Le blogue photo

Archive, octobre 2015

Vendredi 23 octobre 2015 | Mise en ligne à 6h39 | Commenter Commentaires (2)

Retouche extrême

À partir d’une simple photo, les retoucheurs ont la capacité d’inventer des personnages qui dépassent le fruit de notre imagination. Un pro nous explique les coulisses d’un projet particulièrement ambitieux.

Lorsque Claude Lafrance a été approché par un client avec l’idée de transformer un jeune enfant en vieillard, il n’a pas hésité une seconde. « Il est rare qu’on demande à un retoucheur si un projet est réalisable ou non. Ce n’était pas évident comme concept, mais j’étais très confiant, car je suis habitué de faire équipe avec le photographe Alain Desjean. On nous demandait de faire une transformation majeure !

La première étape a été la prise de vue en studio. Le photographe a immortalisé quelques enfants et personnes âgées. Il était primordial d’avoir le même éclairage pour tous les sujets. « Afin d’avoir le plus de variables possible, les sujets étaient photographiés sous différents angles. Il fallait énormément de matériel photo pour réussir ce genre de projet ».

Après avoir visionné le matériel, le client a choisi le petit garçon de départ et identifié quelques traits de vieillard qu’il appréciait. C’est à partir de ses indications que Claude Lafrance a commencé à inventer son personnage. Le retoucheur se réajustait constamment. « Je suis revenu avec une quinzaine de versions différentes. » À chaque version, le photographe faisant quelques calques d’ajustements de densité et des nuances de saturation. Puis, Claude retournait travailler sur son personnage.

Environ une dizaine de photos ont été utilisées pour le projet. « On a choisi le cou d’un, le menton de l’autre, le nez à partir d’un autre image. Par la suite, chaque petit bout de peau a été travaillé. Les poils, faux, ont été dessinés au crayon sur une tablette graphique. Dans les narines et les oreilles, tous les poils ont été dessinés à la main, un par un. Les ombrages des poils ont été créés aussi. » Les sourcils sont réels et ont été pris sur une photo.

La chevelure du sympathique bonhomme aura subi plusieurs changements. « Au début, il avait les cheveux gris. Puis on la rendu coco. »  Ironiquement, Claude Lafrance ne voulait pas de rides « trop vieilles ». « Je les ai atténuées en baissant le contraste. J’ai aussi réduit le nombre de rides et enlevé ceux qui étaient dans le milieu du front. »

Même si l’éclairage a été contrôlé en studio, il y a énormément de retouche à faire dans les hautes lumières. Celles-ci ne réagissent pas de la même façon que les basses lumières. « Quand on fusionne deux morceaux de peau ensemble, il y a une partie de l’image qui devient floue, irréelle. Avec l’outil tampon, il faut reproduire cette peau pour assimiler les deux morceaux ensemble. Il faut apprendre à créer, imaginer des textures, des nuances. »

Selon Claude, il est important d’apprendre à jouer avec des images qui n’ont pas la même résolution. Fusionner le grain des deux images est un autre défi important. « Malheureusement, on est parfois obligé de rajouter du grain sur  nos bonnes images pour jumeler avec celle qui ont une résolution insuffisante. » L’artiste aura eu la brillante idée de créer de faux boutons et autres imperfections pour masquer cette zone de transition.

Claude a facilement passé une trentaine d’heures à réaliser son « petit-vieux ». Son fichier final est composé de plus de 200 calques ! Mais il est satisfait du résultat. « Le bonhomme n’est pas réel, mais il a l’air vrai. On pourrait probablement le croiser sur la rue. C’est ça, la clé. Il faut croire au personnage ! » dit-il en riant.

