Le blogue techno

Archive, mai 2013

Jeudi 30 mai 2013 | Mise en ligne à 14h16 | Commenter Commentaires (13)

Concurrence dans le sans-fil : un échec?

Même s’il courait une certaine rumeur à cet effet, l’annonce d’une entente entre Rogers et Vidéotron pour la création d’un réseau sans fil conjoint a étonné, hier soir.

Qu’on le veuille ou non, l’absence de la technologie LTE du réseau de Vidéotron commençait à peser. La création par Apple d’une nouvelle version de l’iPhone 5 compatible avec ses fréquences réglait un problème, mais on doute qu’Apple aurait laissé son appareil être vendu par un opérateur qui n’offre pas la LTE. Sans compter la mauvaise posture marketing. Il fallait bouger.

De son côté, Rogers disposait déjà d’un réseau LTE. La pertinence d’une entente avec Vidéotron est donc moins évidente à première vue et il faut pousser un peu plus loin pour comprendre.

Comme la démontre la carte ci-dessous, le réseau LTE ou LTE Max (encore plus rapide) de Rogers n’est disponible que dans les régions urbaines de Montréal, Québec, Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke et St-Georges.

Capture d’écran 2013-05-30 à 12.19.08

Le réseau rival, opéré conjointement par Bell et Telus, est plus généreux. Il offre aussi la LTE (mais pas encore l’équivalent de la LTE Max) aux régions de St-Tite (!), Saguenay, Rimouski, Matane, Baie-Comeau, Sept-Îles et Havre-St-Pierre. Sa couverture autour de Montréal et Québec est aussi plus vaste, englobant notamment Joliette, St-Jérôme, St-Jean-sur-Richelieu et Montmagny, ce que ne fait pas Rogers.

Capture d’écran 2013-05-30 à 12.20.14

C’est donc là que l’entente avec Vidéotron servira Rogers. Plutôt que de relever son réseau entier à la sauce LTE, Vidéotron se concentrera sur « les régions » et troquera cette partie de son réseau contre l’accès au réseau LTE de Rogers déjà en place dans les plus grandes villes. L’entente ne vise que la LTE et les deux entreprises continueront d’opérer d’autres couches de leurs réseaux de façon distincte. Les deux côtés y gagnent

Mais le consommateur, lui?

À première vue, on serait portés à dire qu’il y gagne aussi, puisque les clients de Rogers et Vidéotron auront une meilleure couverture LTE.

Le portrait d’ensemble suscite plus de questions.

Reculons à 2008, au moment où le gouvernement fédéral a lancé des enchères de nouvelles fréquences avec l’objectif avoué d’augmenter la concurrence.

Il y avait alors trois grands réseaux sans fil au Québec, appartenant à Rogers, Bell et Telus.

À l’époque, Bell et Telus se retrouvaient en situation désavantageuse par rapport à Rogers en raison de la nature de leurs réseaux respectifs. Basés sur la « mauvaise » technologie, ceux-ci ne leur permettaient pas d’offrir l’iPhone, dont Rogers a largement bénéficié de l’exclusivité.

Plutôt que de bâtir chacune un nouveau réseau, elles ont donc joint leurs forces et créé un réseau commun.

C’était à peu près au même moment où Vidéotron lançait son propre réseau, de sorte qu’on en est resté à trois grands réseaux au Québec. À cela s’ajoutait le réseau de Public Mobile, concentré sur l’île de Montréal.

Et nous voilà maintenant cinq ans plus tard, en 2013, avec encore une fois une ronde d’enchères devant favoriser la compétition à l’horizon. À moins d’un miracle, il n’y aura pas de nouveau concurrent pour profiter de celle-ci pour bâtir un nouveau réseau au Québec.

Bref, après environ six ans et deux rondes d’enchères de fréquences, le nombre de réseaux mobiles offerts au Québécois sera passé de trois à deux, en excluant celui de Public Mobile qui pourrait bien de toute façon être intégré à court ou moyen terme dans l’un des deux autres.

Certes, l’arrivée de Vidéotron fait en sorte qu’il y a quatre opérateurs plutôt que trois. On peut toutefois légitimement se demander de quelle marge de manœuvre ceux-ci disposent pour se démarquer, tant sur la technologie que les prix, face à un rival avec qui ils partagent le réseau.

Il est difficile de trouver une réponse définitive, du type « noir sur blanc », mais la question vaut la peine d’être posée : y a-t-il plus de concurrence dans le sans-fil maintenant qu’en 2008?

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Mercredi 29 mai 2013 | Mise en ligne à 16h40 | Commenter Commentaires (2)

Android est (et restera) moins sécuritaire, selon Symantec

Symantec tenait une petite conférence ce matin, à Montréal, pour revenir sur son bilan annuel des menaces informatiques en compagnie de Kevin Haley, chef de produit pour Security Response, le centre de surveillance de l’entreprise.

