Lorsque Maria Sharapova a vaincu Serena Williams deux fois en 2004, on a cru à la naissance d’une grande et belle rivalité. Mais en 2007, la cadette des Williams a repris l’ascendant en infligeant à sa rivale un cinglant 6-1, 6-2, en finale de l’Open d’Australie. La Russe avait pris la chose avec humour à l’époque, disant espérer que l’Américaine lui laisserait gagner quelques jeux à l’avenir.
Mais Serena, elle, n’entendait pas à rire. Depuis, elle a fait subir à Maria dix autres défaites, la plupart sur des scores gênants : 6-1, 6-1 à Miami, en 2007; 6-1, 6-3 à Stanford, en 2011; 6-1, 6-3 à Madrid, en 2012; 6-0, 6-1 aux Jeux de Londres, en 2012; 6-1, 6-4 à Madrid, en 2013.
Comment expliquer une domination aussi totale? Certes, Serena est la meilleure des deux. Mais à ce point? Je ne crois pas.
À mon avis, deux facteurs expliquent ces résultats. Le premier est technique. Contre toutes les autres joueuses, Sharapova se porte à l’attaque, à fond la caisse. Mais Williams, à cause de la puissance de ses coups, la met sur la défensive. Maria, qui n’est pas une spécialiste du contre, en est toute déstabilisée.
La seconde raison est psychologique. La Russe a beau avoir un mental d’acier, elle est toujours sonnée par les dégelées qu’elle a subies. Contre l’Américaine, elle arrive sur le court craintive et perdante.
Tout cela pour dire que je ne m’attends pas à une victoire de la championne en titre de Roland-Garros demain. J’espère seulement que Maria jouera à la hauteur de son talent. Si elle surmonte ses complexes face à Serena, nous aurons au moins droit à une finale digne de ce nom. Ce serait bien pour elle, bien pour les spectateurs et bien pour la WTA, qui paraît de plus en plus mal.