Sylvain St-Laurent

Archive de la catégorie ‘Je pense que...’

Mercredi 29 mai 2013 | Mise en ligne à 14h11 | Commenter Commentaires (92)

On a tous (un peu) hâte à l’an prochain

Pageau_JGPATRICK WOODBURY, LeDroit

Je me retiens à deux mains… parce que je me suis déjà trompé.

Royalement, à part ça.

C’était à la fin de la saison 2009-10. Les Sénateurs s’étaient inclinés en six parties devant les Penguins de Pittsburgh en première ronde de séries. Les jeunes joueurs de l’organisation avaient plutôt bien paru. Le climat de travail semblait bon au sein de l’organisation, l’entraîneur-chef Cory Clouston était à son affaire et tout le monde avait l’air de le respecter.

Je vous ai écrit, avant de partir en vacances, qu’on pouvait envisager l’avenir avec optimisme.

Dix mois plus tard, c’était la catastrophe. Les Sénateurs à l’avenir si prometteur croupissaient dans la cave du classement. Le directeur général Bryan Murray préparait une vente de feu majeure. Tous les joueurs qui étaient âgés de plus de 25 ans — sauf peut-être Daniel Alfredsson et Jason Spezza — étaient disponibles. Clouston vivait sur du temps emprunté. Ses joueurs se moquaient de lui dans son dos.

Dans la vie, il faut apprendre de ses erreurs. Même si j’avais envie de vous écrire que l’avenir est prometteur pour les Sénateurs, même si je pouvais facilement conclure que l’équipe retrouvera sa place parmi l’élite de la LNH la saison prochaine, je vais m’abstenir. Bien des choses peuvent se produire durant la saison morte. Dans le monde du hockey, de nos jours, un seul petit grain de sable peut complètement dérégler l’engrenage.

Je suis bien d’accord avec Murray, cette fois. Pour éviter de terminer dans le milieu du peloton l’an prochain, son équipe aura intérêt à trouver une façon de marquer plus de buts. Je ne déteste pas sa façon de voir les choses, non plus. Dans les prochains mois, quelques équipes chercheront à se défaire de quelques contrats afin de respecter le plafond salarial. Les Sénateurs auront les moyens d’accueillir un ou deux joueurs d’impact grassement payés. La banque d’espoirs est bien garnie. Il peut se permettre d’en sacrifier un ou deux afin de conclure une bonne transaction.

Au cours des deux dernières années, dirigeant une formation en reconstruction, il a pu se permettre de prendre des chances en misant sur des jeunes joueurs — Nikita Filatov et Guillaume Latendresse, par exemple — qui n’avaient pas atteint leur plein potentiel ailleurs. La situation a changé. Le temps des expériences est révolu. Si un ailier se greffe au groupe, que ce soit un joueur d’impact bien établi.

D’ailleurs, si l’offre n’est pas excellente cet été, Murray pourra se permettre d’attendre. Son noyau actuel devrait lui permettre de demeurer dans la course aux séries la saison prochaine. Il pourra toujours essayer d’aller chercher du renfort à l’approche de la date limite des transactions en 2014.

Pour le reste, il me semble qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter.

Les Sénateurs ont été éliminés par une équipe de hockey pas ordinaire. Je ne crois pas avoir déjà rencontré une formation aussi complète, aussi prête à gagner que les Penguins de la saison 2012-13. Il n’y a pas de honte à avoir subi l’élimination contre eux.

On s’inquiétait de la brigade défensive de l’équipe au début de la saison. À l’heure actuelle, on dirait bien que c’est un de ses points forts. Murray pourrait facilement se permettre de laisser Sergeï Gonchar partir dans quelques semaines. En fait, c’est carrément souhaitable. Patrick Wiercioch risque de produire autant que lui la saison prochaine. Il produira peut-être davantage.

