Hier, ma blonde a passé plus de la moitié de sa journée assise devant un scanneur. Il en est résulté deux ou trois milliers (j’exagère à peine) de fichiers JPG qu’elle va subséquemment classer dans notre système informatique après les avoir sommairement bidouillés dans un logiciel graphique. Pourquoi je vous relate cette histoire ? Parce le mois dernier, elle m’a fait traîner son classeur métallique à quatre tiroirs sur le bord du chemin et que depuis, elle peaufine son virage 100 % numérique dans un contexte impressionnant de sécurité.
Son déclencheur, à ma blonde ? Deux ou trois articles que j’ai signés ici même en 2010. Elle m’a lu, elle m’a questionné, elle a vérifié et elle a compris qu’à partir, par exemple, de son iPad, il lui serait possible d’accéder à n’importe quel document, où qu’elle soit, et de l’imprimer au besoin : papelards importants, souvenirs attendrissants, photos de famille, etc. Cela pour vous dire que 2011 sera sa première année vraiment numérique et, par ricochet, la mienne. Commençait à être temps, direz-vous ?
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Quand, un jour qui n’est pas venu, mais qui viendra sûrement, j’en aurai fini N-I-NI avec le journalisme techno, je m’ennuierai des produits que l’on me fait essayer, des tendances sociales qu’ils ont imposées et des querelles parfois hautes en couleur qu’ils ont suscitées dans les commentaires de bas d’article. Mais je ne m’ennuierai jamais des avocats omniprésents en techno et des incessantes poursuites grâce auxquelles ces gens ont pu vivre grassement. Prenez la dernière, celle de Paul Allen.
Le scénario est archiconnu. On manipule des documents, on se fait distraire un instant par une merveilleuse petite chatte d’Espagne dont on vient d’hériter, on clique bêtement sur le mauvais bouton et on perd 1 234 JPG irremplaçables. Oup pelaille!, fait-on. On va alors à la corbeille, on retrouve ses 1 234 merveilles et on les replace au bon endroit. Mais, comme on le sait tous, il arrive que la corbeille soit vide, c’est-à-dire que les 1 234 œuvres d’art, possiblement en raison de leur nombre, se sont volatilisées dans les ruelles glauques du cyberespace. Quand cela arrive, on crie, on se cogne la tête sur le clavier, on se maudit, on essaie d’étrangler la chatte à l’origine de la distraction.


