
Corneille à Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada
Il y a des soirs où la mayonnaise ne prend pas. C’était le cas hier soir à Tout le monde en parle, où aucune entrevue ne s’est vraiment démarquée, à part peut-être celle de Corneille, qui s’est livré avec générosité et beaucoup de détachement. Décidément, cet homme est expert en résilience…
L’émission a commencé avec Louis-José Houde, qui devait avoir gardé tous ses bons gags pour le Gala de l’ADISQ. Il a été question de son nouveau spectacle, de sa carrière en France, et de sa fameuse campagne sur la vente des billets de spectacle. Il déplore d’ailleurs que ses propres billets de spectacle soient vendus aussi chers. Après quoi Guy A. a proposé une entrevue «Quossé qu’y a de drôle?», question très à propos.
Jacques Duval s’est presque vanté d’avoir failli perdre son permis de conduire, à un point de démérite près. Le fondateur du Guide de l’auto, qu’il regrette d’avoir vendu, nie catégoriquement avoir accepté 20$ de la mère de Michèle Richard en échange d’une critique favorable au Cimetière du disque. En début d’émission, Guy A. venait justement de préciser que Gilbert Morin, que Mme Richard a accusé d’avoir fait gagner Renée Martel plutôt qu’elle, n’a jamais été président de l’ADISQ contrairement à ce qu’elle avait affirmé la semaine dernière. Après le malentendu avec Richard Desjardins, c’est à se demander si la chanteuse a vraiment passé la nuit avec Omar Sharif comme elle l’a écrit dans sa biographie!
Pour revenir à Jacques Duval, il a poursuivi en disant ne s’être jamais laissé influencer par les cadeaux offerts aux chroniqueurs d’automobiles. On a ensuite vu un extrait de Prenez le volant, où il conduisait à vive allure, comme dans les films policiers. Disons qu’on était loin de RPM à V!
C’est entre autres pour donner l’exemple à d’autres athlètes que l’ancien joueur de l’Impact, David Testo, a révélé son homosexualité. Les suicides d’adolescents gais et le désir de pouvoir être lui-même l’y ont aussi poussé.
Fait révélateur de l’omerta autour de l’homosexualité dans le domaine sportif: en 10 ans de carrière au soccer, Testo n’a jamais croisé un seul joueur gai qui s’affichait ouvertement.
«Vous venez de compter le plus beau but de votre carrière», a écrit Dany Turcotte sur sa carte.
Toujours souriant, Corneille dit avoir reconnu des traits de sa famille disparue en voyant naître son fils. «Ça a bâti un pont entre le passé et ce que je peux envisager de l’avenir», a-t-il dit.
Il souhaite un jour retourner au Rwanda, là où les siens ont été tués. «Je n’ai pas envie de priver mon fils de ses origines.»
Il a parlé du traumatisme que lui a fait vivre sa tante préférée alors qu’il n’avait que six et sept ans. Un abus dont il a pris conscience beaucoup plus tard. «En tant qu’homme, ça vient te confronter avec tout ce que tu as voulu comprendre de ta virilité.»
Vous ne verrez pas le nouveau disque de Corneille dans les magasins au Québec en raison d’un litige opposant le chanteur à son ancienne compagnie de disques.
Joannie Rochette, qui semblait parfaitement sereine, ignore encore si elle participera aux Jeux de 2014 en Russie. «Si je retourne, c’est pour faire mieux. Les Russes sont super fortes.»
Rare moment d’intense émotion quand David Testo lui a déclaré qu’aucun athlète ne l’avait touché autant qu’elle.
Il faudrait des morts, ou alors une décision politique pour sortir les indignés de leurs campements. C’est l’un des messages qu’ont voulu faire passer un représentant d’Occupons Québec, Mattieu Perron, et deux d’Occupons Montréal, Carminda Mac Lorin et Luc Lefebvre.
«Il y a des principes fondamentaux au Canada. On a le droit à la vie et à la sécurité», a lancé Luc Lefebvre, entrepreneur web et cofondateur de QuébecLeaks, qui a répété que les indignés de Montréal comptaient bien passer tout l’hiver au square Victoria.
D’un calme olympien durant toute l’entrevue, le trio a voulu rappeler que le mouvement n’est pas né à New York, mais bien du printemps arabe et des différentes révoltes populaires qui ont suivi dans le monde. L’une de leurs principales demandes: séparer le gouvernement des corporations. «Les gens ne sont pas égaux sur cette planète», déplore Carminda Mac Lorin, étudiante au doctorat, qui considère faire partie des privilégiés. Luc Lefebvre, qui a grandi dans un quartier modeste, craint de voir s’appauvrir de plus en plus la classe moyenne.
Étudiant au Cégep, Mattieu Perron partage son temps entre ses cours et l’occupation au jardin St-Roch. Il s’inquiète de ne pouvoir fréquenter l’université si on augmente comme prévu les frais de scolarité. En réponse à l’animateur de CHOI Radio X, Dominic Maurais, qui a qualifié les indignés de «parasites», et qui les a accusés de s’approvisionner à même les banques alimentaires, Mattieu Perron a affirmé que les gens leur apportaient gracieusement de la nourriture. Quant aux itinérants qui se présentent sur leurs campements, ils les accueillent amicalement.
Selon Luc Lefebvre, les indignés ne sont pas tous de gauche. «Il existe des indignés de la droite économique en faveur du libéralisme et du capitalisme, qui aimeraient les voir marcher à nouveau.»
Carminda Mac Lorin croyait peut-être obtenir l’appui de Corneille en lui demandant ce qu’il pensait des indignés. «Je ne suis pas si indigné que ça. On est toujours plus dur avec l’époque dans laquelle on vit qu’avec celle de nos parents et de nos grands-parents. On ne connait que l’injustice du moment», a-t-il répondu.
Il a toutefois reconnu que les problèmes vécus au Congo, par exemple, sont «directement liés à une arrogance des grandes puissances financières occidentales.»
Arrivé en fin d’émission, l’humoriste Guy Nantel s’est montré plus sympathique à leur cause, et a dénoncé la cabale des stations de radio de Québec pour qu’on les expulse. «Je ne peux pas croire qu’on vive dans un monde assez cynique pour qu’on les “bashe” de cette façon.»
L’entrevue avec Guy Nantel a par ailleurs été ponctuée de plusieurs malaises, notamment quand Guy A. a cité l’humoriste qui avait déclaré à propos du Bye bye: «Je ne veux rien enlever à Véronique Cloutier, mais ce n’est pas une humoriste.» Nantel, qui semblait incommodé, a dû justifier cette phrase maladroite en rappelant qu’il avait beaucoup aimé les derniers Bye bye, mais qu’il serait capable d’en concevoir un lui aussi.
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