Le blogue photo

Mardi 8 novembre 2016 | Mise en ligne à 14h12 | Commenter Commentaires (5)

Réussir un safari photo en 10 étapes

Une expédition en safari photo requiert une grande planification. Récemment  publié dans le National Geographic, le photographe amateur Jacques-André Dupont nous donne ses conseils.

Photo/ Jacques-Andre Dupont

Photo/ Jacques-Andre Dupont

1-Choisir un agent de voyage spécialisé. Il y a des safaris-photos pour tous les budgets. Baisser les couts à tout prix peut s’avérer une mauvaise stratégie, prévient Jacques-André Dupont. «Certaines agences vont limiter la quantité d’essence dans le véhicule, votre guide va donc éviter (à votre insu) des endroits intéressants.» Le photographe suggère par ailleurs de magasiner avec un agent spécialisé en safari.

2- Arrivez tôt et partez tard. Essayez d’avoir un site d’hébergement à l’intérieur du parc, ce qui vous permettra de faire des images dès le lever du jour. « Si vous couchez à l’extérieur, il faut attendre l’ouverture du parc, vous allez manquer de belles images.» En fin de journée, les animaux sont également très actifs. Les guides ont une formation en faune et vont vous aider à repérer les animaux. « Ils ont une connaissance extraordinaire des lieux. Ils peuvent apercevoir des animaux à 300 mètres.»

3-La poussière, votre pire ennemi. Pour éviter la poussière, le photographe ne lésine pas sur les moyens. «C’est un peu fou, mais je m’organise pour ne jamais changer d’objectif. J’amène trois boitiers et trois objectifs! » Il recouvre toujours son sac photo d’un sac en toile. «Amenez-vous un foulard pour couvrir votre visage. La poussière, c’est intense dans un véhicule avec le toit ouvert», explique-t-il.

4-Voyagez le plus léger possible. Jacques-André Dupont a fait plusieurs voyages avec trop d’équipement. Il faut savoir faire des compromis. «Je n’amène plus de flash, ni de monopode  avec moi. En safari vous n’avez pas le droit de quitter le véhicule, un monopode devient encombrant.» Son objectif 500 mm est stabilisé par un «beanbag», déposé sur le toit du véhicule. «J’apporte un sac vide que je remplis sur place avec des haricots secs», dit-il

Photo/Jacques-Andre Dupont

Photo/Jacques-Andre Dupont

Son arsenal est tout de même impressionnant : Un boitier Canon 5D Mark II équipé d’un objectif 24-105 mm, un Canon EOS-1DX Mark II avec un téléobjectif 100-400 mm et un Canon 7D Mark II équipé d’un téléobjectif 500 mm avec un multiplicateur de focale 1,4X donnant une distance focale de 1050 mm.

5-Louez un téléobjectif. Jacques-André Dupont suggère de louer un téléobjectif Sigma 150-600 mm. «La plupart des sujets sont à une distance de 300 à 500 mm. Si vous êtes très proche, ça va vous permettre de faire un beau portrait.» Ce qui n’a pas empêché le photographe de voir plusieurs touristes faire des images avec un téléphone. «C’est épouvantable de voir des gens faire un safari photo avec un iPhone, mais c’est commun. »

6-La prise de vue. Le photographe essaye toujours d’être à la hauteur des yeux des animaux. «J’explique toujours à mon guide que je préfère voir les lions qui sont sur des roches ou dans les arbres, ce qui permet d’avoir une connexion directe avec mon objectif et le regard de l’animal. Il y a un contact qui se fait. C’est un beau moment. N’oubliez pas de toujours laisser un espace vide devant le regard de l’animal.»

Photo/Jacques-Andre Dupont

Photo/Jacques-Andre Dupont

7-Le noir et blanc. Les zèbres, les lions, les éléphants sont de beaux sujets à faire en noir et blanc. «À l’heure du midi, la lumière est moins belle. Je me concentre sur  les animaux à l’ombre sous les arbres qui peuvent donner des images extraordinaires.» Le photographe n’hésite pas à augmenter le contraste pour mieux détacher ses sujets qui sont souvent dans un décor monochrome.

