Le temps me paraît venu de déboulonner quelques mythes sur la «nouvelle» surface à Wimbledon. Le «nouveau» gazon date de… 2001. Les bonzes du All England Club en avaient marre de voir les géants et géantes du tennis d’aujourd’hui piétiner leur belle pelouse. À la fin des tournois, les magnifiques courts verts avaient des allures de champs de patates. «Shocking indeed!» Ils ont donc opté pour une variété de gazon plus robuste.
Du même coup, ils ont amélioré le spectacle, que les puissants serveurs des années 90 avaient rendu un peu monotone. C’est que le gazon choisi donne des rebonds plus hauts et moins rapides, ce qui permet des échanges plus nombreux et plus variés.
Deuxième mythe : cette surface défavorise Roger Federer. Mais non. C’est sur cette herbe robuste que le Maître a gagné ses cinq titres à Wimbledon. Même si ses premières idoles étaient Becker et Edberg, il n’est pas un pur volleyeur. C’est plutôt un attaquant des années 2000, un attaquant du fond du court.
Troisième mythe : toutes les surfaces aujourd’hui se ressemblent. À tel point que les joueurs de terre battue n’ont à peu près plus d’ajustements à faire quand ils traversent la Manche. C’est beaucoup exagéré. Rafael Nadal a sans doute moins de modifications à apporter à son jeu que Bjorn Borg jadis, mais il ne joue quand même pas sur l’herbe comme il joue sur l’ocre. À Wimbledon, Rafa utilise beaucoup plus son revers coupé, son coup droit est moins lifté, il donne plus de vitesse à ses premières balles, il monte plus souvent au filet et il attaque davantage. De quoi se lancer à la conquête du royaume du roi Roger.
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Serena Williams (ci-dessous) doit dire un grand merci à son puissant service pour s’être dépêtrée du piège tendu par Zheng Jie (ci-contre). La petite mais surprenante Chinoise n’était plus qu’à une balle de pousser la cadette des Williams à une troisième manche. Mais Serena a servi trois grosses premières balles, dont deux aces, pour se sortir de l’impasse. Puis au jeu décisif, elle a continué à servir comme un canon pour l’emporter 7 contre 5, sur une double faute de son adversaire. Elle a enfin pu pousser un grand soupir de soulagement. Comme dans ses grandes années, elle affrontera son aînée en finale de Wimbledon.



