Richard Therrien

Archive, février 2012

Lundi 20 février 2012 | Mise en ligne à 11h07 | Commenter Commentaires (104)

Michel Jean: cas de conscience

jeangagnon
Michel Jean, qu’on voit ici avec sa coanimatrice de JE, Annie Gagnon
Photo TVA

Plusieurs d’entre vous m’avez écrit pour me confier votre indignation à propos de Michel Jean, le coanimateur de J.E., qui a été arrêté pour facultés affaiblies, mais que TVA a décidé de garder en ondes.

La comparaison avec le cas de Mélissa François revient souvent. Pour plusieurs, c’est deux poids, deux mesures. Pourquoi garde-t-on M. Jean en ondes alors que la lectrice qui a dit «Kim Jong-Deux» a été rétrogradée, et que son président de syndicat, Réjean Beaudet, a obtenu trois mois de suspension pour l’avoir défendue?

Michel Jean a fait une erreur, une erreur grave, il l’a reconnu, mais à mon sens, le garder en ondes en tant que Monsieur Justice envoie un drôle de message, en regard de ce qui est arrivé à Mélissa François. Il n’y a pas si longtemps, il présentait un reportage sur les effets de l’alcool au volant, et vendredi dernier, quand QMI a sorti la nouvelle pour prévenir les coups, TVA et LCN traitaient en boucle de la tolérance zéro en matière d’alcool que Québec compte imposer aux conducteurs de 21 ans et moins. Comble de malchance, Paul Arcand fait actuellement la tournée des médias pour promouvoir son film Dérapages, sur les ravages de l’alcool au volant, qui sortira le 27 avril.

Chose certaine, il était particulièrement intéressant de voir le traitement accordé par Quebecor à cette nouvelle. Si QMI a pris les devants vendredi en donnant la parole à son journaliste, la nouvelle a été jouée plutôt discrètement en page 20 dans le Journal de Québec, sans photo, et en page 29 dans le Journal de Montréal, sans signature dans les deux cas. Le JdeQ a été pas mal moins discret le 31 janvier dernier en placardant la photo de mon collègue du Soleil Ian Bussières en page 4, coiffée du titre «Journaliste arrêté pour conduite dangereuse».

À Radio-Canada, quand le journaliste Yvan Côté a été accusé de conduite avec les capacités affaiblies ayant causé des lésions corporelles et de conduite dangereuse, le diffuseur l’a rétrogradé et retiré de l’antenne. M. Côté a été acquitté et est revenu en ondes après avoir subi son procès. Je ne dis pas que c’est nécessairement la chose à faire, mais la question se pose très certainement.

Je prends congé pour quelques semaines, de retour très bientôt!

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Dimanche 19 février 2012 | Mise en ligne à 23h36 | Commenter Commentaires (25)

L’étoile du match à Blandine Prévost

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Blandine Prévost
Photo Radio-Canada

Le lendemain de sa visite sur le plateau de Tout le monde en parle jeudi, Blandine Prévost ne se souvenait déjà plus de rien. Et pourtant, on l’a vue s’exprimer clairement, avec l’optimisme dans la voix. Atteinte d’Alzheimer, qu’on croit à tort une maladie qui ne touche que les personnes âgées, cette Française de 38 ans sait qu’elle ne verra jamais ses petits-enfants, mais a choisi de passer le temps qui lui reste à aider les personnes atteintes comme elle.

Comme le personnage d’Isabelle dans La galère, Blandine Prévost a commencé à perdre ses mots et à oublier certaines choses avant d’apprendre qu’elle était atteinte de cette terrible maladie. Aujourd’hui, elle suit une rééducation deux fois par semaine et souhaite rester près de ses trois enfants. Son projet le plus cher: ouvrir en France un centre de ressources comme il en existe un en Mauricie, Carpe Diem, qui permet aux personnes atteintes d’Alzheimer de continuer leur vie le plus normalement possible et de ne pas être considérées comme des personnes malades. «Si on arrive à l’exporter en France, eh bien, je peux vous dire que ma vie, elle sera belle.»

Avec son mari à ses côtés durant l’entrevue, Blandine Prévost a avoué que «l’avenir s’est vachement assombri» lorsque la maladie lui est tombée dessus. «J’ai des difficultés mais il me reste encore plein de possibilités. (…) Je reste une personne qui a envie de vivre, qui est heureuse de sa vie», a-t-elle dit. Un message d’espoir qui ne peut laisser indifférent.

