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  • Ivanoh Demers

    Photographe à La Presse, depuis 2002, Ivanoh Demers a réalisé plusieurs photoreportages autour du globe. Il a remporté le prix Antoine-Desilets à cinq reprises, en plus du Concours canadien de journalisme en 2011.
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    Lundi 1 septembre 2014 | Mise en ligne à 10h55 | Commenter Commentaires (3)

    World Press Photo et la triste loterie.

    Je suis allé la semaine dernière au vernissage de  l’exposition du World Press Photo 2014 au Marché Bonsecours.

    Photo/Christopher Vanegas, AP

    Photo Christopher Vanegas, AP

    Une exposition à voir, évidemment. Des images saisissantes en masse et des idées de photoreportage brillantes. La force de cette exposition, c’est de nous montrer sans aucune censure la dure réalité des conflits et tragédies qui secouent notre planète. Je répète, sans aucune censure. La vie, chers amis, c’est un combat. Et le World Press Photo nous le lance en pleine face.

    Photo/Goran Tomasevic

    Photo Goran Tomasevic, Reuters

    L’exposition nous rappelle également le courage des photographes et journalistes qui risquent leurs vies en travaillant dans des zones dangereuses. La photo ci-dessus de Goran Tomasevic en est une preuve éloquente. Je suis allé à plusieurs reprises dans des zones dangereuses: Libye, Afghanistan, Ciudad Juárez, etc. J’étais bien préparé et motivé. Mais surtout, j’étais accompagné de journalistes compétents et informés de la situation sur le terrain. C’est aussi une occasion, disons-le franchement, de se faire un nom dans le milieu des photographes de presse. Le défi professionnel ultime.

    Lorsque je me prépare à partir en zone dangereuse, j’évalue les risques de façon très cartésienne. Un calcul mathématique. Quelles sont les probabilités que je ne revienne pas ? À peu près zéro. OK. Go. C’est ma façon de me décider. C’est la loi de la mauvaise loterie. Est-ce que je vais être malchanceux et gagner la loterie de la bombe ou du kidnapping ? Non, impossible. Pas moi. D’ailleurs à chaque semaine, je me procure un Lotto Max et je ne gagne jamais…

    Aujourd’hui, la donne a changé. Encore. Plus que jamais, les photographes et journalistes sont des cibles. Le conflit syrien en est un exemple parfait. À ce jour, 70 journalistes ont été tués en couvrant ce conflit. Parlez-en à la famille du journaliste James Foley.

    Que vais-je faire si mes patrons me proposent d’aller en Syrie ? Je vais analyser les statistiques et fort probablement refuser l’assignation en revoyant l’image de la décapitation de James Foley. Malheureusement, James Foley a remporté la loterie que personne ne veut gagner.

    Je vous conseille également le texte brillant et incontournable  de ma collègue Michèle Ouimet  ici.


    • Bonne article M.Demers…

    • Ce sont des images qui devraient être obligatoirement montrées à tous les avides de sensations que nous connaissons tous dans notre entourage réel et virtuel . C est le vrai , le cru et les seules images à ne pas photoshopper…

      Je suis tres pré-occuppé par le sort des journalistes et photographes qui ne sont plus seulement témoins du pouls de l humanité mais maintenant la cible de ceux qui veulent la controler. Il n y a plus de regles qui tiennent même si en territoire en guerre c était au départ relatif. Plus aucune convention ne les met à l abri et bientôt si ca se poursuit suivront les travailleurs humanitaires…

    • noirod

      Quand on voit effectivement le travail acharné des travailleurs humanitaires, des journalistes de “conflits” faire le boulot que les “politicailleux” de ce monde ne font pas….

      Ils ont tous mon admiration.

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