Le blogue techno

Vendredi 31 octobre 2014 | Mise en ligne à 7h56 | Commenter Commentaires (8)

Sid Lee vous fait peur

Entre deux poignées de bonbons, l’Halloween c’est aussi la fête de la peur, des monstres et de l’horreur en général.

L’agence montréalaise Sid Lee a diffusé cette semaine 11 :57, un court métrage d’horreur destiné directement au casque de réalité virtuelle Oculus Rift.

Bien sûr, il y a peu de gens qui ont un Oculus Rift sous la main et ça m’exclut. Mais vous pouvez quand même avoir un aperçu de ce que ça donne en regardant cet homme l’essayer.

Le projet n’a pas été conçu pour un client en particulier. Il résulte du programme Sid Lee Collective, via lequel l’agence offre une bourse de 5000$ à ses employés pour réaliser un projet créatif personnel. Il a été produit par la branche néerlandaise de l’agence, basée à Amsterdam, avec une collaboration montréalaise.

Le futur de l’horreur?

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Jeudi 30 octobre 2014 | Mise en ligne à 11h47 | Commenter Commentaires (59)

Le PDG de la plus grande entreprise au monde est gai

Le PDG d’Apple, Tim Cook, est gai. Dans un monde idéal, ce ne serait pas une nouvelle, mais ce l’est, même si ce ne sera probablement pas une surprise pour beaucoup de gens.

La preuve que ce l’est, c’est que l’homme a lui-même publié une lettre ouverte pour « sortir du placard ». Personne ne publie de lettre ouverte pour annoncer qu’il est blond ou qu’il chausse du 11.

On parle ici du PDG de l’entreprise la plus riche au monde. J’aimerais vous dire que cette déclaration n’aura pas d’impact sur cette entreprise, sur ses ventes dans certains marchés par exemple, mais on l’ignore et ce n’est malheureusement pas inimaginable.

Pour l’instant, Wall Street ne semble pas trop s’en soucier. L’action perd un peu moins de 1%, ce qui n’a à première vue rien d’anormal.

AJOUT: Le magazine Fortune ajoute qu’il y a encore 29 États américains où un employé qui aurait écrit une lettre similaire à celle de Tim Cook pourrait être congédié.

AUTRE AJOUT: Quelques-uns d’entre vous remettent en question le fait qu’Apple est la plus grande entreprise au monde. C’est une appellation qui peut être basée sur plusieurs critères, notamment les revenus, les profits, le nombre d’employés ou la valeur des actifs, mais je préfère, et je ne crois pas être le seul, la capitalisation boursière. C’est, en théorie, la valeur accordée à l’entreprise par les investisseurs du monde entier. Et à ce chapitre, Apple est bonne première.

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Mercredi 22 octobre 2014 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (33)

Crédit d’impôt au jeu vidéo : début d’effet concret

La Commission d’examen sur la fiscalité québécoise a amorcé la partie audiences publiques de son mandat lundi dernier, à Montréal, et c’est l’industrie du jeu vidéo qui a reçu l’honneur d’être la première à venir expliquer son point de vue.

Cette industrie bénéficie, rappelons-le, du Crédit d’impôt à la production de titres multimédias, un crédit remboursable qui couvre 30% des salaires admissibles, soit à peu près tout le personnel lié à la production.

Ce taux était de 37,5% avant une réduction de 20% de tous les crédits d’impôt aux entreprises annoncée dans le dernier budget provincial, au printemps.

Devant les commissaires, l’industrie du jeu avait délégué Martin Carrier, directeur général de Warner Montréal et président de l’Alliance numérique, Rémi Racine, PDG de Behaviour, et David Lipes, cofondateur de Budge Studios. Bref, un gros, un moyen et un petit, les deux derniers à propriété québécoise.

Il était un peu surréel de parler de l’industrie du jeu vidéo au Québec en l’absence de représentants d’Ubisoft (il y en avait un dans la salle), mais ceux-ci se feront plutôt entendre vendredi, dans une audience privée.

Où sont les impacts?