En plus de cette entrevue très touchante, l’émission de Guy A. Lepage a pris un regain d’intérêt hier, avec des invités qui avaient beaucoup à dire. Notamment Georges-Hébert Germain, qui a boxé par médias interposés contre Jean-François Lisée depuis une semaine. L’auteur d’une nouvelle biographie de Robert Bourassa ne tarit pas d’éloges pour son sujet, jugeant même qu’il a réussi son pari politique, contrairement à René Lévesque, qui lui, a échoué.

Germain, qui dit avoir voté OUI aux deux référendums et pour le Parti québécois presque toute sa vie, affirme qu’il voterait autrement depuis qu’il a rédigé cette bio. Revenant sur la fameuse affirmation de Robert Bourassa après l’échec de l’accord du lac Meech, il a rappelé que la souveraineté a obtenu l’appui de 67% des Québécois dans les sondages à ce moment-là, et que s’il l’avait voulu, Bourassa aurait pu passer à l’histoire.

«Je trouve ça un peu salaud de la part de Lisée», dit-il au sujet de la décision du journaliste et écrivain de rééditer ses deux bios de Bourassa, en plus de pourfendre la sienne avant même de l’avoir lue. Georges-Hébert Germain reconnaît néanmoins que sa bio contient cinq erreurs factuelles, dont quatre ont été révélées dans Le Devoir la semaine dernière. Il se dit quand même en désaccord avec les interprétations de Jean-François Lisée sur la vie de Bourassa. «Moralement, je trouve ça désolant.»

Désolantes aussi, les envolées radiophoniques d’André Arthur, qui aimait évoquer la supposée homosexualité de Bourassa. Georges-Hébert Germain n’a jamais cru à ces ragots.

Accueilli sur le thème de son émission à TVA, l’animateur du jeu On connaît la chanson, Mario Tessier, va y penser deux fois lorsqu’on le sollicitera à nouveau pour une entrevue dans La Semaine. Pour illustrer son côté épicurien, le magazine l’a montré en train de beurrer ses toasts!

En France, Isabelle Boulay ne doit pas parler de country, mais plutôt de folk pour qualifier son plus récent album, sur lequel figure notamment un duo avec Dolly Parton. «En France, le country, c’est comme une caricature», explique-t-elle.

Revenant sur la mort tragique de Whitney Houston, la chanteuse s’interroge beaucoup sur l’entourage des stars déchues, qui ne fait rien, comme pour Amy Winehouse, pathétique lors de ses dernières apparitions. «Qui est à côté d’elle pour la laisser monter sur la scène?» demande-t-elle.

Un peu comme Céline Dion, elle déplore les vies insensées que mènent ces grands talents. «Y’a un moment où la trajectoire dévie, et il n’y a rien de récupérable.»

Venus parler du rayonnement international du film Monsieur Lazhar – à voir absolument -, le cinéaste Philippe Falardeau et la dramaturge et comédienne Évelyne de la Chenelière semblaient planer, à raison. «Il se passe quelque chose à Montréal (…) pour la taille du peuple qu’on est», croit Philippe Falardeau, qui a l’impression d’avoir tout le monde derrière lui pour se rendre aux Oscars. «Si le politique pouvait suivre, on serait en business!»

À ce sujet, il n’a pas été question de la ridicule intervention de Krista Erickson la semaine dernière à SUN TV News, sur le financement public du film. C’est mieux comme ça, après tout, pourquoi lui donner le rayonnement qu’elle n’a pas de toute façon?

Philippe Falardeau a admis avoir éprouvé un véritable deuil en prenant la décision de tasser le comédien Denis Gravereaux, qui jouait Bachir Lazhar sur scène, pour le remplacer par Mohamed Fellag, un acteur et humoriste très connu en Algérie. Au grand écran, il fallait que l’origine du personnage apparaisse d’emblée aux spectateurs.

Falardeau se réjouit que les enseignants aient apprécié son film plutôt que de le voir comme un affront à leur travail.

Il était temps que je connaisse le bédéiste Guy Delisle, dont on m’a tellement parlé, et qui parcourt la planète pour pondre ses b.d., traduites dans une douzaine de langues. Sa dernière, Chroniques de Jérusalem, montre notamment ces murs omniprésents, qui entourent les maisons et séparent les villages.