Si j’étais dans le fauteuil du directeur général, si je devais allouer un contrat à sens unique d’une durée de deux ans à un défenseur d’expérience, je me tournerais vers André Benoît. Je crois vous avoir déjà fait part de mon idée là-dessus. Il serait extrêmement difficile de trouver une meilleure police d’assurance ailleurs.

Daniel Alfredsson? Il va revenir. C’est une impression personnelle. C’est tout. J’ai hâte de voir si j’ai raison.

Ce sera le dernier billet de ce blogue pour un petit bout de temps. Quand j’appuierai sur le bouton «publier» de mon tableau de bord, je serai officiellement en vacances.

Un gros merci, encore une fois, à tous ceux qui prennent le temps de lire et d’alimenter la discussion. Je suis assez fier de ce que nous avons réussi à construire au cours des quatre dernières années.

Je ne serai pas parti bien longtemps, cette fois. Je serai de retour à la fin du mois de juin pour vous accompagner durant la semaine du repêchage.

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Jeudi 23 mai 2013 | Mise en ligne à 0h40 | Commenter Commentaires (46)

Quand le capitaine agite le drapeau blanc…

Alfredsson_DanielPATRICK WOODBURY, LeDroit

Dans mon esprit, c’était la question incontournable qu’il fallait absolument poser dans le vestiaire, après la dégelée encaissée ce soir.

Les Sénateurs ont combattu l’adversité de façon admirable tout au long de la saison. Les voici confrontés à un défi qui a l’air tout simplement insurmontable. Battre une formation aussi puissante que les Penguins de Pittsburgh trois fois d’affilée, est-ce possible?

Quand je l’ai posée à Daniel Alfredsson, je m’attendais à n’importe quoi comme réponse. Sauf, peut-être, celle qu’il a fournie.

«Probablement pas.»

Il a marmonné un truc ou deux à propos de la profondeur et du jeu de puissance des Penguins avant de conclure que «ça ne regarde pas trop bien» pour son équipe.

Je n’en croyais pas mes oreilles.

En fait, je suis plutôt d’accord avec son affirmation. Depuis le début, je suis comme la plupart d’entre-vous. Plein d’admiration pour cette équipe bien menée qui a déjà fait un grand bout de chemin dans les circonstances. Réaliste, surtout, face au défi de la deuxième ronde des séries. Il faudrait une véritable catastrophe, à l’heure actuelle, pour empêcher la bande à Crosby d’atteindre la finale de la coupe Stanley.

Je ne m’attendais cependant pas à ce que le capitaine des Sénateurs le reconnaisse de façon aussi sincère.

Je me suis promené sur Facebook et sur Twitter dans les dernières heures afin de mesurer vos réactions. Vous êtes nombreux à penser que ses propos étaient teintés de sarcasme. Je peux vous assurer que ce n’était pas le cas. Et j’étais juste là, à côté de lui. Il me regardait droit dans les yeux quand il me disait que son équipe n’avait plus la moindre chance de s’en sortir.

Tout ça est un peu déstabilisant.

Il paraît qu’Alfredsson a ramassé une rondelle sur la glace à la fin de la partie. Ça m’a échappé. Quand un journaliste lui a demandé si ça pouvait devenir un souvenir de son dernier match en carrière à la Place Banque Scotia, il a répondu qu’il était un peu trop tôt pour parler de tout cela.

C’est drôle. Nous avons passé l’hiver 2012 à lui demander s’il comptait accrocher ses patins. Il a fini par accepter de disputer une autre saison. Nous ne lui avons presque pas parlé de retraite cet hiver, tenant pour acquis qu’il s’amusait beaucoup trop avec ses jeunes coéquipiers pour arrêter. Là, tout d’un coup…

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Crosby_Sidney

Petite pause dans une halte routière, pas trop loin de Buffalo, en me rendant à Pittsburgh. Dans le kiosque à journaux, au dépanneur, je suis tombé face-à-face avec cet homme…

Et vous savez ce qui arrive aux athlètes qui se retrouvent sur la première page du Sports Illustrated

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