Le blogue techno

Mercredi 22 octobre 2014 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (16)

Crédit d’impôt au jeu vidéo : début d’effet concret

La Commission d’examen sur la fiscalité québécoise a amorcé la partie audiences publiques de son mandat lundi dernier, à Montréal, et c’est l’industrie du jeu vidéo qui a reçu l’honneur d’être la première à venir expliquer son point de vue.

Cette industrie bénéficie, rappelons-le, du Crédit d’impôt à la production de titres multimédias, un crédit remboursable qui couvre 30% des salaires admissibles, soit à peu près tout le personnel lié à la production.

Ce taux était de 37,5% avant une réduction de 20% de tous les crédits d’impôt aux entreprises annoncée dans le dernier budget provincial, au printemps.

Devant les commissaires, l’industrie du jeu avait délégué Martin Carrier, directeur général de Warner Montréal et président de l’Alliance numérique, Rémi Racine, PDG de Behaviour, et David Lipes, cofondateur de Budge Studios. Bref, un gros, un moyen et un petit, les deux derniers à propriété québécoise.

Il était un peu surréel de parler de l’industrie du jeu vidéo au Québec en l’absence de représentants d’Ubisoft (il y en avait un dans la salle), mais ceux-ci se feront plutôt entendre vendredi, dans une audience privée.

Où sont les impacts?

Il y a deux questions similaires et évidentes qui sautent aux yeux quand l’industrie du jeu vidéo se plaint de la diminution de ces crédits.  Les commissaires n’ont pas manqué de les poser.

La première : le même taux a chuté de 50% à 37,5% en 2003 et ça ne semble pas avoir réduit la croissance du tout.

Réponse de Martin Carrier : l’époque correspondait avec une première vague de diplomation de gens formés spécialement pour le jeu vidéo. Ubisoft était débarquée en 1997, il avait fallu mettre un peu de temps pour créer les programmes, puis le temps pour les étudiants de les suivre, ça nous mène effectivement approximativement à cette époque.

Ce nouveau bassin de talent aurait donc aidé à diminuer les impacts de la réduction du taux. À mots couverts, divers intervenants à qui j’avais moi aussi déjà posé la question ont aussi admis que 50%, c’était quand même pas mal (trop) généreux…

L’autre question, similaire, c’est que l’on n’a pas encore perçu d’impact de cette diminution depuis sa mise en place, le 4 juin dernier, il y a maintenant quatre mois.

Cette fois, M. Carrier a vaguement parlé d’un fournisseur de services qui pensait prendre de l’expansion à Montréal et aurait finalement préféré l’Europe. On évoque aussi, avec raison, que les décisions ne se prennent pas si rapidement et que c’est plutôt au moment où les mandats actuels seront effectués et devront être renouvelés que les décisions difficiles pourraient survenir.

M. Racine, de son côté, a raconté, brièvement aux commissaires puis plus en détail lorsqu’interrogé dans les corridors, son expérience avec le jeu Star Citizen, à la conception duquel participe Behaviour. L’entreprise est aussi actionnaire du projet, de sorte qu’elle fonctionne à livres ouverts avec le développeur principal et éditeur, Cloud Imperium, qui détient notamment des studios au Texas et à Manchester, au Royaume-Uni. En tout, cinq studios collaborent à la création.

« On se fait rappeler tous les jours que nous sommes plus chers que le Texas et le Royaume-Uni », a déclaré M. Racine devant les commissaires. « Sur un projet de 50 personnes, c’est 5 personnes de moins chez nous présentement. »

En coulisses, M. Racine a été plus précis.

« On parle de notre créativité, mais les Anglais n’ont rien à nous enlever là-dessus, rappelle-t-il. Présentement, un artiste coûte 20% moins cher à Manchester. C’est le même gars, le même CV. On a la chance de voir les chiffres dans ce projet et je n’ai pas trop le choix d’être d’accord avec les autres et de leur dire de le prendre à Manchester. »

Un fonds pour les petits

Outre le retour au taux de 37,5%, l’Alliance numérique demande aussi la mise sur pied d’un fond qui permettrait de financer les jeunes entreprises québécoises du secteur, qui se font de plus en plus nombreuses.

Celles-ci dépendent pour l’instant énormément du Fonds des médias du Canada (FMC), qui finance chaque année quelques projets sélectionnés au terme d’un concours de sélection. L’industrie québécoise aimerait disposer de son propre outil, qui permettrait de développer des propriétés intellectuelles québécoises.

Si je décode bien ce qui c’est dit au sujet de ce fonds, autant devant les commissaires que dans les corridors, l’idée serait de créer un fonds public auquel seraient automatiquement admissibles (et non par concours) les entreprises québécoises qui soumettent un projet doté d’une certaine part de financement privé.

