
Jacques Boulanger aux Enfants de la télé
Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse
C’est fou comme on manque souvent de considération pour les artistes de variétés dans le monde de la télé. Un jour, vous êtes une grande vedette adulée par le public. Et puis, les patrons changent, et on vous jette au panier comme un vieux torchon.
Prenez Jacques Boulanger. Il n’a pas remporté de prix Nobel de littérature, ni même révolutionné le monde de la télévision. Mais Boubou, c’est Boubou, qu’on aime ou pas le personnage. Tout le monde qui a mon âge s’en souvient, il a été longtemps le roi des variétés à Radio-Canada.
J’ai assisté le 16 octobre dernier à l’enregistrement de l’émission spéciale des Enfants de la télé soulignant le 75e anniversaire de Radio-Canada, qui sera diffusée demain (mercredi) à 20h. Vous dire mon excitation d’être là.
Parce que c’était Les enfants de la télé, une émission que j’adore, mais surtout parce que je revoyais Jacques Boulanger, qui accompagné nos midis durant si longtemps, mais aussi nos dimanches soir avec Superstar, un grand rendez-vous de variétés où l’émotion et les surprises étaient toujours au rendez-vous.
L’homme a grisonné bien sûr, mais vous verrez qu’il n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit. Capable de rire de lui-même, et c’est une grande qualité, vous le verrez se remémorer des souvenirs de l’époque avec Bernard Derome et Andrée Lachapelle.
Vous l’entendrez déplorer la façon dont on a souligné sa carrière dans la mauvaise série documentaire 75 ans toujours jeune présentée cet automne. «Pour parler de Boubou, ils ont montré un extrait de huit secondes, où on me voit échapper mes cartons, et le canard Boucane qui les ramasse. C’est ça, ma carrière?» a-t-il demandé.
À Radio-Canada, il y a toujours eu une sorte de mépris du secteur de l’information pour les variétés. Or, cette série a justement été conçue par le service de l’information, qui n’en avait rien à faire de Jacques Boulanger.
Je n’essaie pas de faire de Jacques Boulanger un grand homme de notre époque. Mais entre ça et résumer sa carrière en huit secondes comme on l’a fait, il devrait y avoir un juste milieu.
Lire les commentaires (20) | Commenter cet article




