Richard Therrien

Archive du 12 janvier 2009

Lundi 12 janvier 2009 | Mise en ligne à 17h14 | Commenter Aucun commentaire

À quoi sert Radio-Canada, déjà?

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La série Dallas, la «belle époque» de Radio-Canada?
Photo IMDB

Dans la tourmente grotesque entourant le Bye Bye, un chroniqueur d’un grand quotidien suggérait la semaine dernière que Radio-Canada ne jouait plus son rôle de télévision publique et qu’elle ressemblait de plus en plus aux privées.

Non seulement je ne comprends aucune logique dans ce raisonnement, mais je vois totalement l’inverse. Les nostalgiques de la «grande époque culturelle» de Radio-Canada, qui ont une mémoire sélective, ne retiennent que Les beaux dimanches, L’heure du concert et les grands téléthéâtres, et oublient comme par enchantement Les Coqueluches, Allô Boubou, Louvain à la carte, Les démons du midi et Le travail à la chaîne. En réalité, Radio-Canada n’a jamais présenté aussi peu de «quétaineries» qu’à l’heure actuelle. Il suffit de voir un seul épisode d’Ici Louis-José Houde pour le constater.

Autre point majeur: il n’y a pas 20 ans, la grille-horaire de Radio-Canada foisonnait de séries américaines doublées. Pas en été ou la fin de semaine, mais bien en semaine le soir, en pleine heure de grande écoute. Dallas, L’incroyable Hulk, La femme bionique, Dr Welby, et la liste est longue.

C’est dire que la société d’État a rarement diffusé aussi peu de séries américaines qu’actuellement. Et quand elle en diffuse, c’est hors saison, ou la fin de semaine, et ce sont parmi les meilleures du moment: Dre Grey, leçons d’anatomie, Beautés désespérées, Perdus, Les Tudors, Chère Betty. On est loin de Dallas.

D’autre part, on a rarement vu autant de séries audacieuses dans la programmation de Radio-Canada, alors que la télévision généraliste vit pourtant une crise et qu’il n’y a jamais eu autant de chaînes spécialisées. À côté de l’ignoble Grosse vie, il n’y a que ce réseau qui a l’audace de diffuser des oeuvres comme Tout sur moi, Les Parent, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, C.A., Les étoiles filantes, Les invincibles. Hautement subventionnée et jouissant de crédits d’impôt — ne l’oublions pas —, TVA ne présenterait jamais ça.

Dernier point: les puristes voudraient évacuer toute émission de variétés de Radio-Canada. Comme si les variétés représentaient de la sous-télévision. Attention: dans télévision publique, il y a le mot «publique». Et le public n’est pas composé que de madames d’Outremont qui lèvent le nez sur les variétés et l’humour. Radio-Canada doit présenter de tout, y compris des variétés et de l’humour. Et avec toutes les émissions d’affaires publiques qu’elle présente actuellement — personne n’en fait autant nulle part —, on peut dire qu’elle joue son rôle mieux que jamais.

J’ai critiqué sévèrement Radio-Canada à de nombreuses reprises durant la dernière année — surtout son service de l’information —, et je continuerai à le faire, parce que certaines décisions de ce réseau m’horripilent au plus haut point. Mais ne mélangeons rien, ne soyons pas aveuglés par la dérive d’un Bye Bye ou par des guerres d’empire: Radio-Canada joue son rôle de service public mieux que bien des télés d’État dans le monde, notamment celle de la France, qui présente bien plus de quétaineries que notre télé à nous.

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