Il y a deux questions similaires et évidentes qui sautent aux yeux quand l’industrie du jeu vidéo se plaint de la diminution de ces crédits.  Les commissaires n’ont pas manqué de les poser.

La première : le même taux a chuté de 50% à 37,5% en 2003 et ça ne semble pas avoir réduit la croissance du tout.

Réponse de Martin Carrier : l’époque correspondait avec une première vague de diplomation de gens formés spécialement pour le jeu vidéo. Ubisoft était débarquée en 1997, il avait fallu mettre un peu de temps pour créer les programmes, puis le temps pour les étudiants de les suivre, ça nous mène effectivement approximativement à cette époque.

Ce nouveau bassin de talent aurait donc aidé à diminuer les impacts de la réduction du taux. À mots couverts, divers intervenants à qui j’avais moi aussi déjà posé la question ont aussi admis que 50%, c’était quand même pas mal (trop) généreux…

L’autre question, similaire, c’est que l’on n’a pas encore perçu d’impact de cette diminution depuis sa mise en place, le 4 juin dernier, il y a maintenant quatre mois.

Cette fois, M. Carrier a vaguement parlé d’un fournisseur de services qui pensait prendre de l’expansion à Montréal et aurait finalement préféré l’Europe. On évoque aussi, avec raison, que les décisions ne se prennent pas si rapidement et que c’est plutôt au moment où les mandats actuels seront effectués et devront être renouvelés que les décisions difficiles pourraient survenir.

M. Racine, de son côté, a raconté, brièvement aux commissaires puis plus en détail lorsqu’interrogé dans les corridors, son expérience avec le jeu Star Citizen, à la conception duquel participe Behaviour. L’entreprise est aussi actionnaire du projet, de sorte qu’elle fonctionne à livres ouverts avec le développeur principal et éditeur, Cloud Imperium, qui détient notamment des studios au Texas et à Manchester, au Royaume-Uni. En tout, cinq studios collaborent à la création.

« On se fait rappeler tous les jours que nous sommes plus chers que le Texas et le Royaume-Uni », a déclaré M. Racine devant les commissaires. « Sur un projet de 50 personnes, c’est 5 personnes de moins chez nous présentement. »

En coulisses, M. Racine a été plus précis.

« On parle de notre créativité, mais les Anglais n’ont rien à nous enlever là-dessus, rappelle-t-il. Présentement, un artiste coûte 20% moins cher à Manchester. C’est le même gars, le même CV. On a la chance de voir les chiffres dans ce projet et je n’ai pas trop le choix d’être d’accord avec les autres et de leur dire de le prendre à Manchester. »

Un fonds pour les petits

Outre le retour au taux de 37,5%, l’Alliance numérique demande aussi la mise sur pied d’un fond qui permettrait de financer les jeunes entreprises québécoises du secteur, qui se font de plus en plus nombreuses.

Celles-ci dépendent pour l’instant énormément du Fonds des médias du Canada (FMC), qui finance chaque année quelques projets sélectionnés au terme d’un concours de sélection. L’industrie québécoise aimerait disposer de son propre outil, qui permettrait de développer des propriétés intellectuelles québécoises.

Si je décode bien ce qui c’est dit au sujet de ce fonds, autant devant les commissaires que dans les corridors, l’idée serait de créer un fonds public auquel seraient automatiquement admissibles (et non par concours) les entreprises québécoises qui soumettent un projet doté d’une certaine part de financement privé.

Encore plus précisément, on aimerait qu’une partie de ce financement privé provienne de gros joueurs, qui agiraient ensuite en tant qu’éditeurs, mais qui ne pourraient mettre la main sur la propriété intellectuelle, puisque le financement serait lié au fait qu’elle reste entre les mains de Québécois.

L’idée n’est pas vilaine, mais il faut se rappeler que la Commission a pour mandat de dénicher 650 millions EN PLUS des coupures de 20% déjà imposées. La commande est déjà imposante et le fait de ramener les crédits d’impôt à leur niveau d’antan ou de créer ce fonds spécial ne ferait que l’alourdir. La bataille est loin d’être gagnée.

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