Le blogue photo

Mardi 25 août 2015 | Mise en ligne à 7h08 | Commenter Commentaires (5)

Comment réussir vos longues expositions

Photo Guylain Doyle

Photo Guylain Doyle

Le photographe Guylain Doyle explore les techniques des longues expositions depuis des lunes. Il nous dévoile quelques trucs qui vous permettront de bien réussir vos expositions de 30 secondes et plus.

Quels sont les sujets propices à de longues expositions ? Une longue exposition vous permet d’illustrer le passage du temps et le mouvement. Il est donc impératif d’avoir un sujet qui bouge. Parfois, c’est très subtil. Une longue exposition peut donner du mouvement à un sujet qui, à l’œil nu, ne bouge presque pas. Les nuages en sont un bon exemple.

Donc, il faut éviter les sujets immobiles ? Non, ironiquement, ça prend les deux. Si on a le mouvement des feuilles d’un arbre qui tombent au vent avec la mise au point sur le tronc immobile, ça va bien fonctionner. Si on a des roches dans l’océan, l’effet vaporeux créé par le mouvement de l’eau va isoler notre sujet.

Photo Guylain Doyle

Photo Guylain Doyle

Quels sont vos conseils de base pour la prise de vue ? Il faut commencer par bien barrer son trépied. J’utilise mon sac photo sur mon trépied pour bien le stabiliser. Un déclencheur souple est également indispensable pour éviter un bougé. Il faut aussi « taper » votre mise au point en mode manuel pour éviter les mauvaises surprises. Éliminez les lumières parasites en fermant l’œilleton de votre boîtier.

Est-ce qu’on doit toujours avoir l’ISO le plus bas possible ? Oui, mais pas à n’importe quel prix. Il est préférable d’augmenter un peu son ISO pour éviter des temps d’exposition trop longs. Un ISO à 800 peut être un bon compromis pour éviter des expositions interminables. Aujourd’hui, avec les nouveaux appareils, l’ISO est beaucoup plus performant. Je peux monter parfois à un ISO de 3200 et avoir de très beaux résultats.

Une exposition d’une heure, une bonne idée ? Non, après un certain temps, il y a un facteur d’électroluminescence qui se produit. C’est le capteur de l’appareil qui produit de l’électricité. Celui-ci génère sa propre lumière et « contamine » votre image. Je limite mes expositions jusqu’à environ quatre minutes. Après, on peut avoir une petite bande rouge dans le côté de l’image.

Comment éviter le problème du capteur numérique qui chauffe ? Pour contourner ce problème, il faut faire une multitude d’expositions plus courte, d’environ 30 secondes. Je rassemble ensuite les images en une seule photo avec le logiciel Starstax. Récemment, j’ai fait jusqu’à 60 expositions de 30 secondes pour réussir un filé d’étoile.

Photo Guylain Doyle

Photo Guylain Doyle

Quelle est votre technique pour éclairer l’avant-plan ? Le « light painting » se prête bien à cette technique. Je vais faire trois ou quatre versions de « light painting ». Par la suite, je choisis la meilleure et je vais la jumeler en postproduction avec mon logiciel. J’ai plusieurs lampes de poche avec des gélatines de couleurs. Ça me permet beaucoup de créativité. Il y a aussi la possibilité d’éclairer avec quelques coups de flashs.

Que faire si on veut un sujet vivant dans notre photo ? Il y a deux façons de le faire. On fait une image de notre sujet éclairé à 1/125 de secondes en avant-plan et on va simplement le rajouter dans nos calques en postproduction. L’autre option est de demander à votre sujet de ne pas bouger pendant 30 secondes. C’est possible, ça dépend du sujet !

Les filtres de densité neutre, c’est important ? Indispensable. Les filtres de densité neutre de 10 ou 15 stops me permettent de faire de longues expositions en plein jour. J’ai une gamme complète de filtres qui vont m’aider à faire des images selon mes besoins artistiques. Il faut faire attention, car les couleurs changent lors de longues expositions. Les filtres moins chers ont souvent une dominante rouge, ou magenta. La longue exposition peut parfois induire une variation des couleurs, qui n’est pas forcément désagréable !

