Richard Therrien

Archive du 23 octobre 2011

Dimanche 23 octobre 2011 | Mise en ligne à 23h32 | Commenter Commentaires (68)

Mauvais quart d’heure pour le ministre Moreau

pmoreau
Le ministre des Transports, Pierre Moreau
Photo Radio-Canada

La télé française nous a habitué à ce que les politiciens soient confrontés durement. Pas seulement dans les émissions d’information, mais aussi dans les talk-shows de variétés. Ici, c’est beaucoup plus rare. Venu défendre la décision du gouvernement de tenir une commission d’enquête devant Guy A. Lepage, le ministre des Transports du Québec, Pierre Moreau, a passé un bien mauvais quart d’heure, dans un type de confrontation qu’on ne voit pas assez souvent à notre télévision.

Décidément, on ne s’ennuie pas devant Tout le monde en parle ces semaines-ci. Après une émission fort réussie dimanche dernier, celle d’hier a donné lieu à de très bons moments de télé comme on les aime. Visiblement fort mécontent, Patrick Lagacé a talonné le ministre Moreau durant toute son entrevue et l’a accusé de «dire des niaiseries». Selon lui, la Commission Charbonneau «ne va jamais inculper quelqu’un qui est proche du pouvoir». Pour son ardeur au combat, que certains auront sans doute perçu comme un manque de respect, il mérite notre étoile du match.

Dans cette entrevue enregistrée avant la volte-face de Jean Charest vendredi, mon collègue Lagacé a comparé les pouvoirs de la commission à ceux des journalistes qui ont enquêté sur la collusion depuis quelques années, et qui sont l’objet de multiples poursuites aujourd’hui. «Qui va aller dénoncer ces personnages et s’exposer à des poursuites?» a-t-il demandé.

Le ministre Moreau, qui n’avait personne de son bord hier, a plaidé que la juge Charbonneau jouit d’une crédibilité sans faille et qu’elle n’aurait pas accepté de présider cette commission si elle n’avait pas été convaincue de son bien-fondé.

Dans un geste symbolique, Dany Turcotte a remis une carte sans texte au ministre, ajoutant: «Je suis sans mot devant le gouvernement Charest.»

Patrick Lagacé était là tout d’abord pour souligner la 350e émission des Francs-tireurs, aux côtés de son collègue Richard Martineau. Les deux ont expliqué pourquoi ils ne s’entendent pas sur la démarche de l’auteure des Soldats d’Allah, Djemila Benhabib, qui a pourfendu la chronique de Patrick Lagacé à l’émission de dimanche dernier. «Je n’ai pas entendu de sa bouche d’arguments qui puisse me faire changer d’idée», a-t-il rétorqué. Quant à Martineau, il dit entretenir beaucoup d’admiration à l’endroit de l’auteure. Le chroniqueur du Journal de Montréal a déjà senti sa sécurité menacée par des islamistes radicaux et dénonce qu’ils s’en prennent aux femmes et aux homosexuels.

Amis à l’écran, Lagacé et Martineau ne font pas moins partie de deux empires médiatiques ennemis, ce qui leur a valu le titre de «Michèle Richard et Serge Laprade» de la télévision par Dany Turcotte. Une guerre dont ils ne parlent jamais dans l’intimité afin de préserver leur bonne collaboration. J’aurais quand même aimé que Guy A. les confronte à ce sujet.

Lagacé s’est indigné que l’hebdomadaire Voir n’ait pas invité Martineau à son 25e anniversaire, lui qui y a oeuvré 20 ans. D’autres comme Jean Barbe, Georges Privet, Juliette Ruer et Éric Fourlanty ont aussi été ignorés.

Finalement, le duo s’entend plutôt bien sur bien des sujets: les deux sont favorables au financement public du nouvel amphithéâtre et aux écoles privées subventionnées, mais contre l’abolition des cégeps.