Plusieurs points ont été abordés, mais celui qui m’intéresse dans le cadre de ce blogue est la sécurité des téléphones mobiles.

Le discours de M. Haley met en lumière le problème « structurel » qui afflige la plateforme Android, de loin la plus vulnérable aux logiciels malveillants présentement et, selon M. Haley, fort possiblement dans le futur aussi.

D’abord, fait important, la plateforme Android n’est pas à proprement dire la moins sécuritaire. Symantec y a répertorié seulement 13 vulnérabilités en 2012, contre un retentissant 387 pour iOS.

Pourtant, la plateforme d’Apple a été victime d’une seule attaque, par le biais d’un logiciel dont la présence sur l’App Store n’a duré que quelques heures, selon M. Haley. Celle de Google? 103 attaques.

Comment cela est-il possible? Non, ce n’est pas, comme on l’a souvent dit des Mac, parce que les iPhone ne sont pas assez nombreux pour intéresser les pirates. C’est plutôt parce qu’il n’est tout simplement même pas nécessaire de trouver une faille de sécurité par laquelle s’infiltrer sur la plateforme Android. On peut tout simplement faire passer son logiciel malveillant pour une application légitime.

Apple évite ce problème en exerçant un contrôle très strict sur les applications qui peuvent être installées sur ses appareils. Sauf exception, il faut passer par l’App Store, où chaque logiciel est testé avant d’être affiché.

Google effectue une surveillance similaire, quoiqu’un peu moins stricte, sur son Play Store, mais le problème vient du fait qu’on peut aussi installer une application venant d’autres sources, sur simple clic sur une adresse envoyée par courriel, par exemple.

« C’est pour ça qu’Android est ciblée, a résumé M. Haley. Parce que c’est facile d’y coder un virus et c’est facile de le distribuer. »

À long terme

Il y a un autre problème avec Android, a aussi rappelé l’expert. En supposant que Google déciderait de mieux contrôler la distribution d’applications, la plateforme resterait plus à risque parce que les vulnérabilités qu’on pourrait y trouver seraient beaucoup plus difficiles à corriger.

Dans l’écosystème iOS, a-t-il rappelé, les mises à jour au système d’exploitation sont publiées directement par Apple et rapidement installées par la très grande majorité des utilisateurs, de sorte que les brèches peuvent rapidement être colmatées.

Ce n’est pas le cas sur Android où, cinq mois après sa sortie, à peine 1,6% des appareils Android en utilisaient la plus récente version (4.2), a-t-il évoqué. C’est que les mises à jour conçues par Google doivent d’abord être soumises aux fabricants d’appareils, puis aux opérateurs de réseaux.

À chaque étape, il faut tenir compte des modifications à l’Android « de base » qui peuvent avoir été apportées par l’un ou l’autre et vérifier leur compatibilité avec la mise à jour. Le processus est éternel et ne se rend souvent même pas au bout, de telle sorte qu’il est tout simplement impossible pour un utilisateur de mettre à jour son appareil.

Ceci dit, tout n’est pas nécessairement rose sur l’iPhone, dont les utilisateurs « sont aussi vulnérables, parce qu’ils ne se méfient pas ».

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Mardi 28 mai 2013 | Mise en ligne à 10h44 | Commenter Commentaires (12)

Le drame autour des nouvelles consoles

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Depuis le dévoilement de la Xbox One, il y a une semaine, Microsoft semble incapable d’acheter un brin de bonne foi de la part des amateurs. La moindre rumeur, parfois mal informée, prend des allures de drame sur les médias sociaux.

L’un des sujets les plus sensibles concerne un prétendu besoin pour la Xbox One d’être constamment reliée à Internet. On dit « prétendu » parce que pour l’instant, la version officielle de Microsoft est qu’on « peut jouer à des jeux sur disque sans être branché, mais la Xbox One est conçue pour être branchée à Internet ».

D’autres versions ont été publiées, notamment tirées d’une entrevue avec Phil Harrison, un vice-président de Microsoft. Mais M. Harrison lui-même ne semblait pas trop certain des détails.

Oui, la réponse officielle est nébuleuse et elle n’arrange probablement rien à tous ces drames. Elle peut être mal interprétée, mais elle peut aussi être interprétée de la plus simple des façons : comme la Xbox 360 actuellement, la Xbox One profite grandement d’une connexion à Internet, tout à fait facultative.

La politique finale se trouvera probablement quelque part entre les deux. Où, exactement? Je soupçonne, comme je l’ai écrit dans un billet précédent, que Microsoft elle-même ne connaît pas encore la réponse.

Précisons néanmoins qu’il n’y a absolument rien de mal à ce qu’une console soit reliée en permanence à Internet. En fait, je suis prêt à parier que la console de la très grande majorité des gens qui s’en inquiètent est déjà branchée en permanence à Internet.

