Le blogue techno

Archive, novembre 2014

Vendredi 28 novembre 2014 | Mise en ligne à 16h21 | Commenter Commentaires (17)

M.Net, la fin d’une époque

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Le grand Denis Talbot a annoncé ce matin, sur Twitter, la fin de M. Net, l’émission dédiée au jeu vidéo et aux technologies qu’il animait à Musique Plus depuis maintenant 16 ans.

Rappelons que Musique Plus vient d’être rachetée par V et c’est la direction de cette dernière qui a décidé de « tirer la plogue », comme on dit.

Seize ans, c’est long, en particulier pour un projet assis entre deux univers, celui de la télé et celui de la technologie, où tout change particulièrement rapidement.

Pour mettre ça en perspective, ça veut dire que M. Net a commencé avant « le bogue de l’an 2000 », avant la PlayStation 2, juste après le lancement de Windows 98 et possiblement avant même qu’une bonne partie de son auditoire actuel ne soit né!

C’était 10 ans avant l’iPhone, 3 ans avant l’iPod et 8 avant YouTube, pour en ajouter un peu.

Je suis loin d’être un spécialiste de la télévision, mais je ne connais pas d’émission privée (Radio-Canada exclus) qui dure depuis si longtemps.

J’ai moi-même eu la chance de collaborer à cette émission pendant 9 ou 10 ans, j’ai perdu le compte, et même si ça fait quelques années que je n’y suis plus, je m’en fais encore parler régulièrement. Je lève mon chapeau à Denis, son fidèle recherchiste Claude Arson et au réalisateur Stéphane « Momo » Morissette, le « coeur » de cette émission depuis des lustres. On pense à vous.

Je n’ai aucune idée de ce à quoi pouvaient ressembler les cotes d’écoute de M. Net et encore moins son budget ou ses recettes publicitaires. Si c’était profitable, on devine que les gens de V auraient tout fait pour garder l’émission. Je devine qu’il n’est pas évident d’attirer des annonceurs techno à la télé dans le marché québécois. De façon générale, pas seulement à Musique Plus ou à M. Net mais partout, remarquez qu’ils ne sont pas très présents.

Il ne reste donc plus qu’une seule émission télévisée dédiée aux technologies au Québec, puisque les Nerdz de Z Télé, qui ont d’ailleurs changé de nom, ont élargi leur champ d’intérêt à la consommation en général.

À Jean-Michel et son équipe de Planète Techno, donc, de tenir le flambeau bien haut!

P.S.: Les intéressés peuvent rejoindre la page Facebook « Sauvons M. Net » ou suivre le mot-clic « #sauvonsmnet » qui, d’ailleurs, est rapidement devenu l’un des plus populaires à Montréal.

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Mercredi 12 novembre 2014 | Mise en ligne à 15h33 | Commenter Commentaires (43)

Des déclarations étonnantes (et rafraîchissantes)

Patrick Plourde, d'Ubisoft Montréal

Patrick Plourde, d'Ubisoft Montréal

Le Sommet du jeu de Montréal (MIGS) s’est terminé hier par un atelier étonnant qui a donné lieu à deux déclarations passionnées sur un sujet qui a consumé — que dis-je, enflammé, carbonisé — les médias sociaux reliés au monde du jeu vidéo au cours des dernières semaines.

Si vous avez entendu parler du mot-clic « #GamerGate », vous aurez deviné qu’il a été question de la présence des femmes dans cette industrie ou, un peu plus largement, de diversité. Ce n’était pourtant pas le thème principal de l’atelier (Back to the Start, assez large), mais deux créateurs ont sauté sur l’occasion.

Le premier est Patrick Plourde, concepteur récent des jeux Far Cry 3 et Child of Light, pour Ubisoft Montréal. On peut difficilement imaginer plus opposés comme jeux.

Child of Light — en nomination pour neuf prix aux Prix canadiens du jeu vidéo dans dix jours — met en vedette Aurora, une jeune princesse qui manie elle-même l’épée. Il n’y a pas de prince charmant et ce n’est clairement pas un hasard, a fait savoir M. Plourde.

