la nomination de Gilles Duceppe au sein du Club des ex cet automne. Il se trouve que sa pension de député et de chef du Bloc québécois ne l’autorise pas à gagner plus de 5000 $ par année dans une institution fédérale. Ou il agit bénévolement, ou ses cachets comme analyste du Club des ex devront être déduits de sa pension fédérale.

La direction de l’information n’a été mise au courant de la situation qu’après avoir publié son communiqué, vendredi dernier, annonçant que M. Duceppe et l’ex-députée libérale provinciale Yolande James succéderaient à Jean-Pierre Charbonneau et Christos Sirros à l’automne. Il semble que le contentieux de Radio-Canada ignorait cette disposition de la Loi sur les allocations de retraite des parlementaires. Les anciens parlementaires fédéraux qui touchent une pension doivent informer Ottawa lorsqu’ils commencent à occuper un emploi fédéral. Si leur rémunération dépasse 5000 $, chaque dollar qu’ils touchent est déduit de leur pension. «M. Duceppe fait présentement des vérifications et la direction de RDI lui laisse tout le temps nécessaire pour le faire», nous a indiqué Marc Pichette, directeur aux relations publiques et promotion télévision, qui plaide que l’institution avait parfaitement le droit de l’embaucher. Selon nos informations, un membre du Club des ex gagne au minimum 75 000 $ par année, pour 90 minutes d’antenne, quatre jours par semaine. C’est bien au-delà des 5000 $ autorisés.

M. Duceppe a représenté Laurier-Saint-Marie à la Chambre des communes pendant 21 ans et il a été chef du Bloc québécois. En vertu de ses longs états de service, il a droit à une pension de 140 000 $ du gouvernement fédéral. Comment se fait-il qu’il n’ait pas prévu qu’il aurait à rendre des comptes? Celui-ci n’a pas souhaité commenter, mais il serait plutôt étonnant de le voir renoncer à son salaire. Le cas s’applique-t-il à l’ancien conservateur Benoît Bouchard, qui a participé régulièrement au Club des ex? Non, a répondu l’ancien ministre conservateur, car contrairement aux autres «ex», il n’avait pas un lien d’emploi formel avec la société d’État. Il participait à l’émission sur une base ponctuelle. «Je n’étais pas un employé de la société d’État parce que je n’avais pas un contrat à temps plein avec eux», a indiqué M. Bouchard lorsque joint mercredi. Radio-Canada affirme pour sa part que la question avait déjà été soulevée à l’interne concernant M. Bouchard, sans qu’il y ait interférence.

Qu’en est-il de Liza Frulla, qui multiplie les collaborations à la télé depuis plusieurs années? L’ancienne députée libérale n’a pas siégé assez longtemps à Ottawa pour bénéficier d’une pension, de sorte qu’elle peut travailler où elle veut et à n’importe quel salaire. Il faut avoir passé six ans sur deux élections pour bénéficier de cette pension. Mme Frulla y a passé quatre ans et demi. Dans le cas de Jean Lapierre, il a bien oeuvré au micro de CBC momentanément, avant de passer rapidement au privé. Quant aux Jean-Pierre Charbonneau, Christos Sirros et Yolande James, ils ne sont pas soumis aux mêmes règles, puisqu’ils ont été élus au provincial, qui n’a pas ces exigences.

En 2011, Gilles Duceppe avait dû renoncer à des collaborations à l’émission de radio Médium large, parce que le code de déontologie de Radio-Canada impose un purgatoire de deux ans aux transfuges de la politique.

Avec la collaboration de Martin Croteau, La Presse

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Lundi 26 mai 2014 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Commentaires (57)

Un Club des ex rebrassé

clubdesexsirros

Jean-Pierre Charbonneau et Christos Sirros céderont leurs sièges à l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe et à l’ancienne ministre du Parti libéral du Québec Yolande James, cet automne au Club des ex sur ICI RDI. L’animateur Simon Durivage et la panéliste Marie Grégoire demeurent en poste.

Ancien journaliste et ministre du Parti québécois, Jean-Pierre Charbonneau appartenait au Club des ex depuis les débuts de l’émission en 2007. Mais il n’était pas rare d’observer des tensions avec Simon Durivage, qui se montrait souvent impatient à son endroit. Ancien ministre libéral, Christos Sirros s’était joint au Club des ex l’année dernière quand Liza Frulla avait dû quitter; l’entreprise de son mari André Morrow venait d’être citée à la Commission Charbonneau.

Dans Le Devoir, Stéphane Baillargeon fait remarquer que Marie Grégoire peut rester au Club des ex malgré son travail de vice-présidente et associée principale de Tact Intelligence-Conseil. Celle-ci est appelée à se prononcer sur des dossiers chauds impliquant directement plusieurs des clients de Tact, dont la pétrolière Valero, Roche Pharma et Gaz Métro. Mme Grégoire nie pour autant se placer en conflit d’intérêts.

