Avant le début du tournoi, j’ai choisi Rafael Nadal pour gagner ce Wimbledon. Contrairement à Bjorn Borg, je n’ai pas changé d’idée, même si j’espère toujours me tromper.
Il est vrai que le Roger Federer qu’on a pu admirer depuis le début de cette quinzaine rappelle bien plus le champion des cinq dernières années que le no1 déclinant des derniers mois. Dès qu’il a remis les pieds sur le gazon, le Suisse est revenu au sommet. En 11 matchs, il n’a perdu aucune manche. Qui dit mieux? Personne. Pas même Nadal. Pourtant, je persiste à croire que le Majorquin va mettre fin à son règne. Voici pourquoi.
Les deux meilleurs joueurs au monde disputeront demain leur troisième finale d’affilée à Wimbledon. Il y a deux ans, le Majorquin était un invité-surprise. Personne ne lui concédait la moindre chance de gagner. Et pourtant, il a donné du fil à retordre au Suisse (6-0, 7-6, 6-7, 6-3). L’an dernier, contre un Nadal en progrès, Federer a eu plus de mal encore (7-6, 4-6, 7-6, 2-6, 6-2).
Cette année, le champion affrontera un prétendant encore fort. Nadal a nettement progressé au service. Ses premières balles atteignent maintenant les 115 m/h, 10 m/h de plus que l’an dernier. Son revers, qui était jadis un coup strictement défensif, est devenu une arme. Il n’est plus possible de souffler un peu en jouant sur le revers du Majorquin. C’est aussi devenu difficile de s’amener au filet en jouant de ce côté. Rafa est devenu également un bien meilleur volleyeur. Il n’utilise pas souvent la volée, mais quand il le fait, il est dangereux.
En revanche, je ne crois pas que Federer ait véritablement progressé, si ce n’est au service peut-être. Il est vrai qu’il n’a perdu jusqu’ici que deux jeux de service, une performance remarquable. Mais contre le meilleur des relanceurs, son taux de réussite risque de diminuer.
Reste quelques impondérables. D’abord, quel temps fera-t-il demain? S’il fait chaud et que le court est sec, la balle bondira plus haut et Rafa sera avantagé. Si c’est frais et humide, Roger pourrait en tirer profit. L’autre grand impondérable, c’est la forme du moment. Qui demain sera dans un grand jour. À Roland-Garros, Nadal était intouchable. Demain, qui sait? Ce pourrait être Federer.

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Serena Williams a commencé la finale en lionne, mais elle l’a terminé en brebis. Au cours des deux premiers jeux, elle ne laisse qu’un point à Venus. Aces, retours puissants, volées tranchantes : tout laisse croire qu’elle jouera un grand match. Mais sa grande sœur s’accroche et parvient à refaire son retard. C’est alors que la rencontre bascule.



