Richard Therrien

Richard Therrien - Auteur
  • Richard Therrien

    Chroniqueur télé du journal Le Soleil depuis 2001, Richard Therrien carbure littéralement à son petit écran.

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    Mardi 26 février 2013 | Mise en ligne à 11h46 | Commenter Commentaires (14)

    Claude Deschênes quitte Radio-Canada

    cdeschenes

    Devenu un incontournable de la couverture culturelle montréalaise, le reporter Claude Deschênes quittera Radio-Canada le 2 août prochain après 33 ans de service.

    Bien qu’il se montre reconnaissant envers la télévision publique dans une lettre publiée sur sa page Facebook, il déplore le rétrécissement de l’espace accordé à la culture dans les bulletins de nouvelles. «Je me sens à l’étroit dans ce nouveau contexte. Ma passion n’a plus de place pour s’exprimer», écrit-il.

    Claude Deschênes couvrait la scène culturelle principalement pour Le téléjournal Montréal (anciennement Montréal ce soir) depuis 1989. Il avait cependant entrepris sa carrière à la station de Radio-Canada à Québec en 1980 comme journaliste surnuméraire.

    Il souhaite maintenant se consacrer à des projets d’écriture, de radio et de télévision. «C’est un choix difficile mais nécessaire pour continuer à m’épanouir.»

    Nous lui souhaitons la meilleure des chances et saluons son travail des 33 dernières années!

    Voici l’intégrale de sa lettre:

    C’EST UN DÉPART

    En mars 1980, j’ai réalisé un rêve. Je suis entré à Radio-Canada comme journaliste surnuméraire à Québec. Cela fait donc 33 années passées dans cette grande institution.
    Huit ans à la radio et à la télévision à Toronto. 24 au service de l’Information à Montréal. J’y ai appris la rigueur et le vrai sens du service public en communication. J’ai traversé une multitude de changements technologiques et vu la société se transformer.
    J’ai assez d’anecdotes pour écrire un livre. J’ai accumulé suffisamment d’archives pour faire une série sur l’extraordinaire évolution de la culture québécoise depuis un quart de siècle.
    L’essentiel de ma carrière a été consacré à la couverture de la scène culturelle, un secteur que le milieu de l’information électronique ne prend pas aussi au sérieux que la politique, l’économie ou le sport. N’empêche, j’ai toujours bénéficié de moyens généreux pour accomplir ma tâche. Je suis reconnaissant à Radio-Canada pour la carrière que j’ai eue.
    Encore aujourd’hui, malgré les compressions, il y a moyen de faire une couverture de qualité. La volonté de mes collègues de toujours faire mieux, m’aide à maintenir le niveau d’excellence que j’ai toujours visé pour notre public.
    En plus de 20 ans, j’ai rarement voulu quitter mon poste. On me l’a souvent dit : << Tu as la meilleure job en ville. >> Effectivement, où trouver une aussi belle position? Rendre compte quotidiennement de la créativité d’une ville aussi productive que Montréal, est une chance.
    J’aime faire des directs, des entrevues, des reportages, des critiques. Embrasser la culture dans ses différentes incarnations. J’aime parler de culture à un large public à l’heure où il soupe.
    J’ai suivi pas à pas l’évolution de Céline Dion. Ai été témoin de la croissance phénoménale du Cirque du Soleil. Pu rendre compte des réussites de Robert Lepage, Michel Lemieux, Marc Séguin. J’étais là lors des débuts d’Ariane Moffatt. J’ai contribué à faire découvrir Bobby Bazini.
    Ce rôle de journaliste culturel à Radio-Canada vient avec des obligations : rigueur, indépendance, ouverture. Sans oublier le souci de diversité dans les sujets traités.
    La présence quotidienne à l’antenne m’a toujours permis d’accomplir ma tâche en ce sens.
    Cependant, depuis quelque temps, l’espace accordé à la culture a rétréci. Comme j’ai toujours vu la culture comme un rendez-vous quotidien (le slogan d’ARTV, CHAQUE JOUR EST UN SPECTACLE est tellement juste), je me sens à l’étroit dans ce nouveau contexte. Ma passion n’a plus de place pour s’exprimer.

    Aujourd’hui en 2013, je rêve de refaire de la radio comme durant mes années à Toronto. J’échafaude des projets de télé. Je voudrais avoir du temps pour écrire. J’ai une envie folle de parler de Montréal et ce qui la fait vibrer.
    Le travail ne me fait pas peur, pas plus que les nouvelles technologies. J’ai de l’énergie et de l’expérience à partager.
    Comme j’ai maintenant le privilège de pouvoir accéder à un régime de retraite, je fais le saut. A l’heure où Radio-Canada appelle à se RECRÉER, je choisis de me réinventer en dehors du cadre de l’information. C’est un choix difficile mais nécessaire pour continuer à m’épanouir.
    J’appelle les défis! C’est un nouveau départ.
    Je quitterai mon poste le 2 août, la veille de mon anniversaire.
    Je m’offre la liberté.