8- La vitesse d’obturation. Le passionné suggère une vitesse d’obturation d’au moins 1/2000 de secondes. « Il faut toujours être prêt, l’animal peut partir en une fraction de seconde, c’est soudain! Quand l’animal tue, il a une rapidité phénoménale. J’en ai manqué des photos… » La technique c’est important, mais selon lui, il faut évoquer l’atmosphère sur place. «Quand on voit un animal, il faut raconter son histoire, le mettre en contexte, dans son environnement.»

9- Soyez patient. En safari, il faut savoir attendre. « Donnez la chance à la nature de vous montrer ses plus belles images. Un guépard assoupi sera possiblement en chasse dans 15 minutes.» La force de la photographie animalière, c’est de voir défiler sous notre objectif le cycle de la vie. «J’ai vu des lions en accouplements. Une bataille entre girafes, qui ressemblait à du tai-chi! J’ai observé une lionne tuer un élan qui  a été projeté à 30 pieds dans les airs. C’était assez spectaculaire.»

10-Amusez-vous!

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Lundi 24 octobre 2016 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Un commentaire

Zoom Photo Festival Saguenay. Incontournable.

Photo\ Yoanis Menge

Depuis quatre ans, Yoanis Menge suit le quotidien des chasseurs de phoques aux Îles-de-la-Madeleine, où il vit, à Terre-Neuve et au Nunavut. Photo Yoanis Menge

Rien à faire au cours des prochaines semaines ? Je vous propose de faire une escapade et prendre la direction de Saguenay pour assister au  plus gros festival de photojournalisme au Canada, Zoom Photo festival.

Vous aurez l’occasion de voir 21 expositions photo. Des ateliers et conférences avec des photojournalistes de calibre international. Un atelier avec Balint Porneczi , un maître d’images prise avec un iPhone. Vous avez manqué le World Press Photo à Montréal ? L’exposition y est. Le festival offre une programmation impeccable et  en primeur les finalistes du prix Antoine Désilets. Bref, un rendez-vous incontournable pour les amateurs de photojournalisme.   Les infos ici.

Les gens du festival ont également créé la galerie photo « Wide View » qui propose des photoreportages de grande qualité, qui sont commentés par les photojournalistes. Une formule intéressante qui vous permet de comprendre la démarche des photographes.

Et surtout, il ne faut pas manquer l’exposition Hakapik de Yoanis Menge, qui à elle seule, vaut le détour.

Go !

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Lundi 10 octobre 2016 | Mise en ligne à 21h51 | Commenter Aucun commentaire

La jungle du « speed dating » à Perpignan

Photo: Ivanoh Demers/ La Presse

Photo: Ivanoh Demers/ La Presse

Avec plus de 3000 photographes et 280 agences, le festival International de photojournalisme Visa Pour Image, qui avait lieu le mois dernier à Perpignan, en France,  est LE rendez-vous entre les  photojournalistes et  les « picture editor » des plus grands journaux de la planète.  J’ai rencontré deux adeptes de ce méga speed dating professionnel qui nous expliquent les trucs et astuces pour se faire remarquer.

Le Café de la poste est bondé ce soir. Comme des dizaines d’autres photographes, Nadège Mazars se promène de table en table pour présenter son portfolio à qui veut bien le voir. La pigiste française fait de la photo professionnelle depuis deux ans, mais elle en est déjà à sa troisième présence à Perpignan. Pour elle, c’est «un rendez-vous super important, un incontournable».

Elle espère se faire connaitre pour décrocher de nouveaux contrats photo. «Je suis basée à Bogota, en Colombie, alors les gens ici ne me connaissent pas. Il faut que je sois là. Pour réussir,  le contact en personne avec les éditeurs photo est essentiel. » Sa stratégie est de rencontrer directement les gens au moins une fois. « Je leur demande 10 minutes. Même si ça ne débouche sur rien, on comprend comment le journal fonctionne, ce que l’éditeur photo recherche.»

Cette année, Nadège a décidé de présenter son reportage le processus de paix avec les Farc en Colombie en 50 photos. Le timing est parfait. Sa technique de vente est simple : elle présente rapidement ses images et, après, elle se tait. « Avant tout, c’est l’image qui doit parler. Ça prend des photos qui pètent l’écran, qui sont fortes. Il faut montrer nos diamants bruts. »

Au Café de la Poste, le même scénario se répète soir après soir pendant toute la semaine du festival. La démarche est plus informelle qu’au Palais des congrès, où il faut prendre un rendez-vous officiel pour obtenir un entretien. « Il y  avait des files d’attente de trois heures pour avoir un rendez-vous avec un éditeur photo, j’ai laissé tomber», raconte Nadège.

