Richard Therrien

Archive du 11 novembre 2012

Dimanche 11 novembre 2012 | Mise en ligne à 23h32 | Commenter Commentaires (52)

L’étoile du match à Céline Dion

dionceline
Céline Dion à Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada

Voir Céline Dion sur un plateau de Radio-Canada avait quelque chose d’irréel hier soir. Mais la voir répondre avec autant de simplicité, de générosité, aux questions de Guy A. Lepage et de Dany Turcotte, c’était franchement sympathique.

Le public s’est littéralement enflammé quand «la plus grande chanteuse au monde» est entrée sur le plateau de Tout le monde en parle, qui tentait de l’avoir depuis cinq ans. Après le passage remarqué de René Angélil la saison dernière, qui marquait en quelque sorte une réconciliation du clan avec Radio-Canada, sa visite venait sceller l’union.

C’est parce que Céline le demande à son mari qu’il refuse systématiquement 90% des demandes d’entrevues. On sentait toute la fierté que le duo du dimanche avait de faire partie des 10% hier soir. Et l’attente a valu le coup.

On l’a vue partout, elle a tout fait, et pourtant, elle avait encore des choses à nous apprendre d’elle et de ses proches. Au cours de cette entrevue, enregistrée il y a trois semaines, et qui a occupé les trois premiers quarts d’heure de l’émission, c’est avec une humilité non empruntée que l’artiste a répondu aux questions pour la plupart très bonnes. Dans un cadre qui ne lui était pas familier, elle aurait pu rester tiède, mais c’est tout le contraire qui s’est passé.

Quand Guy A. lui a demandé ce qu’aurait été sa carrière si René Angélil avait réussi à faire de Ginette Reno une vedette internationale, on a senti sa compassion pour celle qui lui a servi de modèle. «J’ai encore beaucoup de peine pour elle. J’en ai récolté toutes les pommes du pommier. Elle m’a ouvert le chemin», a-t-elle dit.

Concernant sa participation au spectacle hommage au technicien Denis Blanchette, assassiné au Métropolis le soir de l’élection du Parti québécois, elle a voulu souligner le travail de ces «stars de l’ombre», sans qui les spectacles n’auraient pas lieu. «Ma voix n’y était pas mais mon cœur y était», a-t-elle avoué à propos de sa prestation, donnée après une quarantaine d’entrevues, et dont elle était visiblement très insatisfaite. «Je n’ai pas chanté ce soir-là.»

Sur son rapport à l’argent, la chanteuse admet en profiter pour permettre à sa mère d’avoir des soins de santé plus rapidement. «Je suis capable de sauver des gens de ma famille quand ils sont en détresse. L’argent vaut le coup dans ce temps-là.»

On est revenu sur l’époque des cheveux longs de René-Charles, qui ont été l’objet de bien des moqueries, mais qui cachaient le malaise de son fils devant la célébrité de sa mère. «J’ai réalisé que René-Charles se cachait avec sa chevelure, c’était sa façon de se protéger.»

Puis, on a revu Céline chanter en duo avec un Elvis Presley virtuel: l’illusion était parfaite et le numéro a ravi son mari, fan du King, encore plus qu’elle. Moment émouvant quand on a revu un extrait de l’entrevue avec René Angélil à Tout le monde en parle, qui faisait allusion à son âge avancé et au jour où il ne sera plus là. «Quand on a un père et un mari comme René, c’est immortel», a tout simplement ajouté Céline, confiant aussi que René-Charles prenait déjà grand soin de son père.

Céline ne pouvait passer sans offrir une chanson de son nouvel album, celle que lui a écrite Jean-Pierre Ferland, Je n’ai pas besoin d’amour. Dany Turcotte n’a pu s’empêcher cette carte à l’intention de la chanteuse: «Promets-moi de ne plus jamais faire le tour du monde et les émissions de TVA au grand complet sans passer nous dire bonjour avant.» Un souhait qu’on croyait impossible, mais qui ne l’est plus depuis hier.

Denis Coderre, qui en était à sa cinquième visite, a quasiment annoncé officiellement qu’il se lançait dans la course à la mairie de Montréal. «Ça sent bon», a-t-il dit en parlant de sa candidature.

S’il se présente, ce sera entre autres pour se débarrasser des «pommes pourrites» (sic) à la Ville de Montréal, et créer une «police du contrat» obligeant toute compagnie souhaitant faire affaire avec la ville de montrer patte blanche.

