
Dany Dubé
Photo Radio-Canada
«Je savais pus quoi faire le dimanche, j’tais su’l bord de regarder Montréal-Québec!»
Visiblement, Dany Turcotte s’était ennuyé autant que nous de Tout le monde en parle, dont c’était le grand retour hier soir.
Une émission qui a navigué du rire aux drames, traitant de sujets aussi lourds que le suicide, la pauvreté et les sinistrés haïtiens. Chose certaine, le rendez-vous de Guy A. Lepage a fait oeuvre utile à plus d’un titre.
Dany Dubé n’a pas eu besoin de marcher sur les eaux pour être surnommé Jésus par son admirateur numéro 1, Claude Legault. L’analyste sportif de Radio-Canada et de CKAC Sports mérite notre étoile du match pour l’intelligence et la pertinence de ses propos.
L’occasion était belle pour souligner l’excellent travail de Dubé, qui n’a pas du tout l’ambition de remplacer Benoît Brunet à RDS. «Faire les matchs à la télé, pour moi, ce n’est pas une finalité en soi», a déclaré celui qui dit travailler pour les «non-voyants» quand il parle à la radio.
Dès le jeudi 10 février à 22h45, il sera collaborateur à l’émission Droit au but, animée par Sébastien Benoit. Aussi coach de vie, Dubé a publié un recueil de pensées. «C’est le seul analyste de sport qui ne ment pas quand il dit: “dans mon livre à moi”», a blagué Guy A.
Menotté par Claude Legault et Réal Bossé dès leur entrée sur le plateau, Guy A. a abordé de front la fameuse chicane survenue entre ces deux vieux amis durant l’élaboration de 19-2, excellente série policière qui prendra l’antenne de Radio-Canada mercredi à 21h.
«On en a eu une bonne!», a admis Réal Bossé en parlant de la chicane qui a poussé Claude Legault à quitter momentanément l’équipe de la série. Les deux «flics» se sont finalement réconciliés, heureusement.
Pour incarner les deux héros de 19-2, Bossé et Legault ont pris une brosse avec de vrais policiers, et subi des simulations d’arrestations. Il a été surpris de voir à quel point les policiers sont détestés en comparaison avec les pompiers notamment. «C’est pire que je pensais. C’est une job qu’on va découvrir parce qu’on ne la connaît pas», a dit Claude Legault.
Celui-ci a avoué ne pas du tout avoir aimé son expérience à sa dernière visite sur le plateau de Tout le monde en parle, alors que Messmer l’avait hypnotisé. Bossé encore moins, lui qui voyait son vieil ami perdre connaissance devant deux millions de personnes!
La présence d’Isabel Ladouceur et de Sylvain Miron, venus souligner la Semaine de prévention du suicide, a donné lieu au moment le plus émouvant de la soirée. En 2008, leur fille Andréanne s’est enlevé la vie alors qu’elle n’avait que 12 ans, un drame encore incompréhensible aujourd’hui. Son frère l’a trouvée sans vie dans sa chambre.
Peu avant sa mort, elle avait orchestré un faux enlèvement, une fugue déguisée qu’elle n’a jamais pu expliquer. Malgré le terrible drame qu’il a connu, le couple a survécu contrairement à huit couples sur 10, qui se séparent après le suicide de leur enfant.
La discussion a provoqué quelques aveux sur le plateau, notamment de Lise Dion, qui a tenté de se suicider alors qu’elle avait 18 ans. Claude Legault a aussi voulu se jeter d’un pont à l’adolescence. «J’en n’avais pas d’option, c’était la seule que j’avais. Tout ce que tu veux, c’est d’arrêter de souffrir», a-t-il raconté. À la dernière minute, il a quitté les lieux pour aller s’acheter un livre de Tintin. Guy A. Lepage a aussi raconté que son frère s’est suicidé alors que sa conjointe était enceinte.
Venue avec Dominique Anglade pour promouvoir l’organisme KANPE, chargé de soutenir les familles les plus vulnérables en Haïti, Régine Chassagne, membre du groupe Arcade Fire, semblait tout à fait à côté de ses pompes hier. Mal à l’aise en écoutant les chansons de son groupe, elle a eu cette étonnante réponse quand Guy A. lui a demandé comment elle réagissait à la nomination d’Arcade Fire aux Grammys: «Ça me passe un petit peu par-dessus la tête…» Elle a tout de même qualifié cet honneur de «miracle».
Plébiscité par les plus grands magazines de rock dès son apparition, Arcade Fire a refusé d’accompagner U2, un privilège que bien d’autres n’auraient jamais laissé passer. «On avait nos choses à faire. C’était pas le bon temps», a expliqué Régine Chassagne, qui ajoute que le groupe a aussi refusé de prêter ses chansons à des publicités.
Venue promouvoir son livre sur l’histoire de sa mère «qui a eu une vie de merde», Lise Dion a parlé d’une femme originale, qui lui a caché toute sa vie avoir été religieuse dans ses jeunes années. «Elle a fumé un joint à 79 ans dans le quartier gai. Elle n’avait aucun tabou», a-t-elle raconté.
Dans le coffre qu’elle lui a laissé à sa mort, elle en a appris beaucoup sur ses années dans un camp de concentration, chargée de manipuler des munitions.
Comparé tour à tour à James Brown, Joe Dassin, Elvis, Paolo Noël, les Blues Brothers, Bob Hope, Michel Louvain, et même Bob l’éponge et Tom Cruise, Damien Robitaille a conclu de façon rafraîchissante cette soirée de télé. Drôle et affichant une sorte de naïveté, le chanteur a raconté que trois soeurs lui lancent leurs soutiens-gorges durant ses spectacles. Sa mère, qui est pasteur, l’a suivi en tournée.
Robitaille, qu’on a vu interpréter la chanson-thème de la revue Infoman 2010 le 31 décembre, a dit être resté coincé en Haïti lors de son passage là-bas. Il y a néanmoins vécu le plus beau voyage de sa vie. Ontarien d’origine, de père francophone et de mère anglophone, Robitaille a déménagé au Québec pour améliorer son français, qu’il avait perdu à l’adolescence.
L’un des mineurs chiliens annoncés pour hier soir, Luis Urzua, n’a pas pu se présenter en raison d’un problème de visa. Son absence a suscité ce pertinent commentaire de Yan Thériault (crapules) sur Twitter: «Un des mineurs chilliens, un héros, ne peut pas entrer au Canada… mais la famille d’un dictateur y est toujours.»