Le blogue photo

Mardi 30 juin 2015 | Mise en ligne à 20h37 | Commenter Un commentaire

La passion des “spotteurs”

Photo: Jean-Charles Hubert

Un Airbus 380. Photo: Jean-Charles Hubert

Jean-Charles Hubert fait partie d’un regroupement d’observateurs d’aéronefs qui s’appelle 55e Avenue. Au fil du temps, il est devenu un spotteur  aguerri. Avec 2200 amis sur sa page Facebook, le groupe propose également un site web incluant une superbe carte interactive pour aider les amateurs d’avion à choisir les bons endroits pour faire des images aux alentours de l’Aéroport Pierre-Elliot Trudeau.

C’est à l’âge de 13 ans que Jean-Charles Hubert a commencé à suivre et photographier les avions. Mon père était diplomate et j’ai voyagé un peu partout dans le monde. À Dakar, au Sénégal, notre maison était située sur l’axe de la piste. Mon père avait un appareil photo Pentax ME munit d’un gros objectif 500 MM. J’ai commencé à faire des images à partir du toit de ma maison. C’est à ce moment que ma passion a débuté.

Jean-Charles Hubert avec le MD-11 de KLM.  Photo: Jean-Charles Hubert

Jean-Charles Hubert avec le MD-11 de KLM. Photo: Jean-Charles Hubert

À l’époque du Airbus 380, les gens étaient nombreux au rond-point Pitfield pour le voir atterrir. C’est l’emplacement le plus spectaculaire aux abords de l’aéroport. C’est l’endroit idéal pour avoir un bon « rush ». Les enfants sont toujours impressionnés de voir un avion passer au-dessus leur tête. Pour plusieurs, photographier et observer les avions, c’est une façon de s’évader croit Jean-Charles-Hubert. Il y a des gens qui viennent ici qui n’a jamais pris l’avion de leur vie. Le fait de venir ici et d’observer un avion arriver de Genève ou de Doa, ça les faits rêver. Il y a des gens qui viennent ici tous les jours. Ce ne sont pas tous des photographes. Certains filment, d’autres observent avec leurs jumelles.

Jean-Charles Hubert apporte toujours son scanneur avec lui pour écouter la tour de contrôle. Il suggère aux néophytes de télécharger l’application live ATC. Pour des raisons de sécurité, il y a un petit délai, mais elle vous  permet d’avoir un signal en continu pour écouter la tour de contrôle. Deux autres applications incontournables,  Flight Aware et Flight radar 24 vous donnent une vue radar de tous les vols qui passent au-dessus de vous.

Frédérick Comptour en action. Photo : Ivanoh Demers La Presse

Frédérick Comptour en action. Photo : Ivanoh Demers La Presse

Frédéric Comptour, fait du «spotting» depuis environ 15 ans. Il passe parfois des journées complètes aux abords de la piste. J’avais peur de voyager en avion. J’ai combattu le mal par le mal en faisant un cour de pilote de petits avions. Quand je fais des images, je m’imagine en train de me poser ou de décoller en avion. Avec la radio, je suis dans le fauteuil du commandant. Je suis assis dans le cockpit, et je sais exactement ce qu’ils font. C’est cela qui me fait triper. En comprenant le fonctionnement des avions, ma phobie de voler a disparu.

Les jets privés ne sont pas sur les sites de vols, ce qui complique la tâche des « spotters ». Au grand prix de F1, certains jets privés des pilotes arrivent le mercredi, dit Jean-Charles Hubert. J’ai attendu toute la journée à l’aéroport. J’ai eu le Challenger de Lewis Hamilton qui est d’un rouge pétant, ç’a fait ma journée. Au parc Jacques-De-Lesseps une trentaine de badauds observe le va-et-vient  d’avions sur la piste. Soudainement, Jean-Charles s’emballe. Oups, les amis, c’est le Global de Guy Laliberté ! C’est lui. Ça fait des années que j’essaye de l’avoir. De loin l’avion à l’air d’un zèbre et on voit très bien le logo du Cirque du Soleil. Aujourd’hui j’ai eu Guy Laliberté. C’est un trophée pour moi. C’est ça mon trip, tu ne sais jamais ce que tu vas avoir. C’est comme la pêche au gros, tu ne sais jamais quel avion va atterrir.