Il n’a bien sûr pas apprécié que La Presse révèle que son association libérale avait accepté des dons d’origine douteuse. «Je ne suis pas naïf mais on prenait une compagnie qui avait donné 213 piasses en 2001. [...] Y’a pas personne va m’acheter avec un billet de 500 piasses», a-t-il répliqué.

À Normand Lester, qui a dit à la radio qu’il serait «la pire chose qui pouvait arriver à Montréal», il répond ceci: «S’il s’était mordu la langue, il aurait pu mourir empoisonné.»

Chose certaine, il renonce à la politique fédérale, mais restera jusqu’à ce qu’on nomme le nouveau chef du Parti libéral du Canada. «Justin [Trudeau] a de bonnes chances», croit-il, ajoutant néanmoins «que s’il y a une chose qu’il ne faut pas prendre pour acquise, c’est une victoire».

Depuis qu’il ne se teint plus les cheveux, Patrick Huard craint que les réalisateurs pensent qu’il n’est «plus capable de monter sur des tops de chars».

S’il vend les billets des deux premières rangées de ses spectacles à 125$, c’est pour couper le pied aux revendeurs. «Mais on offre aussi le billet le moins cher à 20$», précise-t-il.

Il admet avoir modifié son spectacle après avoir reçu des critiques mitigées, voire mauvaises. Il sourit qu’on puisse l’accuser de démagogie: «Je ne sais pas s’il y a des humoristes qui sont pédagogiques, je ne les connais pas.»

Vince Vaughn va reprendre son rôle dans l’adaptation américaine de Starbuck, que réalisera Ken Scott, un privilège auquel peu ont eu droit.

L’analyste de politique internationale Guillaume Lavoie s’étonne que la machine démocrate ait pu convaincre les électeurs de voter en masse pour Barack Obama. Il rappelle néanmoins que les républicains ne peuvent plus seulement séduire l’électorat Blanc, qui comptait pour 84% des électeurs du temps de reagan, alors qu’il n’est plus aujourd’hui que de 72%.

Il prévient cependant que Jeb Bush, de la célèbre famille, s’en vient et pourrait changer la donne.

Élisabeth Vallet, chercheure à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, a raconté que Michelle Obama ne laisse sortir son mari pas plus de deux soirs par semaine, ce qui l’aurait peut-être distrait des enjeux du pays.

Pour illustrer certaines irrégularités de l’élection, on a montré un bulletin de vote quasi illisible et raconté que des machines refusaient les votes accordés à Barack Obama.

Le sociologue Gérard Bouchard a conclu l’émission de merveilleuse façon. Venu promouvoir son essai intitulé L’interculturalisme – Un point de vue québécois, il a rappelé qu’il n’y a pas d’exemple dans le monde où une majorité est elle-même une minorité, en parlant des francophones du Québec.

Au sujet de tout le débat entourant les accommodements raisonnables à l’époque de la Commission Bouchard-Taylor, il prétend que les médias ont grossi la réalité et même inventé certaines choses.

Il n’a pas été tendre à l’endroit du maire de Saguenay, qui s’en est pris à Djemila Benhabib durant la campagne électorale. «Le maire Tremblay, c’est exactement ce qu’il faudrait éviter au Québec, c’est exactement le type d’intervention qui est nuisible et qui cause des torts considérables.»

Il accuse le maire d’extrémisme et d’intégrisme en restant sur ses positions au sujet de la prière au conseil de ville.

Gérard Bouchard ne croit pas à la thèse d’André Boisclair, qui accuse l’ADQ d’avoir commandité le code de vie d’Hérouxville. Ils «sont capables de faire ça tout seul», a-t-il ironisé.

Son frère Lucien, qui a refusé d’aller à Tout le monde en parle, serait plus «individualiste» que lui, qui se dit «plus sensible à la dimension collective des choses».

M. Bouchard, qui avait comme voisin Denis Coderre, s’est permis à quelques reprises de lui tirer la pipe. «J’adore vous écouter, et chez les Bouchard, vous êtes mon préféré», lui a envoyé Dany Turcotte au terme d’un entretien fort divertissant.

Lire les commentaires (52)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2008
    L Ma Me J V S D
    « août   oct »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives

  • publicité