La question de la connexion permanente est donc en soi à peu près caduque. Certains, comme ce chroniqueur de Polygon, tentent d’en faire un plat en imaginant des scénarios fort peu fréquents, mais le problème n’est absolument pas là.

Prière, donc, d’appeler le problème par son vrai nom. Ce qui inquiète réellement derrière tout cela, c’est la conséquence possible de cette exigence sur le marché des jeux d’occasion.

Le problème des jeux d’occasion

On comprend l’inquiétude des amateurs de jeux vidéo de ce côté. Plusieurs ont développé avec le temps l’intéressante habitude de se procurer des jeux, de s’y amuser pendant quelques jours ou semaines, puis de les revendre. Ou de carrément se les procurer de cette façon, au rabais.

Ils font généralement une bonne affaire. Les éditeurs de jeux, eux, beaucoup moins, c’est évident. Assez pour qu’on devine que certains des plus importants mettent beaucoup de pression, en arrière-scène pour que les nouvelles consoles leur permettent de contrôler ce phénomène.

Microsoft et sa rivale Sony, qui a elle aussi subi l’assaut des amateurs sur ce sujet au cours du week-end, se retrouvent dans une situation extrêmement inconfortable, coincées entre leurs partenaires éditeurs et les amateurs. N’oublions pas que les deux entreprises sont par ailleurs elles aussi éditrices.

Si elles cèdent sans restriction aux visées de certains éditeurs, on devine qu’elles pourraient, légitimement, se mettre les amateurs à dos. À l’inverse, si elles s’y opposent complètement, elles courent le risque de voir ces éditeurs réserver leurs meilleurs titres pour la console rivale.

La solution évidente serait de se laver les mains : offrir la fonction dans la console et en céder les clés aux éditeurs. « Si vous souhaitez empêcher les joueurs de revendre leurs jeux, bien, mais vous allez vous-mêmes en assumer les conséquences », dirait-on en somme à ces éditeurs.

C’est très facile de diaboliser les éditeurs sur ce point. Il n’en reste pas moins que les affaires ne sont pas faciles pour certains d’entre eux et qu’ultimement, personne ne gagne à ce qu’ils fassent tous faillite.

Le terrain est miné. Il devrait y avoir beaucoup de mouvement sur ce front d’ici au lancement des consoles, y compris à l’E3 au début juin. Les deux camps (joueurs et éditeurs) ont des arguments valables. En ce sens, les joueurs font bien de faire connaître les leurs par le biais des médias sociaux. Tout est dans la façon. Pas certain que le drame soit constructif.

À la limite, le nouveau système mis en place par Microsoft et/ou Sony pourrait même être positif pour les joueurs, en permettant la revente de jeux achetés en ligne, ce qui n’est pas possible actuellement. En fait, il est pratiquement assuré que cela sera possible à tout le moins chez Microsoft.

La Kinect, une espionne?

Il y a un autre point qui en agace plusieurs avec la Xbox One : la présence forcée de l’appareil Kinect.  Personnellement, on m’a répondu sur place qu’il n’avait pas encore été déterminé si la Kinect devait obligatoirement être branchée à la Xbox One pour que cette dernière fonctionne.

D’autres médias semblent avoir obtenu des réponses plus tranchantes. C’est le cas de CNET, à qui un dirigeant a indiqué que la caméra devrait être branchée, mais qu’il serait possible de l’éteindre.

Je comprends plutôt bien les inquiétudes à ce sujet. Une caméra en permanence dans le salon? Qui peut même voir dans le noir? Et reliée à une machine que l’on dit constamment branchée à Internet? La recette a certes quelque chose d’inquiétant.

Ceci dit, il faut rationaliser. D’abord, l’idée que Microsoft utilise cet équipement pour épier quiconque est saugrenue. Deuxièmement, soyez certains que quelqu’un, quelque part, va s’occuper dès les premiers jours de la Xbox One d’analyser ses échanges avec le nuage. Microsoft ne pourrait pas espionner à distance sans laisser de traces et les conséquences seraient tout simplement catastrophiques pour elle. C’est un scénario sur lequel il ne vaut pas la peine de s’attarder.

Reste la possibilité qu’un pirate trouve une façon de le faire. Alors là, oui, peut-être, c’est un peu plus inquiétant.

Mais un appareil constamment relié à Internet et doté d’une caméra (si ce n’est pas deux) et d’un micro, ça ne vous dit rien? Vous en transportez probablement déjà un sur vous partout où vous allez. Celui-là est même équipé d’un GPS qui peut vous suivre bien au-delà de votre salon. Vous le replacez? C’est votre téléphone intelligent. Bienvenue au 21e siècle, où votre vie privée n’est qu’à quelques clics des yeux d’un pirate. Il y a même des gars de Montréal qui sont en train d’en faire un jeu vidéo auquel vous avez probablement hâte de jouer

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