Richard Therrien

Archive du 29 avril 2012

Dimanche 29 avril 2012 | Mise en ligne à 23h19 | Commenter Commentaires (120)

L’étoile du match aux leaders étudiants

naddesbur
Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin
Photo Radio-Canada

Ils étaient les plus attendus, et n’ont pas déçu. On peut ne pas être en accord avec leurs positions, mais on ne peut pas nier leur pouvoir d’attraction, leur éloquence et leurs qualités de leaders.

Au plus fort du conflit les opposant au gouvernement Charest, les trois leaders des mouvements étudiants étaient en terrain conquis hier soir, à Tout le monde en parle, accueillis par une ovation. «S’il y a des élections, eh bien, M. Charest va nous trouver sur son chemin», a lancé un Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), gonflé à bloc par cette mobilisation étudiante sans précédent.

Ceux dont tout le monde parle avaient l’espace rêvé pour symboliser l’union et la bonne entente qui les animent. Tout sauf la division, que, selon eux, le gouvernement a voulu créer au sein du mouvement étudiant.

Le porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a répété que son organisation n’était pas l’instigatrice du grabuge et de la violence observée dans les plus récentes manifestations. Selon lui, la ministre de l’Éducation Line Beauchamp, a utilisé ce prétexte pour rompre les négociations avec les mouvements étudiants, une «attitude de panique», a-t-il dit.

Alors qu’une manifestation étudiante avait lieu à Montréal pour une sixième soirée consécutive hier, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a affirmé que les étudiants étaient fin prêts si jamais le premier ministre Jean Charest décidait de déclencher des élections. Des membres ont même commencé à prendre le téléphone et demandé à des donateurs libéraux pourquoi ils contribuaient encore à la caisse du parti.

À ceux qui les mettent au défi de tenir des votes secrets plutôt qu’à main levée dans les assemblées, Martine Desjardins rappelle que les libéraux eux-mêmes procèdent à des votes à main levée lors de leurs congrès. Et selon elle, par expérience, «les votes de grève passent davantage lorsqu’il y a des votes secrets.»

À Guy A. Lepage, qui a rappelé que le mouvement trouvait des appuis surtout en région montréalaise, et peu à Québec, Léo Bureau-Blouin a répliqué que des étudiants avaient voté en faveur de la grève, «de l’Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine». «Beaucoup d’étudiants qui ne sont pas en grève nous soutiennent et participent aux manifestations», a-t-il ajouté.

Parlant d’un «gouvernement corrompu, qui perd chaque semaine sa crédibilité», Gabriel Nadeau-Dubois n’a pas condamné la violence hier soir, et a laissé plutôt Léo Bureau-Blouin le faire. Celui-ci s’est indigné que le gouvernement décide de rompre les négociations, «conscient qu’il allait créer de la violence et des dérapages.»

Le plus volubile des trois, Bureau-Blouin a nié vouloir «venir piger dans les poches» des contribuables par le gel des droits de scolarité, persuadé qu’on puisse dégager des sommes importantes à même le budget des universités, pointant du doigt leur mauvaise gestion. «On a l’impression qu’on nous demande de financer, nous les étudiants, ces erreurs de parcours.»

Accueillis comme des héros en toute fin d’émission, les trois leaders n’ont pas été confrontés par des questions plus délicates, et aucun intervenant n’était là pour faire valoir les arguments du camp adverse, favorable à la hausse des droits de scolarité. Venu élaborer sur le Plan Nord, le journaliste du Devoir, Louis-Gilles Francoeur, a même vanté leur hardiesse. «Il y a une génération qui est en train d’apprendre le pouvoir de la rue», leur a-t-il dit, parlant d’un «grand acquis».

Sur le ton de la rigolade, Guy A. a bien sûr profité de la présence de Xavier Dolan pour revenir sur sa fameuse déclaration à LCN, alors qu’il a qualifié Gabriel Nadeau-Dubois de «sexy». Le cinéaste, venu parler de son film Laurence Anyways, avait profité d’une pause publicitaire pour arborer son carré rouge.

Plus tôt dans l’émission, Xavier Dolan a répété sa déception de ne pas se retrouver en compétition officielle à Cannes, mais plutôt dans la section Un certain regard pour son plus récent film. Il déplore qu’on se contente souvent de peu au Québec. «Si notre province peut rêver de devenir un pays, moi, je peux rêver de gagner la Palme d’or», a-t-il envoyé comme hymne à la souveraineté.

Prenant une pause à plusieurs reprises durant son entrevue, il a admis accorder beaucoup d’importance aux commentaires des blogues, qu’il lit attentivement. «Je ne suis pas un tas de marde super prétentieux», a-t-il répliqué à la parodie qu’on a fait de lui dans la publicité du fromage P’tit Québec. «C’est pour vendre du mauvais fromage en plus!»

Les journalistes Louis-Gilles Francoeur et Raymond Saint-Pierre ont soulevé de nombreuses inquiétudes sur le Plan Nord du gouvernement Charest. M. Francoeur déplore que certaines méthodes n’aient pas évolué depuis les années 50, et qu’une fois que les ouvriers ont quitté les chantiers, ils laissent l’environnement dans un état lamentable, les lacs notamment. Raymond Saint-Pierre, lui, est rassuré de voir que les autochtones qui occupent ces territoires ont appris des erreurs du passé et se montrent beaucoup plus vigilants sur ce qu’on s’apprête à faire chez eux.

Je ne croyais jamais rire autant pendant une entrevue avec Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier, le «ti-couple» pas si parfait que ça finalement. Breau nous a montré qu’il imitait à la perfection Mario Pelchat et Kevin Parent.

Daniel Vézina, qui revient pour une troisième saison à l’émission Les chefs!, admet avoir été tyrannique au début de sa carrière. On l’a même qualifié de chef «inhumain», une attitude qui trahissait un manque de contrôle de son art, selon lui.

J’ai appris une nouvelle expression, la food porn, que plusieurs d’entre nous pratiquons, à regarder les chefs cuisiner en ondes sans jamais soi-même cuisiner…

Sympathique cette carte du fou du roi donnant la mission au boxeur Lucian Bute de venger la défaite des Français contre les Anglais, lors de son prochain combat contre Carl Froch en Angleterre.

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