Le blogue photo

Mardi 24 mars 2015 | Mise en ligne à 15h11 | Commenter Un commentaire

L’art de photographier les stars

Olivier Samson Arcand\ OSA images

Photo : Olivier Samson Arcand, OSA

Madonna, U2, Céline Dion. Ils ont tous dansé devant l’objectif du photographe Olivier Samson Arcand. Quels sont les trucs pour photographier les grands du show-business sur une scène dont l’éclairage change constamment ? Rencontre avec un photographe multidisciplinaire qui maitrise parfaitement l’art de faire la photographie de spectacle.

Comment évaluer l’exposition Oliver Samson Arcand contrôle habituellement son exposition en mode manuel. « Au début, en mesure “spot”, il faut exposer pour le visage de l’artiste. Il ne faut pas exposer pour l’ambiance générale de la scène. Dans 90 % des spectacles de grande envergure, l’éclairage sur le chanteur ne change pas. Les débuts et fins de chansons vont avoir des variables, mais le milieu de la chanson va se faire avec la même densité de lumière. Avant le spectacle, je vais voir l’éclairagiste pour lui demander la balance des couleurs de son éclairage. J’essaye toujours d’avoir des informations sur le déroulement de la prestation. »

L’art de jouer avec la vitesse Il faut apprendre à gérer la vitesse d’obturation. “Je ne m’impose pas un minimum de vitesse lors d’un spectacle, je descends régulièrement jusqu’à un 15e de seconde. Baisser ma vitesse me permet aussi d’avoir un bel effet de bougé. Oui, au début, j’ai des images officielles à faire. Je vais m’organiser pour ne pas descendre en bas de 1/125 de seconde, mais dès que j’ai obtenu ce que je veux, je commence la chasse pour des images différentes. Un truc, je retiens ma respiration pour être plus stable.”

Le mouvement Le photographe s’est donné un style en intégrant le mouvement dans ses images. « Lorsque j’ai fait mes études en danse, j’ai compris le mouvement. Quand on saute, il y a un moment ou l’on est en suspension avant de redescendre.  Cette fraction de seconde, elle existe, il faut anticiper et capter ce moment. Quand Céline Dion danse et tourne sur la scène, on suit le mouvement avec notre appareil photo. Même si l’artiste bouge, on va avoir une belle image nette en suivant bien son sujet. »

La loi des trois chansons La limite de temps permise pour faire des images est une contrainte importante. Olivier Samson Arcand en sait quelque chose. “C’est souvent deux ou trois chansons, mais c’est l’agent de l’artiste qui dicte combien de chansons on peut couvrir. »Les photographes doivent se plier aux exigences des artistes. «Avec les Rolling Stones, on nous disait quelle focale utiliser. On avait des endroits numérotés pour notre emplacement et des instructions pour l’ouverture, la vitesse et l’iso. C’était très défini. Dans quel but ? Je ne le sais pas. Est-ce que c’était parce qu’il ne voulait pas un plan large ou trop serré ? On était vraiment très paramétrés. »

Les plaines D’Abraham avec Céline Dion Olivier avait une équipe de photographes pour le spectacle de Céline sur les Plaines D’Abraham. « On a littéralement couvert tous les angles du spectacle. On avait juché un appareil photo sur scène, un à l’autre bout des Plaines. Un photographe avec un objectif 600 mm était dans la console, un autre en avant de la scène sur un escabeau, un en avant de la scène sur le coté et un qui faisait des plans larges de la foule. On s’est même pratiqué avant le spectacle ! »

Photo: Charles-Antoine Auger, OSA

Photo: Charles-Antoine Auger, OSA

Un souvenir inoubliable Le photographe a vécu un moment exceptionnel. « J’ai eu la chance d’être backstage et sur la scène pendant le spectacle avec Céline Dion. C’était assez impressionnant. Ma présence a été chorégraphiée. Avant le spectacle, on m’a dit à quel moment je devais entrer sur la scène. Céline était au courant de ma présence, elle s’est donnée à la caméra. J’ai eu environ 30 secondes. Ce n’était pas long, mais c’était suffisant pour avoir une photo d’elle avec la foule sur les Plaines d’Abraham en arrière-plan. C’était complètement surréaliste. »

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Mardi 10 mars 2015 | Mise en ligne à 14h01 | Commenter Commentaires (2)

Femmes photojournalistes

Elles sont quatre. Elles ont de l’attitude. Et elles foncent à vive allure, ayant réussi avec brio à se tailler une place de choix comme photographes de presse. Complexées ? Intimidées ? Pas une seconde. Rencontre avec ces femmes qui jouent du coude avec les hommes.