Photo Guylain Doyle

Photo Guylain Doyle

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Mardi 11 août 2015 | Mise en ligne à 14h40 | Commenter Commentaires (15)

Le roi des “cours à scrap”

PHOTO FOURNIE PAR BRUNO LAPLANTE

PHOTO FOURNIE PAR BRUNO LAPLANTE

Armé de son appareil, Bruno Laplante parcourt  le Québec pour couvrir des « shows de char ». Natif de Magog, le photographe est un adepte du phénomène « Rat Rod. » « Ce sont de vieilles voitures qui ont encore beaucoup de corrosion, mais qui sont toujours performantes. Elles ont une allure très rustique. J’adore le contraste entre les couleurs vives et la rouille. »

Dans le monde des voitures, il y a beaucoup de pollution visuelle. Il y a souvent des voitures ou objets indésirables à coté ou en dessous de son sujet. C’est pour cette raison qu’il favorise les plans serrés. Son studio, c’est dehors. Il doit vivre avec cette contrainte. «  J’essaie de faire du fine art dans un environnement hostile, c’est cela mon défi. »

Lorsqu’on parle de “vieux chars” avec Bruno, son visage s’illumine. « Quand tu as photographié à maintes reprises une Buick 56 Spécial, il faut apprendre à se réinventer et jouer avec les textures. Je ne veux pas tomber dans le piège de faire la même photo. »

Parce que les voitures sont construites avec des matières réfléchissantes, Bruno Laplante n’utilise jamais le flash et travaille en lumière naturelle. « J’ai appris à jouer avec une lumière en plein après-midi qui est très dure. Il y a beaucoup de réflexions parasites. » C’est pour cette raison que Bruno utilise toujours plusieurs filtres à la prise de vue.

PHOTO FOURNIE PAR BRUNO LAPLANTE

PHOTO FOURNIE PAR BRUNO LAPLANTE

Le filtre polarisant Singh-Ray est l’un de ses favoris. « Le polarisant est essentiel, je ne peux pas travailler sans cela. » Il utilise  régulièrement le filtre de densité neutre Big Stopper du fabricant Lee. Le filtre de 10 crans lui permet  de faire des effets spéciaux. « Je peux faire un effet de filé extraordinaire avec les nuages. En perdant dix crans, je peux faire des expositions de deux minutes en plein jour! »

Bruno travaille avec plusieurs logiciels de traitements d’images. Il retouche toujours les chromes qui ont souvent une dominante verdâtre ou bleutée. Technicien hors pair, il polit ses images avec Photoshop, Lightroom et le logiciel Nik. « Je fais mes ajustements de base dans Lightroom, puis je saute dans Nik avec la version Dfine pour réduire le bruit dans mes images. Puis, s‘il y a une personne en réflexion dans l’auto, je vais l’enlever en Photoshop. »

Le photographe peut passer plusieurs heures à peaufiner une image avant qu’elle soit à son goût. Il aime lisser, nettoyer ses images. «  Souvent les voitures sont pleines de bibittes. Il y a de la  saleté qu’on ne voit presque pas à l’œil nu. La camera ne pardonne jamais. »

PHOTO FOURNIE PAR BRUNO LAPLANTE

PHOTO FOURNIE PAR BRUNO LAPLANTE

L’amateur de voitures rêve un jour de photographier une Corvette 1963 « split-window». « Elle a été produite seulement six mois. C’est vraiment l‘icône de la Corvette. J‘en ai vu une récemment, mais je suis convaincu que la voiture a été modifiée. Ce n’est pas possible que ce soit une vraie » raconte le passionné.