Guy Delisle ne se dit pas militant, mais n’a pas le choix de qualifier son oeuvre de subjective. «C’est le journal d’un gars ordinaire dans une situation extraordinaire.» À propos des colonies, il dit: «C’est une erreur pour les Israéliens, et pour les Palestiniens, une aberration de voir leur territoire grugé au quotidien.»

Dans un tout autre registre, le champion du monde de poker en 2010, Jonathan Duhamel, a admis avoir eu peur de mourir quand deux individus l’ont violemment battu à son domicile et lui ont dérobé 115 000$, une montre Rolex et son bracelet de champion du monde.

Il qualifie de «personne assez spéciale» son ex-petite amie qui aurait orchestré ce complot. «Des fois, tu penses connaître quelqu’un mais tu ne connais pas vraiment la personne», dit-il.

À ce sujet, la carte du fou du roi était particulièrement à propos: «Sors tes trèfles à quatre feuilles pour une nouvelle amie de coeur, tu mérites mieux qu’une deux de pique!»

Il ignore l’identité de la personne qui a déposé son argent dans une boîte aux lettres, mais il aimerait bien le savoir. Bien qu’il poursuive sa carrière avec succès, Duhamel sait qu’il évolue dans un monde où gravitent des gens louches. Mais après son agression, il est revenu plus fort. «J’avais la rage de gagner et les yeux de Maurice Richard.»

Et enfin, la question qui brûlait toutes les lèvres: pourquoi gardait-il tout cet argent dans un coffre-fort chez lui? Sa réponse, plutôt évasive: parce qu’il voyage beaucoup et qu’il doit avoir de l’argent liquide pour payer ses tournois. Quoi qu’il en soit, il affirme avoir payé ses impôts après avoir remporté le jackpot.

Sur ces mots, mon compte-rendu de Tout le monde en parle fera relâche pour les deux prochaines semaines, puisque je serai en congé. Je vous dis: à très bientôt!

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Jeudi 16 février 2012 | Mise en ligne à 15h03 | Commenter Commentaires (88)

Krista, oh, Krista!

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Tiens, tiens, voilà Krista Erickson qui en remet une couche alors qu’on l’avait presque oubliée. Maintenant que le Conseil canadien des normes de la radiotélévision a jugé qu’elle n’avait pas dépassé les bornes en ridiculisant la danseuse Margie Gillis en ondes, la speakerine de SUN TV News repart en guerre contre les subventions à la culture, sa marotte.

Après s’être récemment scandalisée de scènes de fesses dans la série française Hard, présentée sur Tou.tv, la spécialiste des arguments fallacieux et démagogues s’en prend cette fois au film Monsieur Lazhar, qu’elle juge beaucoup trop subventionné. En nomination dans la catégorie du meilleur film étranger aux Oscars, l’oeuvre de Philippe Falardeau n’aurait donc pas dû recevoir autant d’argent des contribuables mais plutôt s’autofinancer avec le privé.

Décidément, Krista Erickson ne comprend rien à rien, et aurait intérêt à s’informer avant de dire n’importe quoi sur le financement de la culture. Sans subventions et malgré ses immenses qualités, Monsieur Lazhar ne se serait jamais rendu aux Oscars.

Est-ce si important qu’on injecte des sommes d’argent pour que le cinéma québécois rayonne à l’étranger? Absolument. La culture n’est-elle pas un bien accessoire? Ne devrait-on pas plutôt mettre cet argent dans la santé ou l’éducation? Non, Madame. La culture n’est pas accessoire, elle est essentielle, vitale. Sans culture, nous ne sommes rien. Et la danse, le théâtre, le cinéma, la littérature, les arts visuels ne survivraient jamais sans aide gouvernementale. Si le Québec veut avoir autre chose à voir que Les Boys et à écouter que du Ginette Reno et du Céline Dion, il doit y mettre l’argent. C’est comme ça que ça marche, et je ne comprends pas qu’il faille encore en 2012 expliquer une chose aussi élémentaire.

Maintenant, si Mme Erickson aime ça, elle, ne voir que des blockbusters au cinéma, acheter ses peintures au Marché du Store, revoir The Phantom of the Opera pour la 12e fois et prendre son bain en écoutant du Michael Bublé, c’est son affaire…

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