Savoir choisir de bonnes photos À  quelques minutes de marche de là, au Palais des congrès, Emanuela Ascoli est sur place à titre de responsable photo de National Geographic, section France. La « picture editor » aime bien Perpignan. Le Festival lui permet, une fois par an, de rencontrer en personne les photographes. Elle peut en rencontrer entre 20 et 30 par jour dans l’espoir de repérer, d’un seul coup d’œil, un portfolio intéressant. « C’est assez étonnant. Il y a des photographes qui viennent du monde entier. C’est intéressant de voir des histoires avec des regards différents.

L’horaire étant très chargé, chaque rencontre dure environ 20 minutes. « Ce n’est pas beaucoup, donc ils doivent nous donner en très peu de temps l’essence de leur travail. C’est à ce moment qu’on décide si on veut en voir plus ou non, explique Emmanuela Ascoli. « La chose la plus difficile pour plusieurs photographes, c’est de savoir choisir les bonnes photos. Souvent, les images sont redondantes! Certains photographes peu expérimentés vont  arriver avec 200 photos, c’est beaucoup trop », déplore l’éditrice photo. Elle recommande plutôt aux photographes de présenter un portfolio contenant environ une trentaine d’images, ce qui lui permet d’avoir « un bon aperçu de l’histoire».

Photo: Ivanoh Demers / la Presse

Photo: Ivanoh Demers / la Presse

L’art de raconter une histoire « À National Geographic, on cherche de bonnes histoires, le photographe doit donc choisir des images qui vont raconter clairement cette histoire. Il faut avoir un langage d’écriture photographique, savoir raconter avec des images. C’est ce que je cherche. Ce n’est pas forcément de choisir les meilleures images, mais surtout la façon de les défiler. Où se passe l’histoire?  Ça prend du contexte, et aussi des petits détails qui vont agrémenter l’histoire.» Les éditeurs photo veulent aussi rencontrer les photographes pour s’assurer de la crédibilité de leurs photoreportages, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas connus et qu’ils présentent un reportage inusité, explique Emanuela Ascoli. « Certains photographes n’ont pas assez d’infos sur leurs images et ça, c’est un problème. On va parfois demander à un journaliste d’interviewer le photographe pour bien documenter notre sujet. On veut des gens qui savent documenter et s’informer de la situation qu’ils photographient.»

Un bon investissement Lorsque vient le temps de parler des tarifs, les photographes rencontrés à Perpignan se font un peu moins bavards. «Ahhh, c’est horrible, soupire la photographe pigiste Nadège Mazars. « En France, la grille tarifaire est bien connue dans la profession. Mais aux É.-U., les contrats sont très  restrictifs, avec des conditions d’exclusivité. Ils vont demander de garder nos images pour des publications futures. Bref, on doit oublier les droits d’auteurs. Face à un grand groupe de presse, on est seul. On est dans une position précaire et ils sont dans une position de pouvoir. C’est un des plus gros problèmes de notre profession. » D’un café à un autre, Nadège aura réussi à avoir une vingtaine d’entretiens avec des éditeurs photo pendant sa semaine à Perpignan. « En général, on me dit que mon travail est bon, mais les résultats sont parfois durs à évaluer. En venant à Perpignan, je fais un investissement. »

Nadège Mazarhs et le directeur du Festival Zooom sur Saguenay, Michel Tremblay. Photo : Ivanoh Demers

Nadège Mazars et le directeur du Festival Zoom sur Saguenay, Michel Tremblay. Photo : Ivanoh Demers

Sa rencontre avec Michel Tremblay, le directeur du Festival Zoom Photo Saguenay,  lui aura valu une invitation « au Canada » ce mois de novembre et une belle visibilité pour son exposition. Son travail et ses rencontres ont fait jaser.  D’ailleurs, la photographe est en lice pour une importante bourse décernée par l’agence Magnum. Un bon investissement? YOU BET!

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