Beaucoup aimé l’entrevue avec la dramaturge Denise Boucher, qui vient de publier un roman, Au beau milieu, la fin, sur le thème de la vieillesse. «Quand on vieillit, on devient des détecteurs de mensonges: il n’y a plus grand monde qui peut te raconter des histoires», a-t-elle dit à Guy A.

Elle affirme avoir «gagné» son homme au poker, en déposant un revolver argenté sur la table de jeu. «Tout le monde a freaké. Le seul qui a trouvé ça drôle, c’est lui.»

Denise Boucher ne comprend pas que Lorraine Pintal ne veuille pas reprendre sa pièce, Les fées ont soif, qui a fait scandale en 1978. Reprise à l’étranger, elle est rejouée ici mais seulement en anglais.

J’ignorais totalement que Denise Boucher avait écrit les succès Chant de la douleur, Angela et Un beau grand bateau pour Gerry Boulet. «On a peu de rencontres comme ça dans la vie», a-t-elle confié. En compagnie du peintre Mousseau, elle a aussi rencontré Henry Miller, avec qui elle a préparé de la vinaigrette et joué au ping pong.

Autre entrevue très intéressante que celle de Chris Nilan, l’ex-bagarreur du Canadien. Nilan a parlé au téléphone longuement avec Don Cherry, qui l’a traité de vomissure, de vire-capot et d’hypocrite comme d’autres anciens bagarreurs, et qui a dû faire des excuses publiques par la suite. «Je suis pour le pardon», a affirmé l’ancien joueur.

Il dit cependant n’avoir jamais attribué ses problèmes d’alcool et de drogue à son rôle de bagarreur ou à son enfance malheureuse. «J’en ai pris l’entière responsabilité.» Il est sobre depuis plus de deux ans.

Nilan, qui grandi dans un quartier violent de Boston, et qui a subi une trentaine d’opérations durant sa carrière, affirme qu’il n’aimerait pas voir les bagarres disparaître au hockey. «Je pense qu’elles ont leur place.» Selon lui, elles font partie du style de jeu propre à l’Amérique du Nord.

Tout un phénomène que la culturiste Fabiola Boulanger. «Visuellement, c’est un choc!» a dit Dany Turcotte pour l’accueillir.

Pour arriver à cette taille impressionnante, Mme Canada 2011 mange huit repas et ingurgite une trentaine de blancs d’oeuf chaque jour, et prend suppléments, créatine et vitamines.

Elle a avoué avoir déjà pris des stéroïdes, qui lui ont occasionné de bien désagréables effets secondaires. «J’ai pris 17 livres en deux jours», se souvient-elle.

Toujours souriante, cette mère d’un fils de sept ans se défend d’avoir l’air d’un homme, et se dit capable d’assumer le regard des autres. Pour trouver l’amour, c’est plus compliqué, et les demandes d’excentriques affluent.

«J’ai déjà reçu une demande d’un couple qui voulait que je partage leur nuit de noces», a-t-elle raconté. Elle l’a refusée.

«Pourquoi être aussi orange?», a demandé Richard Martineau. Réponse: les culturistes s’appliquent une huile à bronzage afin de s’assurer qu’on distingue bien leur musculature sur scène.

Vincent Vallières ne croyait tellement pas au potentiel de son succès On va s’aimer encore, qu’il avait même demandé qu’on ne l’ajoute pas à son album. Depuis, la chanson est devenue très demandée dans les mariages. Vêtu de mauve, Dany Turcotte a voulu rendre hommage au jeune homosexuel de 15 ans, Jamie Hubley, qui s’est suicidé à Ottawa la semaine dernière. «Je sais qu’il y en a qui trouvent que je parle trop souvent de mon homosexualité, mais je vais continuer parce qu’il y a encore du travail à faire.» Chris Nilan, qui avait écrit dans sa main «No more bullies», a voulu partager cet hommage en toute fin d’émission.

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