Mais il s’est produit quelque chose de bizarre quand les premières informations sur Child of Light ont commencé à circuler à l’intérieur des locaux d’Ubisoft Montréal, a confié le créateur.

« Mes boys ont commencé à me regarder avec un drôle d’air. Ils ont commencé à me demander si c’est parce que je venais d’avoir une petite fille (NDLR : il ne vient pas d’avoir une petite fille) ou si on allait avoir l’option de jouer en tant que gars. Il y en a même qui m’ont dit que s’ils ne pouvaient pas jouer en tant que gars, ils ne joueraient pas! »

L’ironie là-dedans, surtout à propos de l’option d’incarner un personnage masculin, est spectaculaire, rien de moins.

Mais ce n’est pas tout. L’équipe de création du jeu était plus féminine que ce à quoi était habitué M. Plourde. Résultat?

« C’est la première fois que je participais à des réunions durant lesquelles je n’avais pas l’impression d’être dans un vestiaire. »

Évidemment, le jeu attire aussi un public différent de celui de Far Cry ou Rainbow Six Vegas, auquel il a aussi contribué.

« Ça a un impact sur la communauté qu’on bâtit. C’est la première fois que je ne reçois pas une menace de mort », a-t-il lancé, en rigolant cette fois.

Child of Light, s’est-il réjoui, a eu un impact positif sur la vie d’une jeune fille de sa famille, qui y a vu un symbole fort et a aimé le jeu au point de vouloir prendre des leçons de piano pour apprendre à en jouer la chanson (composée par une autre fille, Cœur de Pirate).

« J’aimerais ça qu’elle puisse un jour elle-même faire des jeux sans avoir peur d’être harcelée ou de se sentir étrangère dans l’édifice. »

Autre chose que des gars blancs

Manveer Heir

Manveer Heir

Quelques minutes plus tard, c’était au tour de Manveer Heir, designer de jeux chez Bioware Montréal (EA) de monter sur scène. Ceux qui le suivent sur Twitter seront peut-être moins surpris d’apprendre que lui aussi s’est lancé dans une tirade, assez véhémente et intense cette fois, contre le manque de diversité dans cette industrie.

D’origine indienne, M. Heir est né aux États-Unis. Amateur de jeux vidéo, il a commencé très jeune à s’intéresser à la possibilité d’en créer lui-même, a-t-il raconté.

« Les Bruns ne font pas des jeux, ils travaillent au 7-Eleven ou dans un taxi », s’est-il fait dire, textuellement ou non.

Intéressé par le design de jeux, il a raconté avoir d’abord emprunté la voie de la programmation « parce que c’est ce que font les Bruns ».

Puis en milieu de travail, « se faire appeler par le nom de l’autre Indien de la place, ce n’est pas grave, mais à la longue, ça s’additionne ».

« Non seulement l’homme blanc est-il fortement majoritaire dans cette industrie, il l’est encore plus parmi ceux qui incarnent le visage de cette industrie », a-t-il déploré avant de conclure en lançant un appel aux gestionnaires de studios pour promouvoir davantage de femmes et de gens issus de minorités à des postes-clés.

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Deirdra "Squinky" Kiai

Des huit conférenciers invités pour cet atelier final, quatre étaient des femmes. Une seule a abordé le même thème, Deirdra « Squinky » Kiai, de l’Université de Californie à Santa Cruz. Sa présentation était plus éclatée, mais j’en ai retenu ceci :

« J’ai été dans cette industrie avant que certains d’entre vous ne viennent au monde, ne venez pas me dire que je vole vos jeux, vous me les avez volés ».

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Mardi 11 novembre 2014 | Mise en ligne à 16h42 | Commenter Commentaires (3)

Les meilleurs jeux canadiens de l’année sont…

J’ai eu l’honneur au cours des derniers jours d’agir à titre de juré pour la 5e édition des Prix canadiens du jeu vidéo (Canadian Videogame Awards), qui auront lieu dans une dizaine de jours, à Toronto.

