
Adam Cohen à Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada
Jusqu’au dernier instant de Tout le monde en parle dimanche soir, j’avais choisi de décerner mon étoile du match à Jean-Martin Aussant, que j’ai trouvé solide au sujet de la fermeture de Gentilly-2.
Mais c’était avant qu’Adam Cohen arrive. Un artiste dont j’appréciais l’oeuvre, mais qui m’apparaissait comme quelqu’un de fendant… Erreur! Hier soir, Cohen a été d’une chaleur à faire fondre l’auditoire, en particulier Dany Turcotte, qui ne se pouvait plus, et Andrée Watters, qui en a presque oublié son amoureux, juste à côté.
Voilà un anglophone francophile qui comprend mieux le fait français que bien des Montréalais. Oui, le français est menacé dans la métropole. Il ne voudrait surtout pas que Montréal devienne comme la Nouvelle-Orléans, «un Disneyland, un parc à thèmes francophones».
Il a tout saisi à sa première visite à Toronto. «On m’a demandé: “Mais pourquoi ils veulent parler français au Québec?” Comme si c’était une gimmik, comme si la sexualité était un choix. C’est une ignorance décevante…», a-t-il dit.
Cohen, qui s’est tour à tour qualifié d’«hétéroflexible» et de «polyamoureux», a eu du mal à apprivoiser le métier, suivant les traces de son père Leonard, contrairement à son ami Rufus Wainwright, qui lui, a réussi tôt. À une certaine époque, Cohen a même composé la musique de films pornos. «Lesquels?» a demandé Dany. «Je ne les ai pas vus au complet!» a-t-il répondu.
«C’est courant qu’on vous offre une Rolex pour une chanson sans utiliser votre nom», a-t-il affirmé, comme pour une chanson dédiée à Bette Midler, et ajoutant que les droits d’auteurs sont devenus ridiculement «pathétiques».
Je ne pense pas moins que Jean-Martin Aussant a fait tout un effet hier soir, et je me suis mis un instant à imaginer ce qui aurait pu arriver si on l’avait inclus dans le débat des chefs, comme Françoise David.
Venu débattre de la fermeture de Gentilly-2 avec la députée de Trois-Rivières Danielle Saint-Amand, Aussant a aligné plusieurs arguments favorables que n’a su dévier son adversaire.
Pendant que Aussant, appuyé par son ancien collègue Nicolas Marceau, démontrait qu’il en coûterait une fortune de rénover la seule centrale nucléaire en opération au Québec, Mme St-Amand ramenait tout sur la rapidité avec laquelle le gouvernement péquiste a pris cette décision «sans consulter la population.»
Le chef d’Option nationale ne regrette pas sa décision d’avoir quitté le Parti Québécois, dont la position sur la souveraineté ne le satisfait toujours pas. Guy A. a évoqué l’hypothèse qu’il aurait pu se retrouver ministre des Finances s’il était resté, à la place de Nicolas Marceau. «Nicolas et moi, on aurait bien travaillé ensemble. Qui sait un jour…», s’est-il contenté de dire.
Aussant veut se consacrer à la musique maintenant qu’il n’est plus député. On a appris qu’il avait été un fan de Paradox, le défunt groupe de Sylvain Cossette, aussi sur le plateau.
L’émission avait commencé avec une bonne entrevue d’Éric Gagné et de son biographe Martin Leclerc.
Ex-lanceur vedette du baseball majeur, Gagné avoue avoir consommé des hormones de croissance pour jouer malgré ses blessures. Selon lui, 80% des joueurs des Dodgers consommaient stéroïdes, amphétamines ou autres drogues, mais qu’ils n’en parlaient jamais entre eux. Il a ainsi ruiné sa santé et souffre aujourd’hui de gros problèmes de dos.
Aurait-il eu la carrière qu’il a connu sans dopage? «Tu ne peux pas transformer une picouille en pur sang», croit fermement Martin Leclerc, qui a ajouté que les médecins étaient complices de cette pratique et qu’ils savaient que les joueurs avaient de la drogue dans le sang.
La fin de sa carrière à Boston a été un enfer: il recevait des menaces de mort et les partisans de l’équipe lui lançaient des objets. Il n’a malheureusement pas été question de son passage chez les Capitales de Québec.
Le ministre Nicolas Marceau est un peu plate, mais vous direz qu’on ne lui demande pas de donner un show, on lui demande de bien gérer notre argent.
«Je suis un politicien qui veut tenir ses engagements et on nous reproche de vouloir aller trop rapidement», a-t-il dit en réponse à Guy A., qui soulignait la mauvaise réception de ses décisions des derniers jours.
Le ministre des Finances affirme que son parti avait été clair sur ses intentions d’imposer davantage les mieux nantis, mais admet une faille en ce qui concerne la taxe sur les gains en capital, pour laquelle il annoncera sous peu des aménagements.
Il compte sur le fait qu’une majorité de députés s’opposent à la taxe santé pour éviter que son gouvernement soit renversé. En d’autres mots, une partie du chemin est faite.
Dominique Michel a besoin d’environ 50 millions $ pour construire ce centre de cancérologie de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont auquel elle tient tant. Elle ne cesse de vanter notre système de santé, ajoutant que s’il avait fallu qu’elle tombe malade aux États-Unis, elle y aurait perdu tout son argent.
Toujours belle et plus en forme qu’à sa dernière visite, elle s’est remise de son cancer du côlon, mais n’a plus la même énergie.
La carte du fou du roi à son intention: «À toi seule, tu as donné plus d’énergie aux Québécois que la centrale de Gentilly au grand complet. Il est donc plus rentable collectivement de fermer Gentilly et de rénover Dodo!»
La portion la moins intéressante de l’émission concernait Sylvain Cossette et Andrée Watters, venus en couple ploguer leurs albums respectifs. Watters n’était pas venue à l’émission depuis huit ans.
Cossette a raconté avoir failli mourir l’an dernier, après avoir eu une faiblesse lors d’un affrontement avec Roch Voisine à La série Montréal-Québec: ses artères étaient complètement bloquées. Celui qui a vendu un million d’albums est revenu à l’écriture après un hiatus de 12 ans à reprendre des succès. Sa blonde fait le chemin inverse, proposant une sélection de chansons qu’elle aime en lui ajoutant une saveur country.
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