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Mardi 6 octobre 2015 | Mise en ligne à 13h52 | Commenter Commentaires (3)

Comment nettoyer un capteur numérique

Photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Vous arrivez d’un magnifique voyage. En regardant vos photos, vous constatez que le drôle d’oiseau dans votre ciel est finalement une grosse poussière… C’est le temps de nettoyer votre capteur ! Emmanuel Dubois est gérant et technicien photo chez Camtech Photo. Il nous livre ses conseils pour un nettoyage adéquat.

1-Vérifier la charge « La première chose à faire lorsqu’on nettoie un capteur est de s’assurer que la batterie de votre appareil photo est chargée à 100 %. Plusieurs modèles sur le marché vont refuser de lever le miroir pour effectuer un nettoyage si la batterie n’est pas pleinement chargée. »

2-Faire une photo test « Prenez une image d’une feuille blanche avec les réglages suivants : en mode manuel, réglez l’ISO au minimum pour obtenir environ un exposition de une seconde  à F16 ou F22. Il est important de choisir une petite ouverture pour exagérer le problème et bien voir les poussières. Un petit truc est de bouger légèrement l’appareil en faisant la prise de vue, ce qui va nous permettre de mieux voir les cochonneries sur votre capteur. Ensuite, examiner la photo à l’ordinateur pour voir exactement où sont situées les saletés. »

Photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Emmanuel Dubois Photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

3- Lever le miroir « Dans les menus de votre appareil, sélectionner la fonction « nettoyage de capteur manuel ». Cette commande va lever le miroir. Il ne faut jamais toucher le miroir de votre appareil photo. Il est très fragile. Les gens croient que les saletés sur le miroir vont apparaître sur les photos. Ce n’est pas le cas, car celui-ci est levé lors de la prise de vue. »

4- Examiner le capteur « On peut voir le capteur à l’œil nu, mais il est préférable d’utiliser une loupe qui a des lumières intégrées. Avec la loupe on voit très bien la nature des saletés, ce qui  nous permet de choisir le type de produits pour le nettoyage. Dans 95 % des cas, le produit de base Sensor Cleaning va bien faire le travail. Le produit Smear Away est conçu pour les taches d’huile, qui sont beaucoup plus rares. D’ailleurs, si vous avez des traces d’huile, c’est un problème avec l’obturateur qui projette de l’huile au déclenchement. Faites vérifier votre obturateur. »

5- Nettoyer le miroir « Les bombonnes d’air comprimé vont parfois projeter un peu de liquide. Il faut faire très attention en faisant le jet de biais. Afin d‘éviter ce risque, utiliser une poire antistatique qui est munie d’un filtre. Ce genre de poire ne projette aucune poussière. Nettoyer également la chambre de l’appareil afin d’éviter que des poussières environnantes tombent sur votre capteur après le nettoyage. »

6- Le nettoyeur liquide « Lors du  nettoyage liquide, déposer seulement deux gouttes de produit sur votre applicateur. Il est préférable de secouer celui-ci afin de s’assurer qu’il n’y a pas trop de liquide. Contrairement à la croyance populaire, c’est un liquide qui ne contient pas d’alcool. »

Photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

7- Nettoyer le capteur « Avec l’applicateur, faites un mouvement en continu de gauche à droite. Allez-y très doucement en faisant une pression modérée sur l’applicateur. Celui-ci doit plier juste un peu sur le capteur. Il ne faut pas toucher les lames de l’obturateur. Faites le mouvement deux ou trois fois. Il est inutile d’en faire plus. À l’aide de la loupe, je vais revérifier le nettoyage. Vous pouvez refaire l’opération si nécessaire, mais dites-vous qu’un capteur 100% propre, ça n’existe pas. »

8- Comment éviter les poussières. « Éviter de changer d’objectif dans un environnement venteux. Le principal problème ce sont les zooms. Quand vous zoomez avec un objectif, ça pompe de l’air. S’il y a de la poussière dans l’air, le zoom va envoyer ces particules vers votre capteur. Ne soufflez jamais vers le capteur, vous allez postillonner, ce qui va empirer la situation. »

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