Sylvain St-Laurent

Archive, juillet 2010

Vendredi 2 juillet 2010 | Mise en ligne à 11h45 | Commenter Commentaires (17)

L’art de réussir sa première impression

Plus j’y pense, plus je trouve que Bryan Murray a pris une bonne décision en mettant Sergeï Gonchar sous contrat pour trois ans.

Je n’ai pas la prétention de très bien connaître le nouveau défenseur numéro un des Sénateurs. Durant mes dernières visites à Pittsburgh, j’étais trop souvent préoccupé par ce que pensaient Sidney Crosby, Evgeni Malkin et leurs nombreux coéquipiers francophones pour faire un détour devant le casier du défenseur d’expérience qui les alimentaient lors des supériorités numériques.

En quelques minutes, hier, le bon vétéran de 36 ans aura réussi à me convaincre qu’il débarquera à Ottawa dans d’excellentes dispositions.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Gonchar a laissé une bonne première impression.

Il a d’abord trouvé la réponse parfaite à ses détracteurs, qui croient qu’il est risqué d’offrir un contrat de trois ans à un joueur en fin de carrière.

Il nous a fait part de son dernier objectif professionnel. Il veut faire partie de l’équipe nationale russe lors des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014.

«Les Jeux olympiques d’hiver n’ont jamais été présentés dans mon pays. Ce sera un événement historique et je tiens à y participer», a-t-il dit.

Au hockey, il n’est pas toujours mauvais de se fixer des objectifs personnels égoïstes. S’il veut vraiment faire partie de l’élite mondiale dans quatre ans, au bord de la quarantaine, il n’aura pas le choix de prendre un soin jaloux de sa santé et de sa condition physique d’ici là.

Durant une courte conférence téléphonique, hier après-midi, Gonchar a dit un autre truc qui m’a plu.

«Jouer au hockey au Canada, c’est spécial. Quand je joue au Canada, je suis toujours à mon mieux. J’ai toujours eu du plaisir à jouer au Canada.»

À l’âge où plusieurs de ses compatriotes songent à retourner chez eux pour terminer leur carrière dans la Ligue continentale, Gonchar est résolument décidé à faire carrière sur notre continent. Il vient de passer les cinq dernières années à Pittsburgh, une ville américaine où la passion du hockey est aussi forte qu’au Canada.

Ses statistiques nous laissent croire que la pression ne l’a jamais étouffé.

Sa décision de se joindre aux Sénateurs — qui ne devaient pas être la seule formation à lui avoir soumis une offre — signifie qu’il en veut encore.

Les Sénateurs vont s’ennuyer d’Anton Volchenkov. C’est clair.

Tant qu’à dépenser plus de 15 millions $US pour mettre sous contrat un défenseur, aussi bien investir la somme comme il se doit en embauchant un défenseur numéro un.

Gonchar est encore, jusqu’à preuve du contraire, un défenseur numéro un.

Volchenkov? Je ne pense pas.

L’arrivée de Gonchar à Ottawa permet à tous les autres défenseurs  de glisser d’un rang sur l’échelle de profondeur des Sénateurs.

Filip Kuba n’est soudainement plus le joueur le mieux payé à sa position. Les attentes seront moins élevées à son égard. Ça devrait lui faire plaisir.

Chris Phillips redevient le défenseur numéro trois, un rôle qui lui convenait parfaitement il y a quelques années.

Erik Karlsson n’aura pas à se développer avec la pression de faire produire sur une base régulière l’attaque massive. Comme tous les jeunes joueurs de l’organisation, il pourra apprendre un tas de choses en regardant son nouveau coéquipier.

«Sergeï pourra enseigner à nos jeunes joueurs à conserver leur calme sur la patinoire. Il pourra leur enseigner à prendre de bonnes décisions avec la rondelle. Parce que Sergeï est là, un jeune joueur comme David Rundblad pourra retourner chez lui, en Suède, et y passer une dernière saison. Patrick Wiercioch et Jared Cowen pourront poursuivre leur apprentissage normalement. Nous n’aurons pas besoin de précipiter leur ascension jusqu’à la Ligue nationale», expliquait Murray, hier.

L’arrivée de Gonchar ne réglera quand même pas tous les problèmes des Sénateurs.

Des confrères anglophones ont l’air de croire, par exemple, que notre bon ami Alex Kovalev sera plus efficace en jouant de façon régulière avec un de ses compatriotes.

C’est beau, rêver.

Kovy risque effectivement de récolter quelques points de plus lors de supériorités numériques durant lesquelles il pourra refiler la rondelle à un joueur de pointe qui possède un dangereux tir frappé.

Ça faisait défaut à son équipe, l’an dernier.

Kovy ne changera cependant pas sa façon de se comporter et sa façon de travailler avec Gonchar.

Kovy va continuer à jouer… comme Kovy.

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Jeudi 1 juillet 2010 | Mise en ligne à 13h13 | Commenter Commentaires (10)

Deux ans plus tard…

Je dois admettre que je ne l’avais pas vue venir.

Vous connaissez une seule personne, au fait, qui avait prédit que Sergeï Gonchar aboutirait chez les Sénateurs?

Il y a deux ans, Bryan Murray s’était fixé comme priorité de mettre sous contrat un défenseur à caractère offensif. Il avait finalement refusé de conclure un pacte avec le Lightning de Tampa Bay quand Dan Boyle était disponible. Il avait jugé, par la suite, qu’il était irresponsable d’offrir un contrat à très long terme à Brian Campbell. Ce dernier avait donc pris le chemin de Chicago.

Mathias a raison. Offrir un contrat de trois ans à un défenseur de 36 ans qui a souvent été blessé, c’est risqué.

À court terme, l’arrivée d’un quart-arrière de premier plan devrait quand même donner un p’tit boost au jeu de puissance d’Ottawa.

Je quitte à l’instant pour Kanata. Murray rencontre les journalistes vers 14 h.

Je vous donne d’autres nouvelles d’ici la fin de la journée.

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