Le blogue photo

Archive, octobre 2016

Lundi 24 octobre 2016 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Un commentaire

Zoom Photo Festival Saguenay. Incontournable.

Photo\ Yoanis Menge

Depuis quatre ans, Yoanis Menge suit le quotidien des chasseurs de phoques aux Îles-de-la-Madeleine, où il vit, à Terre-Neuve et au Nunavut. Photo Yoanis Menge

Rien à faire au cours des prochaines semaines ? Je vous propose de faire une escapade et prendre la direction de Saguenay pour assister au  plus gros festival de photojournalisme au Canada, Zoom Photo festival.

Vous aurez l’occasion de voir 21 expositions photo. Des ateliers et conférences avec des photojournalistes de calibre international. Un atelier avec Balint Porneczi , un maître d’images prise avec un iPhone. Vous avez manqué le World Press Photo à Montréal ? L’exposition y est. Le festival offre une programmation impeccable et  en primeur les finalistes du prix Antoine Désilets. Bref, un rendez-vous incontournable pour les amateurs de photojournalisme.   Les infos ici.

Les gens du festival ont également créé la galerie photo « Wide View » qui propose des photoreportages de grande qualité, qui sont commentés par les photojournalistes. Une formule intéressante qui vous permet de comprendre la démarche des photographes.

Et surtout, il ne faut pas manquer l’exposition Hakapik de Yoanis Menge, qui à elle seule, vaut le détour.

Go !

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Lundi 10 octobre 2016 | Mise en ligne à 21h51 | Commenter Aucun commentaire

La jungle du « speed dating » à Perpignan

Photo: Ivanoh Demers/ La Presse

Photo: Ivanoh Demers/ La Presse

Avec plus de 3000 photographes et 280 agences, le festival International de photojournalisme Visa Pour Image, qui avait lieu le mois dernier à Perpignan, en France,  est LE rendez-vous entre les  photojournalistes et  les « picture editor » des plus grands journaux de la planète.  J’ai rencontré deux adeptes de ce méga speed dating professionnel qui nous expliquent les trucs et astuces pour se faire remarquer.

Le Café de la poste est bondé ce soir. Comme des dizaines d’autres photographes, Nadège Mazars se promène de table en table pour présenter son portfolio à qui veut bien le voir. La pigiste française fait de la photo professionnelle depuis deux ans, mais elle en est déjà à sa troisième présence à Perpignan. Pour elle, c’est «un rendez-vous super important, un incontournable».

Elle espère se faire connaitre pour décrocher de nouveaux contrats photo. «Je suis basée à Bogota, en Colombie, alors les gens ici ne me connaissent pas. Il faut que je sois là. Pour réussir,  le contact en personne avec les éditeurs photo est essentiel. » Sa stratégie est de rencontrer directement les gens au moins une fois. « Je leur demande 10 minutes. Même si ça ne débouche sur rien, on comprend comment le journal fonctionne, ce que l’éditeur photo recherche.»

Cette année, Nadège a décidé de présenter son reportage le processus de paix avec les Farc en Colombie en 50 photos. Le timing est parfait. Sa technique de vente est simple : elle présente rapidement ses images et, après, elle se tait. « Avant tout, c’est l’image qui doit parler. Ça prend des photos qui pètent l’écran, qui sont fortes. Il faut montrer nos diamants bruts. »

Au Café de la Poste, le même scénario se répète soir après soir pendant toute la semaine du festival. La démarche est plus informelle qu’au Palais des congrès, où il faut prendre un rendez-vous officiel pour obtenir un entretien. « Il y  avait des files d’attente de trois heures pour avoir un rendez-vous avec un éditeur photo, j’ai laissé tomber», raconte Nadège.

Savoir choisir de bonnes photos À  quelques minutes de marche de là, au Palais des congrès, Emanuela Ascoli est sur place à titre de responsable photo de National Geographic, section France. La « picture editor » aime bien Perpignan. Le Festival lui permet, une fois par an, de rencontrer en personne les photographes. Elle peut en rencontrer entre 20 et 30 par jour dans l’espoir de repérer, d’un seul coup d’œil, un portfolio intéressant. « C’est assez étonnant. Il y a des photographes qui viennent du monde entier. C’est intéressant de voir des histoires avec des regards différents.

L’horaire étant très chargé, chaque rencontre dure environ 20 minutes. « Ce n’est pas beaucoup, donc ils doivent nous donner en très peu de temps l’essence de leur travail. C’est à ce moment qu’on décide si on veut en voir plus ou non, explique Emmanuela Ascoli. « La chose la plus difficile pour plusieurs photographes, c’est de savoir choisir les bonnes photos. Souvent, les images sont redondantes! Certains photographes peu expérimentés vont  arriver avec 200 photos, c’est beaucoup trop », déplore l’éditrice photo. Elle recommande plutôt aux photographes de présenter un portfolio contenant environ une trentaine d’images, ce qui lui permet d’avoir « un bon aperçu de l’histoire».

Photo: Ivanoh Demers / la Presse

Photo: Ivanoh Demers / la Presse

L’art de raconter une histoire « À National Geographic, on cherche de bonnes histoires, le photographe doit donc choisir des images qui vont raconter clairement cette histoire. Il faut avoir un langage d’écriture photographique, savoir raconter avec des images. C’est ce que je cherche. Ce n’est pas forcément de choisir les meilleures images, mais surtout la façon de les défiler. Où se passe l’histoire?  Ça prend du contexte, et aussi des petits détails qui vont agrémenter l’histoire.» Les éditeurs photo veulent aussi rencontrer les photographes pour s’assurer de la crédibilité de leurs photoreportages, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas connus et qu’ils présentent un reportage inusité, explique Emanuela Ascoli. « Certains photographes n’ont pas assez d’infos sur leurs images et ça, c’est un problème. On va parfois demander à un journaliste d’interviewer le photographe pour bien documenter notre sujet. On veut des gens qui savent documenter et s’informer de la situation qu’ils photographient.»

Un bon investissement Lorsque vient le temps de parler des tarifs, les photographes rencontrés à Perpignan se font un peu moins bavards. «Ahhh, c’est horrible, soupire la photographe pigiste Nadège Mazars. « En France, la grille tarifaire est bien connue dans la profession. Mais aux É.-U., les contrats sont très  restrictifs, avec des conditions d’exclusivité. Ils vont demander de garder nos images pour des publications futures. Bref, on doit oublier les droits d’auteurs. Face à un grand groupe de presse, on est seul. On est dans une position précaire et ils sont dans une position de pouvoir. C’est un des plus gros problèmes de notre profession. » D’un café à un autre, Nadège aura réussi à avoir une vingtaine d’entretiens avec des éditeurs photo pendant sa semaine à Perpignan. « En général, on me dit que mon travail est bon, mais les résultats sont parfois durs à évaluer. En venant à Perpignan, je fais un investissement. »

Nadège Mazarhs et le directeur du Festival Zooom sur Saguenay, Michel Tremblay. Photo : Ivanoh Demers

Nadège Mazars et le directeur du Festival Zoom sur Saguenay, Michel Tremblay. Photo : Ivanoh Demers

Sa rencontre avec Michel Tremblay, le directeur du Festival Zoom Photo Saguenay,  lui aura valu une invitation « au Canada » ce mois de novembre et une belle visibilité pour son exposition. Son travail et ses rencontres ont fait jaser.  D’ailleurs, la photographe est en lice pour une importante bourse décernée par l’agence Magnum. Un bon investissement? YOU BET!

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