PATRICK WOODBURY, LeDroit
Je me retiens à deux mains… parce que je me suis déjà trompé.
Royalement, à part ça.
C’était à la fin de la saison 2009-10. Les Sénateurs s’étaient inclinés en six parties devant les Penguins de Pittsburgh en première ronde de séries. Les jeunes joueurs de l’organisation avaient plutôt bien paru. Le climat de travail semblait bon au sein de l’organisation, l’entraîneur-chef Cory Clouston était à son affaire et tout le monde avait l’air de le respecter.
Je vous ai écrit, avant de partir en vacances, qu’on pouvait envisager l’avenir avec optimisme.
Dix mois plus tard, c’était la catastrophe. Les Sénateurs à l’avenir si prometteur croupissaient dans la cave du classement. Le directeur général Bryan Murray préparait une vente de feu majeure. Tous les joueurs qui étaient âgés de plus de 25 ans — sauf peut-être Daniel Alfredsson et Jason Spezza — étaient disponibles. Clouston vivait sur du temps emprunté. Ses joueurs se moquaient de lui dans son dos.
Dans la vie, il faut apprendre de ses erreurs. Même si j’avais envie de vous écrire que l’avenir est prometteur pour les Sénateurs, même si je pouvais facilement conclure que l’équipe retrouvera sa place parmi l’élite de la LNH la saison prochaine, je vais m’abstenir. Bien des choses peuvent se produire durant la saison morte. Dans le monde du hockey, de nos jours, un seul petit grain de sable peut complètement dérégler l’engrenage.
Je suis bien d’accord avec Murray, cette fois. Pour éviter de terminer dans le milieu du peloton l’an prochain, son équipe aura intérêt à trouver une façon de marquer plus de buts. Je ne déteste pas sa façon de voir les choses, non plus. Dans les prochains mois, quelques équipes chercheront à se défaire de quelques contrats afin de respecter le plafond salarial. Les Sénateurs auront les moyens d’accueillir un ou deux joueurs d’impact grassement payés. La banque d’espoirs est bien garnie. Il peut se permettre d’en sacrifier un ou deux afin de conclure une bonne transaction.
Au cours des deux dernières années, dirigeant une formation en reconstruction, il a pu se permettre de prendre des chances en misant sur des jeunes joueurs — Nikita Filatov et Guillaume Latendresse, par exemple — qui n’avaient pas atteint leur plein potentiel ailleurs. La situation a changé. Le temps des expériences est révolu. Si un ailier se greffe au groupe, que ce soit un joueur d’impact bien établi.
D’ailleurs, si l’offre n’est pas excellente cet été, Murray pourra se permettre d’attendre. Son noyau actuel devrait lui permettre de demeurer dans la course aux séries la saison prochaine. Il pourra toujours essayer d’aller chercher du renfort à l’approche de la date limite des transactions en 2014.
Pour le reste, il me semble qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter.
Les Sénateurs ont été éliminés par une équipe de hockey pas ordinaire. Je ne crois pas avoir déjà rencontré une formation aussi complète, aussi prête à gagner que les Penguins de la saison 2012-13. Il n’y a pas de honte à avoir subi l’élimination contre eux.
On s’inquiétait de la brigade défensive de l’équipe au début de la saison. À l’heure actuelle, on dirait bien que c’est un de ses points forts. Murray pourrait facilement se permettre de laisser Sergeï Gonchar partir dans quelques semaines. En fait, c’est carrément souhaitable. Patrick Wiercioch risque de produire autant que lui la saison prochaine. Il produira peut-être davantage.
Si j’étais dans le fauteuil du directeur général, si je devais allouer un contrat à sens unique d’une durée de deux ans à un défenseur d’expérience, je me tournerais vers André Benoît. Je crois vous avoir déjà fait part de mon idée là-dessus. Il serait extrêmement difficile de trouver une meilleure police d’assurance ailleurs.
Daniel Alfredsson? Il va revenir. C’est une impression personnelle. C’est tout. J’ai hâte de voir si j’ai raison.
Ce sera le dernier billet de ce blogue pour un petit bout de temps. Quand j’appuierai sur le bouton «publier» de mon tableau de bord, je serai officiellement en vacances.
Un gros merci, encore une fois, à tous ceux qui prennent le temps de lire et d’alimenter la discussion. Je suis assez fier de ce que nous avons réussi à construire au cours des quatre dernières années.
Je ne serai pas parti bien longtemps, cette fois. Je serai de retour à la fin du mois de juin pour vous accompagner durant la semaine du repêchage.
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