Le blogue techno

Mercredi 23 juillet 2014 | Mise en ligne à 12h20 | Commenter Commentaires (12)

Timide accueil pour le téléphone d’Amazon

FirePhone-D-Maps-Yelp

C’est vendredi que le Fire Phone, le nouveau téléphone intelligent haut de gamme d’Amazon, doit commencer à être vendu aux États-Unis. Les premières critiques ont commencé à faire surface au cours des dernières heures.

S’il fallait résumer en une phrase tout ce que j’ai lu à son sujet ce matin, ce serait : « il fait la job, mais personne ne va se lancer là-dessus ».

Au chapitre des reproches qui lui sont adressés de façon presque généralisée, notons son aspect très neutre, la durée de vie de sa batterie, le manque d’applications attribuable à l’utilisation de Fire OS plutôt qu’une version régulière d’Android et la relative inutilité de ses deux principales innovations, FireFly et la « Dynamic Perspective ».

À l’exception de ce qui concerne la batterie, et qui détonne un peu avec les spécifications techniques assez élogieuses publiées par Amazon, le reste de ces défauts était prévisible.

Les tablettes Fire n’ont jamais été reconnues pour leur design. Quant à l’utilisation d’une branche d’Android qui n’est pas entièrement compatible avec la version principale, c’est ni plus ni moins que se tirer dans le pied. Un téléphone sans Google Maps, vraiment?

FireFly, la technologie qui permet de reconnaître automatiquement un paquet de trucs en y pointant la caméra de l’appareil, et la perspective dynamique, qui analyse en tout temps la position de votre tête par rapport à l’écran et vous permet d’interagir par le mouvement, ce sont deux fonctions qui semblaient dès le départ prometteuses, mais vouées à un lent début.

Pour être utile, et utilisée, FireFly doit offrir un taux de précision de près de 100%, ce qui semble un peu utopique, surtout dans une première version. Et effectivement, il semble que ce ne soit pas le cas, selon ceux qui l’ont essayée.

La perspective dynamique, elle, est fortement dépendante de l’utilisation qu’en font les développeurs d’applications et il est tout à fait naturel qu’ils ne s’y précipitent pas au départ.

Notez cependant qu’il y a au moins une entreprise québécoise, Hibernum, qui a conçu un jeu spécialement conçu pour tirer profit de cette technologie. Ce jeu, Saber’s Edge, sera lancé en même temps que l’appareil, vendredi.

Notons que le Fire Phone ne sera pour l’instant vendu qu’aux États-Unis, et que pour le réseau d’AT&T, au même prix que l’iPhone 5S et le Galaxy S5. Aucune annonce n’a été fait quant à son éventuelle disponibilité au Canada et compte tenu de son fort lien avec l’écosystème d’Amazon, qui n’est pas aussi développé ici, mieux vaudrait ne pas retenir votre souffle.

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Mercredi 16 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h47 | Commenter Commentaires (90)

Forfaits Internet: comparaison Vidéotron/Bell

Vidéotron vient d’annoncer une révision de ses forfaits d’accès Internet sensée rendre « les très hautes vitesses encore plus accessibles ».

Pour faciliter la comparaison, j’ai pris le tableau fourni par Vidéotron (lignes en jaune) et j’y ai ajouté les forfaits de Bell, en bleu. J’ai pensé que le tableau pourrait vous intéresser.

À noter que dans les deux cas, les prix affichés sont conditionnels à l’abonnement à au moins un autre service (télé, mobile, téléphone IP).

Comparaison des forfaits Internet de Bell et Vidéotron

Comparaison des forfaits Internet de Bell et Vidéotron

Là où ils se comparent le mieux, j’ai l’impression que les forfaits de Bell sont encore légèrement supérieurs. À 49,95$, le seul prix commun, Bell offre de meilleures vitesses. À 36/38$, Bell double la capacité pour 2$ de plus. À 54/55$, pour un dollar de différence, Bell est un peu plus lent mais plus généreux sur la limite de téléchargement. À choisir, je préfère la limite de téléchargement supérieure, qui risque d’être véritablement utile plus souvent que les 5 Mbit/s de vitesse supplémentaire.

Les autres forfaits deviennent un peu plus difficiles à comparer. De toute façon, à part pour une utilisation professionnelle, je ne vois pas l’utilité des forfaits à plus de 25/30 Mbit/s.

Évidemment, ce ne sont pas les deux seules options, même si elles sont parfois difficiles à éviter, surtout quand on veut aussi un service télé.

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Jamais je n’aurais pensé que mon dernier billet sur Ubisoft, publié à 18h un vendredi soir d’été, aurait généré autant d’attention de votre part. Certes, j’ai dû passer une partie de ma fin de semaine sur mon téléphone pour lire et approuver vos nombreux commentaires, mais leur qualité m’a réjoui.

J’ai principalement retenu deux thèmes dans ces commentaires.

D’abord celui des retombées économiques. J’aurais aimé penser dès le départ à inclure un lien vers un article de décembre dernier où mon collègue Vincent Brousseau-Pouliot avait obtenu du ministère des Finances une évaluation de la rentabilité du crédit d’impôt au secteur des jeux vidéo. Celle-ci s’élevait à 10,6%, selon le ministère, mais nous l’avions ramenée à environ 6,3% en tenant compte des subventions directes qui s’ajoutent au programme régulier.

