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BINGHAMTON – Je n’avais pas mis le pied ici depuis huit ans. Depuis le dernier lock-out, en fait.
Je recevais quand même régulièrement des nouvelles du «plus petit marché de la Ligue américaine». Les joueurs qui sont rappelés à Ottawa n’ont jamais arrêté de s’en plaindre. Durant la dernière décennie, je n’ai jamais vu un joueur déçu ou triste à l’idée de quitter cette ville qu’on dit déprimante, où il n’y aurait rien d’intéressant à faire et où il pleut presque tout le temps.
La météo leur donne raison ce matin. Le temps est gris et menaçant.
Pour le reste, je me suis toujours posé des questions. Si j’avais 21 ans, si j’avais un peu de talent sur une patinoire, de quoi aurais-je besoin pour vivre?
• Une patinoire, un vestiaire, un gymnase. Lors de ma dernière visite, le Broome County Veterans Memorial Arena avait tout cela.
• Un salon assez grand pour jouer consacrer mes après-midis à jouer à Madden 13 et à Call of Duty avec deux ou trois coéquipiers. Je suis convaincu que ça se trouve.
• Un centre commercial où flâner et dépenser mon salaire. Je me souviens d’en avoir visité un de taille moyenne à Johnson City, à une quinzaine de minutes de route du centre-ville, il y a quelques années. Les joueurs qui accordent un peu plus d’importance à leur apparence et qui veulent un peu plus de choix — croyez-moi, ils sont de plus en plus nombreux — ont toujours le loisir de se rendre jusqu’à Syracuse. C’est à une centaine de kilomètres au nord. Ils peuvent faire l’aller-retour dans une journée.
• Des filles de 20 ans. On compte 15 000 étudiants à temps plein à Binghamton University. Ça règle le problème. En plus, les bars qui sont fréquentés par la clientèle étudiantes sont situés en plein coeur du centre-ville, à quelques pas de l’aréna des Senators. Pratique.
• Il me semble que si j’étais un jeune joueur de hockey, je voudrais aussi évoluer dans une ville de hockey. Durant le dernier lock-out, quand je me suis déplacé pour voir un jeune Jason Spezza remporter le championnat des marqueurs dans la Ligue américaine avec ses coéquipiers Antoine Vermette, Chris Kelly, Anton Volchenkov et Ray Emery, il y avait beaucoup, beaucoup d’ambiance au BCVMA.
Assister à un match de hockey ici, c’est un peu comme assister à un match au Centre Robert-Guertin. Tous les fans des Sénateurs devraient le faire au moins une fois.
Bref, c’est ça. Je me demande si les espoirs de l’organisation ne se plaignent pas un peu la bouche pleine. J’ai peut-être oublié des trucs importants. Ça fait un petit bout de temps, déjà, que je n’ai pas eu 21 ans.
Je passe quelques jours à Binghamton. Je vais essayer d’aller au fond de la question.