Richard Therrien

Archive de la catégorie ‘Documentaires’

Mardi 12 août 2014 | Mise en ligne à 14h03 | Commenter Commentaires (8)

Occupation 281

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Les danseurs vedettes de 281 – Les dieux de la scène auraient tous pu participer à Occupation double. Culte de l’apparence, priorités similaires, même vocabulaire, et ce désir de séduire. L’un d’entre eux proclame son aversion de la lecture, et un autre répète sans relâche : «Je fais ce que je veux, quand je veux!»

La chaîne Moi&cie risque d’en titiller plusieurs avec ce docuréalité en 13 épisodes de 30 minutes, qui suit six danseurs nus au travail comme dans l’intimité, de même que leur patronne, l’autoritaire Annie Delisle. Une des rares séries du genre à ne pas être produites par Anne-Marie Losique. Et d’ailleurs, pas de nudité frontale, a tranché la chaîne Moi&cie, que des torses nus et un peu de fesses.

En acceptant de laisser entrer les caméras dans son club mythique de la rue Sainte-Catherine Est à Montréal – qui n’est non plus au 281, mais au 94 -, la propriétaire des lieux souhaite démystifier le travail de ses danseurs et éloigner les préjugés, encore très forts.

Il faut dire qu’elle les mène au pas, ses protégés. Ces dieux de la scène doivent respecter une série de règlements, par exemple de ne pas consommer au travail, de n’avoir aucun contact physique avec les clientes, et même de ne pas s’approcher d’elles à plus de six pouces. Les moins dociles subiront des suspensions au cours de la série.

Et qui sont-ils, ces danseurs? Ils ont tous des noms de scène, auxquels on a associé des rôles précis : Shawn la star, Tyler le playboy, Jordan le MC, Hayden le badboy, Sam la recrue et l’aîné et gérant, Andrew le vétéran. Jimmy, ex-candidat d’Occupation double, n’apparaît pas parmi eux; il a dû s’absenter de longs mois en raison d’une blessure, mais a repris son boulot au 281 tout récemment. C’est en le côtoyant à Whistler pour la septième saison d’Occupation double, puis en rencontrant la proprio du 281, que le réalisateur Simon Sachel a eu l’idée de ce docuréalité. Pour comprendre le phénomène.

La série commence le mardi 26 août à 22h, alors que le club a traversé une période creuse d’achalandage, à l’aube de l’été, la saison haute. Pour ramener la clientèle, Annie Delisle impose à ses danseurs un entraînement rigoureux : on mesurera leur taux de gras et la symétrie de leurs muscles, afin qu’ils affichent des corps de dieux, juste à temps pour le 35e anniversaire de l’établissement en 2015.

Après avoir visionné les deux premiers épisodes, je ne crois pas que la série éloignera les préjugés, même qu’elle pourrait les renforcer. La vedette de la place, Shawn, est montré comme quelqu’un d’irresponsable qui transgresse les règles. Voir un des danseurs nettoyer le fond de sa piscine, et un autre en plein déménagement, n’a rien de fascinant.

J’ai été beaucoup plus intéressé par la personnalité et le discours d’Annie Delisle, qui a racheté le 281 à sa famille il y a 10 ans. Et quand Sam pleure la mort de son père, on compatit, mais on flaire ce filon mélo si cher aux concepteurs de docuréalités.

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Mercredi 6 août 2014 | Mise en ligne à 14h05 | Commenter Commentaires (7)

Josélito fera des entrevues à Télé-Québec

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Plus d’un an après avoir quitté son train à Radio-Canada, Josélito Michaud recueillera les confidences de personnalités sur la célébrité, dans une série documentaire à Télé-Québec cet automne. Pas sur rails mais bien sur terre. Quatre émissions d’une heure sont prévues à partir du lundi 27 octobre, à 21h.

On parle d’«une radiographie de la célébrité et de la réussite sous toutes ses formes», dans le même esprit que son plus récent livre, La gloire démystifiée. Karine Vanasse, Jean-Marc Parent, Jacques Villeneuve et Roch Voisine, entre autres, commenteront leur parcours professionnel.

La série, qui n’a pas encore de titre, sera conçue et réalisée par Josélito lui-même. Celui-ci travaille également à un nouveau projet sur une autre chaîne de télé. À suivre.

