
Véronique Cloutier et Patrick Huard
Photo François Roy, La Presse
On l’a assez dit: l’ancien système de votation était déficient. Le 25e Gala Artis, hier soir, a donné un portrait beaucoup plus juste des choix du public, et surtout, fourni son lot de surprises à un gala anniversaire hélas bien fade autrement. Qui aurait cru que Véronique Cloutier et Patrick Huard, élus le soir même par le public, seraient réunis pour recevoir les trophées Artis de la personnalité féminine et masculine?
Véro n’était pas montée sur la scène du gala depuis sept ans. «Il s’est tellement passé de choses depuis», a-t-elle dit d’emblée. Regardant son conjoint Louis Morissette, très ému dans la salle, elle a ajouté: «On forme ensemble le “team” dont j’ai toujours rêvé. On s’est sentis très seuls dans notre bateau et je te remercie d’être encore là avec moi!»
Évoquant la guerre des cotes d’écoute et des diffuseurs, Véro semblait complètement soufflée par l’honneur que lui faisait le public. Huard, qui n’avait pourtant pas gagné dans la catégorie des émissions d’humour pour Taxi 0-22, a pleuré en remerciant sa mère.
Dans ce gala beaucoup plus équitable que lorsque le vote avait lieu chez Tim Hortons, sept trophées sont donc allés à des artistes de TVA, cinq à Radio-Canada, un à Télé-Québec, un à LCN, et même un à VOX.
De retour à l’animation, Les Grandes Gueules ont passé avec difficulté le test du deuxième gala. Manque d’humour, de mordant et d’émotion dans cette soirée ponctuée par de nombreux problèmes de son et qui manquait sérieusement d’inventivité. On veut bien que José Gaudet et Mario Tessier préfèrent les gentillesses aux «bitcheries», encore faut-il qu’on offre en échange un peu de drôlerie et des idées audacieuses.
La soirée avait plutôt bien commencé, avec une course dans le passé à la rencontre des personnages marquants des 25 dernières années à la télé, du Capitaine Cosmos à Ti-Coune et au Père Fouras. On avait fait un réel effort cette année pour dynamiser les remises de prix, pas toujours de façon heureuse, et au profit du glamour, hélas. La chanteuse Manon Bédard a même yodlé les nommés dans la catégorie magazine, éliminant un à un les perdants, qu’on voyait en gros plan apprendre leur défaite! «C’est chien ce que vous avez fait!», a lancé le récipiendaire, Gino Chouinard, qui a remercié son animateur de pastorale du secondaire.
L’idée de réunir la remise des prix de l’acteur et de l’actrice de télésérie en tout début de gala enlevait tout le solennel de cette importante catégorie. Le couple de Lance et compte, Marina Orsini et Marc Messier, a coiffé celui d’Aveux, Danielle Proulx et Guy Nadon. On aurait dû aussi laisser tomber le violon endiablé durant la présentation des nommés. Encore là, on tuait tout suspense.
Tout aussi étrange, l’idée de réunir les catégories jeunesse et humour. Guy Jodoin et Louis-José Houde ont sauvé la mise par les remerciements les plus amusants de la soirée. «On gagne aux 15 ans, faut ben parler un petit peu!», a blagué Jodoin.
La présence de Denis Bouchard dans Toute la vérité cet hiver n’a certainement pas nui à sa victoire dans la catégorie des téléromans pour Annie et ses hommes, fini depuis un an. Guylaine Tremblay, elle, a dû céder sa place à Anne Dorval, qui en était à son deuxième trophée en un mois après celui des Jutra. «J’vais pas encore faire une folle de moi!», a confié l’actrice des Parent, extrêmement émue.
Beaucoup de souvenirs dans la catégorie quiz, alors qu’on a vu les nommés dans des images d’archives de Galaxie, Charivari, La poule aux oeufs d’or et Action réaction. Récompensé dans cette catégorie comme à l’époque pré-Tim Hortons, Patrice L’Écuyer ajoute un 19e trophée à sa collection.
On aura bien sûr compris que Marie-Claude Savard a remporté son trophée pour sa participation à Salut, bonjour!, et non pour l’émission BoxeRock à VOX, pour laquelle elle était en nomination. Un baume quand même pour la chroniqueuse, qui a vécu une année extrêmement difficile, et qui pleurait à chaudes larmes hier. Il fallait voir l’expression de Michel Villeneuve quand le nom de la gagnante a été prononcé, et qui sous-entendait un «Voyons donc!»
En recevant son trophée du talk-show, Guy A. Lepage a salué ses compétiteurs, France Beaudoin et Michel Jasmin, qui vient de clore 10 ans de sa série matinale. «Méchant retour!», a lancé Jean-Luc Mongrain en allant chercher son 18e trophée en carrière, coiffant son collègue de LCN, Denis Lévesque. Robert Charlebois a annoncé en chanson qu’Éric Salvail remportait le trophée des variétés, rassuré de savoir qu’il plaisait autant à ceux qui remplissaient des coupons qu’à des répondants de sondages. Passage éclair de Mario Dumont: «Ben là, ça a l’air qu’y est arrivé la même chose à ma présentation qu’à mon émission: elle a été coupée de moitié!»
Certains numéros étaient carrément ratés, comme le faux numéro de fermeture, beaucoup trop long. Le segment des grands personnages de séries et de téléromans n’allait nulle part. C’est bien de nommer des personnages, mais encore faut-il avoir des choses intéressantes à relever sur chacun d’eux. La présentation «Facebouk» des lecteurs de nouvelles a donné lieu à de sérieux malaises, avec les coiffures ridicules de Sophie Thibault. Le sketch sur les émissions d’entrevues flyées ne volait pas haut, avec France Beaudoin recevant ses invités la tête en bas, Guy A. les interviewant par texto, et Michel Jasmin, en faisant une brassée de lavage. Le flash était bon, le résultat, dilué. Belle idée par contre de demander à d’anciens visages de la télévision, Michelle Tisseyre, Janette Bertrand, Rita Lafontaine et Gilles Latulippe, de dévoiler les noms des deux derniers gagnants de la soirée.
Quebecor avait expédié une mise en demeure aux lock-outés du Journal de Montréal pour les empêcher de manifester en marge du gala hier soir. Il était pourtant impossible de les rater au passage des limousines près du tapis rouge dans l’émission spéciale coanimée par Herby Moreau et Pénélope McQuade.