Richard Therrien

Archive du 26 octobre 2011

Mercredi 26 octobre 2011 | Mise en ligne à 15h04 | Commenter Commentaires (18)

Le club des mal cités

clubex
Simon Durivage, Marie Grégoire, Jean-Pierre Charbonneau et Liza Frulla au Club des ex
Photo RDI

À l’occasion du Colloque sur la démocratie, les députés et les médias, qui se déroule à Québec jusqu’à demain (jeudi), Simon Durivage et son Club des ex se sont déplacés ce midi au restaurant Le Parlementaire à l’Assemblée nationale.

Un débat intéressant entre les trois Ex et plusieurs anciens et actuels députés, sur les relations qu’entretiennent les politiciens avec les médias. Trop peu de représentants de la presse, hélas.

À entendre le panel, c’est à croire que toute l’information politique qui arrive à nos oreilles est manipulée ou le fruit de relations incestueuses mais néanmoins obligatoires entre politiciens et journalistes. La députée de l’ADQ, Sylvie Roy, a même lancé que les députés n’avaient pas le choix de répondre aux questions, uniquement pour se faire voir. «On est dépendant de la presse. Quand on ne nous voit pas, les gens pensent qu’on ne fait rien.»

Pas beaucoup de bons mots pour les médias en général. Le député du PQ, François Gendron, dénonce la prédominance de l’opinion, pas seulement en information, mais partout sur le web. «Avec Twitter, c’est tellement rapide qu’il n’y a plus de réflexion. L’info spectacle prend beaucoup trop de place.» Liza Frulla est aussi de cet avis. «N’importe qui écrit n’importe quoi. Tu peux vraiment manipuler l’information de façon très négative.» Avocat spécialisé en droit du travail, Michel Héroux croit que les problèmes sont apparus quand l’émotion s’est immiscée en information, alors qu’avant, on s’en tenait aux faits.

L’ex-maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, déplore que le téléspectateur n’ait plus le temps de choisir, tant l’information va vite. «Les médias ont l’effet de normaliser les événements. Là on parle de la Lybie, on ne parle plus de la Syrie.» Même réflexion de Liza Frulla, à propos de la Commission d’enquête sur la construction, qui occupe beaucoup d’espace médiatique. «En attendant, à Ottawa, il y a bien des choses qui se passent, et on n’en parle pas», dit-elle.

Le député du PQ Bernard Drainville affirme qu’il est difficile d’obtenir l’attention de ses anciens collègues quand on est dans l’opposition. Dans ces conditions, l’ancien journaliste de Radio-Canada apprécie le «contact direct sans le filtre des journalistes» qu’il peut entretenir avec les réseaux sociaux. «Les journalistes ne s’intéressent pas aux députés, ils s’intéressent aux ministres et au premier ministre», reconnaît l’ex-chroniqueur parlementaire à la Presse canadienne, Norman Delisle.

Celui-ci affirme que politiciens et journalistes doivent conserver une certaine distance entre eux, sans pour autant s’empêcher de se voir en dehors du cadre professionnel. Et si le politicien se met à manipuler le journaliste? «C’est un jeu qui se joue à deux. Ils peuvent s’essayer, mais c’est à nous de prendre les mesures qu’il faut.» Bernard Drainville l’a réalisé en passant de l’autre côté de la clôture: «Quand tu parles à un journaliste, tu parles à un journaliste. Pas à un ami, pas à un ancien collègue.»

Alors que La Presse a fait sa une d’aujourd’hui avec Pauline Marois qui est au plus bas dans les sondages, manchette que Simon Durivage a qualifiée de «cruelle», la députée du PQ, Marie Malavoy, a confié que ses collègues et elle ne pouvaient pas s’en sauver. «Vous n’avez pas idée de la pression qu’il y a sur nos épaules. (…) On est sollicités tout le temps, tout le temps. Comme m’a déjà dit Bernard Drainville, les journalistes ne sont jamais à off

Liza Frulla déplore quant à elle la confusion des genres, et le fait qu’on malmène nos politiciens dans les émissions de variétés, en oubliant le respect. Elle faisait sans doute référence à la partie de bras de fer entre Patrick Lagacé et le ministre Pierre Moreau, dimanche dernier à Tout le monde en parle. Norman Delisle se dit convaincu du pouvoir de l’émission de Guy A. Lepage sur la population. «[En y allant], Layton a gagné l’appui de 20 à 25% des Québécois, ce qui a expliqué sa performance à l’élection.»

Ancien ministre du PQ et maintenant au Club des ex, Jean-Pierre Charbonneau affirme qu’il ne vaut pratiquement pas la peine de nuancer ses propos en entrevue. «Tu as beau faire des nuances, ce n’est pas repris. Le résultat sans nuances, c’est l’impact médiatique.» Jean-Paul L’Allier, lui, a confié ne s’être jamais plaint d’avoir été mal cité. «Mais je l’ai été souvent!» a-t-il ajouté.

Le député de l’ADQ, Janvier Grondin, a eu un des rares bons mots à l’endroit des médias. «Si les journalistes n’avaient pas été là, la commission d’enquête, on ne l’aurait jamais eue. On aurait dû donner des budgets de recherche aux journalistes pour qu’ils fassent eux-mêmes l’enquête publique!» a-t-il blagué.

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