
Charles Tisseyre
Photo Radio-Canada
Charles Tisseyre n’était vraiment pas en forme. Il lui a fallu entreprendre l’ascension du mont Mera au Népal pour se convaincre d’agir. Bedonnant et souffrant d’apnée du sommeil, l’animateur de 58 ans s’essoufflait, pendant que des greffés du coeur et du rein marchaient devant lui.
On a beau dire qu’il faut vivre heureux sans trop de privation, en se permettant chips, chocolat et hamburgers de temps en temps, la seule statistique voulant que les maladies du coeur sont les plus meurtrières au pays devrait suffire à nous réveiller. Pour vivre heureux, il faut commencer par vivre tout court.
L’expérience entreprise en mai dernier par Découverte auprès du groupe le plus à risques, les baby-boomers, voulait prouver qu’on peut se reprendre en main, même en piètre santé physique, et parvenir au sommet d’une montagne de près de 6500 mètres. Supervisés par une équipe médicale et scientifique et accompagnés d’une équipe de tournage, sept participants de 44 à 64 ans se sont prêtés à l’exercice, aussi exigeant que valorisant. Leur voyage, raconté en deux épisodes de Découverte dès dimanche, 18h30, à Radio-Canada, s’avère pas mal plus convainquant que n’importe quelle pub insipide du défunt bonhomme bleu.
Tous les voyageurs ne parviendront pas au sommet. Charles Tisseyre est l’un d’eux. Après sept jours seulement, l’animateur a dû abandonner ses coéquipiers à cause d’une apnée du sommeil trop prononcée en altitude et le risque de mort subite en plein sommeil.
Déçu, l’animateur l’était, comme vous le verrez dans la première heure dimanche. «C’est la chose la plus difficile physiquement que j’ai faite de ma vie», admet-il. «Moi, Charles Tisseyre, n’ai pas pu parce que je fais du surpoids, alors que j’ai toujours réussi ce que j’entreprenais. J’ai fait un long trek dans les Andes, j’ai fait du hockey, du ski, du tennis. Ça été un choc pour moi.»
Tisseyre n’est pas le seul à avoir dû rebrousser chemin. Mais sa réalisatrice-coordonnatrice, Hélène Leroux, 51 ans, a réussi l’épreuve. «J’espère que ça va inciter des filles, des femmes de 51 ans comme moi, à se prendre en main», dira-t-elle.
Depuis, Charles Tisseyre essaie de s’entraîner une heure par jour, cinq jours par semaine. Depuis le début de son entraînement, 16 semaines avant le départ au Népal, il est passé de 218 à 203 livres. Et il ne rejette pas l’idée de tenter à nouveau l’ascension d’une montagne un de ces jours.
À ceux qui trouveront le documentaire moralisateur, il répond: «La cinquantaine, c’est trop jeune pour être malade. Plus vite on se prend en main, meilleure sera notre vieillesse.» L’animateur pense d’ailleurs à deux de ses amis de son âge, un ancien skieur nautique et un ex-champion de hockey, qui font aussi de l’embonpoint comme lui aujourd’hui.
Le réalisateur Yanick Rose s’est demandé s’il devait poursuivre le tournage quand Charles Tisseyre, la vedette de son documentaire, a dû abandonner. L’animateur l’a finalement convaincu de continuer. Souvent émouvantes et révélatrices, ces deux heures font beaucoup réfléchir, même ceux qui n’ont pas 40 ans.