Crise étudiante: vos solutions

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    Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 17h22 | Commenter Un commentaire

    Le choc des générations

    La société québécoise fait face à un conflit intergénérationnel qu’on n’a probablement pas vu depuis la Révolution tranquille, et qui va bien au-delà de la crise étudiante.

    Les faits sont bien connus. D’une part, le mouvement étudiant refuse de discuter d’une hausse des droits de scolarité, en plus d’évoquer d’autres revendications plus ou moins claires. D’autre part, le gouvernement du Québec a fait preuve d’attentisme et d’arrogance, car il considérait les étudiants comme étant des interlocuteurs peu sérieux : après tout, ce ne sont pas des travailleurs; ils votent très peu et ils ne paient pratiquement aucun impôt.

    Toutefois, il m’apparaît que le gouvernement souffre d’une cécité partielle, car il conçoit la situation seulement en fonction des droits de scolarité, et que ses solutions se limitent uniquement aux budgets alloués à l’éducation postsecondaire. Or, le discours étudiant et celui de ma génération (jeunes étudiants et travailleurs) se veut beaucoup plus large. D’ici 20 à 30 ans, nous prendrons la relève à la tête de la société québécoise. Cependant, nous ne voulons pas seulement hériter de cette société, mais la façonner, car nous comprenons que ce sont les décisions d’aujourd’hui qui créeront la société de demain.

    Que veut la jeunesse? Nous voulons faire de grands projets, mais dans le respect de l’environnement. Nous voulons une société sans violence – sauf pour quelques têtes brûlées –, ouverte, multiculturelle, pluraliste et égalitaire. Notre préoccupation principale concerne l’éducation alors que celle de nos parents concerne la santé. D’ailleurs, nous craignons d’être écrasés par le poids démographique des baby-boomers lorsqu’ils seront plus âgés.

    Pourquoi l’éducation est-elle si importante à nos yeux? Vous n’avez qu’à lire ce qui circule sur Internet pour vous convaincre que la réussite de la société québécoise doit obligatoirement passer par une meilleure éducation, une grande ouverture d’esprit et le développement d’un esprit et d’un jugement critique.

    La situation financière de ma génération est précaire. Malgré un BAC en Communication, politique et société ainsi qu’un emploi très intéressant, je peine à joindre les deux bouts. Et pourtant, je suis un privilégié, car je n’ai aucune dette d’étude. Depuis ma graduation en 2009, je commence à peine à mettre quelques sous de côté. Quant à l’accès à la propriété, je ne pourrai l’envisager avant de nombreuses années. Il est donc faux de prétendre que ma génération a tout cuit dans le bec. Pour l’étudiant endetté, sa situation est davantage compromise. Voilà pourquoi les étudiants veulent le gel, voire la gratuité scolaire.

    D’ailleurs, nous parlons ici d’une gratuité scolaire fortement encadrée. Ce ne sont pas tous les jeunes qui désirent aller à l’université et les critères d’admission doivent être solides. Les sessions requises pour l’obtention d’un BAC pourraient être gratuites et elles devraient être complétées dans un temps donné. Dès que ces balises sont dépassées, l’étudiant devra payer le coût réel de la session manquante. Imaginez! Les étudiants pourraient se concentrer sur leurs études au lieu de devoir travailler et ils se lanceraient dans la vie avec tous les outils pour réussir.

    Le gouvernement doit considérer sa jeunesse. Au cours des dernières décennies, on ne l’a pas vraiment écouté. Une jeunesse qui s’exprime, on n’avait pas vu ça depuis de nombreuses années! Les temps ont changé et cette jeunesse réapparaît maintenant en tant qu’acteur sur la scène politique québécoise, avec de nouvelles revendications. Un acteur qu’il faut écouter attentivement.

    Nous comprenons que le budget du gouvernement est formé de vases communicants et que pour donner de l’argent à un groupe donné, on doit en retirer ailleurs. En élargissant le débat, nous pouvons cependant regarder ensemble les priorités nationales et établir des priorités budgétaires qui tiennent compte des besoins de tous les citoyens, mais aussi de la capacité de payer de l’État. Depuis quelques années, on a l’impression que ce gouvernement tire dans tous les sens, et on peine à voir une vision se dessiner : si la situation financière des universités est si précaire, pourquoi l’État s’est-il engagé à hauteur de quelques centaines de millions de dollars dans la construction d’un amphithéâtre, qui n’est rien d’autre qu’un billet de loterie très incertain pour une future équipe de la LNH?

    Le gouvernement du Québec doit engager aujourd’hui un véritable dialogue avec sa jeunesse. Il doit lancer une discussion avec des représentants de ma génération (étudiants et jeunes travailleurs), que l’on discute ensemble des priorités de notre société et de celle à venir, et d’établir de façon cohérente celles qui doivent être privilégiées.

    Je lance donc un appel au premier ministre du Québec, qui est aussi le ministre responsable de la Jeunesse. Il doit décider s’il désire que son nom soit associé à la répression contre les étudiants ou s’il veut guider la prochaine Révolution tranquille.

    Philippe Brazeau


    • Il me semble bien saisir vos demandes. Ce qui me chicote tout de même c’est ce refus catégorique de votre génération de contribuer financièrement aux études universitaires. Rien, pas un sou.

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