Richard Therrien

Archive du 30 octobre 2011

Dimanche 30 octobre 2011 | Mise en ligne à 22h51 | Commenter Commentaires (40)

Louis-José Houde: une vraie machine à blagues

louisjoseadisq
Louis-José Houde et Fred St-Gelais au Gala de l’ADISQ
Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Louis-José Houde était littéralement en feu hier soir (dimanche). Sur la scène de ce 33e Gala de l’ADISQ, l’humoriste était chez lui. Là pour la sixième année consécutive, il pourrait paraître blasé, mais non, au contraire, il sait tirer profit de son expérience.

Et on l’a vu dès son monologue d’ouverture, absolument irréprochable. Après sa montée de lait de l’an dernier sur la revente des billets de spectacles, qui a mené à la création d’une nouvelle loi, l’animateur a eu l’idée de chialer contre d’autres sujets comme les rimes, les refrains et le trop grand nombre de façons d’écrire le prénom Carolanne. Drôle du premier et dernier mot.

Il allait continuer avec une hilarante imitation du chanteur intense «qui porte trop de foulards». «Je protège mes cordes vocales, je bois du thé, je prépare un album plus mature. Moi j’aime pas les galas!» Tout dans la gestuelle et dans la voix. Même réussite quand il se moquera plus tard des souliers des filles, qu’elles portent avec gloire et douleur, et relançant son célèbre «Champagne, showbiz!»

Disant croiser Philippe Fehmiu partout, Louis-José a salué l’élégance presque exagérée de l’animateur. «À côté de lui, tu te sens comme Chabot dans La guerre des tuques. Au show de Prince, il était mieux habillé que Prince!» Et il a gentiment taquiné Brigitte Boisjoli, bombe d’énergie. «On dirait une fille de 13 ans dans son cours de ballet jazz!»

Ce fut d’ailleurs dans l’ensemble un excellent gala. Difficile de ne pas partager l’enthousiasme de Marie-Mai, l’interprète féminine de l’année. Charmant de voir sa mère hocher de la tête en entendant sa fille se souvenir à voix haute de son enfance, de son déficit d’attention. Après tant d’années, Éric Lapointe jouit toujours de la faveur populaire et reste surpris. «Chu su’l cul», a-t-il dit d’entrée au jeu.

Personne ne reprochera à l’ADISQ d’avoir rendu hommage deux fois à Gilles Vigneault – l’artiste avait en effet reçu le Prix Témoignage lors du même gala en 1985. Pour ce qu’on a appelé un «coup de chapeau», une pléiade d’artistes, dont Charlebois, Forestier, Fred Pellerin et Catherine Major, ont uni leurs voix pour lui chanter Les gens de mon pays. Une chance qu’il y avait un télésouffleur, parce que certains d’entre eux, pourtant des pros, en oubliaient les paroles. Devant une audience captive, et à un débit «qui n’est pas celui de Louis-José», Vigneault a remercié son public d’avoir enduré «son timbre détimbré», et a salué Jean Bissonnette, qui l’a découvert à l’époque. Un hommage mérité bien sûr, ouvert par Fred Pellerin, la voix tordue par l’émotion. «Chante encore, j’te promets qu’on va répondre en chœur.»

Autre moment d’émotion quand Ginette Reno s’est mise à pleurer en saluant son chef d’orchestre durant 45 ans, Léon Bernier, mort tout récemment. Le pétard mouillé de la soirée: la présence de trois membres d’Arcade Fire, qui n’avaient rien préparé pour remercier. Quelques mots anodins en français, et puis, rien. On ne félicitera quand même pas Arcade Fire, un groupe d’ici en partie, de parler français…

Les Cowboys fringants, qui avaient demandé à leurs fans de ne pas voter pour eux, ont quand même gagné et n’ont pas fait de scandale. André Gagnon a joué pour son ami Claude Léveillé, décédé durant la dernière année, avec Isabelle Boulay dans un numéro émouvant.

Façon très simple mais efficace de présenter les artistes en nomination pour la découverte de l’année, que Louis-José a encouragés en nommant quelques stars qui n’avaient pas gagné dans cette catégorie: Jean Leloup, Isabelle Boulay et Daniel Bélanger.

Tout au long de la soirée, l’animateur nous a diverti avec des tweets drôles et originaux. Des exemples: «À la maison, j’ai la même robe que Marie-Mai», «Si on s’assoit sur Marc Hervieux, il émet un son», «Si vous êtes en nomination et vous êtes assis au milieu de la 22e rangée, c’est pas ce soir que ça se passe!» et «Le gala doit absolument se terminer avant 22h15, heure du dodo pour William Deslauriers.»

Non, vraiment, pas grand-chose à redire sur ce gala dont on n’attendait aucune surprise, et ceux qui souhaitaient des scandales n’en ont pas eu. En fin de gala, Vincent Vallières avait la chanson rêvée pour saluer sa moitié, On va s’aimer encore, «au travers des doutes, des travers de la route…»

Pour tous les résultats, lire mon collègue Olivier Parent dans Le Soleil et sur www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles.

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