Richard Therrien

Lundi 28 juillet 2014 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (33)

Souvenir Télé Presse: Cré Basile

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NOTE: Durant mes vacances, je vous laisse avec les meilleurs souvenirs Télé Presse de la dernière saison. Bon été!

Olivier Guimond est au sommet de sa gloire quand il apparaît avec Denis Drouin en couverture du Télé Presse la semaine du 8 au 15 mars 1969: après quatre saisons, la comédie Cré Basile continue d’atteindre des sommets d’écoute chaque mardi soir à Télé-Métropole.

Avec Amulette Garneau et Béatrice Picard qui jouent leurs épouses, Guimond et Drouin incarnent Basile Lebrun, plombier naïf et maladroit, et Fabien Chaput, son voisin profiteur. L’auteur Marcel Gamache leur imagine des situations tout droit sorties du burlesque, un art que maîtrise à merveille ce duo aussi complice dans la vie qu’à l’écran.

Dans l’entrevue accordée au journaliste Yves Leclerc, Guimond associait la popularité de l’émission au fait que les gens pouvaient s’y reconnaître et s’identifier à ces personnages de milieu modeste. «On avait même pensé à un moment, à enrichir Basile, à le déménager dans un décor plus confortable. Mais on a vu que ce serait une erreur. Les Basile, ils ne se sortent jamais vraiment du trou.»

Cette année-là, l’équipe avait dû s’ajuster à un changement de taille: l’émission n’allait plus être enregistrée d’un trait devant public, mais en pièces détachées sans public en studio. «Ça nous permet de faire certains gags, certains trucs techniques qui étaient impossibles avant. Mais je regrette l’absence du public. On ne sait pas trop où ils vont rire, comment ils vont réagir. Et c’est plus difficile pour les comédiens de travailler dans le vide, sans la chaleur d’un auditoire qui les inspire», confiait Denis Drouin à Télé Presse.

Malgré un talent indéniable, Drouin ne connaîtra jamais la popularité de Guimond. «Denis Drouin, tout le monde le connaît. Mais si on demande aux gens qui sont leurs vedettes préférées, il ne sera pas souvent en tête de liste. C’est l’éternel second violon, le straight man, le pauvre idiot qui permet à un autre d’être drôle», écrivait Yves Leclerc.

On apprend dans l’article que Marcel Gamache et Olivier Guimond avaient d’abord proposé Cré Basile à Radio-Canada, qui n’en a pas voulu. Ironiquement, Radio-Canada arrachera Guimond au «canal 10» en 1970 pour lui confier la comédie À la branche d’Olivier, retirée des ondes après seulement 15 épisodes.

Aussi absurde que cela puisse paraître, il ne reste à peu près rien de Cré Basile, à part quelques séquences extérieures, Télé-Métropole ayant détruit les épisodes au fur et à mesure de la diffusion.

    Je publie chaque vendredi une première page du défunt guide horaire de La Presse. L’idée est de revenir sur des moments marquants de l’histoire de notre télévision, des succès et des flops, ou alors de ressortir des boules à mites un nom ou un titre qui avaient disparu de notre mémoire et de constater à quel point notre télé a changé. Ces couvertures souvenirs sont pigées dans les années 60, 70, 80 ou 90, à des époques où l’horaire des différentes chaînes n’apparaissait pas encore sur nos téléviseurs, et que le télé-horaire sur papier faisait figure de bible dans nos salons.

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Dimanche 27 juillet 2014 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (8)

Souvenir Télé Presse: Serge Laprade

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NOTE: Durant mes vacances, je vous laisse avec les meilleurs souvenirs Télé Presse de la dernière saison. Bon été!

À l’automne 1973, Serge Laprade est au sommet de la gloire. Radio-Canada vient de renouveler pour une deuxième saison son populaire jeu Le travail à la chaîne, «une émission porte-bonheur», dont Télé Presse fait sa page couverture dans la semaine du 29 septembre au 6 octobre.

Le principe du Travail à la chaîne est simple: quatre invités vedettes doivent former des phrases à partir d’un mot. Le suivant doit repartir à partir du dernier mot prononcé par son prédécesseur.

Laprade, qu’on présente chaque semaine comme «le Beau Brummel de Radio-Canada», coanime en compagnie du grand argentier, Jacques Houde, surnommé Maître Jacques, qui distribue ses enveloppes surprises. À plusieurs moments, Laprade fait sonner son fameux fer à cheval, et il n’est pas rare de le voir animer, la cigarette à la main. Nous sommes encore dans les années 70.

Dans Télé Presse, Serge Laprade parle de sa vie de célibataire et dit n’avoir qu’un seul regret, celui d’être né Québécois. «Quand on est une vedette américaine, par exemple, et même une vedette française, on est tout près d’être une vedette internationale. Et, de toute façon, un artiste américain, ou français, ou anglais, s’adresse à tellement plus de monde que nous dans son propre pays!» confie-t-il au journaliste Rudel-Tessier.

