Richard Therrien

Archive du 16 octobre 2011

Dimanche 16 octobre 2011 | Mise en ligne à 23h23 | Commenter Commentaires (101)

À qui décerner l’étoile du match?

arsenault
Marie-Louise Arsenault
Photo Radio-Canada

Émission captivante de Tout le monde en parle hier soir, la meilleure depuis le retour en septembre. Tellement que je suis bien embêté de choisir à qui décerner l’étoile du match…

Je pourrais en effet la décerner à Michel Dumont. Quel homme intéressant et chaleureux, mais solidement maladroit. Il a raconté comment, sur scène à Québec aux côtés d’Andrée Lachapelle, il s’est rentré une béquille brisée dans la main en plus de se frapper la tête et de saigner abondamment. «Un épisode de Symphorien», a lancé Dany Turcotte.

Celui qui a incarné le rôle-titre de Monsieur le ministre durant quatre ans à Radio-Canada n’aurait jamais voulu devenir politicien. Il s’inquiète du mépris général de la société pour la classe politique.

Émouvant de le revoir en Fantoche dans Picotine. Il a raconté que le duo de l’émission pour enfants a rendu visite à un garçon malade qui leur a donné tous ses jouets, avant de mourir le lendemain.

Infertile, Michel Dumont n’a pas eu d’enfants, mais considère ses chattes comme les siens. «L’homme stérile le plus productif du Québec!» disait la carte du fou du roi.

J’aurais pu aussi donner l’étoile à Djemila Benhabib, auteure du livre Les soldats d’Allah, qui blâme la gauche québécoise de banaliser le port du voile, «vêtement imposé aux femmes» par le monde musulman. Elle s’inquiète énormément d’assister à l’islamisation du Québec.

Elle fait une distinction entre l’Islam de sa grand-mère, qui prône la paix et la tolérance, et l’Islam politique, «qui veut imposer une idéologie de la mort basée sur la mort, la discrimination et sur la barbarie».

À mon collègue Patrick Lagacé de La Presse, qui n’a pas été tendre à son endroit, elle reproche ne pas avoir fait ses devoirs. «On s’attend d’un chroniqueur qu’il ait un minimum de connaissances et de probité», a-t-elle dit.

Elle considère que la condamnation de Salman Rushdie en 1989 a fait peur aux progressistes arabes, qu’on voit peu se prononcer. «Je sais ce que je risque mais ce n’est pas pour autant que je me tairai.»

Benhabib, qui a choisi de vivre au Québec pour sa sérénité, se dit sidérée de voir son pays d’adoption ne pas prendre au sérieux les crimes d’honneur qui se déroulent ici même. «N’attendons pas qu’il y en ait plus, réagissons!» a-t-elle clamé.

Pour un anglophone qu’on croyait peu bavard, Anthony Calvillo avait beaucoup de jasette. Le quart-arrière des Alouettes de Montréal, à qui on a offert une bière, est devenu le passeur le plus prolifique de l’histoire du football professionnel.

Il a été soufflé de voir les médias américains souligner son exploit. Sa grosse bague a beaucoup impressionné Dany Turcotte.

Calvillo n’a mis qu’une heure à encaisser la nouvelle de ses cellules cancéreuses à la glande thyroïde, aussitôt traitées à l’iode radioactif. Il a accepté tous les traitements, pour ne pas imposer sa maladie à son épouse, qui a elle aussi eu un cancer, plus grave, en 2007.

Initiative honorable que celle de la productrice de cinéma Denise Robert de rénover la salle d’attente du CHU de Sainte-Justine. C’est après avoir passé une nuit à l’urgence avec sa fille, à observer les murs déprimants de l’institution, qu’elle a eu l’idée de demander de l’aide financière au Cirque du Soleil afin d’embellir cet espace qui accueille des enfants malades. «Le mal est déjà un traumatisme», croit-elle.

C’est parce qu’ils venaient de perdre un précieux diamant sous le banc d’en avant que Denise Robert et Denys Arcand ont paru déstabilisés en allant chercher leur Oscar pour Les invasions barbares en 2004. «It’s over!» avait lancé Arcand, excessivement nerveux, avant que sa femme le pousse vers le micro. Et non, il n’y a pas eu de scène de ménage dans la chambre à coucher après. J’ai d’ailleurs remarqué que Mme Robert semblait beaucoup plus sereine et calme qu’à l’habitude, pas vous?

Guy A. dit avoir mal dormi après avoir vu le documentaire Survivre au progrès, «film troublant pour l’avenir de notre planète». Persuadé que l’appât du progrès va nous perdre, le coréalisateur Mathieu Roy tenait hier soir un discours diamétralement opposé à celui de la droite, qu’on entend beaucoup ces temps-ci.

Selon lui, notre monde aurait développé une forte dépendance au progrès. «Les gens sont tannés de se faire exploiter par un petit groupe de banquiers qui font de la spéculation», croit-il.

Il dénonce notamment les prêts accordés à des pays du Tiers-Monde, qui se sont retrouvés entre les mains de dictateurs comme Mobutu au Congo au lieu de servir à reconstruire le pays. «Les Congolais ne reçoivent absolument rien de cette aide-là.»

Il se méfie aussi beaucoup du Plan Nord, qui «va ouvrir les portes à des multinationales étrangères» qui paieront trop peu de redevances, et qui nous coûteront plus cher que ce qu’elles nous rapporteront.

André-Philippe Gagnon est génial lorsqu’il imite Jean-François Mercier. Venu ploguer son spectacle et flanqué de son auteur et ami de toujours, Stéphane Laporte, l’humoriste a offert plusieurs bonnes imitations, dont celles de Jean-Marc Parent et Lise Dion. Il faudra cependant qu’il peaufine son Régis Labeaume, moins réussi.

Mais bon, puisqu’il faut faire un choix, j’ai décidé de décerner l’étoile du match à Marie-Louise Arsenault. Très réjouissant de revoir l’animatrice du nouveau talk-show Plus on est de fous, plus on lit à la Première chaîne de Radio-Canada, et qu’on a trop peu vue et entendue dans les dernières années, même si elle n’a jamais complètement arrêté.

On lui a remontré un extrait de son reportage où elle se faisait apostropher par Denise Bombardier à Flash. Ce qu’on aurait aimé revoir, c’est lorsqu’elle a fait irruption en direct sur le plateau de Plus ça change, plus c’est pareil avec Louise Deschêtelets, avec le livre de Mme B rempli de post it, pour prouver qu’elle l’avait bien lu, contrairement à ce qu’affirmait l’auteure. Fallait du toupet.

Tel Claude Rajotte il y a quelques semaines, Marie-Louise Arsenault ne s’est pas empêchée de dire ce qu’elle aimait, mais aussi ce qu’elle n’aimait pas dans la littérature actuelle. Elle trouve Michel Houellebecq «profondément déprimant et misogyne», et avoue avoir dévoré Brangelina de Ian Halperin comme un plaisir coupable, qu’elle qualifie néanmoins de «cochonnerie».

Écartée de l’émission Tout le monde tout nu! à Radio-Canada il y a quelques années, Marie-Louise Arsenault avoue avoir pardonné à ceux qui ont choisi de créer le projet sans elle, alors qu’elle en était co-conceptrice. Animée par Chantal Lamarre, l’émission a finalement été un échec cuisant.

Non vraiment, un Tout le monde en parle comme celui d’hier soir, on en prendrait chaque dimanche!

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