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Dimanche 14 juin 2015 | Mise en ligne à 20h54 | Commenter Un commentaire

Je vais prendre une 800 mm!

IVANOH DEMERS/ LA PRESSE

IVANOH DEMERS/ LA PRESSE

Les photographes professionnels qui suivent le cirque de la Formule 1 ont un horaire très exigeant et leur équipement est souvent mis à rude épreuve. C’est pourquoi, pour les évènements sportifs majeurs, les grands fabricants photo de ce monde offrent  un service de prêt d’équipement photo et de maintenance d’appareils sur place. Et ce, gratuitement.

Stéphane Bédard fait partie de l’équipe de  service NPS (Nikon Professional Service) depuis des lunes. Il est habitué à répondre aux divers besoins des photographes qui reviennent chaque année sur le circuit de l’Ile Notre-Dame. Ces derniers ont généralement deux requêtes, constate-t-il.

Dans un premier temps, les photographes viennent souvent chercher un objectif qu’ils n’ont pas amené avec eux, faute d’espace. Ainsi, la plupart ont déjà un objectif 70-200 et une focale courte pour les célébrations de fins de course. Ils ont donc besoin d’objectifs avec longue focale, une demande très populaire chez Nikon pour le weekend du Grand Prix.

« L’objectif 300 mm avec un multiplicateur 1.4x est souvent  utilisé. Mais en F1, notre objectif le plus populaire est le zoom 200-400 mm. Lorsque la voiture vient en ligne droite  vers vous et qu’il y a un virage à la fin, c’est un objectif très pratique. Nous avons aussi en inventaire des focales fixes comme  le 400mm, 500mm, 600 mm, et même un 800 mm qui est équipé d’un convertisseur 1,25X ce qui nous donne finalement une 1000 mm. »

L’autre service très populaire auprès des photographes de la communauté internationale est celui du nettoyage de capteur, observe Stéphane Bédard. « Les photographes n’ont pas le temps d’envoyer leur boitier entre chaque course dans leur pays respectifs, donc ils savent qu’en arrivant ici, ils peuvent repartir à neuf et se concentrer sur leur travail pendant le weekend. »

IVANOH DEMERS/ LA PRESSE

IVANOH DEMERS/ LA PRESSE

Aux alentours de la piste, il y a beaucoup de poussière et résidus de caoutchouc dans l’air, ce qui rend le nettoyage encore plus nécessaire. « Un technicien va nettoyer un capteur en 15- 20 minutes, c’est assez rapide », précise l’expert de Nikon.

Au fil des années, ce dernier en a vu de toutes les couleurs. « Un photographe est arrivé avec un boitier qui était maculé de sang. Lors d’un accident de ski, il avait reçu le boitier sur le visage et s’était coupé sur le nez et le front. Il y avait du sang séché partout. Heureusement, le boitier était toujours fonctionnel», raconte-t-il avec humour.

Le Grand Prix du Canada accueille entre 80 et 100 photographes chaque année, dont la moitié environ est équipé avec Nikon. « À titre comparatif, aux Jeux Olympiques, il y a entre 600 et 700 photographes. C’est parfois complexe sur le plan de la logistique. Lors de  la Coupe du Monde au Brésil, il fallait avoir de l’équipement dans 12 stades situés dans des villes différentes. Nikon avait envoyé une soixantaine d’employés pour réussir à offrir un service partout. »

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Mardi 9 juin 2015 | Mise en ligne à 16h04 | Commenter Aucun commentaire

La F1 autour du monde avec Mario Renzi

Fernando Alonso au Grand Prix de Malaisie Photo / Mario Renzi

Fernando Alonso au Grand Prix de Malaisie. Photo / Mario Renzi

Entretien avec un photographe de F1, Mario Renzi Photographe d’architecture, Mario Renzi a commencé a couvrir la Formule 1 à la fin des années 90. Il a collaboré avec plusieurs médias et participé au prestigieux « Formula One Yearbook » Depuis 10 ans, il suit le grand cirque à temps plein. Aujourd’hui il travaille excusivement pour Formula One Management.