Les cours avec des voitures anciennes sont plutôt rares au Québec. Bruno en suggère quelques-unes : Colmor, Dumoulong, et Mario Labrosse, proche du Mont-Tremblant, mais il recommande fortement d’aller voir les propriétaires.  « Je leur explique que je veux mettre ces voitures en valeur. Moi, la scrap, je trouve ça beau! Il y a plein de trésors ici. »

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Mercredi 29 juillet 2015 | Mise en ligne à 7h51 | Commenter Commentaires (10)

L’art de photographier un nouveau-né

Photo/Tandem Photographie

Photo/Tandem Photographie

Capter les premiers moments de la vie d’un poupon demande beaucoup d’expérience et d’attention. Claudine Gastin  et Ghislain Riopel se sont spécialisé dans ce créneau.Le couple a fondé Tandem Photographie en 2012. Portraitistes, ils faisaient des photos de femmes enceintes. De fil en aiguille, ils ont commencé, à la demande des clientes, à offrir des combos maternité-nouveau-né.  Ils ont décidé d’en faire leur spécialité.

Leur studio, sur le boulevard Gouin à Montréal, est éclairé par de grandes fenêtres. «Notre meilleur ami, c’est la lumière naturelle avec un réflecteur argenté, explique Ghislain. C’est une des raisons du choix de ce studio. On utilise rarement les flashs. Lorsqu’on travaille au flash, le bébé va cligner des yeux

Pendant que Ghislain positionne le bébé, Claudine est derrière l’objectif. «Pour les nouveau-nés, il faut toujours une personne à coté du bébé, précise Claudine. Ghislain va s’occuper de déplier ses petits doigts, de le placer avec les accessoires sur le fond. Il est très minutieux. Moi, je peux me concentrer sur la prise de vue.»

Photo/Tandem Photographie

Photo/Tandem Photographie

Le couple photographie les nouveau-nés très rapidement après l’accouchement. Ils «suggèrent fortement» de faire la séance photo dans les deux premières semaines de vie. «Après 2 semaines,  le bébé va être plus rigide, son sommeil, moins profond. Si on veut le manipuler un peu, c’est certain qu’il va se réveiller.»

On peut photographier le bébé lorsqu’il est réveillé, mais les photos sont généralement meilleures lorsqu’il dort parce qu’il est plus facile de le positionner dans le décor. Pour cette raison, les photographes offrent dans leur studio les conditions optimales pour que bébé dorme. La température est réglée à 25 degrés Celsius, donc même nu, le bébé est confortable. Un bruit blanc est également généré pour calmer le bébé.

Le studio est également équipé d’une salle d’allaitement et d’une table à langer pour mettre les parents à l’aise. «Idéalement, il faut coordonner le boire du bébé à son arrivée au studio. On déshabille le bébé, on l’enveloppe dans une doudou, il boit, il s endort. Cela nous permet de profiter de deux ou trois heures pour faire les photos.»

Les anecdotes sur le set photo sont nombreuses. «Avec les nouveau-nés, c’est un peu pipi caca, rigole Claudine. Depuis qu’un petit garçon a fait pipi sur moi, j’ai toujours un chandail de rechange dans le studio.» Ghislain est d’accord avec sa conjointe. Pour lui, c’est tout à fait normal. «Ca se produit souvent, environ une séance sur trois.»

Les accessoires sont un élément clé pour les jeunes photographes. «En ce moment, les caisses de bois, c‘est très tendance. On a aussi des paniers, des valises, de grandes couvertures. Des jetées qui deviennent des fonds. Des jupettes, cache-couches, pantalons, bandeaux, chapeaux, toutou… Les parents amènent souvent leurs propres accessoires. Papa pompier ? On va mettre bébé dans le casque !

Photo/Tandem Photographie

Photo/Tandem Photographie

Bien entendu, la sécurité du nourrisson est primordiale. «On ne le laisse jamais, jamais, un bébé  sans surveillance, Ghislain est toujours à un bras du bébé, précise Claudine. Cette proximité de Ghislain l’oblige souvent à enlever sa main en retouche à la postproduction. Calme, Ghislain  en rajoute : «Je suis aux aguets, c’est tellement petit, tellement fragile, tellement précieux.»

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