Encore plus précisément, on aimerait qu’une partie de ce financement privé provienne de gros joueurs, qui agiraient ensuite en tant qu’éditeurs, mais qui ne pourraient mettre la main sur la propriété intellectuelle, puisque le financement serait lié au fait qu’elle reste entre les mains de Québécois.

L’idée n’est pas vilaine, mais il faut se rappeler que la Commission a pour mandat de dénicher 650 millions EN PLUS des coupures de 20% déjà imposées. La commande est déjà imposante et le fait de ramener les crédits d’impôt à leur niveau d’antan ou de créer ce fonds spécial ne ferait que l’alourdir. La bataille est loin d’être gagnée.

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Il n’y a à peu près rien de ce qui a été dit sur scène, hier au siège social d’Apple, qui a étonné les observateurs. Mais comme cela arrive à l’occasion, c’est par après qu’on a découvert une petite surprise.

Ladite surprise concerne l’iPad Air 2, ou plus particulièrement le modèle avec connectivité cellulaire. Des observateurs ont remarqué, dans la page où Apple détaille les capacités sans fil de la tablette, une référence à une carte SIM Apple (« Apple SIM »).

La carte SIM est la petite carte à puce fournie par votre fournisseur (Bell, Telus, Rogers, Fido, Vidéotron, etc.) dans votre téléphone pour le faire fonctionner. Elle sert en quelque sorte d’identifiant qui permet au réseau de lier votre appareil à votre compte. Jusqu’ici, cette carte a toujours été dédiée à un seul fournisseur.

Plus maintenant, si on comprend l’explication fournie par Apple, elle fournit maintenant elle-même la carte SIM à ses clients américains et anglais. Cette carte leur donne ensuite accès, à leur choix, au réseau de AT&T, Sprint ou T-Mobile aux États-Unis. Au Royaume-Uni, on dirait qu’il n’y a que EE qui participe pour le moment, ce qui réduit l’utilité, sauf pour les Américains qui voyagent là-bas.

L’idée semble être de permettre aux utilisateurs de passer rapidement d’un fournisseur à l’autre pour utiliser des forfaits de données différents. On dirait même qu’Apple offre une interface pour se procurer des forfaits directement sur sa tablette, sans devoir aller en magasin. J’ai l’impression que ce serait surtout utile pour les voyageurs, qui pourraient rapidement se procurer un forfait de données à court terme valable dans la région ou le pays de destination.

Si jamais cette idée devait faire son chemin jusque dans l’iPhone, la révolution deviendrait majeure. Mais il faut s’attendre à beaucoup de résistance de la part des fournisseurs, pour qui les communications en déplacement (roaming) restent une vache à lait.

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Jeudi 16 octobre 2014 | Mise en ligne à 11h06 | Commenter Commentaires (36)

Le hockey pour faire comprendre le « big data »

Kyle Dubas, directeur général adjoint des Maple Leafs de Toronto et Carl Farrell, président de SAS Canada et vice-président directeur de SAS Amériques. Source: SAS Canada

Kyle Dubas (gauche), directeur général adjoint des Maple Leafs de Toronto et Carl Farrell (droite), président de SAS Canada et vice-président directeur de SAS Amériques. Source: SAS Canada

L’une des histoires qui a fait couler le plus d’encre cet été dans l’univers de la LNH, entre autres parce qu’elle se déroulait dans un marché où il y a justement beaucoup d’encre à faire couler, c’est la décision des Maple Leafs de Toronto de mettre l’emphase sur les « statistiques avancées » pour essayer de se sortir du bourbier dans lequel ils sont englués depuis des années.

Cette décision s’est notamment manifestée par l’embauche d’un nouveau directeur général adjoint, Kyle Dubas, tout jeune et reconnu pour son amour de ce genre de données. Cette embauche a été complétée par quelques autres pour créer une sorte de « département » d’analytique dans les bureaux de l’équipe.

Dans les circonstances, il ne devrait donc pas être étonnant d’entendre une annonce comme celle faite ce matin par l’équipe et SAS, à propos d’un nouveau partenariat «qui permettra d’analyser et d’étudier divers aspects de la performance de l’équipe ».

Et pourtant, oui, c’est un peu étonnant, tant l’univers du hockey et celui du « big data » semblaient éloignés il y a encore quelques mois à peine.

J’ai l’impression que SAS pourrait tirer beaucoup de cette commandite, dans la mesure où les Leafs devaient bien faire (ce qui est peu probable, comme les amateurs du Canadien le savent tous…). Expliquer le concept de « big data », c’est généralement se plonger dans des concepts assez abstraits, pas toujours pertinents aux yeux du grand public. Bref, c’est brun.

Mais le hockey, ça, tout le monde connaît et si SAS peut tirer deux ou trois bons exemples de cette collaboration, elle pourrait faire faire de grands pas au « big data ».

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