La nature de votre travail ? Je fais une banque d’images qui est utilisée pour la promotion. Mon travail ne reflète pas l’actualité du jour. Je m’intéresse au rendu chromatique, esthétique. Je fais des illustrations graphiques. Il y a beaucoup de matière en F1. La voiture en soi est graphique et très forte en couleur. J’aime avoir une belle saturation. Ajoutez l’élément de vitesse et vous aurez des images fortes. J’ai la chance de pouvoir travailler avec cette liberté. J’ai aussi le mandat de couvrir les célébrités. Je dois illustrer le côté “Glamour”.

Et lorsqu’il n’y a pas de Grand Prix ? Je couvre certains tests hivernaux. En début de saison on monte un studio photo et je photographie chaque pilote individuellement. Ces images sont utilisées tout au cours de la saison pour illustrer les évènements de F1.

Votre équipement lors d’un Grand Prix? Je travaille en Nikon. J’ai 2 boitiers D4s et une gamme d’objectifs fixes allant de 18 mm jusqu’au 400 mm 2,8. Je ne snobe pas les zooms, mais je préfère les objectifs fixes à grande ouverture pour avoir une belle qualité optique. La combinaison d’un objectif 400 m avec un doubleur (800 mm) me donne des résultats fantastiques. C’est ce que j’utilise le plus.

Votre repérage se fait quand et comment ? Lorsque j’arrive sur un nouveau circuit, je fais le tour de la piste à pied, pour m’aider à visualiser. Souvent, les agences de presse se copient mutuellement pour avoir une bonne place. Mon travail consiste à faire des images originales, je vais donc ailleurs. Quoique, placer deux photographes au même endroit, et ils n’auront pas la même photo…

Sebastian Vettel au Grand Prix d'Inde en 2013. Photo \ Mario Renzi

Sebastian Vettel au Grand Prix d'Inde en 2013. Photo Mario Renzi

L’emplacement, la clé ? Avec l’expérience on apprend à se placer et attendre. À Monaco, j’ai attendu une session de qualifications entière pour obtenir une image. J’étais à la sortie du tunnel et finalement une Toro Rosso a fait une gerbe d’étincelle de 30 mètres de  haut. »Je ne suis pas pressé pour ramener des images. Je prends le temps de travailler comme on le faisait avec le film.

Une anecdote, lors d’un Grand-Prix ? Parfois le langage est une barrière importante. À Sotchi, on s’est retrouvé avec des commissaires de pistes russes qui ne parlaient pas l’anglais. Ils avaient des consignes extravagantes. On ne pouvait s’approcher à moins de deux mètres de la piste. C’est devenu un dialogue de sourd. Dans ces moments, il ne faut surtout pas s’énerver et garder le sourire…

Quels sont les grands prix que vous aimez ? J’aime bien Montréal, La Hongrie, Austin, Singapour. Ils font partie de mes favoris. À l’inverse Monaco n’est pas nécessairement un de mes préférés… Étant de nature oisive, quand on voit des hommes et des femmes se prélasser sur un yacht en buvant du champagne, ce n’est pas toujours facile de travailler !

Victoire de Lewis Hamilton au Grand prix de Hongrie. Photo / Mario Renzi

Victoire de Lewis Hamilton au Grand Prix de Hongrie. Photo / Mario Renzi

Un conseil pour un amateur ? Les gens pensent que le sport automobile correspond forcément à une vitesse élevée d’obturation. Lorsque j’utilise une très longue focale avec une vitesse lente, je vois toujours les bouches se tordent quand on me questionne sur mes données techniques. Je ne réussis pas une image à chaque déclenchement. Il faut risquer. Quand il n’y a pas d’enjeu particulier, il faut le faire. La photographie n’est pas une science exacte, il faut essayer des choses. Il ne faut pas avoir peur de faire du ridicule, car parfois le ridicule donne de très bons résultats.

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