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Mercredi 2 juillet 2014 | Mise en ligne à 13h02 | Commenter Commentaires (23)

Trou d’un coup à Historia

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Le golf, sport de riches. Sport de vieux. Sport trop lent. Et sport, faut le dire vite. On ne doit pas connaître le golf, comme moi, pour entretenir ce genre d’idées préconçues. Qui ont leur part de vérité, mais qui réduisent cette activité pratiquée par près d’un million de personnes au Québec.

La minisérie documentaire G.O.L.F. : son histoire au Québec, diffusée dès ce soir (mercredi) à 20h sur Historia, donne une idée de l’ampleur du phénomène chez nous, du temps où il était réservé aux riches anglophones jusqu’à sa démocratisation. Comme la plupart des séries du genre à Historia, que vous soyez ou non un amateur de golf, je vous recommande cette oeuvre en trois épisodes, qui replace le sport dans son contexte historique, longtemps empreint de misogynie et même de racisme.

Parce que comme dans tout le reste, les femmes n’étaient pas les bienvenues sur le vert, jadis le territoire du mâle. Certaines ont fini par croire que l’acronyme G.O.L.F. signifiait «Gentlemen Only, Ladies Forbidden» («hommes seulement, interdit aux femmes»). Jusque-là, rien d’étonnant, mais savoir que cette forme de discrimination a perduré jusque dans les années 90 me sidère.

Encore dans les années 60 et 70, les femmes n’étaient souvent tolérées qu’à partir de 16h, en plus d’hériter de parcours de neuf trous mal entretenus. Les hommes avaient leur grand hall et les femmes devaient entrer par la porte de derrière. Il a fallu attendre 1994, il y a à peine 20 ans, pour que Suzanne Lavinskas soit la première à s’adresser à la Commission des droits de la personne pour devenir membre actionnaire d’un club de golf, ce qui était hors de question. Encore plus désespérant : les autres femmes n’ont plus voulu jouer avec elle et ont même signé une pétition pour l’exclure, mais elle a tout de même gagné sa bataille trois ans plus tard. Imaginez, en 1997. Vous dire à quel point le golf est resté longtemps un sport de machos.

Rassurez-vous, on ne passe pas trois épisodes à souligner les travers du sport, glorifié par des témoins passionnés, de tous âges, golfeurs, anthropologues ou historiens, dont l’enthousiasme opère. L’épisode de ce soir m’est apparu le meilleur des trois; tout le chapitre sur le rôle primordial du caddie est particulièrement intéressant. Souvent issus de milieux défavorisés, ces jeunes garçons chargés de porter le matériel des joueurs apprenaient l’éthique et le respect au contact de leurs maîtres. Et parmi eux, figuraient souvent de futurs golfeurs. Avec la disparition des caddies, la relève s’est faite plus rare, au point qu’on associe le golf à une activité de pépères. Il faudra l’arrivée de Tiger Woods dans les années 90 pour que les jeunes s’y réintéressent. Les programmes sports-études ont produit des joueurs prometteurs, comme Marc-Étienne Bussières, qui a dû vendre des actions et convaincre des commanditaires pour penser compétitionner.

Le second épisode rappelle le parcours des rares golfeurs québécois à s’être illustrés à l’échelle internationale, que ce soit Jules Huot dans les années 30, Adrien Bigras dans les années 60, et Daniel Talbot, un des premiers à vivre uniquement, mais modestement, de la compétition.

Jocelyne Bourassa fait aussi partie de ces conquérantes, qui provenait d’une famille plutôt modeste de Shawinigan, mais qu’un mécène a supportée financièrement pour l’envoyer aux États-Unis. Il fallait sortir 10 000 $ pour participer à un tournoi américain. Sa victoire de 1973 au tournoi La Canadienne au club Ville-de-Montréal reste la plus mémorable, mais des problèmes à un genou ont mis fin à sa carrière en 1979.

Le dernier épisode fait la part belle aux architectes de talent qui ont façonné nos terrains. Des anciennes méthodes, où les vaches servaient de tondeuses à gazon, jusqu’aux techniques ultramodernes.

On sent un certain déclin aujourd’hui. Des clubs ont disparu, les coûts d’exploitation ont augmenté mais pas les revenus. Pour Pascale Robillard, directrice du golf Domaine de Rouville, le sport devra se redéfinir, notamment en écourtant les parties et en adoptant des parcours de 12 trous au lieu de 18, une transition inévitable pour accommoder les familles et se maintenir en vie. Au terme de la série, j’ai presque eu envie de saisir mon premier fer. Je dis bien presque.

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