Sur ce blogue, on n’aime pas beaucoup Novak Djokovic, à qui on reproche d’être prétentieux et arrogant. Pour les pro-Federer comme pour les pro-Nadal, le joueur à (a)battre, c’est lui.
On me permettra, je l’espère, de prendre sa défense. Le Djoker est incontestablement sûr de lui. Mais il a prouvé, en gagnant les Internationaux d’Australie, qu’il avait les moyens de ses ambitions. Quand il dit qu’il veut devenir no 1, il faut le prendre au sérieux : malgré ses 20 ans, il a déjà battu les deux meilleurs joueurs à quelques reprises.
En fait, Djokovic possède ce qui manque si cruellement à Richard Gasquet : la confiance en soi. La pression, il adore. Les défis, il en raffole.
Est-ce parce qu’il a grandi dans des conditions difficiles, comme il l’a laissé entendre? «Quand on a appris à jouer au tennis sous les bombes, on ne tremble pas devant une balle de bris», a-t-il dit. On a fait des gorges chaudes de sa déclaration voulant que les Britanniques soient trop gâtés pour bien jouer au tennis. Certes, elle n’est pas diplomatique, mais elle n’est pas idiote. Le psychiatre Boris Cyrulnik a montré que certains enfants avaient une capacité remarquable à rebondir après de grands traumatismes. Aux États-Unis, des études ont aussi démontré que les boat people surmontaient beaucoup plus facilement le stress, en particulier celui des examens.
Bien sûr, Djokovic a les défauts de ses qualités. Il a notamment la mauvaise habitude d’abandonner sur blessure des matchs qu’il devrait disputer jusqu’au bout.
Quant à sa famille, elle me tape aussi sur les nerfs. Mais ce n’est pas la seule famille antipathique sur le circuit.

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