Nous n’avions pas vraiment obtenu tout le détail de ce calcul ministériel, qui restera toujours un peu subjectif. La notion de « retombée économique » est en effet très élastique et difficile à embouteiller.

Ceci dit, les impacts positifs du programme de crédit multimédia sont indéniables. Montréal (et aussi un peu Québec) s’est dotée à partir de presque rien d’un noyau qui n’a pratiquement pas d’égal à l’échelle mondiale. C’était un peu moins perceptible cette année, mais il y a deux ans, à l’E3, on avait vraiment l’impression que « Montréal » était devenu une sorte de marque dans l’industrie du jeu, une espèce de sceau de qualité, mérité ou non, un peu comme on aime accoler « Paris » ou « Milan » à tout ce qui touche la mode. Dire qu’un jeu avait été conçu à Montréal était comme un argument marketing. Ce n’est pas rien.

L’autre thème, un peu moins évident, mais néanmoins présent dans vos commentaires, c’est de voir si les crédits sont la meilleure façon de soutenir cette industrie, ou du moins s’ils le sont encore.

J’ai discuté crédits d’impôt avec beaucoup, beaucoup de gens avant et pendant l’E3, il y a quelques semaines. Beaucoup de ces conversations sont reflétées ici.

La taille gigantesque des studios locaux tend à démontrer que le programme québécois fonctionne très bien pour les grandes entreprises. En revanche, il semble bien que pour la nouvelle vague de studios qui commence à se faire bien présente à Montréal, les crédits ne sont pas idéaux. Ces studios, à propriété québécoise, ne représentent évidemment pour l’instant qu’une fraction de l’importance économique d’Ubisoft, Warner ou Eidos, mais ils ont le potentiel d’être encore plus bénéfiques, du fait justement qu’ils appartiennent à des gens d’ici. Ils paient donc leurs impôts ici et sont moins susceptibles de lever les feutres à la moindre infortune.

Il serait peut-être intéressant aussi pour la prochaine Commission d’examen sur la fiscalité québécoise d’effectuer un calcul que je n’ai pu faire vendredi, faute de temps et, bien franchement, de compétence : aurait-il été plus rentable pour le gouvernement d’investir les 297 millions d’euros qu’il a accordés à Ubisoft sous forme de crédit d’impôt au cours des neuf dernières années, ou une partie de cette somme, en échange d’actions de l’entreprise?

Un raisonnement logique sommaire donne à penser que oui. Le gouvernement n’a présentement rien de solide entre les mains malgré son importante contribution. La pilule serait peut-être plus facile à faire avaler aux contribuables s’ils détenaient une partie des entreprises dans lesquelles ils ont investi.

Évidemment, cela soulève de nombreuses questions. Pourquoi aurait-on investi dans Ubisoft plutôt qu’une autre? Est-ce le rôle du gouvernement d’investir dans des entreprises privées? Le développement de l’entreprise aurait-il été le même avec cet actionnaire en son sein? Les dirigeants  auraient-ils accepté une telle entente? Le parcours de l’action d’Ubisoft aurait-il été le même? Quel serait l’impact sur la compétitivité du programme?

Bref, beaucoup trop de questions pour obtenir une réponse claire. Mais on ne peut s’empêcher de constater en observant froidement les chiffres qu’au cours des dernières années, ce sont les contribuables québécois qui ont financé la restructuration, la prise de risque et la croissance d’Ubisoft, un rôle qui devrait normalement échoir à un actionnaire-investisseur.

Une petite précision technique en terminant. Je ne prétends pas être un expert en fiscalité, loin de là, mais toutes les discussions techniques que j’ai eues avec des gens bien au fait du programme au cours des années m’ont laissé comprendre qu’il n’a de « crédit d’impôt » que le nom.

En effet, il s’agit de crédits d’impôt remboursables, ce qui signifie qu’ils sont versés peu importe si l’entreprise paie ou non de l’impôt. Warner, EA, Ubisoft, Eidos, Ludia, Behaviour et compagnie pourraient très bien ne déclarer aucun bénéfice en fin d’année, et donc n’avoir aucun impôt à payer, mais néanmoins percevoir l’ensemble de la somme qui leur est due.

Cette situation profite à toutes les entreprises visées, mais encore plus aux multinationales, qui malgré les normes comptables, disposent toujours d’une certaine marge de manœuvre leur permettant de choisir dans quelle juridiction déclarer leurs profits, ou du moins une partie de ceux-ci.

Je n’ai aucune information privilégiée pour appuyer ce scénario, mais les studios locaux de ces entreprises sont évidemment d’abord et avant tout des centres de coûts, de sorte qu’on peut facilement imaginer qu’elles déclarent ici des gains minimes, voire des pertes, et encaissent les profits là où sont basées leurs filiales de commercialisation ou leur maison-mère, par exemple.

AJOUT: Précision pour les gens qui sont encore moins familiers que moi avec l’impôt. Un crédit d’impôt « remboursable » ne signifie pas que l’entreprise le remboursera au gouvernement. Ça signifie qu’il est versé par le gouvernement à l’entreprise même si le solde d’impôt de l’entreprise est négatif.

Ex.: – Impôts à payer de 100 000$ avec crédit d’impôt remboursable de 125 000$ = 0$ d’impôt payé et 25 000$ envoyé à l’entreprise.
- Impôts à payer de 100 000$ avec crédit d’impôt non-remboursable de 125 000$ = 0$ d’impôt payé, un point c’est tout.

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