Ce gala aura une saveur particulière, d’abord parce que c’est le premier à se tenir à l’extérieur de Vancouver. Je sais que les organisateurs aimeraient bien l’emmener à Montréal très bientôt.

Mais aussi, on y remettra les prix pour deux années de candidatures, 2013 et 2014 en raison d’un changement de formule visant à ce que le gala soit plus d’actualité. Les candidats pour l’année 2014 avaient jusqu’au 31 octobre dernier pour s’inscrire. Je ne crois pas qu’il y ait, nulle part, de gala, peu importe le domaine, où la remise de prix est si collée sur la fin de la période de candidature.

Cela a nécessité un travail herculéen de la part des jurés et explique peut-être certaines anomalies. Au sommet de ces anomalies, le fait que l’excellent Hitman Go, de Square Enix Montréal, soit finaliste dans la catégorie « Animations ». Pas besoin d’y avoir joué bien longtemps pour constater qu’il n’y même pas d’animation, ou si peu, dans le jeu. Je vous rassure, il n’était pas dans mes finalistes pour cette catégorie…

Ceci dit, je me suis souvent demandé, durant ce processus de sélection, si je n’étais pas un peu trop chauvin, bien involontairement, parce que plusieurs de mes premiers choix étaient québécois. Il semble que non, parce que nous n’étions que 2 juges québécois sur 10 et que les jeux d’ici sont néanmoins nombreux parmi les finalistes.

Il faut d’abord souligner la contribution d’Ubisoft Montréal, dont Watch_Dogs et Child of Light occupent les premières positions avec 9 nominations chacun.

Dans la catégorie Jeu de l’année, outre ces deux titres, on trouve aussi Chariot (Frima, Québec) et Hitman Go.

Dans la catégorie « Choix du public », pour laquelle vous pouvez aller voter, c’est encore plus évident avec 7 nominations québécoises sur 10! Ce sont les quatre nommés précédemment, plus Dragons : Rise of Berk (Ludia, Montréal), Shattered Planet (Execution Labs/Kitfox, Montréal) et Assassin’s Creed Black Flag : Freedom Cry (Ubisoft, Québec).

Je ne connais que mes propres sélections, mais à mon avis, les créations québécoises sont à mon avis très bien positionnées aussi pour gagner plusieurs autres catégories :

• Meilleur jeu pour consoles

Il n’y avait que trois candidats inscrits et les trois sont québécois…

• Meilleur jeu téléchargeable

Super Time Force et The Long Dark sont solides, mais les chances de Child of Light m’apparaissent bonnes.

• Meilleur jeu mobile

Big Action Mega Fight! (Execution Labs/Double Stallion, Montréal) et Rival Knights (Gameloft, Montréal) et Skylanders Trap Team (Beenox, Québec) sont les candidats d’ici et l’un des trois devrait l’emporter, même s’il ne faut pas négliger Pixel Garden. La présence de Desert Golfing est à mon avis une anomalie.

• Meilleur jeu iOS

Hitman Go est loin devant à mes yeux, mais j’ai aussi été vraiment agréablement surpris par Bio Inc (DryGin, Laval). Je serais déçu, mais pas surpris, que Uncanny X-Men l’emporte.

• Meilleur jeu social ou occasionnel

Dragons : Rise of Berk et Lego City My City (Hibernum, Montréal) passent à mon avis derrière i saw her across the world, qui m’a fait sentir tout chaud en dedans malgré son style tellement épuré qu’on peut parler de dénudé.

• Meilleure technologie

J’imagine difficilement comment le prix pourrait échapper à Watch_Dogs, mais on ne sait jamais.

• Meilleur design de jeu

Quatre des cinq finalistes sont québécois, même si je ne suis pas entiché par la présence de Skylanders. J’hésite entre Hitman Go et The Long Dark.

Techniquement, le Québec pourrait gagner toutes les catégories, même si j’en doute.

Bonne chance à tous et n’oubliez pas d’aller voter pour votre jeu de l’année.

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