    Claude Deschênes, 25 février 2013


    • C’est dommage. Il aime ce qu’il fait et ça paraissait à l’écran. Il avait toujours l’air sympathique et j’aimais regarder ses chroniques. Je lui souhaite bonne chance dans ses projets futurs.

    • Dommage que TVA ne le récupère pas. C’est un très bon journaliste culturel. Il pourrait facilement redorer le blason culturel de TVA qui en a pris pour son rhume depuis le départ d’Alexandra Diaz.

      Marie Andrée Poulin est bien sympathique, mais elle ne fait pas le poids. Les nouvelles culturelles ne sont pas sa force. Il y a des jours où ca fait vraiment pitié.

    • Cher Claude,

      J’ai eu le plaisir de côtoyer surtout durant la saison des festivals dans mes fonctions journalistique à Voir, RDI et la Première Chaîne et j’ai toujours admiré ton élégance, ton devoir de réserve et ta façon de livrer tes topos avec candeur et concision devant un auditoire télévisuel considérable.
      Bientôt, on va revoir ta tête chevelue des années 80 lorsque le moment de souligner ton départ et je ne serai pas le seul à me bidonner…
      Ta performance à New-York lors des événements du 11 septembre est certes en haut du palmarès Deschênes, et pour ma part, je me souviendrai toujours de ce concert de Paolo Conte au St-Denis où une téléspectatrice t’avais enguirlandé parce que selon elle les média ne parlaient pas assez du piémontais! Comme si c’était ta faute! Elle s’était rabattue sur toi pour une raison toute simple: le pouvoir de la télévision et la visibilité qu’elle procure. Tu as encaissé le tout avec grâce et comme je le dis plus haut, avec élégance. On va se recroiser c’est sûr et ton absence , pour employer la formule «laissera un grand vide». Hâte de voir la suite!
      Claude Côté

      tu avais «la meilleure job en ville»!

    • S’cusez les quelques fautes d’orthographe, c’est l’émotion..

    • Un autre qui s’en va au PQ avec une liberté acquise grâce à une généreuse pension du fédéral!

    • @babylone

      Vous avez des informations privilégiées ?

    • Espèrons qu’il ne sera pas remplacé. La SRC doit couper dans ses dépenses. IL appelle les défis. Défis qui seront 100% garantis par le gouvernement (encore).

    • Vous en connaissez beaucoup dans le privé qui partent à son âge? Lâche pas Régis: faut faire le ménage dans les conventions collectives du privée

      ——————–
      Une question comme ça M. Therrien: les gars et les filles du 19-2, lorsqu’ils quittent le bar complètement sous, est-ce qu’ils appellent Nez Rouge?

    • Madame Dominique Chaloult (Directrice générale des programmes et des nouveaux médias -Télé-Québec), cette information est une occasion. Claude Deschênes a encore un énorme potentiel.

    • Ouf, pas sûr que Claude Deschênes, un journaliste de grand talent, cadrerait bien avec les plogues de matante à TV-YAA. Il en aurait vite ras-le-bol de parler de Céline, de Star Académie, de la Voix du Banquier, de la Poule etc.

    • La thèse du PQ est intéressante, peut-être un poste à la cultûûûûrrre pour m. Duchesne, car rares sont ceux qui quittent volontairement la SRC et ses pensions en or.

    • @nousnoune

      Il ne prend pas sa retraite, vous êtes encore à côté de la plaque.

    • @sergioo

      “peut-être un poste à la cultûûûûrrre”

      Ce petit bout de phrase en dit long sur votre mépris de béotien pour la culture.

    • Un homme honorable

      Claude Deschênes, un homme intègre, passionné et authentique quitte pour cause de manque d’espace. Il étouffe et recherche l’air de la liberté. On ne peut le blâmer mais on va le regretter.

      C’est important pour moi de voir ce que Claude Deschêsne en pense de tel ou tel spectacle. Il a toujours eu le bon ton pour dire les choses même quand c’était parfois difficile de parler des faiblesses, voire de l’échec, d’un artiste. Dechesnes est à la fois compétent et respectueux, jet set par la force des choses et modeste.

      Merci monsieur Deschêsnes et… que nos chemins se recroisent longtemps encore. À la radio?

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