«À propos, il a peu d’amis dans le milieu (dans le milieu du spectacle, bien sûr!), et ce n’est peut-être pas étonnant quand on sait qu’il a cru longtemps qu’il ferait carrière dans la diplomatie. En effet, il s’est rendu presque au diplôme des Sciences sociales (section des sciences politiques), à l’Université de Montréal, avant de se laisser prendre pour de bon par la radio, la télévision et la chanson», poursuit le journaliste.

Serge Laprade restera à la barre du Travail à la chaîne jusqu’en 1979, remplacé par Yoland Guérard, qui poursuivra durant deux saisons, avec Denys Bergeron comme grand argentier.

    Je publie chaque vendredi une première page du défunt guide horaire de La Presse. L’idée est de revenir sur des moments marquants de l’histoire de notre télévision, des succès et des flops, ou alors de ressortir des boules à mites un nom ou un titre qui avaient disparu de notre mémoire et de constater à quel point notre télé a changé. Ces couvertures souvenirs sont pigées dans les années 60, 70, 80 ou 90, à des époques où l’horaire des différentes chaînes n’apparaissait pas encore sur nos téléviseurs, et que le télé-horaire sur papier faisait figure de bible dans nos salons.

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Samedi 26 juillet 2014 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (23)

Souvenir Télé Presse: les salaires de nos vedettes

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NOTE: Durant mes vacances, je vous laisse avec les meilleurs souvenirs Télé Presse de la dernière saison. Bon été!

«Le monde des communications est bien paradoxal: cette industrie fait fortune en parlant des autres, mais elle déteste qu’on révèle ses secrets. [...] Demandez à une vedette combien elle gagne, elle vous enverra plus ou moins gentiment au diable.»

Il y a des choses qui ne changent pas. Et le salaire des stars de la télévision demeure assurément l’un des sujets les plus tabous chez la colonie artistique québécoise. Aussi bien dire que lorsque le documentaire Télédollars aborde franchement la question en 1987, avec chiffres à l’appui, tout le monde écoute et regarde. Sa diffusion en deux parties aux Beaux dimanches de Radio-Canada fait la couverture de Télé Presse dans la semaine du 29 mars au 5 avril 1987.

«Je peux vous promettre qu’il s’agit là d’un des documents les plus extraordinaires qu’il m’ait été donné de voir. La sécheresse des chiffres (encore qu’ils soient bien juteux) est compensée par des images de vos émissions et de vos vedettes préférées», écrit Louise Cousineau après en avoir vu le premier épisode.

À coups de 40 téléphones par jour durant un an, le journaliste Pierre Dupont et le recherchiste Michel Mill découvrent entre autres qu’Yves Corbeil gagne 200 000$ par année, un montant qu’empoche Bill Cosby aux États-Unis pour une seule émission (en équivalent canadien). Celui-ci ne fait que sa demi-heure du Cosby Show, alors que Corbeil joue dans Peau de banane, anime la quotidienne Bonjour matin et les tirages de Loto-Québec. En tournant les lettres de Wheel of Fortune aux États-Unis, Vanna White gagne alors la coquette somme d’un million$ par année.

Chez nous, Nicole Leblanc et Jean Besré sont les vedettes les mieux payées de la télé en gagnant 3 500$ par épisode du Temps d’une paix, alors que Larry Hagman, lui, en fait 140 000$ au terme de chaque générique de Dallas. Le temps d’une paix est d’ailleurs à l’époque «le téléroman le plus cher jamais produit par Radio-Canada», coûtant 300 000$ l’heure, comparativement à 151 000$ pour Des dames de coeur, 70 000$ pour une demi-heure du Parc des Braves, 65 000$ pour Poivre et sel, 44 000$ pour Entre chien et loup et 33 000$ pour Peau de banane.

Autres chiffres gardés égoïstement secrets par les diffuseurs: le coût des publicités, souvent faramineux, mais qui ne permettent pas aux téléromans de faire leurs frais. «Le temps d’une paix, dont le dernier épisode a attiré plus de 3 millions de téléspectateurs, obtenait le chiffre record de 10 000$ par publicité de 30 secondes. Vingt messages à 10 000$ égalent 200 000$. Soustrayez les escomptes donnés aux agences, ça donne un revenu publicitaire net de 140 000$. L’émission coûte 300 000$. Déficit par émission: 160 000$», explique Louise Cousineau.

Voilà pourquoi Radio-Canada diffuse alors autant de séries américaines à heures de grande écoute 12 mois par année, une époque heureusement révolue: «Prenez maintenant un épisode doublé en français de Dallas à Radio-Canada. Il coûte 13 000$. Le revenu net de publicité est de 68 000$. Le bénéfice par émission est de 55 000$.»

Là-dessus, je prends quelques jours de vacances en vous laissant sur d’autres statistiques réjouissantes: ce blogue a reçu 1 887 535 visites depuis janvier, une moyenne de 472 000 par mois, en hausse de 16% en comparaison avec la même période l’an dernier. Merci de prendre ici vos primeurs sur la télé en si grand nombre !

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