Gilles Duceppe et Yolande James ont quant à eux commenté l’actualité politique récemment sur ICI RDI. Était-ce un test en vue du Club des ex?

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Lundi 7 avril 2014 | Mise en ligne à 23h16 | Commenter Commentaires (114)

L’image de la défaite

defaitemarois

Personne ne s’attendait à une telle vague libérale, même le plus optimiste des militants. Et certainement pas les analystes des deux grands réseaux. À TVA, les Lapierre, Dumont et Facal semblaient sonnés, incrédules devant les chiffres qui se profilaient devant eux.

J’ai couvert de nombreuses soirées électorales, et j’ai rarement vu une telle déferlante de résultats, très tôt. Au bout du compte, peu d’entrevues n’ont pas été interrompues par les chefs d’antenne pour aller à des résultats, d’un côté comme de l’autre, et ce n’était pas toujours nécessaire.

On peut dire sans se tromper que les deux réseaux ont fait du bon boulot lundi soir. Pierre Bruneau impeccable, Patrice Roy, efficace et toujours ce sourire cool. Radio-Canada avait un décor splendide et m’a parue moins sclérosée qu’à certaines élections, mais TVA restait le plus vif, le plus alerte.

Sur les résultats, rien à redire sur leur clarté à l’écran. Un peu trop de bleu à TVA, il devait y avoir une aubaine dans la peinture chez Home Depot. Bonne idée de Radio-Canada d’ouvrir deux fenêtres durant les discours, pour nous permettre de continuer à voir les résultats par circonscriptions, mais l’image des chefs était bien petite. Des discours que TVA avait tendance à interrompre plus tôt pour retourner à son bureau d’analystes, mais dont le son était meilleur que chez le concurrent.

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour que TVA nous annonce un gouvernement libéral à 20h22, tout juste avant Radio-Canada, qui a suivi à 20h25. Le diffuseur public s’est repris en devançant TVA pour annoncer la majorité des libéraux à 20h43. Le réseau CTV a été plus vite que les réseaux francophones en donnant la victoire aux libéraux dès 20h18, et en annonçant qu’ils seraient majoritaires à 20h36.

Le premier à faire de l’humour a été Gaétan Barrette. «J’vous promets qu’on fera pas de body surfing, ça va être trop difficile pour vous autres!» a lancé le nouveau député de La Pinière, euphorique. En entrevue, il n’a pas voulu spéculer sur ses chances de devenir ministre de la Santé.

Amir Khadir, lui, n’entendait pas à rire: «Le gouvernement libéral va nous trouver sur son chemin», a-t-il dit, outré, ajoutant que le peuple venait de réélire un gouvernement corrompu. «Vox populi, vox dei», lui a rappelé Pierre Bruneau. Pire, à Radio-Canada, M. Khadir s’est fait couper le sifflet par le discours de PKP.

Devant un parterre survolté à Saint-Jérôme, ce discours n’avait pas l’air de venir d’un simple député, mais bien d’un chef en devenir. Trop tôt pour en parler, a dit M. Péladeau aux journalistes, s’engageant à rester dans l’opposition. Une image claire du discours de PKP à TVA, des militants qui nous cachaient la vue à Radio-Canada.

TVA avait ajouté une femme à son second panel d’analystes, l’ex-députée du PQ Elsie Lefebvre, mais pourquoi pas Josée Legault, maintenant dans la famille Québecor et toujours pertinente? Sur le cas Fatima Houda Pépin, qui semblait très amère, Joseph Facal et Mario Dumont la défendaient, alors que Jean Lapierre, lui, considérait qu’elle avait cherché son malheur. Réjean Hébert, au bord des larmes, a été le premier du Parti québécois envoyé en pâture pour tenter d’expliquer cette dégelée.

TVA a annoncé en primeur la défaite de Pauline Marois dans sa circonscription, mais Radio-Canada n’a pas voulu se mouiller après la bourde sur Jean Charest. Une fin de carrière d’une tristesse infinie pour Joseph Facal, mais «la meilleure chose qui puisse lui arriver» pour Luc Lavoie. Parce qu’un psychodrame, digne d’un téléroman, se dessine au Parti québécois. Encore une fois.

Malaise devant cette profession de foi des possibles candidats à la chefferie du Parti québécois, Péladeau, Lisée et Drainville, avant le discours de Pauline Marois. Une démonstration de déni, un appel au pays, qui avait quelque chose de pathétique. «C’est devenu franchement indécent», a dit Michel David à juste titre. L’image de la défaite.

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