Richard Therrien

Archive du 13 mars 2011

Dimanche 13 mars 2011 | Mise en ligne à 22h37 | Commenter Commentaires (38)

Rire, émotion et glamour: les Jutra revivent!

jutratv
Yves Pelletier et Sylvie Moreau à La soirée des Jutra
Photo François Roy, La Presse

On avait fini par croire que la soirée des Jutra était irrécupérable, avec les ratés des dernières années. Hier soir, Sylvie Moreau et Yves Pelletier ont prouvé le contraire, offrant un gala fort divertissant, drôle, et par moments tellement émouvant, rendant palpitante cette remise de prix pourtant prévisible.

L’idée de jumeler ces deux lurons à l’animation a opéré à merveille. L’un et l’autre se renvoyaient la balle avec brio, montrant une complicité palpable. Dès les premières secondes, on a senti cette magie si absente dans les précédents galas.

Montés par Les Satiriques, les extraits montrant les deux animateurs au milieu de scènes des films de cette année étaient visuellement irréprochables même s’ils défilaient un peu vite. Yves Pelletier y a notamment emprunté le rôle du meurtrier dans Les sept jours du talion avec Sylvie Moreau le torturant joyeusement.

Il fallait quand même un peu d’ouverture pour adhérer à la folie absurde des animateurs. Dans un premier numéro particulièrement comique, les animateurs ont dénombré pas moins de 24 hommes nus dans les films québécois de cette année, de même que quatre lapins. Portant un audacieux décolleté, Sylvie Moreau a suggéré un calendrier reprenant ces hommes dévêtus. Idée géniale, qui a peu servi, d’emprunter de vraies scènes de cinéma pour faire sortir les gagnants trop volubiles, et lançant des répliques assassines du genre «J’en ai assez entendu!»

Certains flashs étaient rigolos, comme ce numéro d’agents de bord mimant les directives aux passagers pour le Jutra remis à Piché, entre ciel et terre. À voir ainsi Yves Pelletier gesticuler, on aurait cru une version aérienne de l’abbé Leboeuf, le mime pour les sourds de RBO. Très drôles ces idées de «merchandising» pour promouvoir les films, notamment une irrésistible poupée à l’effigie de Guylaine Tremblay dans Trois temps après la mort d’Anna, «avec son kit d’hiver pareil comme dans le film».

Il faut souligner le travail visuel soigné et souvent spectaculaire, avec des images fusant de partout sur la scène. On voulait nous faire voir notre cinéma, on l’a vu. Même charme pour les yeux durant la puissante performance de Malajube et Pierre Lapointe réunis pour Montréal -40°C.

Autre drôle de flash de juxtaposer la chanson Le temps est bon des Amours imaginaires sur une scène de torture des Sept jours du talion dans un mix Podz-Xavier Dolan, aux styles totalement opposés.

Les moments d’émotion n’ont pas manqué hier, et il y avait longtemps qu’un hommage de gala ne m’avait autant ému. Celui que Robin Aubert a préparé pour Jean Lapointe était juste, touchant et témoin d’une carrière cinématographique si riche. Une multitude de collègues ont vanté sa capacité d’habiter ses personnages pendant qu’on le voyait dans ses plus grands rôles, depuis Les ordres jusque dans À l’origine d’un cri.

Ovation méritée pour cet acteur qui ne joue pas, mais qui «est», comme l’a mentionné Benoit Brière. Très intense aussi que ce court hommage de Louise Portal à sa soeur Pauline Lapointe, décédée dans la dernière année.

Quelques malaises ont néanmoins ponctué la soirée. Étrange duo que celui de l’acteur de 19-2 Benz Antoine et Dorothée Berryman, venus remettre un prix. «Je savais que j’allais pas parler beaucoup!», a lancé Antoine, relégué au second rang. Les défilés de mode où les animateurs arboraient des tenues rappelant les films en nomination tombaient à plat, tout comme les plogues du commanditaire de pop corn. Encore un peu trop survolté, Guillaume Lemay-Thivierge était venu pour remettre un trophée, mais a plutôt remercié pour son prix Aurore décerné dans Infoman cette semaine. Mélange d’humour et d’amertume.

Pendant que sur Twitter, on se demandait où était passé Xavier Dolan, et qu’on commentait la présence de Marie-Chantal Perron aux côtés de Claude Legault, le grand roi de la soirée, Denis Villeneuve, n’était peut-être pas flamboyant dans ses remerciements, mais sobre, retenu, et surtout pas prétentieux. «Si c’est moi qui avais décidé, je le donnerais à Robin Aubert», a-t-il modestement envoyé en recevant son trophée du meilleur réalisateur.

Bref, si les Jutra ressemblent à ça, on va se mettre à avoir hâte au prochain gala!

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