Sylvain St-Laurent

Archive du 19 janvier 2012

Jeudi 19 janvier 2012 | Mise en ligne à 20h08 | Commenter Commentaires (23)

Deux mots sur les deux petits nouveaux

Borowiecki_MarkPATRICK WOODBURY, LeDroit

Les couche-tard auront la chance de voir à l’oeuvre deux intrigants espoirs des Sénateurs au cours de la prochaine semaine.

Mark Borowiecki et André Petersson ont été rappelés avant le départ de l’équipe pour la côte ouest américaine. Le défenseur aura la chance de faire ses débuts dans la LNH ce soir à San Jose. On peut présumer que l’attaquant aura sa chance dans les prochains jours.

Il a déjà été question de Borowiecki à quelques occasions dans ce blogue. Défenseur robuste, sans être particulièrement costaud. Sorti un peu de nulle part. Choix de cinquième ronde en 2008. Trois années passées dans la NCAA avant de sortir de sa coquille durant les séries éliminatoires de la coupe Calder du printemps dernier.

Quand je pense à lui, deux anecdotes me viennent à l’esprit.

D’abord, quelques heures avant son premier match préparatoire à la Place Banque Scotia, des commentateurs de la télévision l’avaient abordé pour savoir comment il prononçait son nom de famille.

«C’est Bor-Viet-Ski, avait-il répondu. Mais franchement, vous pouvez prononcer mon nom comme vous voulez. Ça me va.»

C’était comme s’il avait peur de déranger les commentateurs avec son nom inhabituel, difficile à prononcer.

Ça témoigne d’une belle modestie.

Après quelques jours au camp, on avait demandé à Paul MacLean d’évaluer le travail du jeune défenseur qui commençait à faire tourner les têtes. Après avoir énuméré quelques qualités, l’entraîneur-chef recrue avait lancé une boutade.

«J’ai hâte au jour où il va participer à une séance d’entraînement complète sans saigner du nez.»

Le défenseur recrue des Sénateurs est donc un jeune homme modeste qui n’a pas peur de se salir le nez. D’autres sont plus talentueux, mais il réussit à compenser pour ses lacunes avec un effort constant et irréprochable. De plus en plus de gens croient que tout cela lui permettra un jour d’évoluer dans le premier quatuor défensif d’une équipe de la LNH.

Petersson, c’est tout le contraire.

Erik Karlsson et lui  sont des amis d’enfance. Et Karlsson ne manque jamais une occasion de vanter celui qu’il connaît depuis l’âge de huit ou neuf ans.

J’aimerais avoir d’aussi bonnes mains que lui. J’aimerais avoir un aussi bon lancer que lui. Et cetera, et cetera.

Quand un joueur comme Karlsson envie votre talent naturel au hockey, vous devez forcément être très doué.

Son immense talent ne lui a cependant pas permis de «brûler» la Ligue américaine en début de saison. Il a récolté 11 points en six parties au début du mois de janvier, ce qui est encourageant. Avant ça, il avait vécu des hauts et des bas. Il semble donc posséder tous les outils pour bien réussir dans le monde du hockey. Ne lui reste plus qu’à apprendre à les utiliser.

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Jeudi 19 janvier 2012 | Mise en ligne à 13h53 | Commenter Commentaires (24)

Enthousiasme et réalisme

Murray_BryanARCHIVES, LeDroit

Deux éléments me sautent aux yeux quand je lis le papier rédigé par mon collègue Marc Brassard, à la suite de son récent entretien avec Bryan Murray.

D’abord, il est clair que le directeur général des Sénateurs a des papillons dans l’estomac. Il voit son équipe accumuler les victoires. Il aimerait voir à quel point elle pourra surprendre. La date limite des transactions approche. Il veut aider.

Mais…

Il faudra d’abord consulter Eugene Melnyk.

Anticipant une année difficile sur la patinoire comme aux guichets, le propriétaire a fort probablement établi un budget strict à respecter. Avant de faire l’acquisition d’un vétéran grassement payé, même s’il s’agirait d’une simple location à court terme, Murray devra obtenir l’approbation de celui qui signe les chèques.

Le deuxième détail important est seulement disponible dans le quotidien imprimé. Murray parle du type de joueur qu’il aimerait obtenir.

«Nous avons des joueurs dans les mineures qui peuvent aider en cas de blessure. Nous n’avons cependant jamais assez de gars qui mettent la rondelle dans le filet. Si un tel joueur était disponible, nous serions intéressés», a-t-il déclaré.

En lisant entre les lignes, on comprend que Murray souhaite acquérir un attaquant capable d’évoluer sur un de ses deux premiers trios — à la place d’Erik Condra, sans doute — mais il n’est pas convaincu qu’il aura les moyens de ses ambitions.

Franchement, je me demande si ça vaut la peine de porter un si grand coup.

Les Sénateurs, contre toutes attentes, n’ont pas de misère à marquer des buts. Ils occupent le septième rang dans la LNH. Ils en inscrivent trois par partie.

Serait-il sage de sacrifier un bon choix au repêchage et/ou un bel espoir de l’organisation pour aller chercher un joueur offensif?

Je ne sais pas pour vous, mais dans la première année d’une phase de reconstruction, j’aurais tendance à y aller mollo.

Si j’étais dans les souliers du directeur général, je me fixerais un objectif un peu moins ambitieux. Mon objectif premier serait d’aller chercher un solide plombier qui a du vécu, du courage, du caractère. Le genre de gars qui pourrait guider les jeunes qui seront naturellement dépassés par les événements si jamais ils réussissent à se tailler une place en séries.

Je vous lance un nom, comme ça.

Au cours des deux dernières années, Dominic Moore a participé à la finale de l’Association Est avec une formation que personne n’attendait. En 2010, c’était le Canadien de Montréal. En 2011, c’était le Lightning de Tampa Bay. Dans les deux cas, il a rendu de précieux services à son organisation.

Il sera joueur autonome sans compensation l’été prochain et il ne coûterait sans doute pas très cher.

Vous pouvez me lancer vos idées. On commence tout juste à en jaser. Il nous reste un gros mois à échanger là-dessus.

Pardonnez mon absence des derniers jours. C’est pas que j’étais fâché contre vous. C’est juste qu’un grand fan de hockey — partisan des Sénateurs et lecteur occasionnel de ce blogue de surcroît — avait besoin de moi ailleurs. Les six à huit prochaines semaines de sa vie seront éprouvantes et déterminantes. Mais j’ai confiance. Il vaincra.

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