Photo : IVANOH DEMERS / LA PRESSE

Ninon Pedneault, Marie-France Coallier, Chantal Poirier, Annik Mh De Carufel, Photo : IVANOH DEMERS / LA PRESSE

Après avoir gagné le prix du public dans la course autour du monde, Ninon Pedneault a été embauchée par La Presse en 2012. Elle recommande fortement aux jeunes de se faire confiance. « Les femmes ont tendance à se remettre beaucoup en question. Quand vous avez une idée, un point de vue différent, allez-y. » Elle  utilise sa petite taille à son avantage. « Ironiquement, pour moi, être petite peut être un avantage. Parfois, les gars vont me laisser passer devant eux parce que je ne les cache pas.  Je crois qu’étant une fille, on est souvent moins menaçante pour notre sujet. Dans des manifestations étudiantes, il y a plein de gars qui se sont fait tabasser. Une fois, un homme a pogné les nerfs envers moi. Je lui ai dit : regarde-moi comme il faut, avec la grandeur que j’ai, je ne peux pas te faire mal ! Instantanément, la situation a été désamorcée. »

Marie-France Coallier a commencé au quotidien The Montreal Gazette en 1990. Un conseil ?  Être photojournaliste, c’est un mode de vie. Il faut être passionné, ne pas avoir peur de défoncer des portes ! Il faut une personnalité forte pour chercher « ta shot ». « Au début, les photographes les plus âgés étaient toujours étonnés de voir une femme photographe arriver dans une conférence de presse. Quelques photographes m’ont testé, ce qui  ne m’a pas vraiment impressionné. Certains ne me prenaient pas au sérieux. Je ne me suis pas laissé intimider. Si tu te laisses faire, tu ne peux pas exercer ce métier. Rapidement, j’ai eu le respect de mes collègues. »

Chantal Poirier a commencé en photo à l’âge de 20 ans. Elle a atteri au Journal de Montréal en 1992. Elle conseille de ne pas attendre de finir ses études avant de commencer à travailler dans le milieu. « Faites un stage d’un jour pour voir si ça vous convient. Elle n’a jamais senti cette « rivalité «  avec les hommes. «  La compétition on se la fait soi-même. Tu veux toujours la meilleure « shot ». Je n’ai jamais trouvé qu’on me barrait le chemin, qu’on m’empêchait de passer volontairement pour me nuire,  au contraire. J’avais un air juvénile. Je suis rapidement devenu allié avec tout le monde, ça ne sert à rien de partir en guerre avec ses collègues. »

Annik MH De Carufel a fait ses premières armes au Devoir en 2005. Elle a fait un bref passage au Journal de Montréal. En lockout, elle a migré vers Rue Frontenac pour finalement revenir à ses premiers amours, Le Devoir. Elle incite les jeunes femmes à foncer. « Go. Oui la situation est difficile présentement dans le monde des médias, mais dans la vie, il faut faire ce que tu aimes. » Elle  ne voit pas non plus le photojournalisme  comme une compétition entre les filles et les gars. « La compétition est inhérente au métier. C’est encore un milieu qui est majoritairement masculin. Et j’aime ça. J’ai toujours aimé travailler avec des gars, c’est plus facile, c’est plus direct, le côté compétitif est là, et c’est ce qui me « drive ». Pour moi, c’est un plus de travailler dans un milieu où il y a de la testostérone ! « Pour faire ce travail, ça prend des couilles virtuelles, non ? » , lance-t-elle au groupe, déclenchant l’hilarité générale.

Le quatuor est d’accord sur une chose : les femmes inspirent rapidement confiance. « C’est incroyable la confiance qui peut s’établir entre moi et mes sujets, résume Marie-France Coallier. Les gens me laissent rentrer dans leur intimité. C’est bon parce qu’on veut aller chercher ce moment de vérité dans nos photos. »

Chose certaine, les femmes ont forgé leur place et sont désormais une présence nécessaire dans ce milieu si compétitif.

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Jeudi 26 février 2015 | Mise en ligne à 11h54 | Commenter Commentaires (7)

Un petit clin d’œil (humoristique) à Yves Bolduc.

PHOTO IVANOH DEMERS/LA PRESSE

PHOTO IVANOH DEMERS / LA PRESSE

La nouvelle du jour, Yves Bolduc a démissionné. Il quitte la vie politique. J’ai trouvé cette photo insolite (prise en 2007), dans mes archives ce matin. À l’époque, il était candidat libéral dans la circonscription du Lac-Saint-Jean. Je faisais un reportage photo de sa campagne en compagnie de mon collègue Patrick Lagacé.

Contexte: Yves Bolduc est arrivé dans un concessionnaire de voitures à Saguenay.  (Rectificatif, un lecteur m’informe que c’est à Alma..!!) Il y avait  une grosse pancarte en carton du porte-parole Martin Matte. Une photo que je partage avec vous -:))

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